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Impacts sur la santé :
le cas des maladies à vecteursPr. François Rodhain
Institut Pasteur
Nous plaçant dans l'hypothèse d'un réchauffement climatique moyen de l'ordre de 2 °C, plus marqué en été et sur le sud du pays, on peut tenter de prévoir quelles pourraient être les conséquences en matière de santé à moyen ou à long terme. Les plus complexes des systèmes épidémiologiques à maladies transmissibles sont ceux dans lesquels la transmission de l'agent infectieux (qui peut être un virus, une bactérie, un protozoaire ou un helminthe) est assurée par un vecteur, c'est à dire un insecte ou un acarien hématophage. C'est cet aspect, seul, qui sera examiné dans le présent rapport, pour ce qui concerne la France ou les pays limitrophes.
Effets d'un réchauffement sur les maladies à vecteurs
D'une manière générale, outre les conséquences
possibles sur les autres composants du système épidémiologique,
l'impact d'un réchauffement au niveau de l'intervention du vecteur
peut, en théorie, se manifester de plusieurs façons, dont
les effets peuvent d'ailleurs se potentialiser :
modification
de la répartition géographique du vecteur (par exemple: remontée
vers le nord, ou vers des altitudes supérieures), ou de sa densité
(en gardant en mémoire le fait qu'il n'y a généralement
pas de proportionnalité entre la densité d'un vecteur et
l'incidence de la maladie transmise) ;
allongement de
la longévité du vecteur, en cas d'augmentation parallèle
de l'humidité, ce qui augmenterait sa capacité vectorielle
; une augmentation de la sécheresse, en revanche, diminuerait cette
capacité ;
raccourcissement
de la durée d'incubation extrinsèque (durée de l'indispensable
développement de l'agent infectieux dans l'organisme du vecteur),
ce qui faciliterait la transmission. Il convient de considérer ici,
d'une part, les modifications que pourraient présenter les maladies
à vecteurs existant déjà en France métropolitaine,
et, d'autre part, les risques éventuels d'importation de maladies
" exotiques ". Enfin, une mention particulière doit examiner la
situation spécifique des DOM-TOM.
Les maladies à vecteurs déjà présentes en France
Actuellement, les maladies humaines à transmission vectorielle
ne sont guère nombreuses en France métropolitaine. Elles
ne constituent pas de réels problèmes de santé publique.
Le mieux parait être d'examiner les situations en fonction, non
des agents infectieux, mais des différents groupes de vecteurs.
Maladies à tiques
Les principales tiques à considérer ici sont les Ixodides.
On peut penser que les modifications climatiques envisagées seraient,
à la longue, favorables aux tiques du genre Ixodes, dont
les populations pourraient s'accroître. Ceci pourrait peut-être
avoir un impact sur la transmission de l'encéphalite à tiques,
maladie encore rare actuellement en France (encore que sa fréquence
semble légèrement en augmentation), et actuellement limitée
à l'Alsace et aux Vosges. Mais c'est surtout à propos de
la borreliose de Lyme que des effets pourraient être sensibles. Cette
affection sévit dans toute la France (bien que nettement plus rare
dans les régions méditerranéennes) où son incidence
clinique (c'est à dire sans tenir compte des infections inapparentes)
est probablement de l'ordre de 1000 à 2000 cas par an. Dans l'hypothèse
envisagée, une circulation accrue se manifesterait au printemps
(maximum d'activité, chez les tiques, des stades infectants pour
l'homme), peut-être contrebalancée, mais en partie seulement,
par une diminution d'activité en automne. Il conviendrait toutefois
de tenir compte de l'évolution des populations des rongeurs sauvages
(mulots, campagnols, ...) et des cervidés impliqués dans
la circulation de la bactérie comme dans la maintenance des populations
de tiques. Une évolution comparable interviendrait pour ce qui concerne
les babésioses (notamment les babésioses bovines), transmises
par les mêmes vecteurs.
Par ailleurs, les tiques du genre Rhipicephalus, aujourd'hui
surtout confinées dans les régions méridionales, pourraient
voir progresser la limite nord de leurs populations. Ceci entraînerait
une expansion des foyers de la fièvre boutonneuse due à Rickettsia
conori.
L'autre famille de tiques, celle des Argasides, présente beaucoup
moins d'importance pour la santé publique. Il faut néanmoins
se souvenir que, dans la péninsule ibérique, existe la fièvre
récurrente dite hispano-nord africaine, due à Borrelia
hispanica et transmise par Ornithodoros erraticus. Les risques
de voir apparaître cette maladie en France paraissent très
faibles car les Ornithodores vecteurs ne devraient guère être
sensibles aux modifications climatiques.
Maladies à moustiques
Globalement, on peut penser que les populations de moustiques tireraient bénéfice (en termes de densité) d'un réchauffement estival, et même que leur période d'activité augmenterait dans l'année, et ce pour l'ensemble des espèces, quels que soient leurs gîtes larvaires.
Deux arbovirus, dont l'importance en termes de santé publique demeure actuellement modérée, existent en France : il s'agit des virus West Nile et Tahyna :
le virus West
Nile est responsable d'affections fébriles et, très rarement,
d'encéphalites chez l'homme et chez les Equidés, observées
épisodiquement dans le Midi méditerranéen (Camargue)
: des foyers temporaires fonctionnent de temps en temps lorsque le virus
y est importé par des oiseaux migrateurs en provenance d'Afrique
et que des moustiques du genre Culex sont abondants. On peut penser que
les conditions favorables à l'introduction du virus et à
sa circulation seraient observées plus fréquemment qu'aujourd'hui,
voire peut-être l'émergence d'épidémies, à
l'image de ce qui fut observé en Roumanie durant l'été
1996 ;
le virus Tahyna,
dont la répartition en France paraît plus large, n'est responsable
que de syndromes fébriles aigus. Lui aussi pourrait circuler plus
intensément.
Des parasites, d'intérêt essentiellement vétérinaire,
doivent encore être mentionnés ici : il s'agit des filaires,
Dirofilaria
immitis et autres espèces proches, infectant préférentiellement
le chien, et transmises par différentes espèces de moustiques
dans les régions méridionales. On pourrait s'attendre à
voir la situation de cette enzootie s'aggraver, à la fois en incidence
et en extension géographique.
Maladies à phlébotomes
Deux groupes de micro-organismes sont transmis par phlébotomes
dans le sud de la France : des arbovirus et des leishmanies (protozoaires).
Les premiers de ces agents sont responsables des " fièvres à
phlébotomes " affections aigüs bénignes, survenant en
été. Leur présence en France n'est que probable (traces
sérologiques), mais on sait qu'elles sont assez fréquentes
dans certains pays limitrophes, notamment en Italie où l'un de ces
virus peut parfois entraîner des encéphalites.
Plus sérieux est le problème posé par les leishmanioses,
tant chez l'homme que chez les animaux (chiens). La leishmaniose viscérale
(kala-azar), due à Leishmania infantum, est surtout une maladie
de l'enfant (mais observable également chez l'adulte), qui évolue
vers la mort si le traitement adéquat n'est pas institué
à temps. Elle sévit, par foyers, dans tout le bassin méditerranéen
entre 0 et 800 mètres d'altitude, et a pour réservoir naturel
des canidés sauvages et des chiens. Plusieurs espèces de
phlébotomes la transmettent, en zone rurale ou périurbaine,
en particulier Phlebotomus perniciosus, et P. ariasi. Des
foyers très actifs sont connus, par exemple dans les Alpes maritimes,
autour de Marseille ou dans les Cévennes. Globalement, on doit remarquer
que, dans plusieurs pays, l'incidence semble en augmentation aussi bien
chez l'homme que chez le chien (s'agit-il seulement d'une amélioration
du dépistage ?). De plus, on sait les interactions très défavorables
qui se manifestent en cas de coinfection avec le virus du Sida. La leishmaniose
cutanée, probablement due à plusieurs espèces parasitaires,
est, par contre, d'évolution plus bénigne, bien que lente.
Elle aussi se manifeste par foyers dans la région méditerranéenne.
Il est logique de penser qu'à la suite d'un réchauffement
du climat, les phlébotomes pourraient devenir plus abondants et
que leur répartition pourrait s'accroître, ce qui aurait pour
conséquence une augmentation de l'incidence des leishmanioses et
une extension des foyers actuels.
Maladies à puces
Les puces sont des insectes relativement insensibles au climat.
La principale maladie transmise par puces est évidemment la
peste, dont des foyers existent actuellement dans tous les continents sauf
l'Europe. La dernière épidémie, au demeurant limitée,
survenue en France date de 1920. On sait qu'il s'agit avant tout d'une
infection des rongeurs, et, par conséquent, toute prévision
doit ici se fonder sur l'évolution des populations murines. Néanmoins,
même si celles-ci venaient à augmenter de façon importante,
il est bien peu probable que l'Europe, notamment la France, voit réapparaître
des épidémies de peste, compte tenu du niveau des infrastructures
sanitaires actuelles. Il en est de même pour une autre maladie véhiculée
par les rongeurs domestiques et leurs puces, le typhus murin, dont le niveau
d'incidence en France n'est d'ailleurs pas connu.
Maladies à poux
Les poux de tête, si fréquents dans les écoles, n'étant vecteurs d'aucune maladie, seuls les poux de corps (Pediculus humanus) seraient à considérer ici. En réalité, ces insectes sont plutôt favorisés par le froid, de sorte qu'il n'y a rien à redouter en cas de réchauffement climatique.
Les maladies à vecteurs susceptibles d'être introduites en France
Le paludisme
Pour ce qui est du paludisme, il faut d'emblée noter que la répartition
géographique de Plasmodium falciparum, responsable de la
seule forme grave de la maladie, est étroitement liée aux
conditions climatiques car le développement du parasite dans l'organisme
du moustique s'arrête si la température vient à descendre
au-dessous de 18 à 20 °C (pour P. vivax, cette température-seuil
est de 16 °C). Une augmentation de 2 °C mérite, dès
lors, d'être prise en considération.
En ce qui concerne la France, la situation est actuellement celle dite
de " l'anophèlisme sans paludisme " c'est à dire que des
anophèles vecteurs potentiels sont présents sans qu'il y
ait transmission de la maladie (le paludisme, autrefois très répandu
en France, en a été éradiqué au début
du siècle). Se pose par conséquent aujourd'hui la question
du risque éventuel d'une réintroduction de cette maladie
par l'intermédiaire de voyageurs (ou de moustiques infectés)
en provenance de pays tropicaux endémiques. La question a fait,
ces dernières années, l'objet de nombreux débats,
dans la mesure où, dans plusieurs pays européens y compris
la France, des cas cliniques sont de plus en plus souvent observés
à proximité des aéroports internationaux. Il parait
néanmoins que la réinstallation de foyers durables d'endémie
palustre en France métropolitaine soit très peu probable.
Une augmentation de température, et, plus généralement,
de conditions favorables aux anophèles ne changerait guère
la situation actuelle, et seule une introduction massive de parasites risquerait
d'entraîner une reprise de la transmission. Il faudrait, en outre,
que les souches de Plasmodium introduites soient compatibles avec les populations
anophéliennes françaises, ce qui est loin d'être certain.
De plus, même dans une telle éventualité, le phénomène
serait vraisemblablement détecté, puis contrôlé,
assez rapidement. Au total, sans être totalement nul, ce risque parait
réellement très faible.
Le problème posé par certains Aedes
Il faut mentionner ici un danger potentiel déjà bien réel
aujourd'hui : celui posé par l'éventuelle introduction en
France du moustique Aedes albopictus. Cette espèce d'origine
asiatique est en train, depuis une dizaine d'années, de se répandre
dans le monde : il s'est installé successivement aux Etats-Unis
et au Mexique, au Brésil, au Nigeria, dans plusieurs territoires
du Pacifique sud, et surtout, il a réussi à partir de 1990
à coloniser la moitié nord de l'Italie. En toute logique,
on ne voit pas pourquoi il n'envahirait pas le sud de la France (Cote d'Azur,
Corse, Languedoc, ...). Cette progression alarmante est suivie avec attention
par les épidémiologistes (plusieurs réunions d'experts
ont eu lieu à ce propos en Italie et à l'OMS, Genève)
qui tentent de prévoir quelle pourrait être son expansion
future, en fonction, précisément, de l'évolution des
données climatiques (données prévisionnelles disponibles).
Ae.
albopictus est un moustique dangereux dans la mesure où il est
connu pour être un bon vecteur de la dengue, et son implantation
durable dans le bassin méditerranéen rendrait à nouveau
cette région réceptive à cette maladie redoutable.
Il y aurait donc lieu de mettre en place dès maintenant en France
une surveillance entomologique adéquate, à l'image de ce
qu'ont réalisé les italiens.
Mais à côté de la dengue, l'introduction d'Aedes
albopictus dans le bassin méditerranéen a amené
certains épidémiologistes à évoquer d'autres
risques. Il s'agit surtout de la transmission des virus West Nile et Tahyna
(déjà cités ci-dessus), Sindbis, ainsi que du virus
de la fièvre de la Vallée du Rift. Ce dernier a donné
lieu à de très graves épidémies-épizooties
en Egypte (1976-77, 1993) et il mérite d'être surveillé
de près d'autant plus que semble exister une corrélation
entre les phénomènes épidémiques dus à
ce virus et des pluies abondantes.
Si la dissémination d'Ae. albopictus est, en fait, surtout
liée aux moyens de transport (ce moustique peut se maintenir à
des températures assez basses, par exemple jusqu'à la latitude
de Pékin), une espèce proche, Aedes aegypti, pourrait
profiter d'un réchauffement pour ré-envahir, si les conditions
socio-économiques le permettaient par ailleurs, des régions
de l'Europe du sud (y compris la France), où elle était autrefois
implantée. Ce moustique est le principal vecteur de la fièvre
jaune et de la dengue.
Enfin, certains redoutent, depuis longtemps déjà, une
introduction de la peste équine en Europe du sud, via l'Afrique
du Nord et la péninsule ibérique. Il s'agit d'une maladie
virale, atteignant surtout les Equidés, qui est susceptible de poser
un problème économique considérable. Sa transmission
est assurée, en Afrique et au Moyen-Orient, par un Diptère
Cératopogonide, Culicoides imicola, une espèce subtropicale
dont la limite nord remonterait vraisemblablement (peut-être jusqu'à
atteindre le sud de la France) en cas de réchauffement.
Les problèmes spécifiques des DOM-TOM
Nous nous trouvons confrontés ici à des questions d'épidémiologie
tropicale (ni Saint Pierre et Miquelon ni les Terres Australes ne sont
concernés par les maladies à vecteurs).
Nous avons vu plus haut que certaines populations de vecteurs pourraient
se trouver favorisées par un réchauffement climatique. Dans
cette éventualité, il serait possible d'observer une augmentation
de la circulation de certains agents infectieux parmi leurs réservoirs
sauvages, et, peut-être, par voie de conséquence, une augmentation
de leur transmission à l'homme. Ce pourrait être le cas pour
la maladie de Chagas en Guyane (où cette parasitose est actuellement
très rare), ou encore pour des leishmanioses dont plusieurs espèces
parasitaires circulent activement dans ce département.
Hormis Mayotte, la Guyane est actuellement le seul territoire français
où sévit le paludisme. Son incidence y est en progression
depuis une quinzaine d'années, avec une forte proportion de souches
parasitaires pharmaco-résistantes. En réalité, il
est vraisemblable que, si dans les zones de paludisme instable, une augmentation
de la température accroîtrait les risques d'épidémie,
les régions de paludisme stables devraient être peu affectées
; c'est le cas de la Guyane et, dans une moindre mesure, de Mayotte. Il
conviendrait surtout de veiller à ce que cette maladie ne s'installe
pas dans des territoires indemnes mais a priori réceptifs, comme
la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion (régions où
la situation est, comme en métropole, celle de l'anophèlisme
sans paludisme, mais où le risque d'introduction est beaucoup plus
grand). Cela signifie qu'un système de surveillance extrêmement
vigilant devrait alors être institué (analogue à ce
qui existe déjà à la Réunion, où l'on
s'efforce de détecter tous les cas importés). La situation
de la Nouvelle Calédonie serait également à surveiller
; pour des raisons non encore élucidées, les Anophèles
en sont absents, alors qu'ils abondent au Vanuatu, et il est difficile
de savoir si une modification climatique peut venir modifier cet état
de choses.
Il se pourrait, nous l'avons évoqué plus haut, que la
transmission de virus et de parasites par les moustiques du genre Aedes
soit aussi favorisée (encore que, du fait de leur écologie
larvaire, ces moustiques soient nettement moins exposés aux changements
climatiques que d'autres, comme les anophèles).
Se trouveraient alors concernées :
la fièvre
jaune en Guyane (où nous n'avons pas de trace de circulation depuis
longtemps), en Martinique et en Guadeloupe (où la maladie est absente)
;
la dengue en
Guyane, Martinique, Guadeloupe, à la Réunion, à Mayotte,
en Nouvelle Calédonie et en Polynésie française ;
tous ces territoires sont périodiquement (en fait, de plus en plus
souvent) victimes d'épidémies plus ou moins sévères
;
la filariose
lymphatique, qui pose encore un difficile problème en Polynésie
et à Mayotte, alors qu'elle est devenue négligeable ou absente
dans les autres DOM-TOM.
D'autres arboviroses à moustiques, comme l'encéphalite
vénézuélienne en Guyane, ou la polyarthrite épidémique
(due au virus Ross River), ainsi que les dirofilarioses animales pourraient
suivre la même évolution.
Pour ce qui est, notamment, de la Polynésie, il faut aussi considérer
qu'une éventuelle remontée du niveau marin risquerait d'entraîner
une submersion de certaines îles basses, ce qui obligerait à
procéder à des déplacements de populations, avec un
certain nombre de conséquences sanitaires (introduction, dans des
territoires indemnes, de souches de parasites et de vecteurs).
Conclusion
En conclusion, il parait clair que la réflexion prospective doit
être menée avec la plus grande prudence, car les incertitudes
des prévisions doivent nous inciter à beaucoup de réserves.
Il est toujours difficile de chercher à écrire l'histoire
du futur.
Sans s'attarder ici sur les conséquences éventuelles
(encore controversées) du phénomène météorologique
des oscillations cycliques d'El Niño, on peut tenter néanmoins
quelques prévisions. On sait, d'ores et déjà, que
certaines maladies à vecteurs ne devraient pas être concernées
par un réchauffement climatique. D'autres pourraient l'être,
mais, en tout état de cause, les changements épidémiologiques
devraient demeurer modérés en France métropolitaine.
Il n'en irait pas forcément de même dans les DOM-TOM, où
prévalent certaines maladies dont l'épidémiologie
demeure étroitement dépendante des conditions climatiques.
Il serait intéressant dans cette optique, de développer la
recherche en matière de modélisation mathématique
permettant des simulations. Des prévisions de répartition
sont d'ores et déjà disponibles, grâce à des
systèmes informatiques comme CLIMEX, par exemple pour ce qui est
du paludisme ou de la répartition d'Aedes albopictus.
Il ne faut certainement pas s'alarmer plus que de raison, mais il est
incontestable que certaines situations demanderont à être
surveillées de près. Je crois donc que l'essentiel sera d'être
prêt à mettre en place, le moment venu, une surveillance épidémiologique,
en particulier entomologique, qui soit fiable et permanente ; ce qui ne
sera pas forcément facile car cela peut se révéler
assez onéreux et l'expérience montre que, bien souvent, l'utilité
n'en est pas toujours perçue comme il conviendrait. Il s'agira,
avant tout, d'une volonté politique.