| Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU | |
| réalisé par Agora 21 | Rédacteur
: Mme Aissatou THIOUBOU |
| Version provisoire | 06-2002 |
| Source : Profil du Sénégal Application d'action 21 : Examen des progrès accomplis depuis la conférence des nations unies sur l'environnement et le développement, 1992 | |
Bilan de la mise en uvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :
Rapport de synthèse du SENEGAL
PRESENTATION GENERALE
Situation :
Superficie : 196 722 km²
Population : 9 000 000 habitants (chiffres de 1999)
Taux d'accroissement : 2,7 % (entre 1988 et 1999)
Population urbaine : 45 % (taux d'urbanisation)
Taux de croissance du PIB : 5 % en moyenne
CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES ET/OU RATIFIES PAR LE SENEGAL
Convention de Vienne (ratification le 6 mai 1993) ;
Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d'ozone (ratification le 19 mars 1993) ;
Protocole de Kyoto sur le changement climatique ;
Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (le 14 juin 1994) ;
Convention sur la Biodiversité (ratification en juillet 1994) ;
Annexe 16 de la Convention de l'Organisation de l'Aviation Civile (OACI) ;
Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (juin 1977) ;
Convention de Ramsar sur les zones humides (en 1977) ;
Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratoires (ratification en 1983) ;
Convention de Berne (ratification en 1987) ;
Convention sur le droit de la mer (ratification en 1995) ;
Convention de Bâle sur la gestion des déchets dangereux (adoptée en 1989 et entrée en vigueur en 1992) ;
SOCIAL
Malgré les nombreux efforts consentis, le taux de croissance démographique au Sénégal demeure toujours élevé. Il est en effet d'environ 2,7 % par an. Selon les prévisions faites, la population atteindra 21,3 Millions d'habitants à l'horizon 2030, contre 9 Millions aujourd'hui. Cette croissance pose bien entendu beaucoup de problèmes d'urbanisation (prolifération de l'habitat irrégulier, problèmes de transport etc.) dans les grandes villes et particulièrement Dakar la capitale qui concentre à elle seule près de 2 à 3 Millions d'habitants. Cela se reflète aussi sur la situation sanitaire.
En effet, la couverture sanitaire est très faible. On notait en 1993 un poste de santé pour 11 000 habitants. Dans les régions situées au Sud du pays, un poste de santé dessert en moyenne un rayon de 15 km. Il s'y ajoute un déficit chronique en personnel soignant. On comptait en 1993 un médecin pour 13 000 habitants. C'est soucieux d'améliorer cette situation qu'un vaste programme a été mis en place par l'Etat sénégalais. Il s'agit en gros de répondre aux besoins de la population en renforçant le dispositif infrastructurel, en augmentant les ressources humaines, en améliorant l'accès aux médicaments. De plus, des actions sont menées dans le cadre de la prévention et une démarche participative est adoptée afin de permettre aux populations locales de s'impliquer davantage dans la gestion de leur propre santé.
L'un des défis majeurs est constitué par la pauvreté. En effet, au Sénégal, 30 % des ménages vivent au-dessous du seuil de la pauvreté (moins de 2400 calories/jour/personne). C'est surtout dans les zones rurales que le constat est le plus alarmant avec plus de 40 % des ménages qui y ont été recensés comme étant pauvres, contre seulement 17 % en milieu urbain. Cette disparité a son origine dans le manque d'opportunités et d'alternatives de développement dans les zones rurales, ce qui les confine de façon chronique dans la situation que l'on connaît. Ainsi, dans ce pays essentiellement agricole, la dépendance à des ressources de plus en plus rares (eau, terre, forêt etc.) ne fait qu'accroître la baisse des revenus qui, à son tour pousse les populations à exploiter plus de ressources, y compris dans les régions marginales, afin de pouvoir survivre. La conséquence en est la dégradation rapide et parfois irréversible de l'environnement. L'Etat sénégalais a mis au point un Programme National de Lutte contre la Pauvreté (PNLP) qui s'appuie sur une démarche intégrée où la pauvreté est traitée comme le résultat d'un ensemble de facteurs à la fois économiques (assurer une croissance viable au niveau macro-économique, développement des activités agricoles etc.), sociaux (création d'emplois, réduction de la croissance démographique, renforcement du rôle des acteurs etc...) et environnementaux (promotion et vulgarisation des mesures de gestion et de protection des ressources naturelles). Cela implique également une bonne politique en matière d'éducation car l'objectif de développement durable ne peut se faire que si ce secteur assume pleinement son rôle. Aussi bien le taux de scolarisation (57 % en 1995) que le taux d'analphabétisme (82 % chez les femmes de plus de 15 ans et 63 % chez les hommes) montrent que des efforts sont à fournir. Outre des campagnes d'alphabétisation, des moyens sont déployés dans le sens d'augmenter la capacité d'accueil des écoles et de recruter un personnel enseignant suffisant. Il faut ajouter que des efforts sont aussi consentis afin d'intégrer l'éducation environnementale dans les écoles. C'est le cas de l'introduction du Programme de Formation, d'Information sur l'Environnement (PFIE) mis en place depuis 1990.
ECONOMIE
Le secteur primaire occupe une place de choix dans l'économie sénégalaise. C'est le secteur agricole qui mobilise le plus : plus de 65 % de la population. Son taux de croissance est d'environ 4 %, et la part de lensemble du secteur primaire dans le PIB est estimé à 17,1 %. Les principales cultures concernent les céréales comme le mil, le sorgho et le niébé auxquels il faut ajouter des cultures d'exportation tels l'arachide et le coton. L'activité agricole est néanmoins sujette à de nombreuses contraintes d'ordre physique et aussi liées au contexte socio-économique actuel. Les effets conjugués de la sécheresse et de la désertification ont conduit à une chute de la production agricole renforcée par l'effet des ravageurs des récoltes comme le criquet pèlerin. C'est pour cette raison que le déficit vivrier pour les céréales a atteint 50 % des besoins du pays. La Direction de la Protection des Végétaux (DPV) a enclenché un important processus axé sur la lutte contre le péril acridien et pour la protection des végétaux sur l'ensemble du territoire national.
Le secteur secondaire, l'industrie notamment est assez dynamique. Au cours de ces dernières années, on a noté la multiplication des petites et moyennes entreprises et ce grâce à la politique de promotion du secteur industriel mis en place. On note cependant une répartition inégalitaire sur le territoire national dans la mesure où l'essentiel du tissu industriel est concentré à Dakar. La principale conséquence qui en découle est la pollution, surtout que la majorité de ces industries n'est pas dotée de systèmes de traitement des déchets qui sont rejetés directement en mer.
Le secteur tertiaire est dominé par le tourisme, qui s'oriente plus vers l'écotourisme. Celui ci utilise le large potentiel en parcs naturels et réserves.
ENVIRONNEMENT
Une bonne partie du territoire sénégalais est située dans le domaine sahélien où les effets de la récession pluviométrique et de la désertification se font le plus ressentir. Cette rareté des ressources s'opère au moment où le besoin des populations va crescendo. Ainsi, ce sont 30 000 ha de forêt (sur les 80 000 au total) qui sont déboisés chaque année afin de répondre à la demande en combustible domestique. S'y ajoutent les feux de brousse qui causent des ravages énormes durant la saison sèche. Ce sont environ 240 000 ha qui partent en fumée chaque année. A ce rythme, le potentiel forestier, estimé à 12 Millions d'ha sera rapidement épuisé quand on sait que la régénération des ressources dans les conditions climatiques actuelles est très lente. Il en résulte des problèmes d'érosion de sols, qui du coup s'appauvrissent et à la longue se transforment en « bad lands ». Pour résoudre ce problème d'ordre essentiellement énergétique, le Projet de Gestion Durable et Participative des Energies Traditionnelles de Substitution (PROGEDE) se fixe comme objectifs majeurs de changer les habitudes de consommation dans ce domaine en accroissant la prise de conscience sur la nécessité d'économiser de l'énergie et de promouvoir les énergies vertes. Ainsi, dans ce cadre précis, des foyers améliorés ont été diffusés, le gaz butane, désormais subventionné a été lancé avec un plus ou moins grand succès (le taux annuel de consommation de gaz dans les ménages est de 14 à 15 %) et l'énergie solaire et éolienne a été introduite mais de façon limitée (ce sont surtout des chauffe-eau et des cuisinières solaires qui ont été diffusés) et le biogaz fait son chemin. Parallèlement, des campagnes de reboisement sont menées dans les zones stratégiques, afin de renforcer le potentiel en bois disponible.
Les problèmes de l'eau se posent avec acuité. L'accès à l'eau potable est un casse tête permanent pour les hommes et les animaux en milieu rural où la consommation journalière actuelle est en moyenne de 25 l/personne. Cela est dû, en plus de l'absence d'un réseau hydrographique fonctionnel, au manque de moyens d'exhaure. En zone urbaine, le déficit en eau est également très accusé. Seuls 33 % de la population des villes (sauf Dakar) sont branchées sur le réseau de distribution. La stratégie officielle consiste à renforcer le réseau des puits et forages (il y en avait 770 en 1995), mais aussi à rendre plus performant le réseau de distribution et à créer un cadre permettant de faciliter l'accès à l'eau potable, grâce au système des branchements sociaux par exemple.
La pollution de l'air concerne les zones urbaines et plus particulièrement Dakar qui regroupe l'essentiel du parc automobile, qui du reste est vétuste et ne répond pas aux normes de durabilité. De plus, l'état des voies de communication laisse à désirer et suggère que des efforts énormes sont à consentir pour rendre le système actuel plus performant.
INSTITUTIONS
Une Commission Nationale de Développement Durable a été mise en place en 1995 afin de coordonner les activités entrant dans le cadre de l'application des recommandations issues de l'Agenda 21. Par ailleurs, le Conseil Supérieur des Ressources Naturelles et de l'Environnement (CONSERE) a aussi été crée, afin de superviser la mise en place du Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE).
GROUPES/ACTEURS
(pas dinformation disponible dans le profil pays)