| Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU | |
| réalisé par Agora 21 | Rédacteur
: Mme Aissatou THIOUBOU |
| Version provisoire | 08-2002 |
| Source : Profil de la RDC. Application d'action 21 : Examen des progrès accomplis depuis la conférence des nations unies sur l'environnement et le développement, 1992 | |
BILAN DE LA MISE EN UVRE DE L'AGENDA 21 DEPUIS RIO 1992 :
RAPPORT DE SYNTHÈSE DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
PRESENTATION GENERALE
Situation :
Superficie :
Population : 52,100 Millions (chiffres 2000)
Taux d'accroissement : 3,2 %
Taux de croissance de la population urbaine : 14,1 % (1999)
Population urbaine:
Taux de croissance du PIB :
CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES ET/OU RATIFIES PAR LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DE CONGO
Protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone ;
Conventions de Bâle et de Bamako (ratification le 28 Août et le 15 Septembre 1994) sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur élimination (ratification le 15 Octobre 1994) ;
Convention de Washington sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages Menacées d'Extinction (CITES) ;
Déclaration dIstanbul ;
Convention sur la diversité biologique (ratification le 15 Septembre 1994) ;
Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (ratification le 8 Décembre 1994) ;
Convention sur la désertification (ratification le 12 Septembre 1997) ;
Convention de Ramsar sur les zones humides ;
Convention de Vienne sur la protection de la couche d'ozone (ratification le 15 Septembre 1994) ;
Amendements de Londres et de Copenhague (ratification le 15 Septembre 1994) ;
Convention de Rotterdam sur le PIC ;
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes - CEDEF (ratification le 6 Octobre 1985) ;
Convention relative aux droits de l'enfant (ratification le 28 Août 1990) ;
Accord international sur les bois tropicaux (20 Novembre 1990) ;
Convention de Bonn sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (15 Septembre 1994).
SOCIAL
Les statistiques communiquées dans le rapport ne concernent que la période d'avant 1998, année à partir de laquelle le pays est plongé dans la guerre avec ses voisins que sont le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.
La population du pays connaît une évolution assez rapide. D'environ 40 Millions en 1992, elles est passée progressivement à 45,6 Millions en 1996 et 52,1 Millions en 2000. La densité est également en augmentation, passant de 17 hbts/km² en 1992 à 22,9 hbts/km² en 2000.
La population est essentiellement jeune, puisque 47 % ont moins de 15 ans. Cela s'explique par un fort taux d'accroissement naturel estimé à 3,2 %. Cette population est essentiellement rurale, puisque les villes ne regroupent que 30 % de la population.
Dans le domaine sanitaire, le Congo fait face à une situation caractérisée par la dégradation marquée du système, un service d'assez mauvaise qualité, la réapparition de maladies jadis maîtrisées à cause de manquements dordre hygiénique, déficit budgétaire etc. Une politique sanitaire a été adoptée, afin de redresser la situation. Elle est appliquée sur les 307 zones de santé que compte le pays et qui sont prévues pour être opérationnelles à 90 % en 2009. Les axes majerurs de cette politique sont : amélioration de la qualité du service et de l'efficacité des programmes sanitaires, encouragement à la participation des populations à la gestion des problèmes sanitaires, meilleure coordination de la décision, amélioration du système d'approvisionnement en médicaments etc. Ces mesures devraient permettre à plus de 90 % de la population daccéder à des soins de qualité.
Le taux net de scolarisation de la RDC est de 62,4 % pour les garçons et 54,6 % pour les filles. Il est cependant plus élevé dans les villes que dans les campagnes où il est de 53,3 % pour les garçons et 43,2 % pour les filles. Quant au taux national d'analphabétisme, il est de 17,5 % pour les hommes et 46 % pour les femmes, taux qui atteint 60 % en milieu rural, contre 13 % en milieu urbain.
Dans le domaine de l'habitat, de nombreuses insuffisances sont notées. En effet, dans la capitale Kinshasa, alors que l'espace urbain continuait de s'étendre continuellement en passant de 12 863 ha en 1968 à 60 000 ha à la fin des années 90, la crise du logement persistait. Ainsi, pour résorber le déficit en logement, les autorités sont tenus de construire près de 200 000 logements par an sur les 10 prochaines années. On note également des problèmes d'urbanisation tels l'assainissement, la voirie, le drainage (la RDC se trouve dans la zone intertropicale où il pleut beaucoup).
ECONOMIE
De manière générale, l'économie congolaise est confrontée à de nombreux obstacles qui empêchent son décollage : la guerre, le manque de compétitivité des différents secteurs, embargo financier. Ainsi, le PIB a connu une évolution négative estimée à -6,6 % en 1990, -13,5 % en 1993 et -6,4 % en 1997.
L'agriculture est pratiquée sur environ 10 % de la surface totale du pays. Les surfaces arables sont estimées à 80 Millions d'ha. C'est l'agriculture pluviale qui domine, l'irrigation ne se pratiquant que pour la culture de canne à sucre et de riz. La productivité est très faible, ce qui fait que l'évolution de la production vivrière ne dépasse guère 2 % par an. Malgré tout, sa contribution au PIB du pays ne cesse d'augmenter : de 27,8 % en 1989, elle est passée à 65,9 % en 1994.
En 1991, le Plan Directeur de Développement Agricole et Rural (PNSAR) a été conçu. Il s'agit de mettre en uvre une stratégie devant conduire à réduire le déficit alimentaire, à lutter contre la pauvreté, à stimuler l'exportation de produits agricoles et à fournir de la matière première pour l'agro-industrie. Cependant, du fait de nombreuses contraintes, les résultats escomptés n'ont pas pu être atteints.
On note également d'autres projets dans le domaine agricole, à l'instar de celui du Programme Alimentaire Mondial (PAM) intitulé "vivres contre travail" pour le développement de l'activité rizicole et de ceux de la FAO en coopération avec d'autres bailleurs et du PNUD pour la fourniture d'intrants agricoles.
L'industrie connaît une évolution en dents de scie. Sa contribution au PIB est passée de 30,8 % en 1989 à 14,3 % en 1994. On note cependant une reprise à partir de 1995, puisque ce taux est passé à 32,3 %. C'est essentiellement une industrie de transformation spécialisée dans le bois, la métallurgie, et les métaux non ferreux et une industrie de biens de consommation (69 % de la valeur ajoutée) et d'équipements (31 % de la valeur ajoutée) destinés au marché intérieur. De manière générale, l'industrie congolaise est caractérisé par un manque de compétitivité et d'autonomie, puisqu'elle fonctionne en majorité avec des capitaux étrangers.
L'activité commerciale quant à elle, est concentrée dans la capitale Kinshasa qui regroupe la majorité des grandes entreprises, surtout celles tournées vers l'importation. Le commerce a conu un net recul, puisque sa participation au PIB du pays a chuté de 21,5 % en 1989 à 12,6 % en 1994. Heureusement, elle a connu un redressement en 1995 (15 %) et 1996 (19,9 %).
ENVIRONNEMENT
Sa situation dans la zone intertropicale fait que la RDC dispose d'un potentiel forestier immense : 1 280 042,46 km² (54,6 % du territoire national), dont 3,14 % sont constitués par des forêts de montagne. Ce potentiel explique également pourquoi le Congo est le seul pays d'Afrique "qui figure parmi les dix pays de mégabiodiversité du monde". Elle compte également trois réserves de la biosphères et un réseau d'aires protégées qui couvrent près de 9,6 % du territoire national.
Ce potentiel est cependant menacé. A titre d'exemple, le taux de déboisement dans le Parc National des Virunga est estimé à 290 ha par mois dans la période d'après 1994. La consommation de bois de feu est aussi très importante. Elle atteint, en additionnant le charbon de bois, 80 % de la consommation d'énergie. 99 % des ménages utilisent ce type d'énergie. Les ménages viennent en tête des consommateurs, avec 6 449 500 tep de bois de feu et 403 300 tep de charbon de bois. Vient ensuite le secteur agricole, suivi de celui des mines.
Les feux de brousse contribuent beaucoup à la dégradation du potentiel forestier. En effet, chaque année, ce sont près de 105 Millions d'ha qui sont concernés par les feux de forêts pratiqués pour plusieurs raisons : pratiques agricoles (brûlis), chasse, charbonnage etc. Cela entraîne des problèmes de pollution de l'air, aggravés par les rejets des industries manufacturières.
Beaucoup d'initiative allant dans le sens de la réduction de la consommation de bois ont été prises. Ainsi, le Centre d'Adaptation des Techniques Energie-Bois (CATEB) est chargé de la vulgarisation de foyers améliorés que le Ministère de l'Environnement met au point. Par ailleurs, l'accent est mis sur les énergies renouvelables, telles le solaire (on compte plus de 3 000 panneaux solaires installés dans le pays) et l'énergie hydroélectrique. Il faut y ajouter les efforts déployés afin d'améliorer le cadre institutionnel et législatif, notamment pour ce qui est du déboisement. Il s'agit de relever le taux de reboisement. Pendant les douze dernières années, seuls 2065 ha ont été reboisés. On note aussi des activités de lutte contre la pollution de l'air s'appuyant sur des activités de formation, d'information et de sensibilisation. Dans la même foulée, la RDC a ratifié la convention de lutte contre la désertification et adopté son Plan d'Action Environnemental en 1997.
Dans le domaine des ressources en eau, il faut noter que la RDC est bien pourvue. Elle compte de nombreux fleuves et rivières qui auraient pû permettre de satisfaire la demande en eau. Or, pour des raisons liées à des contraintes de distribution, toute la population n'a pas accès à l'eau. En milieu urbain, seuls 72 % de la population étaient desservis par le réseau en 1993, contre 67 % en 2000, tandis qu'en milieu rural, on est passé d'un taux de desserte de 24 % en 1993 à un taux de 17 % en 2000. les autorités attribuent cette situation aux difficultés financières rencontrées par le REGIDESO (Régie Nationale de Distribution de l'Eau). A titre d'exemple, l'investissement destiné à l'installation de nouveaux ouvrages de distribution ou à leur réhabilitation est limité.
La ressource est également menacée par les nombreux cas de pollution enregistrés. L'exercice d'activités économiques, mais aussi l'absence d'un système d'assainissement adéquat (18 % des ménages ne disposent pas de latrines et 2,8 % rejettent les déchets solides dans l'eau) font que les fleuves et rivières sont transformés en dépotoirs de déchets avec toutes les conséquences que cela comporte d'un point de vue sanitaire. Plusieurs programmes ont été mis sur pied, afin de favoriser la gestion durables des ressources. Il s'agit entre autres daméliorer la distribution, de protéger les bassins versants et les zones humides, conformément à la convention de Ramsar et de renforcer les capacités des agents chargés des questions de l'eau.
INSTITUTIONS
C'est le Ministère des Affaires Foncières, Environnement et Tourisme qui est chargé des questions environnementales. Il est subdivisé en plusieurs services qui gèrent chacun en ce qui le concerne, un domaine défini de la protection des ressources naturelles et du développement durable. Pour certains dossiers, la gestion est transversale et fait intervenir en plus d'autres ministères comme celui des Travaux Publics, Aménagement du territoire et celui de l'Urbanisme et de l'Habitat. Il existe également d'un Secrétariat Exécutif du Comité Interministériel de Coordination pour le suivi et la mise en uvre des décisions de Rio, mis en place en 1994.
Comme instruments juridiques, la RDC s'appuie sur des lois dans des domaines sectoriels tels l'eau, le foncier etc.
GROUPES/ACTEURS
On retrouve peu de femmes dans les instances de décision : 2 à 17 %. Le Parlement ne compte que 10 % de femmes, le gouvernement 13 %, la production minière, 2 %, la production industrielle, 3 % et le secteur des services, 3 %. De plus, elles ont peu accès à l'enseignement universitaire 4,4 %, contre 28,7 % dans le secondaire. Le taux d'analphabétisme chez elles est également très élevé surtout chez les femmes rurales où il est de 60 %. C'est pour toutes ces raisons qu'un ensemble de stratégies a été défini en faveur des femmes, stratégies qui portent sur la sensibilisation en matière d'environnement grâce à l'organisation de séminaires, à la production de dépliants et à la diffusion d'émissions à la TV ou à la radio. D'un point de vue institutionnel, c'est le Ministère des Affaires Sociales et de la Famille, à travers ses deux organes que sont le Secrétariat Général à la famille et le Conseil National de la Femme qui a en charge la mission de renforcer le rôle de la femme dans la société congolaise.
Pour ce qui est des enfants, les problèmes les concernant sont liés à l'éducation et à la santé. Ils sont plus de 39 % à ne pas aller à l'école. On dénombre également environ 20 000 enfants de la rue rien qu'à Kinshasa. D'un point de vue sanitaire, on note un fort taux de mortalité infantile (127 % ou pour mille ?). La couverture vaccinale est assez faible. Elle était en 1995 de 46 % pour la tuberculose, 26 % pour la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, 39 % pour la rougeole et 27 % pour la poliomyélite. C'est compte tenu de cette situation que des projets allant dans le sens de faciliter la scolarisation des enfants avec la distribution de manuels scolaires et la dynamisation des campagnes de vaccination ont vu le jour. Près de 5 Millions d'enfants de moins de 5 ans ont été vaccinés en 1999. Il s'y ajoute également le renforcement du droit des enfants, conformément aux recommandations de la Convention des droits de l'enfant.
A la date d'aujourd'hui, aucune loi ne régit l'organisation des ONG, mais cela n'empêche pas leur intervention, notamment dans le domaine du recyclage des déchets, de la lutte contre le déboisement, du renforcement du rôle des femmes dans la gestion des questions environnementales, etc.