Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU
réalisé par Agora 21 Rédacteur :
Mme Aissatou THIOUBOU
Version provisoire 08-2002
Source : IMPLEMENTATION OF AGENDA 21:REVIEW OF PROGRESS MADE SINCE THE UNITED NATIONS CONFERENCE ON ENVIRONMENT AND DEVELOPMENT, 1992

 

 

Bilan de la mise en œuvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :

Rapport de synthèse du Liban

 

PRESENTATION GENERALE

Situation :

Superficie :

Population : 4 000 000 (chiffre de 1997)

Taux d'accroissement : 1,7 %

Taux de croissance de la population urbaine :

Population urbaine :

Taux de croissance du PIB :

CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES ET/OU RATIFIES PAR LE LIBAN

SOCIAL

La population du Liban était estimée à 4,3 Millions d'habitants en 2001, contre 4 Millions en 1997. Le taux d'accroissement moyen annuel est de 1,7 %, et le taux de migration de 0,2 %. Le dernier recensement de population date de 1932 et les chiffres faisaient état à l'époque, de 793 000 habitants. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans est de 32 pour mille. Le taux de mortalité infantile est lui de 28 pour mille. C'est aussi une population qui vieillit, si l'on compare les actuels avec ceux de 1970. Les personnes entre 20 et 59 ans représentaient en 1997 près de la moitié de la population.

Les hôpitaux publics font face à un manque de personnel et d'équipements, ce qui fait que les hôpitaux privés fournissent près de 95 % des soins de santé. On compte près de 760 cliniques locales, dont 80 % sont gérées par des ONG et des Organisations Communautaires de Base (CBO). Le nombre de lits dans les hôpitaux, de 11500 est insuffisant pour couvrir l'ensemble des besoins de la population. Il en faudrait 9000 de plus. Les actions initiées par les autorités concernent aussi bien la prévention (lutte contre la polio et la rougeole ; création en 1996 d'un comité national pour la santé, la sécurité à domicile, au travail et sur la route chargé de promouvoir dans les médias des campagnes de sensibilisation en direction du public ; lutte contre les effets de la pollution de l'eau et les effets des déchets toxiques importés d'Europe) et l'amélioration de la qualité des services (réhabilitation de 13 hôpitaux publics, portant ainsi le nombre total de ces derniers à 27).

12,9 % des familles vivent en un revenu moyen inférieur ou égal à 70 $ US. En somme, les études montrent que 61,9 % des libanais perçoivent de faibles revenus. Les salaires sont si bas que les syndicats estiment que pour atteindre les niveaux de salaire de 1995, il faudrait augmenter ceux de 1990 d'environ 90 %. Cela découle des conséquences de la guerre. Le taux de chômage est de 26,4 %. L'augmentation des salaires est donc l'une des solutions préconisées dans la lutte contre la pauvreté. Les autorités recommandent en plus la stabilisation de la monnaie nationale et la limitation de l'hyperinflation, la facilitation de l'accès aux services sociaux, dans tous les villages et quartiers, l'amélioration du niveau de formation des jeunes et des femmes.

Le thème de l'environnement fait désormais partie intégrante des programmes scolaires. Pour cela, une stratégie d’éducation environnementale a été pensée, qui permet de réfléchir sur les modalités d'introduire l'enseignement de l'environnement dans les différents modules et à tous les niveaux éducatifs. A ce sujet ,dans les jardins d'enfants, un programme pilote est testé depuis l'an 2000.

ECONOMIE

En 1999, un total de 22026 établissements industriels ont été recensés au Liban, contre 29282 en 1996/97. Ces industries s'illustrent dans 33 branches et 89 % d'entre elles travaillent dans 8 secteurs dont 20 % dans l'alimentation et la brasserie, 16 % dans les produits métalliques fabriqués, 12 % dans le secteur de produits minéraux non métalliques, 11 % dans les meubles, 10 % dans le vêtement, 10 % dans le bois, 6 % dans le cuir et enfin 4 % dans le textile. En Janvier 1999, on dénombrait 72 zones industrielles. Pourtant, 82 % des usines sont localisées en dehors de celles-ci. On peut également ajouter qu'il s'agit d'entreprises de petite taille, puisque 90 % d'entre elles emploient moins de dix personnes. En 1995, l'industrie contribuait pour 2 Milliards de $ (soit 17,3 %) au PNB, contre seulement 1,7 Milliards en 1999. Les deux types de pollution dues à l'industrie les plus fréquentes sont la pollution de l'air d'une part, causée par les cimenteries et les usines de production d'énergie, et d'autre part la pollution des eaux de surfaces et souterraines suite au déversement d'eaux usées sans traitement préalable. Actuellement, les autorités sont en train de mettre en place un système permettant d'améliorer les performances environnementales des entreprises, notamment celles liées à la tannerie, au papier, à la pression de l'huile d'olive, considérées comme les plus polluantes. Il s'agit d'améliorer la collecte des déchets et de réduire les pollutions.

La pêche est exclusivement artisanale et traditionnelle. Elle a été fortement marquée par la guerre. Des appâts toxiques et des explosifs ont été régulièrement utilisés durant cette période. Par conséquent, de forts taux de mortalité des espèces pélagiques et semi-pélagiques, mais aussi une surexploitation du potentiel ont été enregistrés.

Le tourisme, bien que représentant moins de 2,5 % du budget du plan décennal de reconstruction (1993-2002), n 'en joue pas moins un grand rôle dans l'économie du pays. En 1995, le secteur contribuait pour 673 Millions de dollars, chiffre qui est passé à 1,3 Milliard de dollars en 1998. Les autorités envisagent de développer l'écotourisme et le tourisme d’éducation à la nature dans les réserves et les villages environnants. Dans les grandes écoles de tourisme, le concept de tourisme durable est inscrit au programme. Quant aux ONG, elles œuvrent à promouvoir les produits locaux et le tourisme d’éducation à la nature.

ENVIRONNEMENT

Les forêts libanaises couvrent environ 6 % de la superficie totale du pays. En 1982, les études menées par la FAO estimaient les besoins en forêt du pays autour de 200 000 ha, ce qui représente 20 % de la surface du pays. La principale cause de dégradation des forêts est constituée par les feux de brousse. Chaque année, ce sont près de 1200 ha qui partent ainsi en fumée à cause des feux, mais aussi du déboisement et de l'urbanisation. En 1995, les autorités avaient initié un programme quinquennal ambitieux, destiné au reboisement de 40 000 ha. On note également comme projet, celui de Bsharre, initié en 1998, dont l'objectif est concentré autour du reboisement du fameux cèdre libanais. Il y a également le "Projet pour l'amélioration des montagnes libanaises", dans les années 60 qui visait entre autres le reboisement, la restauration des terres et l'irrigation. Enfin, le Liban est en phase de mettre en œuvre une stratégie et un plan d'action de lutte contre la désertification. En effet, il s'avère que 65 % du territoire libanais sont sérieusement affectés par l'érosion éolienne, le changement de température et les effets des activités humaines, même si les surfaces réservées à l'agriculture ont baissé pendant la guerre, passant de 360000 à 200000 ha. Parmi les autres causes de dégradation des terres identifiées, on note la surexploitation des eaux souterraines pour l'irrigation, l'abus de produits chimiques, le surpâturage, les problèmes de planification et d'aménagement etc.

La consommation actuelle est de 60 litres/jour per capita, mais le Liban n'est pas riche en eaux de surface (un seul fleuve, le Litani est a des limites ne dépassent pas les frontières nationales), ce qui oblige à se reporter sur le potentiel souterrain, qui représente 40 % de toute l'eau disponible, soit 900 Millions m3. Ce potentiel est soumis à forte pollution, puisque 70 % des sources d'eau potable du pays sont l'objet d'une infection bactériologique, due à des effluents provenant des ménages et des industries. De plus, il n y a pas d'unités de traitement des eaux usées dans tout le pays. Le besoin exprimé en matière d'usines de traitement des eaux modernes, de technologies de traitement primaire et secondaire de l'eau est donc réel. Pour améliorer la disponibilité en eau potable dans la capitale, les autorités envisagent le transport de l'eau par des canalisations, du fleuve Awali jusqu'à Beyrouth.

Le pays possède 250 km de côte, occupées à 21 % par les régions urbaines, à 20 % par les dunes et les plages, et à 11 % d’affleurements rocheux. le Liban a signé la convention de Barcelone et ses 5 protocoles, convention qui comprend un plan d'actions et un guide de protection de l'environnement marin et du développement durable des zones côtières de la Méditerranée.

Pour sa consommation d'énergie, le Liban dépend beaucoup des importations de combustible. Les sources d'énergie primaire, dont le gaz oil, le diesel représentent moins de 10 % des importations de combustible. La facture pétrolière du gouvernement avait baissé de 26 % entre 1997 et 1998 et augmenté de 29 % entre 1998 et 1999. le Liban importe aussi d’électricité de la Syrie pour sa consommation. En 1995, ce sont ainsi 292 kWh qui ont été importés, et en 1996, 846 kWh. En 1998, une stratégie a été élaborée, en collaboration avec la Banque Mondiale, en vue d'aider les autorités à promouvoir le développement de ce secteur, à satisfaire les besoins énergétiques, à réduire les impacts négatifs sur l'environnement et à réhabiliter les unités de production d'énergie.

INSTITUTIONS

C'est le Ministère de l'Environnement qui a en charge la protection de l'environnement. Il compte parmi ses attributions la mise en place d’une réglementation et de normes de gestion des ressources naturelles, la mission de conseil dans l'implantation de projets et programmes durables. Ce Ministère travaille en collaboration avec le Conseil de Développement et de Reconstruction (CDR) qui gère et coordonne l'aide extérieure.

Le code de l’environnement sert de cadre juridique et réglementaire en matière de gestion des ressources naturelles. Il a permis, grâce à son article 10, la mise en place du Conseil National de l’Environnement qui verra la participation des représentants de divers ministères, d'ONG, de scientifiques...

GROUPES/ACTEURS

Les femmes sont chefs de famille dans 12,5 % des cas. Elles représentent également 27,8 % de la population active et leur poids dans le parlement est évalué à 2,3 %. Afin de renforcer leurs capacités, le Ministère des Affaires Sociales a mis en place en 1996 le Projet de Renforcement des Institutions en vue du Développement des Entreprises Féminines. Ce projet, avec 20 formateurs et conseillers en affaires, a dispensé aux femmes intéressées par l'entreprenariat 9 cours de formation. 230 parmi elles ont pu reçu leurs diplômes. Par ailleurs, le Liban a ratifié en 1996 la convention sur toutes les formes de discrimination envers les femmes.

Les jeunes (entre 15 et 24 ans) représentent 20 % de la population libanaise et 30 % de la population active. Un comité parlementaire pour la jeunesse a été constitué en 2000, de même qu'un Ministère de la Jeunesse et des Sports. Dans le cadre de leur sensibilisation (et aussi du grand public) en matière d'environnement et de développement durable, les ONG sont fortement mobilisées et travaillent étroitement avec le Ministère.

Il existe pas moins de 130 ONG mobilisées dans l'environnement et le développement durable au Liban. Celles-ci ont joué un rôle de premier plan dans la création du Ministère de l'Environnement. Elles ont connu une évolution de leurs domaines d'intervention. En effet, dans les années 1980, leurs activités étaient orientées vers la recherche et les études de cas portant sur la gestion des forêts, la faune et la flore etc. Après la guerre, elles s’intéressent de plus en plus à l'éducation environnementale et à la formation. Le Forum Environnemental Libanais (LEF), qui a été constitué en 1994 par 8 ONG s'engage à organiser régulièrement des campagnes de sensibilisation sur la protection de l'environnement est citée en exemple. Elle a initie aussi des projets de reboisement, de délimitations de réserves zoologiques et de restauration de lieux de culte (mosquées, églises etc.).

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