| Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU | |
| réalisé par Agora 21 | Rédacteur
: Mme Aissatou THIOUBOU |
| Version provisoire | 08-2002 |
| Source : IMPLEMENTATION OF AGENDA 21:REVIEW OF PROGRESS MADE SINCE THE UNITED NATIONS CONFERENCE ON ENVIRONMENT AND DEVELOPMENT, 1992 | |
Bilan de la mise en uvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :
Rapport
de synthèse d'Haïti
PRESENTATION GENERALE
Situation :
Superficie :
Population : 7 000 000
Taux d'accroissement :
Taux de croissance de la population urbaine :
Population urbaine :
Taux de croissance du PIB :
CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES ET/OU RATIFIES PAR HAITI
Protocole de Montréal et ses amendements ;
Convention sur la diversité biologique ;
Convention de lutte contre la désertification et les effets de la sécheresse (ratification en 1996) ;
Convention de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion des déchets (ratification le 13 Mars 1975) ;
Convention de 1958 sur la mer territoriale et la zone contiguë ;
Convention de 1958 sur la haute mer ;
Convention des Nations Unies de 1982 sur le droit de la mer ;
Convention sur les changements climatiques (pas encore signée) ;
Convention sur la diversité biologique ;
Accord de 1977 sur la délimitation des frontières maritimes entre Cuba et Haïti ;
Accord de 1978 entre Haïti et la Colombie sur la délimitation des frontières maritimes
Convention de MARPOL (en cours de ratification).
Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur élimination ;
Convention sur l'élimination de toute forme de discrimination envers les femmes (ratification le 8 Octobre 1982) ;
Convention de Belem Bopara au Brésil sur les violences faites contre les femmes (ratification le 03 Avril 1996) ;
SOCIAL
La population haïtienne est estimée à 7 Millions d'habitants, sans compter les 2 Millions de la diaspora. La division de la Planification du Ministère de la Santé Publique et de la Population est chargée de définir et de faire appliquer les priorités du gouvernement en matière de population. Les plus fortes densités du pays sont rencontrées à Port-au-Prince la capitale (les densités sont ici trois fois plus élevées que la moyenne nationale), qui est aussi la ville qui connaît la plus grande dynamique démographique. Elle compte environ 2 Millions d'habitants. Les programmes destinés à réduire les taux de natalité et de mortalité ciblent en priorité les femmes.
La pauvreté est une réalité en Haïti, puisque 75 % de la population vivent dans la pauvreté absolue. En 1990, le taux de chômage était estimé à 80 %. A l'heure actuelle, le taux est situé entre 50 et 80 %. Une stratégie nationale a été définie, et c'est à l'Unité Centrale de Gestion (UCG) qu'est confiée son application. L'un des points saillants de celle-ci est la création d'emplois. Depuis Octobre 1994, de nombreux projets allant dans ce sens ont été exécutés. Ainsi, avec la collaboration de l'ONG PADF, des travaux de voirie, de reboisement et de contrôle de l'érosion ont permis de créer des emplois.
La grande pauvreté en Haïti se ressent sur la situation sanitaire des populations. La mise en uvre depuis 1980 de la stratégie « santé pour tous en l'an 2000 », et du Plan National de Santé Publique en 1996 constituent des points forts sur lesquels les autorités s'appuient pour améliorer les conditions sanitaires des populations locales. Pour la lutte contre les grandes endémies, notamment le HIV/SIDA, plusieurs spots publicitaires et messages radiophoniques ont été réalisés, afin de sensibiliser les populations sur les dangers liés à cette maladie.
En ce qui concerne l'éducation, le Ministère de l'Environnement est chargé de développer un programme d'Education Relative à l'Environnement (ERE) pour le grand public et pour les écoliers en particulier.
Le Ministère des Affaires Sociales est l'entité chargée de trouver des solutions aux problèmes de logement. Au sein de ce Ministère, un service a été crée, l'Institut de Promotion de l'Habitat Social et de Planification (EPPLS) qui, comme son nom l'indique, est chargée de l'habitat social, notamment de la réhabilitation des taudis. Cependant, il faut noter que le budget affecté à ce secteur est très en deçà de ses ambitions, ce qui constitue un obstacle dans l'application correcte des politiques d'habitat. Des technologies appropriées doivent être développées, afin de permettre une utilisation adéquate des matériaux de couverture pour toiture et du chauffage, la promotion de coûts de construction moindres etc.
ECONOMIE
On note une volonté réelle de prendre en compte l'environnement dans les processus économiques, même si aucun texte officiel n'incite producteurs et consommateurs au changement de comportement. Dans le domaine du commerce, des exemptions fiscales sont prévues pour les entreprises peu polluantes. On note également que certaines industries, celles de la peinture notamment, ont imposé des normes de production, pour une meilleure qualité. Au total, deux grandes entreprises et 38 petites et moyennes entreprises ont adopté des politiques de développement durable.
ENVIRONNEMENT
Haïti n'a pas encore ratifié la convention sur le changement climatique. Néanmoins, la protection de l'atmosphère figure parmi ses préoccupations majeures. Par exemple, c'est principal thème du Plan National d'Actions de l'Environnement. L'insuffisance de ressources financières fait cependant que le gouvernement ne dispose pas de moyens permettant d'investir dans la recherche, ni de développer des systèmes d'alerte précoce en matière de pollution atmosphérique.
Par contre la convention sur la diversité biologique a été ratifiée. Haïti possède en effet l'un des indices de biodiversité les plus élevés de la zone tropicale. Cela dénote une grande diversité floristique et faunistique. La Loi Organique propose la création d'une Division de Diversité Biologique, ce qui permettra de créer un cadre propice à la gestion de ces ressources, qui sont fortement menacées. Il ne reste plus que 2 % de surfaces boisées, en 500 ans de dégradation.
En 1995, seuls 20 % de la population étaient desservis par les réseaux publics de distribution. Dans la capitale Port-au-Prince, ils sont cependant 30 %, dont 25 % se ravitaillent grâce aux fontaines publiques et au puits. En l'absence d'un système d'égout, des dangers de pollution pèsent sur la nappe souterraine. Il n y a pas de structure chargée de la gestion en eau au Ministère de l'Environnement, seulement des agences de distribution, notamment à Port-au-Prince (CAMEP), dans les autres villes (SNEP), et les zones rurales (POCHEP) : Ces agences travaillent selon leurs propres systèmes de contrôle et de statistiques. Cependant, la nouvelle Loi sur les Collectivités Territoriales prévoit un transfert de compétences dans le domaine de l'eau, aux communautés locales, appelées CASECS. Il faut souligner également l'intervention des ONG qui interviennent beaucoup dans l'alimentation en eau des populations rurales, et dans la gestion des problèmes dassainissement et d'environnement en général. Enfin, le Plan National d'Action Environnemental prévoit de mettre en place une approche intégrée de gestion de ce problème. De plus, une importante campagne d'éducation et de sensibilisation sera initiée, avec comme cadre le programme Education liée à l'Environnement (ERE).
L'environnement marin en Haïti est très menacé par divers types de pollution. Les principales sources identifiées sont : les bateaux, les plages et l'entretien des bateaux aux ports. L'installation de nombreuses usines (de fabrication d'huiles essentielles, de transformation de cuir, d'assemblage etc.) sur les côtes, de même que le déversement d'eaux usées par les hôtels et autres riverains transforment les plages en de véritables dépotoirs. Pour faire face à cela, les autorités du Ministère de l'Environnement envisagent prévoient de mettre en place des directives sur l'Evaluation des Impacts des projets côtiers sur l'environnement marin. On note deux principaux projets allant dans le sens de la protection des ressources marines : le programme de gestion de la zone côtière, qui est en phase d'exécution et le projet de recyclage des déchets plastiques, qui démarrera dès que le financement sera acquis.
INSTITUTIONS
C'est au Ministère de l'Environnement que revient la tâche de mettre en place un cadre institutionnel adéquat, des politiques et des stratégies adaptées à la gestion intégrée des ressources naturelles et d'asseoir le développement durable. Le Plan National d'Action Environnemental sert quant à lui de cadre légal et juridique sur lequel se fondent les autorités, afin d'intégrer pleinement la problématique environnementale dans la conception et l'application des politiques de développement.
GROUPES/ACTEURS
Le pourcentage de femmes dans le gouvernement est passé de 20 % en 1992, à 33 % en 1996, alors que pour le gouvernement au niveau local, cette proportion passe de 25 à 37 %. Au niveau du Parlement, elles ne représentent que 3 % des effectifs. Pour améliorer le sort des femmes, l'Etat a ratifié la Convention sur l'élimination de toute forme de discrimination envers les femmes le 08 Octobre 1982, et celle de Belem Dopara au Brésil sur les violences faites aux femmes le 3 Avril 1996. Parallèlement, un Ministère des affaires des femmes et des droits des femmes a été crée. A cause du faible budget alloué à ce ministère et de l'intervention de facteurs socioculturels, il rencontre de nombreux obstacles dans l'accomplissement de sa mission.
En faveur de la jeunesse, un Ministère de la jeunesse et des sports a été crée. Il s'agit de promouvoir la pleine participation des jeunes au processus de développement durable. Ainsi, plusieurs forums ont été organisés, dont le forum national avec les institutions publiques et privées, le forum départemental sur la synthétisation des priorités des jeunes, le forum communal pour l'identification des trois principaux problèmes au niveau national et local, et enfin le workshop de la jeunesse à l'occasion de la journée mondiale des jeunes. Parmi les objectifs fixés par les autorités, l'accès à léducation et à la formation pour 50 % des jeunes pour l'horizon 2004.