| Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU | |
| réalisé par Agora 21 | Rédacteur
: Mme Aissatou THIOUBOU |
| Version provisoire | 08-2002 |
| Source : EXAMEN DES PROGRÈS ACCOMPLIS DEPUIS LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR L'ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT, 1992 | |
Bilan de la mise en uvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :
Rapport de synthèse de la Guinée Bissau
PRESENTATION GENERALE
Situation :
Superficie : 36 125 km²
Population : 1 000 000
Taux d'accroissement : 1,9 %
Taux de croissance de la population urbaine :
Population urbaine :
Taux de croissance du PIB :
CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES ET/OU RATIFIES PAR LA GUINEE BISSAU
Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (ratification en 1995)
Convention sur la diversité biologique (ratification en 1995) ;
Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages Menacées d'Extinction (CITES) ;
Convention de Ramsar (1991) sur les zones humides ;
Convention de Bonn sur la Conservation des Espèces Migratrices Appartenant à la Faune Sauvage ;
Accords de convention sur les espèces doiseaux aquatiques migratrices en provenance d'Afrique ;
Convention de lutte contre la désertification (ratification en Octobre 1995) ;
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (ratifié en 1986) ;
Convention de lutte contre toute forme de discrimination envers les femmes (ratification en 1985).
SOCIAL
La population bissau guinéenne était estimée à près de 1,41 Millions d'habitants en 2000. Elle saccroît au rythme de 1,9 % par an. L'espérance de vie à la naissance est de 47 ans, selon le résultat des enquêtes menées en 1991. Même si le taux de croissance actuel ne permet pas de sonner l'alarme quant à un risque de surpopulation, il n'en demeure pas moins que les autorités ont crée une cellule sur le planning familial au Ministère de la Santé Publique, conformément aux recommandations de la Conférence des Nations Unies sur la Population et le Développement, tenue au Caire en 1994.
Dans le domaine de la santé, la stratégie globale de santé fixe des objectifs allant dans le sens de l'amélioration des conditions d'accès à la santé en l'an 2000. Parmi ces objectifs, la conduite de campagnes de vaccination.
Le plan National de Santé a été élaboré en collaboration avec le Ministre du Tourisme, de l'Environnement et des Arts Traditionnels, et le Conseil National pour l'Environnement. Il s'agira d'améliorer la qualité de la santé publique. Cela passera par la promotion de la santé éducative, par la création de conditions sanitaires minimales, la construction de latrines, l'amélioration de la qualité de l'eau potable et l'augmentation du nombre de structures sanitaires.
Dans le domaine de l'éducation, des efforts ont été consentis par le Ministère de l'Environnement et les ONG, en vue de promouvoir l'éducation environnementale grâce à la formation, la sensibilisation et l'organisation de campagnes d'éducation. Le Ministère de l'Education, en collaboration avec le Ministère de l'Environnement a décidé d'introduire le thème de l'environnement dans les programmes destinés aux élèves des cours élémentaires et secondaires. De plus, plusieurs radios privées locales diffusent en plusieurs langues des émissions destinées à la prise de conscience sur les thèmes environnementaux.
Un plan d'urbanisation a été conçu, afin d'améliorer la vie urbaine dans les quatre villes que compte la Guinée Bissau, à savoir Bissau, Bafata, Gabu et Bolama. Il faut dire en effet que ces villes manquent d'infrastructures de base, d'énergie et de matière première destinés aux populations locales. C'est pour cela qu'en plus de ce plan dont l'application est entravée par l'insuffisance de moyens financiers, les autorités ont conçu un autre plan visant à entre autres objectifs à améliorer le système de transport urbain, le système de drainage des eaux pluviales, linstallation de nouvelles bornes fontaines publiques. Ce projet est financé par la coopération hollandaise. Des ONG et une compagnie privée ont été sollicitées pour le ramassage des ordures.
ECONOMIE
L'agriculture est l'activité principale des populations. 75 % en dépendent. Cependant, la Guinée Bissau est menacée par la désertification, ce qui fait que la pauvreté est fortement ancrée dans le pays. Les autorités ont prévu de réviser la politique agricole, en mettant l'accent sur une planification intégrée du secteur, devant conduire à la sécurité alimentaire et au développement durable.
Plusieurs projets et programmes ont été mis en uvre, dont le PRDI et le PIC qui visent à encourager les paysans à s'organiser en associations, à faciliter l'accès aux semences améliorées, à promouvoir l'horticulture, à conscientiser les paysans sur le rôle du crédit et de l'épargne dans le développement durable.
Les autres obstacles au développement du secteur agricole sont l'érosion et la désertification d'une part, et la guerre d'indépendance de la Guinée Bissau qui a duré onze ans, et qui a fini de déstructurer les structures de production agricole.
Dans le domaine de la pêche, le pays a signé plusieurs accords de coopération visant à renforcer la capacité et à promouvoir les industries de pêche locales et à améliorer la protection des ressources marines. Un Plan Intégré de la Pêche a été élaboré, afin de promouvoir l'utilisation optimale et durable des ressources. Ce plan intègre entre autres : le contrôle de la pêche et sa gestion et la mise en place d'un système de surveillance, la valorisation des ressources humaines, l'amélioration de l'infrastructure etc.
La Guinée Bissau applique, avec le soutien des institutions de Bretton Woods une politique d'ajustement structurel depuis 1987. Elle fait partie des pays les plus pauvres du monde, avec un revenu annuel par habitant de 202 $ (chiffre de Septembre 1997) et un PNB de 240 $.
ENVIRONNEMENT
Les principaux défis environnementaux auxquels la Guinée Bissau est confrontée sont : la dépendance des populations au bois utilisé comme combustible et la déforestation, l'augmentation drastique des surfaces mises en culture et de l'érosion, le surpâturage, l'exode rural et l'afflux de réfugiés venant des pays voisins.
Selon les études menées par Atlanta-Consult, depuis 1978, la Guinée Bissau a perdu environ 64 % de ses forêts, soit 220 000 ha. Or, les ressources forestières jouent un rôle primordial pour le gouvernement qui tient là une source de devises importante, et pour les populations locales.
En matière de législation, on note la loi sur les forêts, la proposition de loi sur la faune et le projet de l'UNESCO d'Avril 1996 de faire de l'archipel de Bolama-BIjagos une réserve de la biosphère.
La Guinée Bissau a ratifié la Convention sur les changements climatiques et participe au Système d'Observation du Climat, qui est chargé d'évaluer lampleur des changements climatiques. Elle a donc opté pour la lutte contre la pollution atmosphérique, causée principalement par les feux de brousse et les modes de destruction des déchets.
Le Ministère de lénergie, de l'industrie et des ressources naturelles, a élaboré le plan d'eau et d'assainissement, visant l'amélioration de la gestion des ressources en eau. Pour cela, la stratégie consiste à identifier les ressources disponibles et les modalités de leur exploitation, à identifier les besoins des populations urbaines et rurales, de l'agriculture et de l'élevage. Egalement dans le Nord et l'Est du pays, où les populations sont le plus affectées par la pénurie en eau en saison sèche, la Direction Générale des ressources naturelles a procédé au creusement de puits.
Il existe également un programme de gestion intégrée des zones côtières et des îles. En coopération avec l'UICN, la Guinée Bissau a signé un accord lui permettant de mener des activités de conservation des ressources naturelles dans les aires protégées et de promouvoir lutilisation durable des ressources côtières.
INSTITUTIONS
En vertu des recommandations de la Convention de Rio, le gouvernement a mis en place le Conseil National pour l'Environnement, afin de faciliter la mise en uvre de l'Agenda 21. De plus, le Secrétariat d'Etat au Tourisme, à l'Environnement et aux Arts Traditionnels a évolué en ministère du même nom, afin de permettre une meilleure intégration de la problématique environnementale dans le processus de prise de décision aux plans économique, social, fiscal, etc.
La loi sur l'environnement et le projet de protection des écosystèmes fragiles ont été élaborés et attendent d'être approuvés par le gouvernement. On note également d'autres lois qui se rapportent à des thématiques sectorielles : loi sur les terres, loi sur les espaces protégés, la loi sur les forêts communautaires, etc.
GROUPES/ACTEURS
Un ministère des affaires sociales de la promotion de la femme a été crée, afin de permettre au gouvernement de mieux prendre en charge les préoccupations des femmes. Ce ministère est responsable de l'élaboration de politiques gouvernementales impliquant et bénéficiant directement aux femmes. Les thèmes abordés dans ce cadre concernent l'éducation et la formation, la nutrition, la santé et leur participation au processus de prise de décision en matière de gestion environnementale. A l'heure actuelle, on note plusieurs organisations féminines, dont l'initiative de Castanhez qui s'investit beaucoup dans la conservation des forêts. Ces associations interviennent dans tous les secteurs de la vie productive, mais aussi dans les activités de conservation de la nature.
Les jeunes constituent plus de 30 % de la population. Par conséquent leur participation dans la gestion des affaires du pays est nécessaire. Le gouvernement, en collaboration avec des ONG, est en train de mettre des stratégies en uvre, afin de faciliter leur accès à l'éducation en général et à l'éducation environnementale en particulier.
Une agence gouvernementale de coordination des activités des ONG, dénommée SOLIDAMI a été créée, afin de faciliter le dialogue, les relations de partenariat et de coopération entre elles, mais aussi de définir des mécanismes permettant leur pleine participation au processus de développement durable du pays.