Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU
réalisé par Agora 21 Rédacteur :
Mme Aissatou THIOUBOU
Version provisoire 06-2002
Source : Profil du Cameroun. Application d'action 21 : Examen des progrès accomplis depuis la conférence des nations unies sur l'environnement et le développement, 1992

 

 

 

Bilan de la mise en œuvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :

Rapport de synthèse du Cameroun

 

 

PRÉSENTATION GÉNÉRALE

Situation :

Superficie : 475 440 km²

Population : 14 693 000 (chiffre de 1999)

Taux d'accroissement : 3.22 %

Taux de croissance de la population urbaine :

Population urbain e : 47 % en 1996

Taux de croissance du PIB : 30 % (chiffres du début des années 80)

CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITÉS ET PROTOCOLES SIGNÉS ET/OU RATIFIÉS PAR LE CAMEROUN

SOCIAL

La politique en matière de santé initiée par le Cameroun comporte trois volets principaux: la lutte contre les grandes endémies telles que le SIDA et le paludisme, le renforcement de la capacité d'accueil des structures sanitaires et enfin l'amélioration du cadre institutionnel afin d'arriver à une gestion plus transparente et plus efficace de l'ensemble des structures concernées.

Dans le domaine de l'éducation, les enjeux se situent au niveau de l'utilisation de l'appareil éducatif afin d'atteindre la cible la plus large possible. En outre, il est prévu de renforcer les structures de formation destinées aux jeunes existantes et de faire participer les médias dans la diffusion de l'information environnementale.

ÉCONOMIE

Le secteur agricole emploie près de 68 % de la population active. De plus, il fournit 30 % du PIB et 50 % des produits destinés à l'exportation. Au cours des deux dernières décennies, les performances de l'agriculture ont connu une chute vertigineuse avec plus précisément la baisse de la production. C'est surtout le secteur des cultures commerciales qui a été le plus touché. La conjugaison de facteurs externes tels la détérioration des termes de l'échange et internes, tels les problèmes de désertification dans le Nord du pays et le surpeuplement de certaines zones plus favorables qu'elle induit n'a fait qu'aggraver la situation.

Dés le début des années 90, une politique agricole a été élaborée par l'Etat camerounais, afin de juguler la crise du secteur agricole. Cette politique qui a fait l'objet d'une révision en 1999 est destinée à relancer le secteur tout en créant des conditions permettant de relever le niveau de production et donc de revenus des paysans, en luttant contre la dégradation des ressources naturelles. Par ce biais, cette politique vise à assurer la sécurité alimentaire de la population dont la nourriture de base est constituée par les céréales. En outre, des mesures d'ordre politique et institutionnel ont été prises avec notamment la privatisation des établissements publics et parapublics, l'amélioration des systèmes culturaux grâce aux résultats obtenus par la recherche et la mise en place d'un programme de protection et de restauration des sols dégradés. Ainsi, 28 % des terres érodées et 41 % de celles soumises aux effets des feux de brousse ont pu être récupérées. D'un autre côté, l'accent est mis sur l'information et la sensibilisation des populations concernées.

ENVIRONNEMENT

Le Cameroun a signé un certain nombre de conventions régionales et internationales entrant dans le cadre de la protection de l'environnement. Ainsi, en vertu des recommandations de la convention sur les changements climatiques, des études ont été menées afin d'évaluer le niveau de consommation en gaz à effet de serre. En effet, une forte pollution atmosphérique due à un parc automobile vétuste et à une industrie le plus souvent désuète sévit. On estime que 85 % des villes sont sujettes à la pollution contre 15 % des zones rurales. Les modalités de la réduction de celles-ci ainsi que les risques éventuels y afférent ont également été passés en revue. Ces derniers ont été identifiés comme liés à la santé (recrudescence des maladies respiratoires et des cancers de la peau), aux inondations et aux sécheresses.

A propos de l'occurrence de la désertification, le Cameroun avait déjà au début des années 70 anticipé en mettant en place un Comité Provincial de Lutte contre la Sécheresse et la Désertification. Depuis lors, les actions ont été menées à différents niveaux. Il s'agit de la mise en place d'un système d'alerte précoce en relation avec les pays voisins, la diversification des activités socio-économiques de sorte à multiplier les sources de revenu des paysans, le développement de l'irrigation etc. Parallèlement, les causes réelles de la désertification sont attaquées. Ainsi, afin de lutter contre le déboisement et la destruction des forets estimées à 17 Millions d'ha, un programme énergétique est mis en place avec comme point focal la promotion des énergies renouvelables comme le solaire et l'éolienne. De plus, l'utilisation des sources d'énergie moins polluantes comme l'énergie hydroélectrique est encouragée. Tout cela est complété par des actions de sensibilisation et d'information des populations locales.

Concernant la protection des zones côtières, des accords sous régionaux signés avec cinq autres pays (Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin, Togo et Nigeria) sert de cadre de travail. Il s'agit entre autres d'arriver à un niveau de pollution minimum, à réduire les problèmes d'érosion côtière et à améliorer la production.

INSTITUTIONS

Pour répondre à l'objectif global de préserver ses ressources et en même temps de participer à l'effort mondial de protection des ressources naturelles, le Cameroun a mis en place un cadre institutionnel adéquat. A côté du ministère de l'environnement érigé en 1992, on dénombre environ 25 institutions qui interviennent plus ou moins directement dans les activités de protection des ressources environnementales, soit comme organisme de recherche, soit comme organe de coordination d'activités relevant d'un secteur bien précis.

D'un point de vue légal, hormis les lois et règlements faisant foi dans les différents ministères, on note l'existence d'un code de l'environnement renforcé par un ensemble de textes internationaux votés par le Cameroun.

GROUPES/ACTEURS

Malgré le fait qu'elles soient majoritaires (elles représentent 51 % de la population), les femmes ne jouent qu'un rôle peu important dans le domaine de la gestion des affaires environnementales. C'est pour renverser cette tendance que des actions visant à renforcer les capacités des femmes sont initiées. Il s'agit entre autres de relever le niveau d'éducation de celles ci, de renforcer la présence des femmes dans les instances de décision (par exemple en faisant passer le taux de femmes occupant un poste politique de 16 à 30 %), d'appliquer les résolutions issues de la conférence de Beijing.

Le programme de promotion et d'implication des jeunes aborde dans le même sens que celui des femmes. En effet, les actions initiées tournent autour de la mise en place de centres de formation, de l'introduction dans les écoles et les universités de programmes spéciaux destinés à sensibiliser cette couche de la population aux problèmes environnementaux de manière globale et de l'application des résolutions issues de la convention des droits de l'enfant.

Bien que leur intervention sur le terrain soit reconnu et bien apprécié, il n'en demeure pas moins que le nombre d'Organisations Non Gouvernementales soit limité en raison de l'existence d'un cadre institutionnel peu favorable à l'éclosion de ce type d'organisations.