| Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU | |
| réalisé par Agora 21 | Rédacteur
: Mr Séverin ASSE |
| Version
validée par les autorités du pays |
06-2002 |
| Rapport envoyé par Mr. Séverin Asse, Secrétaire permanent de la Commission Nationale de Développement Durable du Bénin | |
Bilan de la mise en uvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :
Rapport de synthèse du BENIN
PRESENTATION GENERALE
Situation : Le Bénin est situé en Afrique de louest sur les côtes du Golfe de Guinée. Il est limité au nord par la République du Niger, au sud par lOcéan Atlantique, à louest par la République du Togo, au nord-ouest par la République du Burkina- Faso et à lest par la République du Nigeria.
Superficie : 114.763 km²
Population : 6.752.569 habitants
Taux d'accroissement : 3,23 %
Taux de croissance du PNB : 2 %.
CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES PAR LE BENIN
Convention de Vienne
Protocole de Montréal sur les substances qui appauvrissent la couche d'ozone
Protocole de Kyoto
Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
Convention des Nations-Unies sur la Lutte contre la Désertification
Convention sur la Diversité Biologique
Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants
Convention phytosanitaire pour lAfrique
Convention internationale sur le commerce des espèces de faunes et de flores sauvages menacées dextinction
Convention de Kano sur la lutte contre le criquet migratoire africain et contre dautres espèces acridiens migrateurs
Convention sur linterdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) et à toxine et sur les destructions
Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer
Convention de Bamako sur les déchets dangereux
Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires
Convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin et des zones côtières de lAfrique de louest et du centre
Convention internationale de création dun fonds international dindemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures et amendements
Convention de BONN sur la conservation des espèces migratoires appartenant à la faune sauvage.
SOCIAL
Selon le Rapport Mondial sur le Développement Humain (RMDH) édition 2001, le Bénin est classé parmi les pays ayant un faible niveau de développement humain. En effet, il occupe le 14ème rang sur les 162 pays classés en ce qui concerne lIndicateur du Développement Humain (IDH), avec une valeur de 0,420.
Il ressort de ce même rapport que lindicateur du développement humain au Bénin a connu un accroissement de 1,4% en 1999 après une baisse de plus de 4% enregistrée en 1998. Cette légère progression provient, entre autres, des efforts déployés par le gouvernement dans les secteurs de léducation et de léconomie où on observe en 1999 un accroissement de 1% du taux brut de scolarisation et de 5% du PIB réel.
Somme toute, la valeur de lIDH au Bénin se situe encore en-dessous de la moyenne (0,5). Dans cette situation, il y a lieu dexaminer lindicateur de pauvreté humaine (IPH) qui tente de chiffrer les formes de privation dans trois domaines essentiels de lexistence à savoir : la durée de vie, linstruction et les conditions de vie.
Selon le Rapport National sur le Développement Humain 2000, lIPH est évalué à 46,7% en 1999. Ce qui signifie que, malgré les efforts et les progrès réalisés ces dernières années, au moins deux béninois sur cinq souffrent de pauvreté humaine. Ils sont, non seulement analphabètes et nont pas accès au service de santé et à leau potable, mais en plus, ont leurs enfants mal nourris avec un risque élevé de décès.
Le seuil de la pauvreté monétaire a été évalué au Bénin en 1997 à respectivement 144 260 F CFA et à 56 500 F CFA pour les zones urbaines et rurales. Sur cette base, 34% des ménages se situent en dessous de la ligne de pauvreté. Mais en prenant en compte la pauvreté au plan global incluant certains aspects comme la santé et léducation, les statistiques sur lIndicateur de Développement Humain indiquent que la moitié de la population est pauvre. Cette pauvreté est en plus inégalement répartie. En général, 3 pauvres sur 5 habitent dans le sud, dont 2 en campagne et 1 en ville.
Cette situation a amené en 1994 le Gouvernement du Bénin à opter pour une nouvelle stratégie axée sur la Dimension Sociale de Développement (DSD) pour consolider les bases de la croissance économique aux fins dun meilleur développement humain. Au plan national, un volet social a été créé avec des réseaux de concertation sur lemploi, les micro-réalisations, et la sécurité alimentaire. Les programmes y relatifs ont été formulés sur la période 1993-1996 et le Gouvernement a organisé en 1996 une Conférence Economique Nationale qui a été suivie en 1997 d'un Colloque International sur le Minimum Social Commun (MSC).
Un Programme National de Développement Communautaire (PNDC) a été également formulé en 1998 et a fait l'objet d'une consultation sectorielle en juin 1999 sur le Développement Communautaire et la Promotion de l'Emploi au Bénin.
Mais malgré les résultats encourageants obtenus des différentes réformes, les actions menées nont pas changé sensiblement létat de précarité des conditions de vie de la plus grande partie de la population béninoise.
Lexplosion démographique reste lune des principales questions en matière denvironnement au niveau national. La population du Bénin est de 6.752.569 habitants, et croît au rythme annuel de 3,2%. Selon lanalyse des études prospectives, ce rythme daccroissement doublera la population en 25 ans. Cette explosion démographique constitue une cause anthropique de dégradation de lenvironnement.
ECONOMIE
Dans le secteur de lagriculture et de la gestion des ressources naturelles, lexplosion démographique a engendré des difficultés sérieuses sur le plan du foncier avec lamenuisement des parcelles et leur surexploitation. Cette explosion démographique combinée avec des facteurs de monétarisation de la vie et de marchandisation des rapports de production a rendu non renouvelables plusieurs écosystèmes forestiers et de production et a accru la menace de disparition de certaines espèces animales.
Le Gouvernement a, avec lappui des partenaires au développement comme la Banque Mondiale, lUNICEF, lUSAID et lOMS, développé des programmes de régulation de naissance par des programmes déducation «mésologique» qui se fonde sur une approche danalyse des relations entre lHomme et la biosphère. Ces interventions ont couvert toutes les générations pouvant être concernées par des aspects de lenvironnement, y compris celle de la jeunesse montante.
En ce qui concerne lénergie et les transports, la question fondamentale est celle de la répartition de la population. Alors que de grands espaces restent inoccupés dans la partie septentrionale du pays, 60% de la population vivent sur 12% du territoire national, ce qui pose des problèmes de surpopulation en milieux urbains. Il y a donc une ruée massive sur les ressources énergétiques du milieu urbain et sur celles des zones périphériques (bois et autres ressources forestières). La qualité du transport est également mauvaise à cause du faible développement des réseaux de communication en général et du transport en commun en particulier.
Sur le plan du commerce, on note que le secteur est envahi par des acteurs peu qualifiés et peu capables de garantir une bonne relation entre le commerce et lenvironnement, posant de ce fait, des problèmes de gestion des déchets issus du commerce et en particulier les déchets plastiques.
En ce qui concerne le tourisme, on peut retenir que lexplosion démographique et la faible qualité de la population ne favorisent pas la bonne conservation des sites touristiques, ni la protection de la faune et de la flore dont la diversité pourrait accroître les chances de léco-tourisme au Bénin.
Aussi, le Gouvernement béninois a-t-il uvré pour la création dun cadre propice à la gestion de lenvironnement pour une bonne mise en uvre de lagenda 21. Cet environnement propice créé par lEtat a pris quatre axes :
L'axe systémique, avec le passage de lapproche sectorielle, plaçant les problèmes dans une vision fragmentaire du développement, à une approche globale, interdisciplinaire et intégrée, fortement encouragée et soutenue par le MEHU et les institutions affiliées au Bénin ;
L'axe temporel, avec le passage d'une vision à court terme, caractéristique de l'approche environnementale classique, à une vision de long terme et de durabilité continue. Un plan stratégique vient dêtre adopté au MEHU pour la période 2002-2006. Il est recherché 231 milliards de F CFA pour le programme ;
L'axe cinétique, qui prend en compte la vitesse accrue des modifications actuelles, autrefois lentes, mais qui rend aujourd'hui impuissants les acteurs dont les capacités, si elles ne sont pas renforcées dans le cadre de la mise en uvre de lAgenda, sont estimées trop lentes pour contrebalancer les effets de la pauvreté, de la croissance démographique et des autres facteurs de dégradation environnementale ;
L'axe méthodologique, privilégiant la participation et l'implication profonde des acteurs dans les actions de gestion environnementale et dans l'éducation pour lenvironnement.
ENVIRONNEMENT
Les problèmes environnementaux du Bénin sont de plusieurs ordres. Ils varient du Nord au Sud et de lEst à lOuest. A cela, il faut ajouter les problèmes spécifiques à certains centres urbains, dont Cotonou qui, avec sa pollution détient la palme dor.
Pour lensemble du territoire, on peut énumérer les problèmes suivants comme étant les plus cruciaux et qui sont directement ou indirectement dordre environnemental, il sagit entre autres de :
La dégradation de linfrastructure et de léquipement en général ;
La dégradation continue des ressources naturelles (érosion génétique, désertification et déboisement, perte de la biodiversité, appauvrissement des terres de cultures, etc.) ;
La perte de productivité des différents écosystèmes accompagnée dun appauvrissement et dune exploitation excessive des ressources encore disponibles ;
Lérosion côtière et lintrusion saline dans les écosystèmes humides ;
Une dégradation très poussée des zones humides et des pêcheries ;
La spéculation foncière accrue surtout dans les zones périurbaines et dans les zones agricoles fertiles ;
Une occupation anarchique de lespace accompagnée dun gaspillage foncier ;
Le développement incontrôlé du tourisme sur tout le système côtier ;
La colonisation des zones insalubres et impropres à lhabitation en raison dune absence de stratégie daménagement du territoire ;
La dégradation continue du cadre de vie (la pollution de lair, les inondations, les mauvaises conditions dhygiène et dassainissement) notamment dans les grandes agglomérations urbaines ;
Un très faible niveau de conscience environnementale dû à la pauvreté, lanalphabétisme et lincivisme ;
Linadéquation des technologies et techniques de gestion avec la fragilité des ressources.
A chacun de ses problèmes se trouvent attachés un ou plusieurs enjeux complexes systématiques dont les impacts négatifs les plus sensibles sobservent sur la production économique et le bien-être des populations. Doù la nécessité dun objectif de développement très cohérent et globalisant vers lequel doivent converger toutes les actions dans une synergie bien pensée et soutenue en permanence.
La meilleure source dinformation dont on dispose aujourdhui sur les problèmes environnementaux du Bénin est le Plan dAction Environnemental (PAE) adopté par le gouvernement en juin 1993 après un long processus participatif qui a impliqué tous les acteurs et toutes couches socio-professionnelles du pays. Quatre problèmes dont trois ont été classés dans ce plan sous la rubrique "Principales pollutions et nuisances" paraissent majeurs au niveau global en létat actuel de nos connaissances et des réalités quotidiennes :
le problème de leau : Il se pose en terme de quantité et de qualité par rapport aux différents usages (domestiques, agricoles, industriels). Des baisses de niveau des plans deau ont été observées ainsi que des compléments progressifs dus à plusieurs causes telles la sécheresse et le déboisement des bassins versants. Toujours selon le PAE, lapprovisionnement des populations est loin dêtre généralisé, et seuls 56% de la population urbaine ont accès à leau potable contre 46% pour la population rurale ;
le problème des déchets urbains : Dans toutes les villes du Bénin, les déchets urbains sont gérés très médiocrement ou parfois pas du tout. Cette situation découle de linefficacité des voiries urbaines et de la croissance rapide de la population urbaine ;
lérosion et lappauvrissement des sols : Cest certainement lun des problèmes les plus cruciaux car, il touche essentiellement lactivité agricole dont soccupe environ 80% de la population active et qui participe à environ 40% au PIB.
En milieu urbain, la pollution de l'air constitue un grave danger en ce sens qu'elle occasionne des maladies respiratoires, sans compter les effets liés au changement climatique tels les inondations. La principale cause est liée au transport qui, comme dans la plupart des pays en développement est effectué par des véhicules vétustes qui ne répondent pas aux normes de qualité définies.
En milieu rural, la pollution est liée à l'utilisation du bois comme combustible. Estimée à environ 6 Millions d'ha, le patrimoine forestier béninois a subi ces dernières années une forte dégradation due aussi bien à l'utilisation massive du bois de feu et du charbon comme combustible qu'au surpâturage. On estime que 80 000 ha sont détruits chaque année à cette fin. A terme, cela contribue à amplifier le phénomène de la désertification. D'importantes mesures ont été prises par le gouvernement afin de lutter contre ce phénomène. Outre la ratification des principales conventions et des traités signés dans ce sens, la politique définie se concentre sur la sensibilisation des populations et sur un programme de restauration et de protection des ressources naturelles. Ainsi dans le cadre de la mise en uvre du Programme dAction du Gouvernement (2001-2006) les actions suivantes sont envisagées en vue de la protection de lenvironnement :
mise en uvre du Programme National de Gestion de lEnvironnement,
étude de linversion des tendances à la dégradation des terres et des eaux dans le bassin du Niger,
protection de la qualité des eaux des nappes aquifères du Sud-Bénin,
appui à la gestion des ordures ménagères dans les principaux centres urbains,
lutte contre la pollution atmosphérique dans les principaux centres urbains notamment Cotonou,
mise en place dun laboratoire de contrôle de la qualité des produits pétroliers,
élaboration et mise en uvre du Schéma Directeur dAménagement du Littoral,
intégration complète de lenvironnement dans toutes les politiques sectorielles à travers lévaluation environnementale et la sensibilisation,
etc.
INSTITUTIONS
La mise en uvre, au Bénin, de lAgenda 21 a bénéficié de lappui de certains Ministères et des institutions placées sous leur tutelle, notamment celles qui participent à la promotion ainsi quà la réalisation du concept du développement durable. Il convient de noter (ce qui est une nouveauté au Bénin après la Conférence de Rio) la création dun Ministère chargé de la Famille, de la Protection Sociale et de la Solidarité et dun Ministère chargé du Développement qui soccupe aussi de la Prospective et de la Coordination de lAction Gouvernementale.
Quant aux institutions menant des actions denvergure dans le domaine de la promotion et de la réalisation du concept du développement durable, on peut citer, notamment :
lAgence Béninoise pour lEnvironnement (ABE) placée sous la tutelle du MEHU. Elle est créée pour la mise en application du Plan dAction Environnementale (PAE) ;
le Centre Béninois pour le Développement Durable (CBDD) placé sous la tutelle du Ministère chargé de la Prospective et du Développement. Il est créé dans le cadre de la mise en uvre des recommandations issues de la Conférence de Rio et de lapplication de lAgenda 21 qui en a découlé. En effet, au lendemain de ladite Conférence, les Pays-Bas ont signé un ²Accord sur le Développement Durable² (ADD) avec le Bénin, le Costa Rica et le Bhutan. Le CBDD est le mécanisme national chargé de la mise en uvre de cet Accord au Bénin ;
la Commission Nationale du Développement Durable (CNDD) est sous la tutelle du MEHU. Cest un organe consultatif chargé de lintégration du concept du développement durable dans les politiques, stratégies, programmes et projets sectoriels de développement ;
lInstitut National de Recherches Agricoles du Bénin (INRAB). Cest une structure chargée de la recherche agricole au niveau du Ministère de lAgriculture, de lElevage et de la Pêche (MAEP) ;
le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) dépend également du MAEP. Il met en uvre un vaste programme de gestion des parcs nationaux ;
le Programme Régional dAssistance technique à la Communication et à lInformation pour la Protection de lEnvironnement (PACIPE) ;
le Centre Béninois de Recherche Scientifique et Technique (CBRST) ;
le Centre Interfacultaire de Formation et de Recherche en Environnement pour le Développement Durable (CIFRED) est créé par le CBDD. Cest un Centre de formation pilote en sciences environnementales de lUniversité dAbomey-Calavi ;
lInstitut National pour la Formation et la Recherche en Education (INFRE) ;
le Centre de Promotion des Associations et ONG (CPA/ONG) est sous la tutelle du Ministère chargé des Relations avec les Institutions, la Société Civile et les Béninois de lExtérieur.
Sur le plan législatif et réglementaire
Sur le plan législatif, beaucoup defforts sont faits. Il sagit notamment de la promulgation :
de la loi n°93-009 du 2 juillet 1993 portant régime des forêts ;
de la loi n°97-028 du 15 janvier 1999 portant organisation de ladministration territoriale de la République du Bénin ;
de la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin ;
de la loi n°98-006 du 9 mars 2000 portant régime électoral communal et municipal en République du Bénin ;
de la loi 98-007 du 15 janvier 1999 portant régime financier des communes en République du Bénin ;
de la loi N° 98-030 du 12 février 1998 portant Loi- cadre sur lenvironnement en République du Bénin;
de lAccord sur le Développement Durable signé entre le Bénin et les Pays-Bas.
Sur le plan réglementaire, certaines actions dans le domaine du développement durable méritent dêtre soulignées. Il sagit notamment de lapprobation par décret :
du document de prospective nationale à long terme 2025 ;
du document de politique de population ;
du plan directeur de la Recherche Agricole du Bénin ;
du document du Programme dAction National de lutte contre la désertification ;
du document de stratégie nationale de gestion de la diversité biologique ;
du décret n°2000-671 du 29/12/2000 portant réglementation de limportation, de la commercialisation et de la distribution des matériels et biens déquipement doccasion ;
du décret n°2001-110 du 4 Avril 2001 fixant les normes de la qualité de lair en République du Bénin ;
de la Déclaration de Politique dAménagement du Territoire.
Sur le plan organisationnel
Sur le plan organisationnel, plusieurs réseaux ont été créés entre structures, composantes de la société civile, pour coordonner et harmoniser leurs actions à travers des programmes dactivités communs. Au nombre de ces réseaux on peut citer :
les Groupes homologues du CBDD : ces groupes au nombre de cinq (Paysans, Femmes, Université, ONG et Syndicats) participent activement aux activités du CBDD et échangent avec des organisations homologues aux Pays-Bas ;
le Réseau des journalistes sur lenvironnement ;
les Organisations Paysannes notamment la Fédération des Unions de Producteurs (FUPRO-Benin), lOrganisation Nationale des Paysans du Bénin (ONPB), le Groupement des Exploitants Agricoles (GEA), lOrganisation des pêcheurs artisanaux, etc. ;
les Organisations de Femmes, au nombre desquelles lAssociation des Femmes Juristes du Bénin (AFJB), Dignité Féminine ;
les ONG.
Il ressort de cet inventaire, quau cours des dix dernières années depuis la tenue du Sommet Planète-Terre, le Bénin a posé de nombreux jalons sur les plans institutionnel, législatif, réglementaire et organisationnel, pour baliser la voie de la réalisation progressive et harmonieuse du développement durable. Toutefois, les réflexions et actions doivent être poursuivies afin de trouver des solutions durables à certaines questions critiques nationales et mondiales.
GROUPES/ACTEURS
En sa section III titrée Renforcement du rôle des principaux groupes, lAgenda 21 Nationale propose en huit chapitres, les grandes lignes dune large participation du public aux prises de décisions, à la mise en uvre et à lévaluation de tout programme de développement devant toujours tenir compte de lenvironnement et suggère des solutions aux désintérêts quaffichaient inconsciemment ou non les organisations de la société civile.
Il sagit essentiellement dans ce cadre : des femmes, des jeunes, des enfants, des ONG et des organisations locales de développement, des collectivités locales comprises comme premiers responsables du devenir des régions, des organisations des travailleurs, du Commerce et de lIndustrie, de la communauté scientifique et des agriculteurs.
Les ONG de par leur mode dintervention souple et leur bonne connaissance du terrain, sont à même de jouer le précieux rôle dintermédiaire entre lEtat et les représentants des communautés à la base que sont les Organisations Communautaires de Base (OCBs). Celles-ci sont en dernier ressort les acteurs et les bénéficiaires de tous les actes en matière de développement durable.
Limplication du secteur privé dans la mise en uvre de lAgenda 21 national est jusquici restée faible, en raison de sa grande capacité à contribuer à la gestion environnementale et à développer des projets économiquement rentables mais à faible coût écologique.
A maintes reprises, les opérateurs économiques ont montré leur disponibilité à sengager dans des aspects de viabilisation des zones dhabitation, de gestion des déchets dans les centres urbains et dans la mise en place dune Banque de lHabitat. Des efforts du Gouvernement doivent aller dans le sens dune implication plus accrue des opérateurs économiques dans la gestion de lenvironnement
LUniversité et les écoles de formation spécifique ont, durant ces dernières années, développé des modules prenant typiquement en compte la question environnementale tant au plan théorique quau plan pratique. LUniversité dAbomey-Calavi du Bénin a revu ses programmes durant ces dix dernières années. Dans ce cadre, on peut citer entre autres, le programme FIDESPRA et les formations en DEA instituées pour la gestion de lenvironnement. De nombreuses thèses sont de plus en plus orientées vers les préoccupations environnementales et des stages spécifiques sont organisés.
La constitution du bénin du 11 décembre 1990, en son Article 27 stipule que : «toute personne a droit à un environnement sain, satisfaisant, durable et a le droit de le défendre». Par décret n°85-291 du 23 juillet 1985, une journée nationale de l'arbre a été instituée. La loi portant sur le code forestier et celle sur la réglementation de la vaine pâture, de la garde des animaux domestiques et de la transhumance ont été également adoptées. La loi 93-009 du 02 juillet 1993 a été adoptée et porte sur la responsabilisation des populations riveraines dans la gestion des forêts classées. Un Plan dAction Environnemental a été élaboré et mis en uvre depuis 1994, soutenu ensuite par lAgenda 21 National opérationnel depuis janvier 1997. Le Bénin a également signé et ratifié les trois grandes Conventions des Nations Unies en matière d'environnement et de développement.
Ces différentes dispositions montrent qu'un cadre institutionnel et législatif est instauré pour soutenir, accompagner et reproduire les acquis futurs des différents programmes de renforcement des capacités des acteurs que sont lEtat, les ONGs/OCBs, le secteur privé et les institutions de formation universitaire et de recherche.
Le renforcement des capacités doit amener ces différents acteurs à passer par les trois étapes de maîtrise de la gestion environnementale que sont celle de la personne informée, de la personne compétente et de la personne engagée.