Résumé des rapports pays à la Commisssion du développement durable ONU
réalisé par Agora 21 Rédacteur :
Mr Séverin ASSE
Version validée par les autorités du pays
06-2002
Rapport envoyé par Mr. Séverin Asse, Secrétaire permanent de la Commission Nationale de Développement Durable du Bénin

 

 

 

Bilan de la mise en œuvre de l'Agenda 21 depuis Rio 1992 :


Rapport de synthèse du BENIN

 

 


PRESENTATION GENERALE


Situation : Le Bénin est situé en Afrique de l’ouest sur les côtes du Golfe de Guinée. Il est limité au nord par la République du Niger, au sud par l’Océan Atlantique, à l’ouest par la République du Togo, au nord-ouest par la République du Burkina- Faso et à l’est par la République du Nigeria.

Superficie : 114.763 km²

Population : 6.752.569 habitants

Taux d'accroissement : 3,23 %

Taux de croissance du PNB : 2 %.


 

CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES PAR LE BENIN




SOCIAL


Selon le Rapport Mondial sur le Développement Humain (RMDH) édition 2001, le Bénin est classé parmi les pays ayant un faible niveau de développement humain. En effet, il occupe le 14ème rang sur les 162 pays classés en ce qui concerne l’Indicateur du Développement Humain (IDH), avec une valeur de 0,420.


Il ressort de ce même rapport que l’indicateur du développement humain au Bénin a connu un accroissement de 1,4% en 1999 après une baisse de plus de 4% enregistrée en 1998. Cette légère progression provient, entre autres, des efforts déployés par le gouvernement dans les secteurs de l’éducation et de l’économie où on observe en 1999 un accroissement de 1% du taux brut de scolarisation et de 5% du PIB réel.


Somme toute, la valeur de l’IDH au Bénin se situe encore en-dessous de la moyenne (0,5). Dans cette situation, il y a lieu d’examiner l’indicateur de pauvreté humaine (IPH) qui tente de chiffrer les formes de privation dans trois domaines essentiels de l’existence à savoir : la durée de vie, l’instruction et les conditions de vie.


Selon le Rapport National sur le Développement Humain 2000, l’IPH est évalué à 46,7% en 1999. Ce qui signifie que, malgré les efforts et les progrès réalisés ces dernières années, au moins deux béninois sur cinq souffrent de pauvreté humaine. Ils sont, non seulement analphabètes et n’ont pas accès au service de santé et à l’eau potable, mais en plus, ont leurs enfants mal nourris avec un risque élevé de décès.


Le seuil de la pauvreté monétaire a été évalué au Bénin en 1997 à respectivement 144 260 F CFA et à 56 500 F CFA pour les zones urbaines et rurales. Sur cette base, 34% des ménages se situent en dessous de la ligne de pauvreté. Mais en prenant en compte la pauvreté au plan global incluant certains aspects comme la santé et l’éducation, les statistiques sur l’Indicateur de Développement Humain indiquent que la moitié de la population est pauvre. Cette pauvreté est en plus inégalement répartie. En général, 3 pauvres sur 5 habitent dans le sud, dont 2 en campagne et 1 en ville.


Cette situation a amené en 1994 le Gouvernement du Bénin à opter pour une nouvelle stratégie axée sur la Dimension Sociale de Développement (DSD) pour consolider les bases de la croissance économique aux fins d’un meilleur développement humain. Au plan national, un volet social a été créé avec des réseaux de concertation sur l’emploi, les micro-réalisations, et la sécurité alimentaire. Les programmes y relatifs ont été formulés sur la période 1993-1996 et le Gouvernement a organisé en 1996 une Conférence Economique Nationale qui a été suivie en 1997 d'un Colloque International sur le Minimum Social Commun (MSC).


Un Programme National de Développement Communautaire (PNDC) a été également formulé en 1998 et a fait l'objet d'une consultation sectorielle en juin 1999 sur le Développement Communautaire et la Promotion de l'Emploi au Bénin.


Mais malgré les résultats encourageants obtenus des différentes réformes, les actions menées n’ont pas changé sensiblement l’état de précarité des conditions de vie de la plus grande partie de la population béninoise.


L’explosion démographique reste l’une des principales questions en matière d’environnement au niveau national. La population du Bénin est de 6.752.569 habitants, et croît au rythme annuel de 3,2%. Selon l’analyse des études prospectives, ce rythme d’accroissement doublera la population en 25 ans. Cette explosion démographique constitue une cause anthropique de dégradation de l’environnement.



ECONOMIE


Dans le secteur de l’agriculture et de la gestion des ressources naturelles, l’explosion démographique a engendré des difficultés sérieuses sur le plan du foncier avec l’amenuisement des parcelles et leur surexploitation. Cette explosion démographique combinée avec des facteurs de monétarisation de la vie et de marchandisation des rapports de production a rendu non renouvelables plusieurs écosystèmes forestiers et de production et a accru la menace de disparition de certaines espèces animales.


Le Gouvernement a, avec l’appui des partenaires au développement comme la Banque Mondiale, l’UNICEF, l’USAID et l’OMS, développé des programmes de régulation de naissance par des programmes d’éducation «mésologique» qui se fonde sur une approche d’analyse des relations entre l’Homme et la biosphère. Ces interventions ont couvert toutes les générations pouvant être concernées par des aspects de l’environnement, y compris celle de la jeunesse montante.


En ce qui concerne l’énergie et les transports, la question fondamentale est celle de la répartition de la population. Alors que de grands espaces restent inoccupés dans la partie septentrionale du pays, 60% de la population vivent sur 12% du territoire national, ce qui pose des problèmes de surpopulation en milieux urbains. Il y a donc une ruée massive sur les ressources énergétiques du milieu urbain et sur celles des zones périphériques (bois et autres ressources forestières). La qualité du transport est également mauvaise à cause du faible développement des réseaux de communication en général et du transport en commun en particulier.

Sur le plan du commerce, on note que le secteur est envahi par des acteurs peu qualifiés et peu capables de garantir une bonne relation entre le commerce et l’environnement, posant de ce fait, des problèmes de gestion des déchets issus du commerce et en particulier les déchets plastiques.


En ce qui concerne le tourisme, on peut retenir que l’explosion démographique et la faible qualité de la population ne favorisent pas la bonne conservation des sites touristiques, ni la protection de la faune et de la flore dont la diversité pourrait accroître les chances de l’éco-tourisme au Bénin.


Aussi, le Gouvernement béninois a-t-il œuvré pour la création d’un cadre propice à la gestion de l’environnement pour une bonne mise en œuvre de l’agenda 21. Cet environnement propice créé par l’Etat a pris quatre axes :



ENVIRONNEMENT


Les problèmes environnementaux du Bénin sont de plusieurs ordres. Ils varient du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. A cela, il faut ajouter les problèmes spécifiques à certains centres urbains, dont Cotonou qui, avec sa pollution détient la palme d’or.


Pour l’ensemble du territoire, on peut énumérer les problèmes suivants comme étant les plus cruciaux et qui sont directement ou indirectement d’ordre environnemental, il s’agit entre autres de :



A chacun de ses problèmes se trouvent attachés un ou plusieurs enjeux complexes systématiques dont les impacts négatifs les plus sensibles s’observent sur la production économique et le bien-être des populations. D’où la nécessité d’un objectif de développement très cohérent et globalisant vers lequel doivent converger toutes les actions dans une synergie bien pensée et soutenue en permanence.


La meilleure source d’information dont on dispose aujourd’hui sur les problèmes environnementaux du Bénin est le Plan d’Action Environnemental (PAE) adopté par le gouvernement en juin 1993 après un long processus participatif qui a impliqué tous les acteurs et toutes couches socio-professionnelles du pays. Quatre problèmes dont trois ont été classés dans ce plan sous la rubrique "Principales pollutions et nuisances" paraissent majeurs au niveau global en l’état actuel de nos connaissances et des réalités quotidiennes :



En milieu urbain, la pollution de l'air constitue un grave danger en ce sens qu'elle occasionne des maladies respiratoires, sans compter les effets liés au changement climatique tels les inondations. La principale cause est liée au transport qui, comme dans la plupart des pays en développement est effectué par des véhicules vétustes qui ne répondent pas aux normes de qualité définies.


En milieu rural, la pollution est liée à l'utilisation du bois comme combustible. Estimée à environ 6 Millions d'ha, le patrimoine forestier béninois a subi ces dernières années une forte dégradation due aussi bien à l'utilisation massive du bois de feu et du charbon comme combustible qu'au surpâturage. On estime que 80 000 ha sont détruits chaque année à cette fin. A terme, cela contribue à amplifier le phénomène de la désertification. D'importantes mesures ont été prises par le gouvernement afin de lutter contre ce phénomène. Outre la ratification des principales conventions et des traités signés dans ce sens, la politique définie se concentre sur la sensibilisation des populations et sur un programme de restauration et de protection des ressources naturelles. Ainsi dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’Action du Gouvernement (2001-2006) les actions suivantes sont envisagées en vue de la protection de l’environnement :



INSTITUTIONS


La mise en œuvre, au Bénin, de l’Agenda 21 a bénéficié de l’appui de certains Ministères et des institutions placées sous leur tutelle, notamment celles qui participent à la promotion ainsi qu’à la réalisation du concept du développement durable. Il convient de noter (ce qui est une nouveauté au Bénin après la Conférence de Rio) la création d’un Ministère chargé de la Famille, de la Protection Sociale et de la Solidarité et d’un Ministère chargé du Développement qui s’occupe aussi de la Prospective et de la Coordination de l’Action Gouvernementale.


Quant aux institutions menant des actions d’envergure dans le domaine de la promotion et de la réalisation du concept du développement durable, on peut citer, notamment :



Sur le plan législatif et réglementaire


Sur le plan législatif, beaucoup d’efforts sont faits. Il s’agit notamment de la promulgation :



Sur le plan réglementaire, certaines actions dans le domaine du développement durable méritent d’être soulignées. Il s’agit notamment de l’approbation par décret :


Sur le plan organisationnel


Sur le plan organisationnel, plusieurs réseaux ont été créés entre structures, composantes de la société civile, pour coordonner et harmoniser leurs actions à travers des programmes d’activités communs. Au nombre de ces réseaux on peut citer :



Il ressort de cet inventaire, qu’au cours des dix dernières années depuis la tenue du Sommet Planète-Terre, le Bénin a posé de nombreux jalons sur les plans institutionnel, législatif, réglementaire et organisationnel, pour baliser la voie de la réalisation progressive et harmonieuse du développement durable. Toutefois, les réflexions et actions doivent être poursuivies afin de trouver des solutions durables à certaines questions critiques nationales et mondiales.


GROUPES/ACTEURS


En sa section III titrée ‘’Renforcement du rôle des principaux groupes’’, l’Agenda 21 Nationale propose en huit chapitres, les grandes lignes d’une large participation du public aux prises de décisions, à la mise en œuvre et à l’évaluation de tout programme de développement devant toujours tenir compte de l’environnement et suggère des solutions aux désintérêts qu’affichaient inconsciemment ou non les organisations de la société civile.


Il s’agit essentiellement dans ce cadre : des femmes, des jeunes, des enfants, des ONG et des organisations locales de développement, des collectivités locales comprises comme premiers responsables du devenir des régions, des organisations des travailleurs, du Commerce et de l’Industrie, de la communauté scientifique et des agriculteurs.


Les ONG de par leur mode d’intervention souple et leur bonne connaissance du terrain, sont à même de jouer le précieux rôle d’intermédiaire entre l’Etat et les représentants des communautés à la base que sont les Organisations Communautaires de Base (OCBs). Celles-ci sont en dernier ressort les acteurs et les bénéficiaires de tous les actes en matière de développement durable.


L’implication du secteur privé dans la mise en œuvre de l’Agenda 21 national est jusqu’ici restée faible, en raison de sa grande capacité à contribuer à la gestion environnementale et à développer des projets économiquement rentables mais à faible coût écologique.


A maintes reprises, les opérateurs économiques ont montré leur disponibilité à s’engager dans des aspects de viabilisation des zones d’habitation, de gestion des déchets dans les centres urbains et dans la mise en place d’une Banque de l’Habitat. Des efforts du Gouvernement doivent aller dans le sens d’une implication plus accrue des opérateurs économiques dans la gestion de l’environnement


L’Université et les écoles de formation spécifique ont, durant ces dernières années, développé des modules prenant typiquement en compte la question environnementale tant au plan théorique qu’au plan pratique. L’Université d’Abomey-Calavi du Bénin a revu ses programmes durant ces dix dernières années. Dans ce cadre, on peut citer entre autres, le programme FIDESPRA et les formations en DEA instituées pour la gestion de l’environnement. De nombreuses thèses sont de plus en plus orientées vers les préoccupations environnementales et des stages spécifiques sont organisés.


La constitution du bénin du 11 décembre 1990, en son Article 27 stipule que : «toute personne a droit à un environnement sain, satisfaisant, durable et a le droit de le défendre». Par décret n°85-291 du 23 juillet 1985, une journée nationale de l'arbre a été instituée. La loi portant sur le code forestier et celle sur la réglementation de la vaine pâture, de la garde des animaux domestiques et de la transhumance ont été également adoptées. La loi 93-009 du 02 juillet 1993 a été adoptée et porte sur la responsabilisation des populations riveraines dans la gestion des forêts classées. Un Plan d’Action Environnemental a été élaboré et mis en œuvre depuis 1994, soutenu ensuite par l’Agenda 21 National opérationnel depuis janvier 1997. Le Bénin a également signé et ratifié les trois grandes Conventions des Nations Unies en matière d'environnement et de développement.


Ces différentes dispositions montrent qu'un cadre institutionnel et législatif est instauré pour soutenir, accompagner et reproduire les acquis futurs des différents programmes de renforcement des capacités des acteurs que sont l’Etat, les ONGs/OCBs, le secteur privé et les institutions de formation universitaire et de recherche.


Le renforcement des capacités doit amener ces différents acteurs à passer par les trois étapes de maîtrise de la gestion environnementale que sont celle de la personne informée, de la personne compétente et de la personne engagée.