RAPPORT TOGO

PRESENTATION GENERALE

Situation : en bordure du Golfe de Guinée, entre le Bénin à l’Est,

le Burkina Faso au Nord et le Ghana à l’Ouest. superficie : 56.600 km² population : 4,4 millions d’habitants en 1998.

Taux d’accroissement : 2,7 %

CONVENTIONS INTERNATIONALES, TRAITES ET PROTOCOLES SIGNES ET/OU RATIFIES PAR LE TOGO

SOCIAL

La mise en œuvre des programmes d’ajustement structurel par le Togo, à partir de 1983, a eu pour conséquence le recul du développement social.

Afin de réduire les écarts dans la consommation des services sociaux, le gouvernement a adopté les stratégies suivantes :

En matière de santé et nutrition :

lutter contre les maladies et la malnutrition en améliorant l’accès aux soins de santé primaires par la mise en place des services adéquats ;

mieux organiser et gérer le secteur de la santé ;

améliorer la santé de la mère et de l’enfant.

Dans le secteur "habitat/eau/assainissement", les stratégies visent :

la modification de la réglementation afin de permettre l’établissement de plans cadastraux et rendre plus simples et moins coûteux les procédures d’achat de terrain et la construction de logement ;

l’amélioration de l’accès à l’eau potable par la création de points d’eau supplémentaires dans les zones rurales, la subvention des raccordements privés et la vente de l’eau aux bornes– fontaines ;

une gestion communautaire des bornes-fontaines en accordant un rôle prédominant aux femmes ;

une généralisation des latrines à fosses sceptiques et une meilleure gestion des déchets solides essentiellement à Lomé et dans les autres centres urbains.

Pour le secteur "Education/alphabétisation/formation professionnelle", le Gouvernement a retenu les stratégies suivantes :

la promotion du préscolaire ;

l’amélioration de la qualité de l’enseignement ;

la réduction de moitié du taux d’analphabétisme, en particulier chez la femme ;

l’amélioration de la formation professionnelle pour la rendre plus performante et possible partout.

ECONOMIE

Durant les années 1990, l’évolution économique et sociale du pays a été marquée par des contraintes structurelles et des évènements politiques qui n’ont pas toujours favorisé son développement économique.

En effet, l’instabilité politique des années 90 a incontestablement influencé les performances et a réduit les capacités d’organisation et l’efficacité des administrations publiques. Elle n’a pas non plus créé les meilleures conditions devant permettre de renverser la tendance de dégradation du niveau de vie des populations et la marginalisation des couches sociales de plus en plus larges.

Après une reprise de la croissance économique en 1994 – 1995, le taux de croissance est de nouveau négatif. En 1998, par exemple, les contre-performances de l’économie togolaise se traduisaient par un taux de croissance négatif de –1,9 % touchant fondamentalement le secteur agricole. En matière de finances publiques, les prévisions ne sont pas atteintes, traduisant ainsi les difficultés de l’Etat à mobiliser ses ressources fiscales et parafiscales du fait de la crise socio-politique.

C’est ainsi qu’à la fin du mois de juin 1999, le Tableau des Opérations Financières de l’Etat indiquait que : le taux de réalisation des recettes était de 42 % (59 milliards F CFA contre 140) ; le taux d’exécution des investissements publics était de 37 % ;

les impayés du trésor étaient estimés à 6,7 milliards F CFA.

L’économie togolaise reste largement tributaire des décisions politiques. Aussi, la suspension des aides extérieures depuis 1993, a-t-elle créé des difficultés réelles pour le pays, qui se traduisent par le recul des taux de scolarisation et la détérioration de la situation sanitaire. Les arriérés de salaires s’accumulent et la dette intérieure s’accentue. Les actions de développement se limitent à certains investissements de réhabilitation et à des petits programmes de lutte contre la pauvreté.

Etat de l’environnement

Les sols cultivables représentent 64 % du territoire national. Près de la moitié est peu fertile. La baisse de la productivité des sols, résultant de leur dégradation, affecte environ 90 % des terres cultivées. Aussi, est-elle liée à leur surexploitation, aux pratiques agricoles inadaptées, aux feux de brousse, au déboisement, au surpâturage et à l’érosion dans les zones fragiles et sur les terres marginales. Il en résulte une perte de la fertilité des sols et de fortes menaces de désertification.

Les massifs forestiers se dégradent. En 1993, ils couvraient 1.396.200 ha et subissaient annuellement un déboisement de 15.000 ha contre 1.000 ha de reboisement. La dégradation des peuplements forestiers du couvert végétal est due à l’exploitation de bois de chauffe, de bois d’œuvre, la production du charbon, le défrichement à des fins agricoles, les feux de brousse et une transhumance non contrôlée du bétail.

Les aires protégées (forêts classées, réserves de faune et parcs nationaux) couvraient une superficie d’environ 800.000 ha en 1990, soit 14 % du territoire national. Elles ont été envahies par les populations dans des proportions allant de 30 à 100 % depuis les troubles socio-politiques de 1991-1993. L’occupation et la destruction des habitats naturels de la faune ainsi que le braconnage ont eu pour conséquence une nette réduction du cheptel sauvage avec surtout la raréfaction des grands mammifères et d’autres espèces animales.

Le Togo dispose d’abondantes ressources en eau de surface, évaluées entre 8 et 12 milliards de m3 d’eau en moyenne par an. Mais la disponibilité des eaux souterraines varie considérablement d’une région à l’autre. La surexploitation des formations aquifères du bassin côtier pour l’approvisionnement de Lomé, entraîne leurs épuisement et salinisation progressifs avec la pénétration de l’eau saumâtre. La mauvaise gestion des eaux usées et des déchets ménagers, commerciaux et industriels, entraîne, à la faveur des inondations et infiltrations, la pollution de l’aquifère quaternaire du système lagunaire. La dégradation du couvert végétal et des galeries forestières ainsi que l’érosion des sols, entraînent un envasement des cours d’eau, provoquant des inondations en saisons pluvieuses et des assèchements prématurés en saisons sèches. Les deux principaux bassins versants dont dispose le pays, ceux de l’Oti et du Mono, sont sérieusement menacés par la dégradation du couvert végétal et des sols, particulièrement celui du Mono, qui subit en plus, les impacts négatifs des activités industrielles et du barrage hydroélectrique de Nangbéto.

Le Togo dispose de ressources halieutiques maritimes, lagunaires et continentales en quantité relativement limitée dont l’exploitation représente respectivement : 75 %, 15 % et 10 % environ de la production nationale. Aussi, le pays recourt-il à des importations pour combler son déficit en produits halieutiques. Les ressources halieutiques lagunaires sont très menacées par la pollution, l’envasement et les perturbations du système lagunaire alors que les rares ressources halieutiques continentales sont exploitées par des méthodes de pêche irrationnelles.

L’écosystème littoral est sérieusement menacé par l’érosion côtière, pollué par les rejets de déchets solides et effluents provenant des villes côtières et le délestage en mer des navires. L’envasement dû aux apports de colluvions par les eaux de ruissellement et la pollution causée par le rejet des déchets solides et effluents des établissements humains côtiers perturbent l’écosystème lagunaire. Les mangroves, qui servent d’habitat à des espèces de faune aquatique, sont dégradées par l’exploitation du bois de chauffe et la pollution.

LEGISLATIONS

Le corpus juridique national est essentiellement marqué par :

INSTITUTIONS

Le Togo dispose d’un Ministère chargé de l’environnement et ce depuis 1987 mais qui a connu une forte instabilité de 1991 à 1998 avec le changement à douze reprises du titulaire du portefeuille et reste caractérisé par des lacunes structurelles pour assumer les missions de coordination et de gestion de l’environnement.

Un projet de restructuration du Ministère a été adopté en novembre 2001

Des projets de loi et de décret sur la création de l’Agence Nationale de Gestion pour l’Environnement sont élaborés et seront bientôt approuvés.

Les autres ministères n’intègrent pas la dimension environnementale dans les politiques et stratégies sectorielles et dans les programmes et projet mis en œuvre.

GROUPES/ACTEURS.

Les ONG sont nombreuses dans le domaine de l’environnement.

Elles entreprennent des actions visant à l’assainissement, le reboisement, la lutte contre les pollutions, la protection de la faune et de la flore, la restauration des sols, la sensibilisation et l’éducation sur les problèmes environnementaux, la promotion du bien-être des populations et la sensibilisation sur l’utilisation rationnelle de l’énergie domestique, notamment le bois de chauffe et le charbon de bois.

Elles sont confrontées à des contraintes financières qui les empêchent à intervenir sur des grands projets viables à long terme.

Les autres acteurs organisés sont la chambre de Commerce et de l’Industrie, la Chambre Nationale d’Agriculture, le Conseil National du Patronat, les Syndicats et les organisations religieuses qui font également l’effort de s’intéresser aux préoccupations environnementales.