Nations Unies

E/CN.17/2002/PC.2/7

Conseil économique et social

Distr. générale
19 décembre 2001

Français
Original: anglais

Commission du développement durable
constituée en comité préparatoire
du Sommet mondial pour le développement durable
Deuxième session
28 janvier-8 février 2002

Mise en oeuvre d’Action 21
Rapport du Secrétaire général*
Table des matières
 

Paragraphes

Page

I. Introduction .........................................................

1-15

4

II. Grandes tendances et principaux faits intervenus depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement ..................

16-45

7

III. Lutte contre la pauvreté et promotion de modes de subsistance viables .........

46-81

14

A. Pauvreté en milieu rural, agriculture écologiquement viable et sécurité alimentaire ......................................................

47-55

14

B. Pauvreté urbaine et établissements humains ...........................

56-65

16

C. Dynamique démographique ........................................

66-68

18

D. Santé et développement durable .....................................

69-76

19

E. Éducation .......................................................

77-81

21

IV. Modes de consommation et de production durables .........................

82-106

23

A. Énergie et transports ..............................................

89-98

25

B. Industrie ........................................................

99-102

27

C. Tourisme........................................................

103-106

29

V. Protéger l’intégrité des écosystèmes entretenant la vie .......................

107-147

30

A. Gestion intégrée des terres .........................................

109-115

30

B. Forêts ..........................................................

116-121

32

C. Océans .........................................................

122-128

34

D. Ressources en eau douce ...........................................

129-133

36

E. Atmosphère et climat..............................................

134-143

38

F. Impact des catastrophes naturelles ...................................

144-147

40

VI. Cadre institutionnel d’un développement durable : nécessité de l’intégration des politiques, de la prise de décisions en connaissance de cause et de la participation ..................................................

148-177

41

A. Stratégies nationales de développement durable ........................

149-152

41

B. Application des instruments internationaux............................

153-157

42

C. Information destinée aux décideurs ..................................

158-164

45

D. Participation de grands groupes .....................................

165-172

47

E. Formulation de réactions communes dans le système des Nations Unies ....

173-177

49

VII. Moyens d’exécution...................................................

178-216

51

A. Financement.....................................................

178-189

51

B. Commerce ......................................................

190-198

53

C. Transfert de technologies écologiquement rationnelles ..................

199-207

55

D. Science et renforcement des capacités ................................

208-216

57

VIII. Renforcement de l’application : partenariats mondiaux pour le développement durable .........................................................

217-241

59

A. Faire fonctionner la mondialisation au service du développement durable ...

221

60

B. Élimination de la pauvreté et moyens d’existence durables ...............

222-223

62

C. Modifier les modes de consommation et de production non viables ........

224

64

D. Promouvoir la santé grâce au développement durable ...................

225

65

E. Accès à l’énergie et utilisation rationnelle de l’énergie ..................

226

66

F. Gestion durable des écosystèmes et biodiversité........................

227

66

G. Gestion des ressources mondiales en eau douce ........................

228

67

H. Ressources financières et transferts de technologie .....................

229

68

I. Initiatives en faveur de l’Afrique dans le domaine du développement durable .........................................................

230

69

J. Renforcement du système de gouvernance internationale en matière de développement durable..........................................

231-241

70

Notes    

 

* Le présent rapport a été établi à partir des rapports d’évaluation soumis par les responsables

chargés de donner suite aux différents chapitres d’Action 21..

E/CN.17/2002/PC.2/7

0170794f.doc

Encadrés

 

1. Déchets ......................................................................

16

2. Action 21 au niveau local .......................................................

17

3. Maurice : programmes relatifs aux établissements humains ............................

18

4. Philippines : programmes en matière de population ..................................

19

5. Malnutrition/suralimentation.....................................................

20

6. Campagne " Faire reculer le paludisme " ..........................................

20

7. Scolarisation..................................................................

22

8. Cuba : programmes en matière d’éducation .........................................

23

9. Évolution de la production ......................................................

23

10. Consommation mondiale d’énergie ...............................................

26

11. Pacte mondial.................................................................

28

12. Programmes de certification de gestion de l’environnement ...........................

28

13. Le PNUE et la biodiversité ......................................................

31

14. Couvert forestier mondial .......................................................

33

15. Gestion des forêts..............................................................

33

16. Zones côtières ................................................................

34

17. Initiatives concernant les côtes ...................................................

35

18. Deuxième Forum mondial de l’eau et Conférence internationale sur l’eau douce ..........

37

19. Émissions de CO2 .............................................................

37

20. Protocole de Kyoto : les Accords de Marrakech .....................................

38

21. Hongrie : programme de lutte contre la pollution ....................................

39

22. Le coût des catastrophes naturelles................................................

40

23. Coordination des conventions ....................................................

43

24. Fonds pour l’environnement mondial..............................................

44

25. L’avenir de l’environnement mondial..............................................

45

26. Stratégie mondiale intégrée d’observation ..........................................

46

27. Participation des grands groupes .................................................

47

28. Échanges multipartites de la Commission du développement durable....................

48

29. Projet du génome humain .......................................................

57

30. Objectifs de la Déclaration du Millénaire liés à l’élimination de la pauvreté ..............

61.

 

 

" Il convient de faire preuve de prudence dans la gestion de toutes les espèces vivantes et de toutes les ressources naturelles, conformément aux préceptes du développement durable […] Les modes de production et de consommation qui ne sont pas viables à l’heure actuelle doivent être modifiés, dans l’intérêt de notre bien-être futur et dans celui de nos descendants.

Nous ne devons épargner aucun effort pour éviter à l’ensemble de l’humanité, et surtout à nos enfants et petits-enfants, d’avoir à vivre sur une planète irrémédiablement dégradée par les activités humaines et dont les ressources ne peuvent plus répondre à leurs besoins.

Nous réaffirmons notre soutien aux principes du développement durable énoncés dans Action 21, qui ont été adoptés lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement. "

Déclaration du Millénaire

(voir résolution 55/2 de l’Assemblée générale, par. 6, 21 et 22)

I. Introduction

1. La Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED) a marqué un tournant dans les efforts visant à assurer le bien-être économique, social et environnemental des générations présentes et futures. En adoptant Action 21 1 , la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement 2 , la Déclaration de principes, non juridiquement contraignante, mais faisant autorité, pour un consensus mondial sur la gestion, la conservation et l’exploitation écologiquement viable de tous les types de forêts 3 et les conventions qui ont fait suite à la CNUED 4 , les dirigeants de la planète se sont fixé un programme de développement durable précis.

2. Les recommandations issues de la CNUED témoignent d’une conception du développement où sont pris en compte aussi bien les besoins économiques et sociaux de l’homme que la capacité des ressources et des écosystèmes à satisfaire les besoins présents et à venir. Il s’agit d’une conception ambitieuse qui s’inscrit dans la durée. Toutefois, 10 ans plus tard, malgré les initiatives des gouvernements, des organisations internationales, des milieux d’affaires, de la société civile et des particuliers pour donner corps au développement durable, la réalisation des objectifs fixés par la CNUED a progressé plus lentement que prévu et dans certains cas la situation a même empiré.

3. On a certes enregistré quelques avancées en matière de protection de l’environnement, mais l’équilibre de la planète est fragile et les mesures prises sont loin d’être satisfaisantes. Dans la plupart des régions en développement, les succès remportés dans la lutte contre la pauvreté ont été au mieux modestes. Des progrès ont eu lieu dans le domaine sanitaire, mais d’autres problèmes sont apparus, comme le VIH/sida.

4. La mise en pratique laisse manifestement à désirer. Cela est particulièrement visible dans quatre domaines. Premièrement, les mesures en faveur du développement durable ne dénotent pas une vision d’ensemble. La notion de développement durable correspond au lien qui unit de manière indissociable l’environnement et le développement. Le développement durable doit servir des objectifs qui sont à la fois d’ordre économique, social et environnemental. Or, les politiques et les programmes n’ont généralement pas atteint le niveau d’intégration requis, que ce soit au niveau national ou au niveau international.

5. Deuxièmement, les modes de consommation et de production incompatibles avec le développement durable et mettant en péril les systèmes entretenant la vie n’ont pas fondamentalement évolué depuis la CNUED. Les valeurs qui sous-tendent ces modes de vie sont l’une des forces motrices à l’origine de l’exploitation des ressources naturelles. Certes, les réformes nécessaires pour que les sociétés adoptent des modes de consommation et de production viables ne sont pas faciles à mettre en chantier mais elles sont cependant indispensables.

6. Troisièmement, les politiques et approches dans les domaines des finances, des investissements, de la technologie et du développement durable concordent rarement. À l’heure de la mondialisation, le besoin de convergence et de cohérence est plus important que jamais. Or, les décisions prises restent compartimentées, soumises à des facteurs à court terme et non aux considérations à long terme qui vont de pair avec la gestion durable des ressources.

7. Quatrièmement, les ressources financières nécessaires à l’application d’Action 21 ont fait défaut et les mécanismes de transfert de technologie ne se sont pas améliorés. Depuis 1992, l’aide publique au développement n’a cessé de diminuer, le fardeau de la dette a réduit l’éventail de choix des pays pauvres et les investissements privés, pourtant en augmentation, se sont révélés instables et n’ont bénéficié qu’à une poignée de pays et de secteurs.

8. Action 21 doit être appliqué, de même que les recommandations issues des grandes conférences des Nations Unies tenues depuis 1992, lesquelles ont grandement facilité l’établissement de priorités en matière de développement social et de droits de l’homme. Ces recommandations se retrouvent dans les objectifs de développement exposés dans la Déclaration du Millénaire (résolution 55/2 de l’Assemblée générale). Depuis, la troisième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, tenue à Bruxelles en 2000, et la septième réunion de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, tenue à Marrakech en 2001, ont représenté des étapes importantes dans le domaine du développement durable.

9. Malgré des lacunes dans leur mise en oeuvre, Action 21 et les principes adoptés par la CNUED n’ont rien perdu de leur pertinence depuis 1992. Les circonstances ont néanmoins évolué. La mondialisation, les mutations entraînées par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les bouleversements sociaux survenus dans de nombreuses régions du monde et la propagation du VIH/sida sont autant de facteurs à prendre en compte dans le cadre des efforts visant à redynamiser la mise en oeuvre d’Action 21.

10. Dans le domaine économique, les participants à la quatrième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tenue à Doha en novembre 2001, ont décidé de placer le développement au centre des futures négociations commerciales, ce qui fait bien augurer de l’avenir du régime commercial et des avantages qu’il peut offrir aux pays en développement. La. Conférence internationale sur le financement du développement, qui se déroulera à Monterrey (Mexique) en mars 2002, devrait traiter des moyens de promouvoir la cohérence et la convergence dans le système financier mondial. L’un des principaux objectifs est d’obtenir que les questions de développement soient prises en compte dans les milieux financiers.

11. Il s’agit là de quelques-unes des principales avancées de nature à faciliter l’application des décisions qui seront prises au Sommet mondial pour le développement durable. Les participants devront s’inspirer des orientations arrêtées au cours des conférences susmentionnées et de conférences sur des thèmes voisins s’ils veulent lancer de nouveaux programmes, lesquels, pour être fructueux, devront être sous-tendus par une volonté politique ferme, des mesures pratiques et des partenariats forts.

12. La volonté politique est la clef du succès. De fait, pour être efficaces les nouvelles initiatives devront s’accompagner de changements profonds dans la façon dont les politiques et les programmes de développement durable sont élaborés et exécutés. Des mesures pratiques sont indispensables si l’on veut ajouter foi à la capacité du Sommet d’orienter le processus du développement durable par des activités dont les résultats seront fructueux et mesurables. Il est fondamental de conclure des partenariats avec différents acteurs afin d’obtenir le concours de tous, y compris de ceux qui décident de l’utilisation des ressources.

13. La volonté politique, les mesures pratiques et les partenariats doivent aller de pair avec une redynamisation de la coopération et de la solidarité mondiales. L’une des conséquences les plus importantes des attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis d’Amérique a été de montrer qu’il ne nous était pas loisible d’ignorer les problèmes affligeant certaines parties du monde. Nous devons envisager tous ensemble notre avenir et nous devons nous unir pour assurer notre survie et celle des générations futures. Négliger aujourd’hui des questions ayant des répercussions à long terme équivaut à semer les germes des souffrances, des conflits et de la misère pour l’avenir.

14. L’objet du présent rapport est d’évaluer les progrès accomplis dans l’application d’Action 21 et des autres recommandations issues de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, aux fins de cerner les principaux obstacles et de proposer des politiques et des programmes de nature à accélérer l’exécution des décisions prises lors de la CNUED et d’autres conférences sur des thèmes voisins.

15. Aucun rapport ne peut à lui seul rendre compte des multiples initiatives prises de par le monde pour mettre en oeuvre Action 21. Les rapports qui seront examinés dans le cadre des préparatifs du Sommet mondial, notamment les profils de pays et la description approfondie qu’ils donnent des mesures adoptées dans les pays, peuvent seulement donner une idée des activités entreprises. Par ailleurs, le Secrétaire général a établi une série de rapports factuels sur la mise en oeuvre d’Action 21 (E/CN.17/2001/PC/2 à 21), lesquels ont été présentés à la Commission du développement durable constituée en comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement durable à sa première session, en mai 2001. L’information consignée dans l’ensemble de ces documents étaye et complète celle qui est donnée dans le présent rapport. Les rapports des réunions préparatoires régionales qui ont eu lieu au second semestre 2001 fourmillent de propositions fort intéressantes, dont certaines ont été reprises dans le présent document. Les déclarations ministérielles des cinq réunions préparatoires intergouvernementales tenues au niveau régional et les recommandations issues d’autres réunions organisées dans la perspective du Sommet enrichissent encore les éléments de réflexion mis à la disposition des acteurs intergouvernementaux.

II. Grandes tendances et principaux faits intervenus depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement

16. Une mondialisation rapide, en particulier sous forme d’une intensification des mouvements internationaux de biens, de services et de moyens de financement, a été l’un des faits marquants de l’évolution de l’économie mondiale dans les années 90.

Cela s’explique par divers facteurs, y compris les mesures adoptées par les gouvernements, tant collectivement que séparément, en vue de libéraliser les échanges et les marchés de capitaux ainsi que par la privatisation et la déréglementation de l’activité économique.

17. Le développement des technologies de l’information et des communications (TIC) et leur utilisation de plus en plus généralisée dans le monde ont été un autre facteur à l’origine de la mondialisation. L’accroissement des flux financiers privés s’est trouvé facilité par les réseaux mondiaux de l’information, y compris l’Internet qui alimente des secteurs dynamiques des TIC et a relevé le niveau de l’emploi et de la production dans un certain nombre de pays en développement, en particulier en Asie orientale. Parallèlement, un grand nombre de pays en développement n’ont pas été en mesure de tirer parti aussi bien de la mondialisation que du développement des TIC.

18. En matière de développement, aussi bien les avantages que les limites de la mondialisation et des TIC sont apparus au cours des années 90. Les pays et les entreprises qui ont réussi à s’adapter aux nouvelles circonstances ont prospéré, tandis que ceux qui n’ont pu le faire faute de compétences techniques, d’infrastructures ou de capacités institutionnelles, ont vu se creuser l’écart qui les sépare du reste du monde. Les TIC offrent d’énormes possibilités pour la mise en oeuvre du programme du développement durable, en particulier si des mesures efficaces sont prises pour combler le fossé numérique.

19. Sur fond de mondialisation et de développement des TIC, l’économie mondiale a été marquée par quelques grands événements et tendances pendant les années 90.

Au cours de la première moitié de la décennie, la plupart des pays ont connu une forte croissance économique, même si de plus en plus nombreux on été ceux qui, à la suite de conflits, ont subi de lourdes pertes humaines et économiques. Les anciens pays à économie planifiée ont connu une détérioration rapide et aiguë de leur situation économique et sociale à l’occasion de leur passage à une économie de marché. Parmi les pays développés, les États-Unis ont connu une période record d’expansion et ont été une puissante locomotive de croissance pour le reste de l’économie mondiale. En Europe, une région à monnaie unique englobant la plus grande partie de l’Europe occidentale (l’Union monétaire européenne) a été créée.

Le Japon, en revanche, n’a pas réussi à se sortir de la récession qu’il connaît depuis 10 ans. Dans l’ensemble, l’économie mondiale a été moins instable pendant les années 90 que pendant les années 80, à quelques grandes exceptions près. Le taux moyen d’expansion annuelle du produit intérieur brut (PIB) a atteint 4,3 % pour. l’ensemble des pays en développement pendant les années 90, contre 2,7 % dans les années 80, tandis que les pays développés ont enregistré une croissance moyenne de 2,3 % dans les années 90, contre 3 % pendant la décennie précédente 5 .

20. La situation globale ne rend toutefois pas compte des difficultés que bon nombre de pays africains ont constamment rencontrées pendant les années 90. Si la croissance économique dans la région s’est améliorée de manière marginale, la persistance d’une forte croissance démographique a grignoté les progrès réalisés et l’écart dans les niveaux de vie entre l’Afrique et les autres régions s’est encore aggravé. Par ailleurs, si la croissance économique de la région s’est accompagnée d’un relèvement de la production agricole, les industries manufacturières ne se sont pas développées, ce qui a rendu de nombreux pays tributaires d’un petit nombre de produits d’exportation assortis de prix instables et généralement orientés à la baisse.

21. Dans les pays en transition, le PIB a régressé en moyenne de 2,5 % par an pendant les années 90, alors qu’il avait progressé de 1,8 % par an pendant les années 80. Le recul économique a été particulièrement marqué pendant la première moitié de la décennie, la production intérieure diminuant de pas moins de 50 % en trois ans. Bon nombre de ces pays ont enregistré une forte aggravation de la pauvreté et du chômage et ont dû procéder à des compressions des dépenses dans l’éducation, la santé, les retraites, les transports publics et autres services sociaux. Si les pays d’Europe orientale et les États baltes ainsi que quelques pays de la Communauté d’États indépendants (CEI) ont connu une forte croissance pendant la deuxième moitié des années 90, d’autres pays, en particulier en Asie centrale, ont eu du mal à redémarrer.

22. Le commerce international a été prospère pendant les années 90, bien que les résultats aient été variables d’une région à l’autre. Les exportations mondiales ont progressé à un taux moyen de 6,4 %, pour atteindre 6,3 trillions de dollars en 2000.

Les pays en développement ont acquis une plus large place dans les échanges mondiaux, leurs exportations progressant de 9,6 % par an. Les exportations de l’Afrique ont toutefois augmenté plus lentement, la part de cette région dans le commerce mondial tombant de 2,7 % en 1990 à 2,1 % en 2000. L’effondrement des accords commerciaux du Conseil d’assistance économique mutuelle à la fin des années 80 a sérieusement freiné les exportations des pays en transition pendant la première moitié des années 90. De nombreux pays d’Europe orientale ainsi que les États baltes ont toutefois réussi à réorienter leurs exportations à destination de l’Europe occidentale pendant la deuxième moitié de la décennie et leur commerce d’exportation est devenu l’un des principaux facteurs de leur forte croissance.

Comme cela s’est produit en Afrique, les pays en transition qui n’étaient pas dotés d’une solide base manufacturière n’ont que peu bénéficié de la mondialisation.

23. La mondialisation s’est également traduite par une augmentation rapide des flux financiers internationaux, qui ont toutefois été marqués par une forte instabilité.

Pendant toutes les années 90, les États-Unis, qui offraient d’excellents résultats économiques et des produits financiers novateurs, ont attiré beaucoup de capitaux étrangers privés. Pendant au moins toute la première moitié de la décennie, un certain nombre de pays en développement, en particulier les pays à revenu moyen, ont attiré de plus en plus de capitaux privés, les investissements étrangers directs se montrant particulièrement dynamiques. Parallèlement, ces pays ont traversé des crises financières à répétition qui ont exigé des interventions multilatérales, d’abord au Mexique en 1995, puis dans un certain nombre de pays d’Asie orientale et d’autres pays entre 1997 et 1999.

24. Contrairement à certains pays à revenu moyen qui ont réussi à attirer des capitaux privés, la situation financière extérieure des pays à faible revenu ne s’est pas améliorée. Ces pays ont continué de faire essentiellement appel aux sources officielles de financement extérieur. L’aide publique au développement a sensiblement diminué et, pendant presque toute la décennie, la recherche d’une solution aux difficultés de la dette extérieure que connaissent de nombreux pays parmi les plus pauvres n’a que peu progressé.

25. Les événements survenus depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis d’Amérique ont créé un sentiment général d’incertitude et ont entraîné un ralentissement dans le monde entier. Le fait que les objectifs à long terme du développement durable risquent d’être compromis par la pression des besoins à court terme est un sujet de préoccupation. Ainsi que l’ont relevé les comités préparatoires régionaux pour l’Afrique ainsi que l’Asie et le Pacifique, les conflits internes et l’instabilité sociale ont battu en brèche les efforts réalisés par de nombreux pays pour atteindre un développement durable.

26. La population mondiale, qui se chiffrait à 2,5 milliards en 1950 et à 4,4 milliards en 1980, a atteint 6 milliards en 2000. Elle devrait atteindre 8 milliards environ en 2025 et 9,3 milliards en 2050, avant de se stabiliser finalement à un niveau situé entre 10,5 et 11 milliards. La croissance démographique mondiale a atteint un niveau record en 1965, soit 2 % par an, avant de ralentir par la suite, pour se situer à 1,3 % en 2000. Selon les projections, cette croissance devrait être ramenée à 1 % autour de l’année 2020 et à 0,5 % en 2050 6 .

27. L’évolution démographique a influé de diverses manières sur le développement durable. Le volume de la population, la croissance démographique, la pyramide des âges, de même que les caractéristiques de l’éducation, de la santé et des considérations socioéconomiques agissent tous sur l’utilisation des ressources naturelles, comme le font les rapports de force entre les sexes et la structure des migrations. L’effet global de ces tendances sur le développement durable diffère entre les pays ou les régions. Dans certains pays européens et au Japon, une grande source de préoccupation a été le vieillissement rapide de la population lié à de faibles taux de fécondité et à ses répercussions sur les retraites, les services de santé et autres services sociaux. En raison du fléchissement de la fécondité, la population des pays développés devrait atteindre un plafond autour de l’année 2025 pour diminuer par la suite, de telle sorte qu’après 2025, la totalité de la croissance démographique dans le monde devrait se produire dans les pays en développement.

Dans certains d’entre eux, une forte croissance démographique, l’incidence des maladies, la mortalité croissante due au sida et les taux décroissants de scolarisation ont été les facteurs démographiques qui ont ralenti le développement d’une manière décisive. Les mouvements de population ont aussi abouti dans certains cas au déboisement et ont eu d’autres conséquences environnementales défavorables 6 .

28. L’ensemble de la consommation et la pression qu’elle exerce sur les ressources naturelles et l’environnement sont liés en partie à la situation démographique, mais plus encore à la prospérité et à la technologie. Quinze pour cent de la population mondiale, dans les pays à revenu élevé, absorbent 56 % de la consommation totale, tandis que 40 % des couches les plus pauvres de la population, dans les pays à faible revenu, n’en absorbent que 11 % 7 . Si la consommation de la plupart des habitants de. la planète a quelque peu progressé au cours des dernières années, les dépenses de consommation des ménages africains moyens ont reculé de 20 % par rapport à ce qu’elles étaient il y a 25 ans 8 .

29. Au cours des années 90, le taux général de pauvreté dans les pays en développement, le seuil de pauvreté étant fixé à un revenu de 1 dollar par jour, a été ramené de 29 % en 1990 à 23 % en 1998. Le nombre total de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a légèrement diminué, pour être ramené de 1,3 milliard à 1,2 milliard. La lutte contre la pauvreté a sensiblement progressé grâce à une croissance économique rapide en Asie de l’Est et du Sud-Est et a quelque peu progressé en Asie du Sud et en Amérique latine. En Afrique subsaharienne toutefois, où près de la moitié de la population vit dans la pauvreté, la lutte contre la pauvreté n’a pas progressé et le nombre de personnes vivant dans ces conditions a sensiblement augmenté 9 . La croissance économique offre la possibilité de réduire nettement le nombre des personnes qui vivent dans la pauvreté. Selon les projections de la Banque mondiale établies sur la base d’un scénario économique optimal, le nombre total de personnes qui vivent avec moins de 1 dollar par jour pourrait être ramené à environ 750 millions en 2015 10 .

30. Des progrès un peu plus marqués ont été réalisés en ce qui concerne d’autres aspects de la pauvreté, y compris les soins de santé, la mortalité infantile et maternelle, la lutte contre la faim, l’accès à l’éducation, enfin l’approvisionnement en eau salubre et l’assainissement. Toutefois, 1,1 milliard de personnes au moins n’ont toujours pas accès à de l’eau potable salubre et environ 2,4 milliards à des services d’assainissement satisfaisants (voir E/CN.17/2000/13). Plus de 8 % des enfants dans les pays en développement meurent encore avant l’âge de 5 ans et, dans certains des pays les plus pauvres, un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 1 an. On compte encore plus de 113 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire dans les pays en développement qui ne sont pas à l’école, dont 60 % sont des filles 11 .

31. Sur les 815 millions de personnes dans le monde dont on estime qu’elles sont sous-alimentées, 777 millions vivent dans les régions en développement, 27 millions dans les pays en transition et 11 millions dans les pays industrialisés 12 . Si le plus grand nombre de personnes qui souffrent de la faim vivent en Asie du Sud, ce nombre est en diminution. En Afrique, environ un tiers de la population est sous-alimentée, et ce nombre va croissant 13 . Selon des projections récentes de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’objectif mondial visant à réduire de moitié avant 2015 le nombre de personnes qui souffrent de la faim ne sera pas atteint si les tendances actuelles persistent.

32. Pendant les années 90, les conditions sanitaires se sont généralement améliorées avec le relèvement de l’espérance moyenne de vie et le recul des taux de mortalité infantile. Des progrès sensibles ont été accomplis sur la voie de l’élimination de certaines grandes maladies infectieuses telles que la poliomyélite.

La santé précaire de la population n’en continue pas moins à freiner considérablement le développement dans de nombreux pays en développement. Un approvisionnement en eau insuffisant, l’insalubrité de l’eau, de mauvaises installations sanitaires, une grave pollution de l’air à l’intérieur des habitations provoquée par les combustibles traditionnels, le paludisme, la tuberculose et d’autres maladies infectieuses ou parasitaires, enfin l’impossibilité d’avoir accès à des services de santé génésique se traduisent par des taux élevés de mortalité et de morbidité. En Afrique, l’apparition du sida a provoqué des ravages parmi les jeunes adultes, réduisant de manière alarmante l’espérance de vie et créant d’énormes obstacles au développement économique et social. Parallèlement, les pays développés ainsi que certains pays en développement ont connu un accroissement des maladies liées à de mauvais régimes alimentaires, à une vie sédentaire et aux excédents de poids.

33. L’insalubrité de l’eau, la médiocrité des conditions d’assainissement et une mauvaise hygiène sont à l’origine d’une grande partie des problèmes de santé et des maladies que l’on rencontre dans le monde en développement et qui provoquent, chaque année, des millions de décès 14 . Le paludisme est endémique dans 101 pays et territoires, où il fait plus d’un million de morts par an. Des millions d’habitants de pays en développement sont exposés au choléra, à la fièvre typhoïde, à l’hépatite A, à la dysenterie, aux vers intestinaux, au trachome, à la cécité des rivières, à la schistosomiase, à l’intoxication par l’arsenic et à la fièvre de dengue, maladies qui sont toutes d’origine hydrique.

34. Au cours de la dernière décennie, la production alimentaire mondiale a continué d’augmenter plus rapidement que la population mondiale et, dans de nombreux pays, le prix des produits vivriers a baissé tandis que la nutrition s’améliorait. Cette évolution s’explique par l’augmentation de la superficie des terres cultivées et l’amélioration des rendements agricoles sous l’effet d’un recours accru à l’irrigation, de l’utilisation de semences de meilleure qualité, d’une gestion plus ciblée et plus rationnelle des facteurs de production agricoles et de certains progrès techniques. Malheureusement, certaines pratiques agricoles ont entraîné une dégradation de l’environnement. En Afrique, la productivité agricole étant restée très faible alors que l’accroissement démographique demeurait soutenu, de nombreux pays ont vu s’accroître leur dépendance à l’égard des importations de produits alimentaires.

35. Pour soutenir et accroître la productivité agricole, on a introduit des techniques agricoles plus durables, notamment l’agriculture écologique qui protège les sols et les ressources en eau tout en réduisant la durée et la difficulté du travail de préparation du terrain, la consommation de carburant et les apports de produits chimiques. La mise au point et l’adoption de techniques de lutte intégrée contre les ravageurs a également donné de bons résultats, en permettant de pratiquer une agriculture intensive écologiquement viable tout en limitant les atteintes à l’environnement. Pour un coût modeste, la gestion intégrée des ravageurs a accru la durabilité des systèmes agricoles et écologiques, en permettant de réduire les applications de pesticides grâce à l’utilisation de plantes résistantes aux parasites, l’introduction d’ennemis naturels de ces organismes et le recours à des techniques de culture appropriées.

36. La demande de denrées alimentaires et autres produits agricoles ne cessant d’augmenter, la superficie de terres cultivées a néanmoins augmenté, empiétant sur les forêts et les prairies et provoquant la disparition de terrains marécageux, ce qui a entraîné un déclin de la diversité biologique et la raréfaction de certains biens et services d’environnement. La dégradation des sols concerne au moins deux milliards d’hectares et, à l’échelle mondiale, sans doute jusqu’aux deux tiers des terres agricoles.

37. Les catastrophes naturelles telles que les sécheresses, les inondations, les glissements de terrain, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques sont à. l’origine de souffrances humaines et de pertes économiques importantes et entravent considérablement le développement des communautés vulnérables. Un mauvais aménagement des terres peut accroître la fréquence et la gravité de certaines catastrophes naturelles, notamment des inondations, dont une planification des établissements humains mal conçue combinée à un manque de préparation aux situations d’urgence peut aggraver considérablement les conséquences. Les troubles et les guerres civiles provoquent régulièrement une dégradation des sols et des ressources en eau ainsi que des pertes en vies humaines, l’apparition de maladies, de famines, de déplacements de population et d’autres menaces au bien-être et au développement de l’humanité 15 .

38. Dans de nombreux pays, du fait de l’expansion de l’agriculture irriguée et de l’accroissement de la consommation d’eau à usage industriel et urbain, les ressources en eau douce ont été soumises à des pressions croissantes. Les zones frappées par la pénurie d’eau sont de plus en plus nombreuses, surtout en Afrique du Nord et en Asie occidentale. On estime à 17 % la quantité d’eau supplémentaire que les pays en développement consommeront pour produire leur alimentation dans les 20 prochaines années, compte tenu de l’accroissement de leur population. Au total, le volume d’eau utilisée augmentera de 40 %. On s’attend à ce qu’un tiers des pays situés dans des régions sous stress hydrique soient confrontés à de graves pénuries d’eau au cours du XXIe siècle. D’ici 2025, jusqu’aux deux tiers de la population mondiale pourraient vivre dans des pays souffrant de manques d’eau plus ou moins graves. Ainsi que l’a souligné la réunion préparatoire pour la région de l’Asie et du Pacifique pour le Sommet mondial pour le développement durable, la salinité de l’eau suscite des difficultés dans de nombreux pays et la contamination par l’arsenic est un grave problème dans certaines régions d’Asie 16 . On estime que plus de la moitié des grands fleuves du monde sont gravement pollués (voir E/CN.17/2001/PC/17).

39. La diversité biologique mondiale reste une source de graves préoccupations.

Malgré certains aspects positifs tels que le nombre et la superficie des zones protégées, la biodiversité continue de s’appauvrir. On considère plus de 11 000 espèces comme étant menacées d’extinction et plus de 800 ont d’ores et déjà disparu, pour la plupart à cause de la destruction ou de la dégradation de leur habitat. Environ 5 000 autres espèces risquent de disparaître si on ne fait rien pour enrayer le déclin de leur population.

40. Le produit des pêches de capture est pleinement utilisé dans 50 % des cas environ tandis que 25 % des prises représentent une surexploitation, ce qui laisse une marge de 25 % seulement pour une augmentation éventuelle du rendement 17 .

Dans la plupart des principales zones de pêche de l’océan Atlantique et dans certaines des zones de pêche de l’océan Pacifique, les captures marines ont atteint leur niveau maximum il y a plusieurs années. Cette surexploitation halieutique compromet non seulement la croissance économique mais aussi la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de nombreuses populations habitant des zones côtières et des petits États insulaires en développement.

41. Dans le monde entier, une grande partie des forêts naturelles continuent d’être transformées en terrains destinés à l’agriculture ou à d’autres usages. Au cours des années 90, on estime que la moyenne de déforestation annuelle globale était de 14,6 millions d’hectares, principalement dans les pays en développement des régions tropicales. Parallèlement, dans certains pays développés ou en développement, on a observé une expansion des zones forestières au rythme d’environ 5,2 millions d’hectares par an, soit parce que la forêt naturelle s’était reconstituée sur des terrains agricoles abandonnés, soit grâce à des plantations forestières. Cet accroissement des zones forestières contrebalance la déforestation en cours dans d’autres régions, si bien que la perte nette s’élève à 9,4 millions d’hectares, soit 0,2 % de la superficie totale des forêts de la planète. Les taux nets de déforestation sont particulièrement élevés en Afrique et en Amérique du Sud, tandis qu’en Asie, l’effet de la déforestation a été sensiblement atténué par des plantations forestières 18 .

42. De nombreuses zones côtières - estuaires, marais, mangroves, lagunes, herbiers et récifs de corail - jouent un rôle majeur dans le niveau de productivité des océans et la protection des fragiles écosystèmes côtiers et marins contre les tempêtes. Quelque 27 % des récifs ont disparu tant sous l’effet direct des activités humaines qu’en raison de changements climatiques et, si des mesures ne sont pas prises d’urgence, on prévoit que d’ici 30 ans la proportion de récifs de corail fonctionnellement morts pourrait encore s’accroître de 32 % 19 .

43. Des études scientifiques ont mis en évidence des éléments nouveaux démontrant de façon convaincante que le réchauffement de la planète enregistré ces 50 dernières années résulte largement d’activités humaines. Au cours des 100 prochaines années, ce réchauffement pourrait prendre de telles proportions que ses conséquences pourraient être catastrophiques : montée du niveau des océans et changements climatiques, notamment phénomènes de grande ampleur comme El Niño 20 . La fréquence accrue des tempêtes, des inondations, des sécheresses et des températures élevées pourrait mettre en danger la vie et les moyens de subsistance de plusieurs millions de personnes. Les habitants des petits États insulaires en développement et des plaines côtières seraient les plus menacés par la montée du niveau des océans. Or, bien que l’on ait largement pris conscience dans les années 90 de la nécessité de réduire la consommation de combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre, la consommation mondiale de combustibles fossiles continue d’augmenter.

44. L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre est due, en grande partie, à une consommation accrue de combustibles fossiles, en particulier dans les transports, dans un contexte de croissance économique. Entre 1992 et 1999, la consommation mondiale d’énergie a augmenté de quasiment 10 %. La consommation énergétique par habitant reste plus élevée dans les pays développés en dépit des initiatives entreprises pour promouvoir l’efficacité énergétique, recourir à des techniques non polluantes et, dans certains cas, réduire la demande en énergie.

Suivant la tendance générale en matière de consommation énergétique, les émissions de carbone au niveau mondial ont doublé de 1965 à 1998, leur augmentation atteignant une moyenne annuelle de 2,1 %. Dans les pays développés, en 1999, la consommation moyenne équivalait à 6,4 tonnes de pétrole par an et par habitant, soit 10 fois plus que dans les régions en développement, où elle était de 0,62 tonne par an et par habitant (voir E/CN.17/ESD/2001/2).

45. Au cours des années 90, c’est dans le secteur des transports que la consommation énergétique a augmenté le plus rapidement, la source d’énergie utilisée étant, dans 95 % des cas, le pétrole (voir E/CN.17/2001/PC/20). Cette augmentation devrait se confirmer, au rythme accéléré de 1,5 % par an dans les pays développés et de 3,6 % par an dans les pays en développement. On s’attend à ce que les émissions de gaz carbonique (CO2) augmentent de 75 % entre 1997 et 2020,. l’augmentation étant particulièrement rapide en ce qui concerne les rejets de gaz carbonique dus à des aéronefs qui devraient s’accroître en moyenne de 3 % par an.