IIIe
Conférence ministérielle sur la Culture
Plan d’action de Cotonou
15 juin 2001
La Conférence
ministérielle sur la Culture organisée par l’Agence intergouvernementale,
opérateur principal de l’Organisation internationale de la Francophonie,
s’est tenue à Cotonou les 14 et 15 juin 2001. Les ministres ont adopté
une Déclaration dite de Cotonou II ainsi que le présent Plan d’action,
cadre de référence des opérateurs de l’Organisation internationale
de la Francophonie pour les prochains biennums.
- Soutenir, aux plans interne
et international, la diffusion et le dialogue des cultures en favorisant leur
appropriation par les populations et en développant le savoir-faire
des professionnels.
- L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie soutiendra les initiatives des Etats et gouvernements visant
à promouvoir auprès des populations et des responsables publics
et privés une vision concertée et cohérente de la diversité
culturelle, par une sensibilisation, information et une formation aux
enjeux qu’elle comporte. Dans cette même perspective, elle apportera
son appui aux efforts des Etats et gouvernements pour intégrer la promotion
de la diversité culturelle dans leurs systèmes éducatifs
et programmes d’enseignement.
Afin de montrer au grand
public la richesse de la créativité culturelle plurielle du monde
francophone, elle contribuera à une meilleure synergie entre les initiatives
et actions développées à titre bilatéral et multilatéral.
- Les acteurs culturels,
publics et privés, doivent se doter des compétences professionnelles
correspondant à leurs missions, en harmonie avec celles de leurs homologues
de l’espace francophone. A cette fin, l’Agence intergouvernementale de la
Francophonie organisera, le cas échéant en collaboration avec
les autres opérateurs de la Francophonie, des sessions de formation
spécialisée dans les domaines stratégiques tels que le
management artistique, la gestion de la production des biens culturels, notamment
des livres, les législations ayant des incidences dans le domaine de
la culture, notamment celles relatives au droit d’auteur, à la lutte
contre la piraterie, à la protection du patrimoine culturel et au mécénat.
Ces sessions traiteront aussi
de la question du dialogue interculturel, en vue de la prise de conscience et
de l'acceptation, des différences et des similitudes dans la vie quotidienne,
ainsi que de la recherche de valeurs communes partagées.
- La création contemporaine
se nourrit aussi de la culture traditionnelle. L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie, en s’appuyant sur ses relais locaux, et en partenariat
avec les opérateurs que sont l’Université Senghor et l’Association
Internationale des Maires Francophones, en synergie avec les Etats et gouvernements
et les organisations internationales compétentes, et en liaison avec
des organismes spécialisés, à l’instar de l’Ecole
du patrimoine africain, du Centre régional d’action culturelle
de Lomé et d’autres, appuiera la définition de politiques visant
à recenser, conserver, restaurer et mettre en valeur le patrimoine
culturel, matériel et immatériel et à le faire connaître,
par l’enseignement, auprès du grand public et des publics spécialisés,
notamment par le biais des technologies de l’information dans des conditions
juridiques et commerciales équitables. L’Université Senghor
organisera des sessions de formation à la gestion et à la protection
du patrimoine matériel et immatériel.
L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie apportera aux Etats et gouvernements qui le souhaitent son
assistance en vue de les aider à définir des politiques destinées
à lutter contre l’importation et l’exportation illicites des biens culturels
et à adhérer aux conventions internationales en vigueur. Elle
mènera des actions de sensibilisation en ce sens de l’ensemble des acteurs
concernés en organisant des séminaires et en réalisant
des publications à leur intention. L’Agence intergouvernementale de la
Francophonie animera la concertation francophone au sein des autres instances
internationales compétentes en vue d’empêcher l’importation et
l’exportation illicites des biens culturels dans l’espace francophone. Elle
encouragera la réalisation d’inventaires des patrimoines volés
ou illégalement exportés. L’Agence universitaire de la Francophonie
organisera, pour sa part, des programmes de recherche scientifique et universitaire
sur ces patrimoines.
- Les savoirs scientifiques
et techniques de base, parties intégrantes de la culture, doivent être
mieux diffusés parmi les populations qui rencontrent des difficultés
à y accéder. Dans cette perspective, l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie, en liaison avec l’Agence universitaire de la Francophonie,
inclura la diffusion de ces savoirs dans les missions de leurs réseaux
respectifs : Centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC), Centres
francophones d’appui au développement communautaire, Campus numériques
et Centres d’accès à l’information. De même, le Canal
Educatif francophone et le réseau des radios locales donneront une
place significative à des programmes de vulgarisation scientifique,
à identifier en liaison avec l’Institut de l’Energie et de l’Environnement
de la Francophonie.
- L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie collaborera avec les diverses collectivités territoriales
de l’espace francophone désireuses de mettre en commun leurs
actions en faveur de la diversité culturelle et de rapprocher ainsi
leurs populations.
Elle contribuera à
la définition de politiques culturelles visant à contrer les tendances
conflictuelles et à permettre l’épanouissement d’une identité
plurielle commune, notamment en valorisant les échanges et les métissages
culturels et en privilégiant les points de convergence.
- L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie mènera une réflexion sur le tourisme culturel
et organisera des concertations sur le développement de ce secteur
de services particulièrement dynamique et susceptible de promouvoir
la diversité des cultures de l’espace francophone.
- Faciliter la conception
et la mise en œuvre de politiques culturelles et linguistiques.
L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie,
- en concertation avec
les Etats et gouvernements concernés et en liaison avec l’Agence universitaire
de la Francophonie, établira un inventaire des politiques culturelles
et linguistiques menées par ces Etats et gouvernements ainsi que des
mesures prises en faveur du dialogue interculturel. Sur la base de ces
inventaires, l’Agence commandera des études qui feront ressortir
les mesures les plus significatives prises par les Etats et gouvernements
en matière de culture et d’aménagement linguistique. Ces
études pourront alimenter la réflexion des membres de la
Francophonie désireux de développer leurs politiques culturelles
et permettront d’identifier des mesures dont il conviendrait de faire reconnaître
la légitimité au plan mondial. Par ailleurs, dans le cadre de
ces concertations, l'Agence intergouvernementale de la Francophonie poursuivra
les travaux entrepris sur le traitement réservé aux biens et
services culturels dans les accords internationaux de commerce ; elle
encouragera la réflexion sur les différents enjeux de la diversité
culturelle et la recherche de solutions appropriées, réglementaires
ou autres, pour en soutenir l’expression ;
- organisera, en collaboration
avec l’Agence universitaire de la Francophonie, des séminaires nationaux
et régionaux, afin de procéder à des échanges
d’expériences et des études de cas à partir des inventaires
évoqués ci-dessus, en vue d’aider les Etats et gouvernements
qui le souhaitent à formuler des politiques culturelles et linguistiques
adaptées aux réalités locales, notamment économiques,
durables et bien intégrées dans leur environnement régional ;
- constituera des groupes
d’experts, en liaison avec l’Agence universitaire de la Francophonie, pour
apporter, dans les domaines de leur spécialité, un soutien aux
responsables culturels et linguistiques gouvernementaux qui en feraient
la demande.
-
Consolider le rôle de la langue française et des langues nationales
partenaires en tant que vecteurs d’expression des créateurs, de développement,
d’éducation, de formation, d’information, et de communication
au sein du monde francophone.
L’Agence
intergouvernementale de la Francophonie et l’Agence universitaire de la Francophonie,
suivant leurs champs de compétence, s’attacheront à la mise en
application des objectifs et mesures suivants :
- Concernant la langue
française :
- promouvoir, dans tous
les territoires des Etats et gouvernements où le français est
langue nationale et/ou langue officielle, le droit d’accès à
son enseignement et à sa diffusion en suscitant une amélioration
qualitative et quantitative de ces actions. Stimuler la demande sociale en
faveur de l’apprentissage et de l’usage du français là où
il est langue étrangère ;
- entreprendre, en collaboration
avec les institutions de recherche et les autres acteurs concernés,
une action concertée en faveur du développement et de l’enrichissement
du français et plus particulièrement en matière de néologie
et de terminologie, en tenant compte des différentes variétés
et des différents usages du français. Encourager l’introduction
des littératures de l’espace francophone, dans leur diversité,
dans les systèmes éducatifs; favoriser la diffusion de ces littératures,
notamment par le soutien à des réseaux de coédition ;
- réaliser, dans
le respect des autres langues à vocation internationale et en usage
dans les Etats et gouvernements membres, des actions susceptibles d’améliorer
effectivement le statut du français comme grande langue de communication
mondiale :
- en contribuant au développement
de son emploi dans les organisations internationales et dans les réunions
internationales gouvernementales et non gouvernementales, par la mise en œuvre
renforcée du plan d’urgence ;
- en favorisant son utilisation
dans les activités et les échanges économiques et commerciaux,
comme dans les activités scientifiques et techniques, notamment les
congrès et publications scientifiques et la diffusion de la recherche ;
- en multipliant et en
intensifiant les actions destinées à développer la présence
et l’utilisation du français dans les technologies de l’information.
- Concernant les langues
nationales partenaires :
Etablir à terme, eu
égard au rôle des langues nationales partenaires comme vecteurs de
développement et d’éducation, un partenariat des langues tendant
à une gestion plus harmonieuse et plus efficace des relations entre celles-ci
et la langue française sur les plans national et régional. A cet
effet, il convient de :
- apporter un soutien aux
Etats et gouvernements dans le cadre de la mise en œuvre de leur politique
des langues nationales en tant qu’éléments importants du patrimoine
culturel, soutenir, avec leur concours, le développement des langues
nationales partenaires, y compris leur usage dans un environnement numérique et
contribuer à la réalisation des objectifs des institutions spécialisées,
comme l’Académie africaine des langues de Bamako ;
- multiplier les actions
de partenariat linguistique, notamment la traduction, pour permettre la circulation,
à partir du français et vers celui-ci, des connaissances, des
idées et des produits culturels ; encourager l’accès au
plurilinguisme et la production de matériel didactique adapté ;
reconnaître comme produits culturels de l’espace francophone, les œuvres
produites en langues nationales partenaires dans les pays membres et soutenir
leur circulation;
- au sujet des langues
organisées en grandes aires linguistiques :
- mettre en œuvre les accords
de solidarité thématique allant dans le sens du respect de la
diversité linguistique, conclus par le Secrétaire général
de l’Organisation internationale de la Francophonie avec les représentants
des autres organisations ;
- s’attacher au renforcement
des liens de coopération scientifique et technique sur l’ensemble des
questions d’aménagement linguistique et d’informatisation ;
- favoriser des méthodes
et des instruments nouveaux pour l’apprentissage des langues et en particulier
l’intercompréhension ;
- développer les
échanges de connaissances en mettant en commun les expertises
et les ressources sur les différents supports et en créant des
portails et des sites multilingues, notamment dans le domaine culturel ;
- renforcer la traduction
dans les langues respectives.
- Améliorer
l’accès des créateurs, artistes, producteurs
et éditeurs de la Francophonie aux marchés internationaux et
la protection de leurs droits.
L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie :
- poursuivra son soutien
à la présence des cultures et produits culturels francophones
dans les grandes manifestations internationales, et plus particulièrement
celles qui ont le meilleur effet structurant sur les marchés. Elle
soutiendra également les initiatives qui, dans un cadre régional
ou sous- régional, développent des effets multiplicateurs significatifs,
en matière de formation, de production et
de circulation, producteurs, éditeurs et distributeurs, ainsi que des
créateurs, des artistes, et de leurs œuvres ;
- soutiendra la consolidation
et la création
de banques d’information accessibles à tous publics, notamment aux
investisseurs et aux professionnels de la culture, sur
les artistes, les créateurs, les producteurs, les éditeurs et
les distributeurs, ainsi que sur les œuvres et
les manifestations culturelles de l’espace francophone accessibles à
tous publics, notamment aux investisseurs et
aux professionnels de la culture ;
- veillera, en s’appuyant
prioritairement sur les banques d’information déjà existantes
à rendre accessibles aux acheteurs du marché international des
données numériques sur
les œuvres audiovisuelles
du Sud et sur les entreprises propriétaires des droits ;
- afin d’améliorer
la circulation des créateurs, artistes, producteurs, éditeurs, diffuseurs
impliqués dans la mise en œuvre des activités de la Francophonie,
étudiera, en concertation avec les Etats et gouvernements concernés,
un dispositif susceptible de faciliter l’instruction des demandes de visas.
Afin d’aider les demandeurs dans leurs démarches, l’Agence intergouvernementale
de la Francophonie élaborera et mettra régulièrement
à jour un guide des procédures d’obtention des visas et, plus
largement, d’organisation des tournées dans l’ensemble des pays de
la Francophonie et des procédures administratives d’admission temporaire
des œuvres et des matériels culturels ;
- contribuera à
sensibiliser les Etats et gouvernements à la mise en place et la consolidation
d’un environnement juridique apte à garantir les droits des créateurs,
artistes, producteurs, éditeurs, diffuseurs d’œuvres culturelles et
soutiendra la mise en place des structures de défense et de promotion
de ces droits.
- Développer
les industries culturelles, les technologies de l’information et les médias
audiovisuels.
- Concernant les industries
culturelles
L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie :
- dans le cadre de séminaires
régionaux, étudiera les perspectives de regroupements industriels
régionaux (production, distribution et capitalisation) susceptibles
de donner une échelle suffisante aux entreprises concernées
en privilégiant celles aux contenus mettant en évidence la diversité
culturelle dans l’espace francophone ;
- concentrera les interventions
du Fonds de garantie bancaire pour
les industries culturelles sur les entreprises et les projets les plus aptes
à produire des effets multiplicateurs significatifs ;
- appuiera les Etats et
gouvernements qui le souhaitent dans la conception et la mise en œuvre d’une
politique du livre et de la lecture et de développement d’une industrie
nationale et/ou régionale de l’édition, particulièrement
pour les manuels scolaires.
- Concernant les technologies
de l’information
Les opérateurs
de la Francophonie, suivant leurs champs de compétence, s’attacheront
à la mise en œuvre des mesures suivantes :
- mettre les technologies
de l’information au service du développement durable et de
l’amélioration
de la qualité de vie en appuyant le renforcement des capacités
d’action des Etats et gouvernements et de la société civile,
et en favorisant
l’appropriation
des applications technologiques selon quatre axes prioritaires : cadre
juridique et réglementaire, infrastructures et accès, formation
et capital humain, contenu et services ;
- mettre en commun les
moyens, les projets et les compétences nécessaires à
l’insertion de la Francophonie dans la Société de l’information,
rechercher
des partenariats
publics (opérateurs francophones,
organisations internationales,
gouvernements, etc.), privés et avec la société civile
en vue du développement de projets majeurs favorisant l’accès
des populations des pays francophones aux technologies de l’information ;
- accentuer
le déploiement
et le maillage de communautés virtuelles multilingues
et d’espaces collectifs
d’accès à Internet, particulièrement en milieu rural,
en enrichissant et en élargissant les réseaux francophones existants
de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (Points d’accès
à Internet pour la jeunesse (PAJE), Laboratoires de formation aux technologies
de l’information, Programme de mobilité des Jeunes (PMJ), Centres de
lecture et d’animation culturelle (CLAC) et radios rurales) et de l’Agence
universitaire de la Francophonie (Campus numériques et Centres
d’accès à l’Information) ;
- collaborer
avec d’autres partenaires
techniques et financiers, à l’élaboration et à la mise
en œuvre de plans de développement des technologies associant les pouvoirs
publics, la société civile et les entreprises ;
- continuer
de soutenir activement
la présence d’experts francophones dans les instances internationales
de régulation et de gouvernance d’Internet, notamment dans les instances
responsables de la normalisation et du développement d’outils multilingues
(logiciels, moteurs de recherche, adresses Internet,...) ;
- contribuer
au développement
d’une fonction de veille sur la société de l’information en
s’appuyant sur les réseaux d’expertise existants et agir comme catalyseur
des convergences francophones dans les concertations internationales, notamment
en vue du Sommet mondial de la Société de l’information en 2003 ;
- renforcer, en collaboration
avec les associations locales, les experts
et les organisations
internationales compétentes, les actions de formation à la gestion
de réseaux de logiciels à codes sources
libres, à
l’administration de systèmes et à la création de contenus
;
- favoriser, par le Fonds
francophone des inforoutes,
la création de contenus et les projets multilatéraux démontrant
une véritable dynamique d’échange et de partage entre partenaires
francophones en termes de répartition des tâches et des ressources,
et
placer au rang de
priorité la promotion de la diversité culturelle lors de l’examen
et de la sélection des projets reçus à chaque appel à
propositions du Fonds.
L’Agence
intergouvernementale de la Francophonie,
- face aux contraintes
nouvelles imposées par l’évolution rapide des paysages audiovisuels
nationaux, régionaux et internationaux (apparition de chaînes
privées, de diffuseurs transnationaux, cohabitation de technologies
de diffusion analogiques et numériques, cohabitation de producteurs
de contenus publics et privés...), assistera les Etats et gouvernements
qui le souhaitent dans la définition de politiques pour gérer
la diversité de l’offre audiovisuelle, maîtriser le développement
de l’offre audiovisuelle d’origine locale
et préserver
l’exercice des missions de service public, particulièrement en ce qui
concerne la place accordée aux expressions culturelles et linguistiques ;
- apportera une assistance
au développement des instances nationales de régulation de l’audiovisuel
et de la communication, à leur mise en réseau et au renforcement
de leur indépendance. Elle encouragera la réflexion prospective
sur la conception de cahiers des charges permettant de préserver la
diversité des
expressions culturelles
et d’assurer le dialogue des cultures au sein de l’espace francophone ;
- poursuivra son action
en faveur du développement de la production cinématographique
et
audiovisuelle dans
les pays francophones du Sud, en privilégiant une stratégie
favorisant l’émergence et le développement d’un secteur de production
privé
capable de répondre
aux besoins actuels et futurs des canaux de diffusion. Elle accordera une
importance particulière à la définition de stratégies
de production et de programmation télévisuelle permettant aux
pays francophones du Sud de répondre aux attentes de leurs spectateurs,
notamment en matière de programmes de proximité (séries,
magazines, téléfilms) inspirés de contextes sociaux et
culturels locaux ;
- étendra son action
en faveur de la distribution et de l’exploitation des œuvres cinématographiques
et audiovisuelles des pays francophones du Sud, en soutenant leur insertion
dans des circuits de salles à même d’élargir leur audience
et de dégager des perspectives de rentabilité – même partielle
– pour les créateurs et les investisseurs indépendants. Pour
ce faire, elle travaillera particulièrement sur des outils techniques
à faible inertie – notamment numériques – capables de surmonter
les obstacles techniques, matériels et logistiques inhérents
au fonctionnement des circuits de distribution classiques ;
- développera ses
projets à caractère radiophonique (implantation de radios locales
et canal éducatif francophone). Elle veillera à faire de ces
outils des instruments respectant, valorisant et assurant la promotion de
la diversité culturelle ;
- étudiera, en collaboration
avec TV 5, la possibilité d’élargir la diversité des
canaux de télévision francophones dans l’offre satellitaire
transnationale. Cette étude tiendra compte des " bouquets "
francophones existants.
Pour sa
part, TV5 :
- mettra son expertise
à disposition des Etats et gouvernements décidés à
conforter sur leurs territoires respectifs, le rôle de la chaîne
multilatérale en tant que vitrine francophone de la diversité
culturelle dans le monde, tant en encourageant sa diffusion sur les réseaux
existants (câbles, MMDS, hertzien ou plates-formes satellitaires) qu'en
facilitant sa réception dans des espaces collectifs.
- continuera, dans sa programmation,
à veiller au respect et à la promotion de la diversité
culturelle de la Francophonie, que ce soit en matière d’information,
de magazines et produits documentaires ou de programmes de fiction, en tenant
compte, dans la mesure du possible, de l’équilibre de la grille des
émissions, de la zone de réception, des attentes du public et
de sa composition (jeunes, femmes… ).
-
Instaurer une concertation permanente élargie aux acteurs culturels
de la société civile et du secteur privé.
La vaste
consultation des milieux culturels menée dans le cadre de la préparation
de la présente conférence a mis en lumière la nécessité
d’un lien permanent de concertation qui reflète la diversité des
intervenants opérationnels en matière culturelle. Afin de maintenir
ce dialogue et de faire des propositions pertinentes au regard des enjeux culturels
d’aujourd’hui, le Secrétaire général de l'Organisation
internationale de la Francophonie, en s'appuyant sur l'Agence intergouvernementale,
mettra en place un dispositif de concertation rassemblant effectivement des
représentants des pouvoirs publics, de la société civile,
du secteur privé, des artistes et créateurs ainsi que des organisations
représentatives des grandes aires linguistiques partenaires de la Francophonie
et des organisations internationales compétentes. L’Agence intergouvernementale
de la Francophonie proposera à ses instances un mode de fonctionnement
de ce forum d’actualisation permanente des problématiques culturelles.