| Nations Unies |
E/CN.17/2002/PC.2/6/Add.6 |
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![]() |
Conseil économique et social |
Distr.
générale Français |
Commission
du développement durable constituée
en comité préparatoire du Sommet mondial
pour le développement durable
Deuxième
session préparatoire
28
janvier-8 février 2002
Deuxième session de la Commission du développement durable constituée
en comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement
durable
dialogue multipartite
Note du Secrétaire général
Additif
Document de concertation émanant des travailleurs et des syndicats*
* Document établi par
la Confédération internationale des syndicats libres invités
par le secrétariat du Sommet mondial pour le développement durable
en tant que partenaire organisateur du dialogue multipartite pour le compte
des travailleurs et des syndicats. Il a été élaboré
en consultation avec les syndicats du monde entier et coordonné par la
Confédération internationale des syndicats libres par lintermédiaire
du Conseil consultatif syndical auprès de lOrganisation de coopération
et de développement économiques. Les vues et opinions exprimées
ne reflètent pas nécessairement celles de lOrganisation
des Nations Unies.
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Introduction pour une nouvelle donne*
1/ Le Sommet mondial pour le développement durable est le couronnement dun vaste processus auquel participent toutes les nations et les grands groupes affiliés au programme Action 21. Il vise à forger de nouveaux partenariats pour la deuxième décennie dAction 21. Les travailleurs et les syndicats ont joué un rôle important dans le développement durable depuis la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement tenue à Rio de Janeiro en 1992. Sous la conduite de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), de la Commission syndicale consultative (TUAC) auprès de lOrganisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et des Secrétariats professionnels internationaux, ils ont pris part aux sessions de la Commission du développement durable, de lOCDE, de lOrganisation des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture (FAO), de lOrganisation mondiale de la santé (OMS), de lOrganisation mondiale du commerce (OMC), de lOrganisation internationale du Travail (OIT) et du Programme des Nations Unies pour lenvironnement (PNUE), ainsi quà de nombreuses autres réunions.
* Le présent document résume lexpérience des syndicats depuis la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement tenue en 1992 et formule des recommandations à lintention du Sommet mondial pour le développement durable, notamment en ce qui concerne le chapitre 29 dAction 21. Du fait que laction des syndicats concerne dautres groupes et questions, le rapport se réfère également à dautres chapitres dAction 21, concernant notamment les femmes (chap. 24), les enfants et les jeunes (chap. 25), la santé et les gouvernements et collectivités locales (chap. 6, 27 et 28), leau (chap. 18), les forêts (chap. 11), les substances chimiques et les déchets (chap. 19, 20, 21 et 22), lagriculture (chap. 32) et léducation et la science (chap. 35 et 36). Le texte intégral du document est disponible à ladresse <http://www.tuac.org/statemen/communiq/WSSDBooklet01NovE.pdf>.
2/ Les syndicats proposent que les questions prioritaires ci-après fassent lobjet dun examen au Sommet mondial pour le développement durable :
Élimination de la pauvreté, clef de la dimension sociale du développement durable;
Travail décent, facteur essentiel de la dimension sociale, assorti de programmes appropriés;
Participation des travailleurs pour que lévaluation des lieux de travail, les indicateurs et les partenariats fassent partie de la transition vers un développement durable et pour quil soit tenu compte des normes fondamentales du travail de lOIT;
Accords entre les employeurs et les travailleurs fondés sur des modèles de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, y compris des conventions collectives et des accords-cadres;
Accords volontaires visant à favoriser la collaboration sur le lieu du travail;
Modifications des modes de consommation personnelle grâce à léducation et à laction sur les lieux de travail;
Mesures visant à remédier aux effets de la mondialisation et de la libéralisation;
Renforcement du contrôle et de la gestion par les pouvoirs publics des terres, de leau, des ressources, et des services publics de distribution vitaux, un rôle essentiel étant réservé aux administrations locales et aux groupes concernés de la société civile;
Priorité au VIH/sida par une intégration de la santé publique avec la santé et la sécurité des travailleurs;
Alimentation et agriculture, considérées sous langle « du producteur au consommateur » laccent étant mis sur les travailleurs agricoles;
Innovation technologique et transfert des techniques pour favoriser le travail décent et le renforcement des capacités;
Systèmes énergétiques viables, liés à une action décisive sur le changement climatique;
Modes de transport assurant un accès équitable et une utilisation viable de lénergie et des terres et tenant compte des impératifs de la planification communautaire;
Modes touristiques à accès équitable pour protéger le milieu naturel et lenvironnement social;
Gestion des forêts et des terres qui assure la protection de lenvironnement et la viabilité économique, selon des pratiques tenant compte des intérêts de la collectivité;
Harmonisation et utilisation sans danger des substances chimiques en appliquant le principe de la précaution;
Attention aux questions liées aux rôles respectifs des hommes et des femmes et à lâge, laccent étant mis sur lélimination de la pauvreté;
Élimination du travail des enfants et de lexploitation des autres groupes vulnérables.
A. La dimension sociale au coeur de la « nouvelle donne »*
3/ Depuis la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et le développement, les syndicats ont formulé une position sur le développement durable sur la base de la recherche, de linteraction avec les membres et les employeurs et du débat public. Cette position est caractérisée par la priorité quils ont clairement accordée à la dimension sociale et, en particulier, à la qualité du travail en tant que facteur essentiel pour éliminer la pauvreté et donner effet aux autres priorités du développement durable.
4/ Importance de la dimension sociale. Le principe premier de la Déclaration de Rio dispose que « les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable ». Toutefois, si des progrès ont été accomplis depuis la Conférence de Rio pour ce qui est dintégrer lenvironnement à léconomie, lintégration de la dimension sociale na pas eu lieu. Il faudra absolument remédier à cette situation au Sommet mondial, le développement durable nétant possible que dans un monde où on pourra tous mener une vie décente et productive et travailler dans de bonnes conditions (29.1). On doit chercher à résoudre le problème de la pauvreté (principe 5) en formulant des stratégies qui sattaquent aux causes profondes et qui favorisent notamment la redistribution du patrimoine, un travail décent et utile (29.2), et la participation aux affaires publiques et à la prise de décisions. Le Sommet mondial pour la développement durable doit inscrire la dimension sociale au coeur de son programme. La volonté des travailleurs et des collectivités de prendre part à laction menée aux niveaux local, national et international pour changer les modes de production et de consommation dépendra de la capacité des gouvernements nationaux et des partenaires sociaux de parvenir à un accord sur un certain nombre de questions, notamment lélimination de la pauvreté grâce à un travail décent; laccès aux ressources et services de base; la sécurité des moyens de subsistance garantie par des programmes de transition appropriés notamment en ce qui concerne lemploi et la protection sociale; et lapplication des normes du travail.
5/ Reconnaître lemploi comme facteur essentiel de la dimension sociale. La création demplois décents constitue un facteur essentiel et non pas secondaire de la dimension sociale du développement durable, notamment en ce qui concerne lélimination de la pauvreté à laquelle est accordée une grande importance (chapitre 3). Pour la majorité de la population mondiale, lemploi et le revenu qui en est tiré constituent le principal moyen davoir accès aux biens et services essentiels et de participer à la vie économique et sociale. La capacité dexercer un emploi décent doit donc constituer un objectif central de toute stratégie. Cela appelle lattention sur les problèmes en matière demploi liés aux disparités entre les sexes et à lâge, qui constituent un facteur de pauvreté dont les effets peuvent être attribués à la discrimination dont ces groupes sont victimes. La « féminisation de la pauvreté » au cours des 10 dernières années par exemple est due essentiellement au nombre croissant de femmes qui exercent une emploi mal rémunéré et marginalisé (24.2). Les participants au Sommet mondial pour le développement durable doivent insister quil importe que le développement soit mesuré par rapport aux indicateurs de lemploi et dautres indicateurs sociaux, et en particulier les mesures de transition concernant lemploi et la protection sociale.
6/ Promouvoir le droit à la sécurité des travailleurs et des collectivités. La sécurité socioéconomique pour tous est un préalable au développement durable. Laggravation de la pauvreté, les mauvaises conditions de travail, le mauvais état de santé, la faiblesse des revenus et lexclusion sociale constatés depuis Rio doivent être inversés (chapitre 3). La nouvelle donne doit encourager les gouvernements à réduire le chômage, à sattaquer à linégalité sociale, à faciliter lajustement aux réformes économiques, à assurer des pensions suffisantes et à prendre dautres mesures pour préserver les normes du travail et les conditions de vie dans le contexte de la mondialisation. Les politiques de « sécurité humaine », qui sont importantes en elles-mêmes, favoriseront le consensus pour le changement en assurant aux travailleurs des moyens dexistence ininterrompus grâce à des programmes de transition en matière demploi (29B).
7/ Prendre des mesures décisives sur les normes fondamentales du travail. Une nouvelle donne pour le développement durable nest possible que si les droits et la dignité du travail sont respectés. À cette fin, les participants au Sommet mondial pour le développement durable doivent encourager linstauration de nouvelles formes de coopération pour les questions concernant le lieu de travail entre lOIT, lOMC et dautres organismes qui sont devenus influents depuis la Conférence de Rio. On doit faire pleinement usage de la structure tripartite de lOIT pour traiter des questions concernant le commerce et le travail ainsi que de ses conventions sur les questions et les normes fondamentales du travail touchant les enfants, les femmes et les groupes minoritaires.
8/ Mettre au point des outils efficaces pour mesurer et intégrer la dimension sociale. Des évaluations du cadre socioprofessionnel intégrées aux évaluations socioéconomiques constituent une condition préalable à la gestion durable du lieu de travail (principe 17). Elles peuvent orienter les programmes de transition en matière demploi et de protection sociale et proposer des modèles théoriques capables dévaluer les incidences sur la vie réelle par rapport aux indicateurs sociaux, le tout se fondant sur des activités de recherche et des analyses crédibles. Depuis la Conférence de Rio, on a multiplié les initiatives pour définir et mesurer la dimension sociale mais des indicateurs acceptables nont toujours pas été établis pour permettre deffectuer des études crédibles consacrées à la dimension sociale et en particulier aux questions de lemploi. Les participants au Sommet mondial pour le développement durable doivent encourager la participation des syndicats et de leurs partenaires sociaux à la formulation dindicateurs sociaux appropriés qui se prêteraient à une intégration avec ceux de la dimension économie et environnement (chapitre 40). Ces dispositions doivent faire partie des procédures de présentation des rapports nationaux.
* Note :
Les notes figurant entre parenthèses dans le texte ci-après se
rapportent aux chapitres ou paragraphes du programme Action 21 adopté
à la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement et
le développement.
B. Pour une lecture du programme Action 21 et une nouvelle donne axées sur le lieu de travail
9/ En tant que centres de production et de consommation, les lieux du travail doivent occuper une place de choix dans les stratégies de développement durable (29.1). La longue expérience que les travailleurs et les syndicats ont acquise dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail a montré que lengagement des travailleurs est une condition defficacité. Lacceptation des optiques fondées sur le lieu de travail et, en particulier, ladaptation des modèles concernant la sécurité et la santé au travail et la protection de lenvironnement passent par la coopération pleine et entière de toutes les parties concernées sur le plan professionnel, y compris les employeurs. Ces modèles ne peuvent toutefois être étendus au développement durable que si les travailleurs constatent nettement quil est tenu compte de leurs préoccupations, en particulier des questions concernant lemploi et la pauvreté. Les participants au Sommet mondial pour le développement durable doivent par conséquent prendre les mesures ci-après.
10/ Renforcer les instruments à caractère participatif mis au point pour éviter les accidents de travail et les maladies professionnelles. La santé, la sécurité et le bien-être au travail ont toujours été un baromètre des conditions de travail, de la qualité de vie et de la santé publique. Depuis la Conférence de Rio, les syndicats ont travaillé avec les employeurs et les gouvernements pour adapter les comités communs syndicats-patronat soccupant de la santé et de la sécurité afin que ces organes puissent examiner les questions relatives à lenvironnement (29.7). Lenvironnement fait maintenant son apparition dans léducation syndicale (29.3e), dans les structures des comités et au sein de différentes institutions. Les participants au Sommet mondial pour le développement durable devraient prendre note des accords intervenus aux réunions préparatoires visant à faire de la santé et de la sécurité au travail un objectif de développement durable, notamment de la recommandation qui figure dans les rapports des groupes de personnalités dEurope et dans la Déclaration ministérielle de lOMS de 1999 tendant à ce que les politiques de santé et de sécurité prennent en considération les préoccupations dordre environnemental. Ils doivent également encourager une meilleure formation des spécialistes de la santé et de la sécurité, des employeurs et des représentants des travailleurs au développement durable et inciter les gouvernements à adopter les principes directeurs de lOIT concernant les systèmes de gestion de la sécurité et de la santé au travail et à ratifier les instruments concernant laccès à linformation, par exemple la Convention dAarhus sur laccès à linformation, la participation du public au processus décisionnel et laccès à la justice en matière denvironnement.
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En République tchèque, dans le cadre du programme de formation des formateurs du Syndicat de travailleurs des mines, de la géologie et de lindustrie pétrolière des activités de sensibilisation sont menées au sein de la collectivité. En Roumanie, la Fraternité-Confédération nationale des syndicats libres (CNSLR-FRATIA) sest jointe à une large coalition locale pour réduire la pollution. Au Bangladesh, au Japon, en Mongolie, au Pakistan et aux Philippines, la Fondation internationale du travail (Japon) a parrainé des programmes de formation sur la santé et la sécurité au travail organisés à lintention de milliers de travailleurs en assurant la formation des formateurs. |
11/ Promouvoir les partenariats entre le lieu de travail et la collectivité. Le niveau dintégration nécessaire pour assurer le développement harmonieux du lieu de travail exige la coopération de toutes les parties, notamment des travailleurs, des employeurs et des gouvernements. La Table ronde des personnalités pour lEurope et lAmérique du Nord en juin 2001 a conclu que de nouvelles initiatives sont nécessaires pour assurer la viabilité du lieu de travail en encourageant les accords sur lenvironnement ou dautres mécanismes de partenariat entre les employeurs et les représentants des travailleurs (29.5).
12/ Encourager la mise au point dindicateurs de changement sur le lieu de travail. Lattention à accorder au lieu de travail comme moteur du développement durable exige la mise au point dindicateurs appropriés, comme la commencé le Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV/OIT). Les participants au Sommet mondial pour le développement durable devraient encourager la création dindicateurs « lieu de travail » qui reconnaissent limportance des formes participatives de prise de décisions et sont liés directement aux objectifs nationaux ou internationaux assortis de calendriers précis (29.5).
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LAccord national tripartite sur le benzène négocié au Brésil par les syndicats, le Gouvernement et les employeurs constitue un modèle daccord volontaire au niveau national. |
13/ Reconnaître le rôle de lévaluation du lieu de travail et de la définition des objectifs (29B). Les évaluations du lieu de travail permettent aux travailleurs, aux syndicats et aux employeurs didentifier les pratiques non viables, de fixer des objectifs, daméliorer le rendement, de procéder au contrôle et détablir des rapports en ce qui concerne :
a) Les conventions collectives et dautres instruments régissant les relations entre les partenaires sociaux;
b) Les systèmes de gestion de lenvironnement du lieu de travail [production moins polluante, Organisation internationale de normalisation (ISO) et Système communautaire de management environnemental et daudit (EMAS)];
c) Instruments nationaux/internationaux relatifs à la santé et à la sécurité au travail (conventions de lOIT);
d) Comptabilité et vérification interne ou externe;
e) Réglementation gouvernementale et accords volontaires;
f) Programme décoefficacité du secteur privé.
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Les syndicats russes et norvégiens coopèrent dans la région de Barents pour offrir une formation et une expérience professionnelles aux travailleurs, ingénieurs et conseillers russes dans les domaines suivants : technologies de production moins polluantes, réduction des déchets, conservation de lénergie et processus écologiques rationnels. |
14/ Réaffirmer la nécessité dune réglementation rigoureuse du lieu de travail. Les syndicats veulent que lÉtat intervienne davantage, et non pas moins, pour compléter les droits acquis dans le cadre des négociations collectives. Les lois régissant la rémunération, le temps de travail, la santé et la sécurité et les droits de lhomme ont pour effet de libérer le travail humain de la concurrence. Malheureusement, depuis la Conférence de Rio, des modèles de développement se réclamant de la « mondialisation » ont inversé certains de ces acquis et le « déficit de démocratie » sest aggravé. La privatisation de domaines vitaux du secteur public et la prolifération des ateliers où règnent des conditions de travail déplorables et des zones de traitement des exportations, ainsi que la déréglementation ou laffaiblissement des institutions de réglementation ont également fragilisé la dimension sociale. Les participants au Sommet mondial pour le développement durable doivent encourager lexistence dun secteur public robuste, ainsi que de régimes de réglementation garantissant les droits minimaux des travailleurs sur le lieu de travail et accorder la priorité à la démocratisation de la prise de décisions (29B).
15/Compter davantage sur les conventions collectives pour réaliser les objectifs du Sommet mondial pour le développement durable. Lune des fonctions principales des syndicats est de négocier les règles de gestion commune du lieu de travail au moyen de conventions collectives, cest-à-dire de contrats légaux entre employeurs (ou associations patronales) et syndicats libres (en tant quagents de négociation pour des groupes de travailleurs) qui régissent les conditions demploi. Il existe environ 2,2 millions de conventions de ce type dans le monde aujourdhui et de nombreux exemples daccords « verts » ou de « viabilité » ont été conclus depuis la Conférence de Rio (29,3c) et sont de plus en plus intégrés à des modèles de pratiques optimales pour des lieux de travail viables. Il sagit notamment daccords conclus à léchelle des entreprises et daccords sectoriels préconisant la création de comités communs pour les questions relatives à la santé, la sécurité et lenvironnement, de comités dentreprise et la désignation de représentants pour les questions de sécurité (et lenvironnement) ainsi que lorganisation dactivités déducation, de formation et déchange dinformations (29C). En outre, des accords-cadres ont commencé à dépasser les frontières nationales, ce qui témoigne de la capacité des syndicats de représenter les travailleurs et le patronat au-delà des frontières et des secteurs. Les participants au Sommet mondial pour le développement durable devraient noter que la convention collective est très sensible aux caractéristiques particulières des lieux de travail, des parties et des contextes professionnels et permet dapporter à des problèmes qui sont typiquement complexes des solutions novatrices, axées sur la coopération et résolument tournées vers lavenir. De même, ils devraient encourager un réexamen des accords volontaires en matière de développement durable, des centaines daccords, de codes de conduite, de codes de responsabilité des sociétés et autres accords de ce type ayant été signés et appliqués aux niveaux sectoriel et international. Ces accords doivent être complétés par des systèmes de réglementation dynamiques, sur la base des normes et leur application doit faire lobjet dune vérification multipartite et de rapports et être soumise à des critères dévaluation et à des politiques appropriées de développement technologique. Les activités concernant lInitiative mondiale sur les rapports de performance et lInitiative relative au Pacte mondial devraient être reliées aux directives révisées de lOCDE sur les entreprises multinationales.
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Les syndicats italiens participent à un accord multipartite pour protéger la Méditerranée en élargissant les mesures de sécurité que doivent prendre les navires transportant des marchandises dangereuses.
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| <http://www.tuac.org/statemen/communiq/Anewdealannexe.htm> |
C. De la vie professionnelle à la vie privée
16/ Les efforts pour modifier les modes de consommation non viables peuvent être grandement renforcés par le biais de programmes se déroulant sur le lieu de travail et destinés à faire des travailleurs et des employés des consommateurs plus responsables deau, dénergie, dautres ressources et de services comme les transports (29.6). Outre limpact direct sur la rentabilité industrielle, ce type de programmes a un effet de diffusion sur les modes de consommation domestique des participants et de leurs familles.
17/ Promouvoir des modes de consommation personnels et domestiques viables. Une forte progression des comportements de consommation responsables (4.1) peut être obtenue en reliant les actions menées sur le lieu de travail à celles dinformation et de commercialisation, et en sadressant aux employés à la fois comme à des travailleurs et des consommateurs. Depuis la Conférence de Rio, les syndicats ont encouragé un certain nombre de programmes stratégiques visant à influer sur lachat des ressources, des biens ou des services par le biais de labels attribués par les consommateurs, sous réserve de lexistence dun mode de gestion répondant aux normes en matière de travail et de droits de lhomme, facilitant la participation des travailleurs et satisfaisant aux critères de santé, de sécurité et denvironnement professionnels (29.7). Ces modes de gestion doivent en outre respecter les règles en matière de vérification honnête et daccords volontaires. Le Sommet mondial pour le développement durable doit encourager les campagnes de sensibilisation du public sur le lieu de travail dans les domaines de léducation, de lécoétiquetage, des accords volontaires et des réglementations qui favorisent des modes de consommation durables. Les différences entre pays en développement et pays industrialisés en matière daccès aux biens et services peuvent constituer une priorité dans un cas, alors que dans un autre, le problème se situera au niveau de la surconsommation.
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Les syndicats participent à une vaste campagne au sein de la population de Zaragoza (Espagne) visant à montrer que des économies deau sont possibles. Fundación Ecología y Desarrollo, Zaragoza : une ville où lon économise leau, 2000.
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| <http://www.tuac.org/statemen/communiq/Anewdealannexe.htm> |
18/ Concevoir des stratégies de sensibilisation du public à destination des travailleurs en liaison avec léducation formelle et informelle. En matière de développement durable, la nouvelle donne implique ladoption dune approche de la formation et de léducation des travailleurs qui encourage de nouvelles démarches de sensibilisation et de renforcement des capacités menées sur le lieu de travail et portant sur des modes de comportement que les travailleurs et les employés soient susceptibles de transposer dans leurs communautés, afin quen tant que citoyens et électeurs, ils aient une influence maximale. Le Sommet mondial pour le développement durable devrait attirer lattention sur le rôle que les moyens dinformation publics et autres organismes dans ce domaine (chapitre 36) peuvent jouer pour favoriser la compréhension du développement durable. Les établissements déducation formelle peuvent aisément venir compléter les efforts des syndicats et les autres initiatives denseignement informel et lon peut faire appel aux journalistes et aux éducateurs pour mettre au point les formes artistiques denseignement (par la musique et le théâtre, par exemple) qui attirent toutes les couches de la société.
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Le réseau World Harmony Network for Sustainable Development réunit des artistes, des musiciens, des chorales et des orchestres soucieux de promouvoir la musique et dautres formes artistiques comme moyens de réalisation des objectifs dAction 21.
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| < http://www.tuac.org/statemen/communiq/Anewdealannexe.htm> |
D. Les priorités spécifiques des syndicats pour une nouvelle donne
19/ Les années de blocage intergouvernemental concernant Action 21 exigent quau Sommet mondial pour le développement durable on se penche sérieusement sur la volonté et la capacité des gouvernements à se mettre au service des intérêts des citoyens dont lavenir est en jeu. Après une décennie de mondialisation et de croissance du marché rapides, il est temps que les gouvernements du monde entier sefforcent à nouveau de poursuivre lobjectif dun plus grand bien public, où celui-ci est applicable aux domaines tels que les services publics, la planification sociale et laménagement du territoire, lutilisation des ressources, la santé publique et professionnelle et le rôle de la réglementation et de la répression. Certes, ces priorités peuvent répondre parfois à des menaces ou des risques spécifiques, mais elles touchent également à des préoccupations partagées par des secteurs entiers intéressant dautres activités, groupes de travailleurs et communautés et soulèvent un éventail dautres questions sur la viabilité qui toutes ont des conséquences économiques, sociales et environnementales claires et identifiables.
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Au Japon, la Confédération syndicale JTUC-RENGO a lancé une série de campagnes visant à assurer la liaison entre les actions en faveur du développement durable menées sur le lieu de travail et la communauté.
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| <http://www.tuac.org/statemen/communiq/Anewdealannexe.htm> |
20/ Renforcer la gestion publique des services vitaux : priorité à leau. Une direction représentative forte et active constitue un élément essentiel de la dimension sociale du développement durable. Depuis 1992, la généralisation des privatisations et de la déréglementation a fait quune large part du contrôle se trouve maintenant entre les mains du secteur privé. Les gouvernements se sont éloignés de la vie quotidienne de la population et de lintérêt public, ce qui, pour les populations à plus faible revenu, présente des conséquences particulièrement marquées. Si limpact de ces changements est évident dans tous les domaines, il est particulièrement important dans le cas de leau, dans la mesure où laccès à une eau propre, sûre et saine et aux services sanitaires que ceci implique, constitue à la fois un des droits fondamentaux de lhomme, un bien pour le public et un facteur clef pour notre environnement naturel (chapitre 18). Dans un nombre croissant de cas, linsuffisance des investissements combinée à des politiques favorisant la libéralisation encouragée par les institutions financières internationales ont abouti à une perte du contrôle et de la confiance du public. Le Sommet mondial pour le développement durable devra attirer lattention sur les conséquences sociales de linadéquation de laccès à leau en général et pour certains groupes spécifiques, et préciser les autres options possibles, en se penchant particulièrement sur le rôle des femmes. Ceci implique des évaluations des impacts sociaux, des indicateurs concernant les lieux dactivité professionnelle, les procédures nationales de notification et dautres instruments destinés à veiller à mettre en oeuvre la dimension sociale dune politique durable de leau, qui prévoit notamment un accès équitable et tienne compte des conséquences du changement sur lemploi et les revenus. De façon générale, il faudrait encourager les politiques qui accordent à laccès, luniversalité, la continuité et labordabilité des services publics fondamentaux la priorité sur les considérations juridiques, financières et commerciales. De même, il convient de sintéresser aux possibilités quoffrent sur les lieux de travail pour recenser et résoudre les problèmes et questions touchant à ces aspects (29.11). Lobjectif doit être dintégrer la protection de lenvironnement et le développement économique, de façon à éliminer la pauvreté et veiller à un accès égal, notamment des groupes les plus vulnérables et marginalisés de la société. Concernant les services publics, une telle nouvelle donne est possible, pour autant que les gouvernements reprennent le contrôle de leurs propres priorités nationales.
21/ Accorder la priorité à la prise de décisions et laction au plan local. Si les syndicats agissent au niveau national et international, leurs préoccupations principales se situent au niveau local et cest pourquoi ils ont participé à un certain nombre dactivités locales inspirées dAction 21 (28.2) lancées et coordonnées par des collectivités locales. La coopération et la prise de décisions multipartite au niveau local se sont avérées constituer un moyen des plus efficaces pour mettre en oeuvre des actions concrètes en faveur du développement durable et, en particulier, dans le domaine de la pauvreté, des droits de lhomme et des modes de vie. Les autorités locales sont bien placées pour engager de telles initiatives avec laide des syndicats et dautres organisations locales. Le Sommet mondial pour le développement durable devra mettre en avant le rôle des mesures locales de mise en oeuvre dAction 21 qui permettent dassurer la liaison entre les lieux de travail et les communautés, dune part, et les objectifs locaux et internationaux, dautre part. Lorsquelles sintègrent dans les objectifs, les systèmes de notification et les activités des autorités locales, les évaluations menées sur les lieux de travail peuvent servir de base pour former et éduquer toutes les parties prenantes à la mise en oeuvre du changement.
22/ Relier
la santé publique et les mesures de santé et de sécurité
sur le lieu de travail. Malgré les améliorations apportées
en matière de santé, les lieux de travail et les communautés
insalubres continuent à apporter leur lot de maladies, handicaps et décès.
Depuis la Conférence de Rio, les syndicats font le lien entre la réduction
de la pauvreté et la protection de la santé professionnelle et
de lenvironnement, en mettant laccent sur la prévention des
maladies et la promotion de la santé (chapitre 6). Les pays
doivent être encouragés à prendre des mesures de sauvegarde
et prévoir les déplacements demplois engendrés par
les nouvelles technologies et, notamment, la biotechnologie. Pourtant, ce genre
de programmes ne saurait être efficace que si les syndicats et dautres
groupes de la société civile participent au processus de prise
de décisions et de mise en oeuvre (29.11). Les autorités
chargées de la santé publique et les professionnels de la santé
devraient « agir en partenariat » avec les employeurs
et les syndicats dans le cadre des programmes de santé publique menés
sur les lieux de travail (chapitre 6). Des représentants
syndicaux accrédités et correctement formés et les personnels
de santé sont en effet en mesure de fournir les informations et les soins
attentifs dont les travailleurs ont besoin, surtout dans les cas de VIH/sida.
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La nouvelle Convention de lOIT sur la sécurité et la santé dans lagriculture reconnaît aux travailleurs de ce secteur les mêmes droits et le même niveau de protection juridique quaux travailleurs des autres secteurs dactivité.
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| <http://www.tuac.org.statemen/commmuniq/Anewdealannexe.htm> |
23/ Prendre des mesures durgence concernant le VIH/sida. Depuis 1992, le VIH/sida est apparu constituer sur le lieu de travail lun des problèmes les plus pressants de notre époque, puisque 23 millions de travailleurs souffrent de cette maladie (dont 17,5 millions dans seulement 43 pays africains). Le VIH/sida est un problème sur le lieu de travail, car il touche principalement des personnes qui se trouvent au début de leur vie professionnelle et le lieu de travail est un endroit tout indiqué pour des programmes conjoints travailleurs-syndicats-employeurs de prévention et de soins du sida. Laccent a surtout porté sur la prévention par linformation, léducation et laide aux changements de comportement, mais il convient de prêter également attention aux droits fondamentaux de lhomme et du travailleur, car ceux qui sont atteints par le VIH/sida sont souvent lobjet de discrimination et autres violations de leurs droits. Le Sommet mondial pour le développement durable doit encourager les gouvernements, les syndicats et les autres parties prenantes, dune part, à agir durgence pour promouvoir le projet de recueil de directives pratiques du BIT sur le VIH/sida et le monde du travail qui offre des orientations générales pour faire face à limpact de cette maladie sur le lieu de travail, orientations basées sur les normes internationales du travail et traitant des tests, de la détection et de la confidentialité, et, dautre part, à apporter leur soutien au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria, afin de financer les réponses urgentes à donner à lépidémie.
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LOrganisation régionale africaine (AFRO) de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a lancé un plan quinquennal sur le sida mettant laccent sur les travailleurs des secteurs des transports routiers et maritimes, de lextraction minière, de lagriculture, des plantations, du commerce, et de lhôtellerie (Afrique subsaharienne). LInternationale des services publics (ISP) et la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) ont également lancé des projets fondés sur la conviction que les syndicats peuvent assurer un traitement plus adapté des travailleurs confrontés à la maladie.
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| <http://www.tuac.org.statemen/communiq.Anewdealannexe.htm> |
24/ Des mesures doivent être prises pour :
a) Sensibiliser les employeurs et les travailleurs;
b) Appuyer les efforts communs des employeurs et des syndicats pour mettre en oeuvre le Recueil de directives du BIT;
c) Échanger, entre employeurs et syndicats, les expériences, informations et matériels;
d) Renforcer la capacité des syndicats à élaborer des programmes sur le VIH/sida;
e) Élaborer des accords et des programmes concernant le lieu de travail;
f) Fournir du matériel et assurer des formations sur le VIH/sida en vue de former des éducateurs pour les pairs;
g) Veiller à ce que les politiques, linformation, léducation et la formation prêtent attention aux différences de traitement entre les sexes;
h) Encourager une recherche ciblée sur limpact du VIH/sida dans les domaines social et de lemploi.
25/ « Du producteur au consommateur » : une approche de la nourriture, de lagriculture, de la santé publique et de la nutrition à promouvoir (chapitre 14). Lautosuffisance alimentaire nationale et régionale doit constituer un des objectifs du Sommet mondial pour le développement durable (voir Déclaration mondiale et Plan daction pour la nutrition, OMS/FAO 1992). Les programmes de nutrition se déroulant sur le lieu de travail peuvent se concentrer sur des priorités telles que : la santé et le bien-être individuel des travailleurs; les altérations de la santé et lalimentation pour les fonctions liées au travail pour les travailleurs jeunes, vieillissant et les femmes; lalcoolisme, la toxicomanie, la dépendance à la caféine, au sucre, au tabac et aux produits pharmaceutiques et la consommation de légumes, de fruits, de produits verts sous forme de feuilles, etc. La consommation peut également être liée à la production alimentaire, exemple : acheter des aliments aux producteurs qui respectent les normes de sécurité et du travail. Le Sommet mondial pour le développement durable devra mettre laccent sur les changements dans lagriculture portant sur les modifications des modes de consommation et, en particulier, les objectifs poursuivis par lindustrie (aliments destinés à la consommation de masse) comme, par exemple, le lancement dun programme dattribution de labels par les consommateurs.
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LUnion internationale des travailleurs de lalimentation et des branches connexes (UITA) collabore avec des sociétés de production de pesticides à lévaluation de projets dexploitation saine menés par la Fédération mondiale pour la protection de lagriculture au Guatemala, au Kenya et en Thaïlande.
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| <http://www.tuac.org/statemen/communiq/Anewdealannexe.htm> |
26/ Promouvoir une production et une utilisation de lénergie viables. Lénergie est une nécessité fondamentale pour la vie personnelle, collective et industrielle, mais aujourdhui, elle est hors de portée pour des millions dhabitants de notre planète, alors que chez dautres, les niveaux dutilisation constituent une menace pour lenvironnement naturel et humain (exemple : changements climatiques planétaires). Pour quune politique énergétique incorpore les dimensions sociales du développement durable, il faut quelle accorde une place aux objectifs suivants : accès équitable, conservation des ressources, développement économique, réhabilitation urbaine et exploitation responsable des terres. Bien que la science et la technologie puissent fournir quelques solutions, les problèmes fondamentaux résident dans les modes actuels de prise de décisions, car les intérêts des entreprises multinationales prennent le pas sur les besoins des individus, des communautés, voire même des pays hôtes. La nécessité dune « nouvelle donne » dans le secteur de lénergie inclut la modification de la façon dont les décisions sont prises et appliquées (chapitre 1). En matière de responsabilité des problèmes actuels et de disponibilité des ressources, on ne peut ignorer la séparation du monde en pays riches et pays pauvres. Le Sommet mondial pour le développement durable doit prendre note des solutions trouvées sur les lieux de travail à travers le monde (29.5), puisque cest là quon utilise et que lon produit le plus dénergie et que lon peut trouver des possibilités uniques daction conjointes. Les normes fondamentales du travail de lOIT doivent être appliquées aux travailleurs des secteurs de lénergie et des transports et dans le monde du travail, les indicateurs de viabilité doivent mettre en relation lélimination de la pauvreté et lemploi. Enfin, lorsque les décisions entraînent pour les travailleurs une perte demploi ou une délocalisation, il est indispensable de prévoir des programmes de reconversion équitables.
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En Allemagne, les syndicats collaborent avec le Gouvernement, les employeurs et les ONG au sein de lAlliance pour le travail et lenvironnement à un plan national de réduction des émissions de CO2 et de conservation de lénergie.
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27/ Promouvoir des stratégies de transport durables. Les syndicats ont travaillé avec les employeurs et des partenaires des communautés à lélaboration et la mise en oeuvre de stratégies visant à limiter lutilisation des voitures particulières et promouvoir des transports publics efficaces, confortables et bon marché (29B). Face au développement des circuits mondiaux de distribution qui visent à transporter les marchandises toujours plus vite, à moindre coût et en faisant appel à de multiples intermédiaires, ce qui rend difficile la détermination des responsabilités en cas danomalies ou daccidents, ils ont encouragé des formules de remplacement durables. Dans le domaine des transports, la nouvelle donne doit sefforcer de modifier les pratiques, habitudes et attitudes profondément enracinées dans les modes de vie collectifs à travers le monde. Le Sommet mondial doit intégrer les questions relatives aux transports publics, à laménagement du territoire, à la planification des quartiers et aux questions touchant à la qualité de vie (chapitre 10) en mettant laccent sur les processus de prise de décisions. La planification démocratique locale doit remplacer les systèmes de prise de décisions des entreprises (principe 10) et linvestissement privé doit se soumettre au contrôle démocratique ou aux normes appliquées par les organismes publics chargés de la réglementation. Il convient de promouvoir les efforts collectifs déployés par les employeurs, les autorités locales et des groupes dhabitants pour réduire lutilisation des véhicules particuliers et promouvoir des moyens de transport différents et, notamment, des réseaux de transport intermodal. De même, certains coûts « externes » (exemple : subventions) doivent être « internalisés » de façon à lutter contre les comportements non viables et dégager des fonds pour une juste transition vers la durabilité.
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La Fédération internationale des ouvriers du transport mène actuellement une campagne délimination des pavillons de complaisance dans lespoir de mettre fin au saccage et à la dégradation de nos mers et de nos océans, et en vue de faire appliquer la réglementation dans les domaines social et de la sécurité de lenvironnement pour le bien du public et des travailleurs |
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Le Comité consultatif économique et industriel et la Commission syndicale consultative auprès de lOrganisation de coopération et de développement économiques appellent tous deux les gouvernements à entreprendre des recherches et à encourager la coopération entre lOIT, lOCDE, lUE et dautres instances internationales, afin détudier les conséquences sociales et sur lemploi des changements climatiques.
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28/ Susciter un consensus sur les changements climatiques en abordant leurs impacts sociaux et sur lemploi. Depuis la Conférence de Rio, lacceptation de la science des changements climatiques et la prise de conscience des conséquences de ces changements sur lavenir de la vie sur notre planète se sont développés rapidement chez les syndicalistes; il en est allé de même de la compréhension de la nécessité dune action décisive (chapitre 9). Sil existe encore des désaccords sur lampleur des disparitions et création demplois, on constate une prise de conscience de plus en plus importante des perturbations que les mesures relatives aux changements climatiques engendreront pour les travailleurs. À cet égard, le manque dattention dont font preuve les responsables politiques nationaux à légard de lemploi et des autres questions sociales est alarmant; ainsi, par exemple, la plupart des gouvernements ne sen sont même pas encore préoccupés. Le Sommet mondial pour le développement durable devra rompre ce silence en encourageant les recherches et les discussions dans ce domaine, comme le préconise larticle 4.2 de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Étant donné que pour parvenir à un consensus sur les mesures relatives aux changements climatiques, il faut que les travailleurs considèrent que cette question est effectivement abordée avec sérieux, la priorité doit être clairement accordée aux programmes de reconversion équitables conçus à lintention de ces derniers et de leurs communautés. Pour reprendre les termes de laccord auquel étaient parvenus les ministres de lenvironnement du G-8 en 2001, « un consensus solide quant à laction à entreprendre en matière de changements climatiques est nécessaire et tous les secteurs de la société doivent être appelés à assumer leur rôle dans la mise en oeuvre du changement ». Ces ministres avaient également convenu que le fait daborder les questions sociales et les problèmes demploi revêtait une importance fondamentale pour favoriser le consensus.
29/ Promouvoir lharmonisation et la sécurité demploi des produits chimiques. Depuis la Conférence de Rio, les syndicats ont été associés aux efforts qui sont faits aux niveaux local, national et international pour promouvoir la sécurité des produits chimiques (chapitres 19 et 20). Lapplication dun système mondial de classement et détiquetage des produits chimiques nécessite la mise en place dun régime juridique international de caractère contraignant (chapitre 19B). Les syndicats ont participé, en collaboration avec dautres parties prenantes, aux études concernant les substances chimiques, prises individuellement ou sous forme de mélanges, et les polluants organiques persistants. Le Sommet mondial pour le développement durable devra veiller à linstauration dun tel régime juridique, compte dûment tenu du principe de précaution pour tous les nouveaux produits, quil sagisse de produits chimiques, biologiques ou physiques (principe 15). Le classement des produits dangereux, leur étiquetage et lutilisation de fiches techniques santé-sécurité dans le cadre du système harmonisé à léchelle mondiale devront aller de pair avec léducation et la formation des travailleurs dans ce secteur. Il convient de prévoir un système renforcé dessais de toxicité sur les nouvelles substances, avant leur utilisation dans des lieux de travail, qui soit harmonisé à léchelle mondiale et se fonde sur les meilleures pratiques permettant dévaluer les effets à court et à long terme sur les êtres humains et lenvironnement des agents toxiques, cancérogènes et mutagènes, notamment les perturbations du système endocrinien, les troubles de la reproduction, la persistance des produits, la bioconcentration et la bioaccumulation, ainsi que dautres conséquences. Les substances qui sont utilisées dans des milieux de travail et dont les effets ne sont pas connus doivent également être testées. Dans le cadre de la nouvelle donne, il faudra avant tout recommander la ratification des conventions de lOIT et dautres instruments destinés à empêcher lutilisation illicite des produits chimiques et à prévenir les accidents, tels que la Convention concernant la sécurité dans lutilisation des produits chimiques au travail (No 170), la Convention concernant la prévention des accidents industriels majeurs (No 174), la Convention concernant la sécurité, la santé des travailleurs et le milieu de travail (No 155) et la Convention sur la sécurité et la santé dans lagriculture (No 184) qui vient dêtre adoptée.
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En Inde, le syndicat Cha Mazdoor Sabha du Bengale occidental a fait campagne pour exiger des amendements à la loi sur le travail dans les plantations de thé en vue dassurer une protection et une formation aux travailleurs exposés à des risques de contamination par des produits agrochimiques, en particulier de leau quils consomment. De même, le syndicat Hind Mazdoor Sabha a dispensé une formation aux dockers pour les aider à sorganiser en vue de lutter contre limportation illicite de produits dangereux. |
30/ Promouvoir la gestion durable des forêts. Le déclin des forêts dans le monde, tant sur le plan de la superficie que sur celui de la qualité, depuis la Conférence de Rio, est allé de pair avec le déni des droits des travailleurs et des communautés auxquelles ils appartiennent. La nouvelle donne pour une gestion durable des forêts (chapitre 11) devra tenir compte de limportante contribution quils apportent sur les plans économique, social et environnemental, et assurer la protection des 47 millions de personnes qui dépendent des forêts pour assurer leur subsistance, conformément aux normes fondamentales de lOIT relatives au travail, y compris la Convention No 169 concernant les peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants (chapitre 26). Elle devra promouvoir des pratiques de gestion écologiquement viables, comprenant des modes de transport économiques et sans danger pour lenvironnement (en minimisant la production de déchets et lutilisation de produits dangereux dans la production et le transport), des modalités de distribution et de tarification justes et des conditions de travail décentes. La nouvelle donne doit comprendre les mesures suivantes :
a) Une gestion conjointe de lécosystème et des forêts, les propriétaires, les travailleurs, les industries et les communautés étant associés à lutilisation des terres et à la mise en valeur des ressources locales;
b) Le rôle central des pouvoirs publics dans la planification et lapplication des mesures;
c) La restitution des ressources forestières au domaine public et larrêt de la privatisation des forêts domaniales;
d) Larrêt des coupes claires excessives et létablissement de normes pour la sylviculture, la construction de routes et la protection des sols;
e) De vastes programmes de recyclage;
f) Un zonage approprié permettant de concilier les utilisations à des fins économiques, sociales et environnementales;
g) Des programmes déducation et de formation portant sur les pratiques écologiquement viables, à lintention des industries, des travailleurs et du public.
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En Argentine, le syndicat national du personnel civil (Unión de Personal Civil de la Nación) a lancé un projet de reboisement en association avec le syndicat mutuel national du personnel civil (Mutual Unión de Personal Civil de la Nación) en vue de recycler le dioxyde de carbone, de créer des emplois et détablir une caisse de retraite complémentaire pour les travailleurs. |
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Au Ghana, le syndicat des travailleurs du bois (Timber and Wood Workers Union) a créé une pépinière et une plantation forestière qui serviront de centre de démonstration et de mise à lessai des pratiques performantes en matière de foresterie.
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31/ Action en faveur des travailleurs de lindustrie du tourisme. Dans le cadre de ses débats sur la consommation, le Sommet devra tenir compte du fait que laccès des travailleurs aux produits de consommation est directement lié aux revenus disponibles, aux avantages sociaux et à la sécurité de lemploi. Cela est particulièrement vrai dans le secteur du tourisme, où les travailleurs sont souvent les derniers à pouvoir soffrir des « vacances ». Les priorités dune nouvelle donne en faveur des travailleurs du tourisme devront donc être un accès plus équitable des travailleurs aux produits touristiques, une amélioration des normes et pratiques du travail et lallocation dune part accrue des profits aux communautés daccueil afin que les travailleurs puissent bénéficier de salaires décents. Dans ce contexte, laccent devra être mis sur certains groupes particuliers, comme les populations autochtones, les femmes, les enfants et les jeunes (chapitres 24 à 26), qui sont les premiers à pâtir des schémas actuels. Les pouvoirs locaux (chapitre 28) sont les mieux placés pour promouvoir la participation des parties prenantes concernées. Les gouvernements doivent être encouragés à appuyer cette action grâce à des programmes de renforcement des capacités. Le Sommet mondial pour le développement durable est invité à prendre note dun accord conclu en 1997 entre les syndicats, les pouvoirs publics et les employeurs (document TMHCT/97/14 de lOIT), qui portait sur des questions telles que la formation professionnelle, les normes fondamentales du travail, linterdiction de la prostitution des enfants et lassistance technique en faveur des pays en développement, et à les intégrer dans un plan pour un tourisme viable auquel participeraient les travailleurs et les syndicats.
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Le syndicat des travailleurs de la Barbade (Barbados Workers Union) a élaboré, en collaboration avec les organismes publics et les organisations non gouvernementales, un certain nombre de projets visant à rénover des sites touristiques surexploités ou négligés. |
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Le Conservation, Hotels, Domestic and Allied Workers Union de la République-Unie de Tanzanie sest employé à promouvoir laménagement de lenvironnement et a fait campagne pour obtenir de meilleures conditions de travail à lappui dun tourisme viable.
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E. Amélioration du niveau de vie et des conditions de travail des travailleurs dans le monde
32/ Des centaines de millions de travailleurs dans le monde ont désespérément besoin dune nouvelle donne en matière de normes demploi, de sécurité du travail et de santé publique, afin de pouvoir lutter contre des conditions de travail inacceptables. Les pires conditions de travail ont généralement cours dans les pays où les employeurs et le régime politique ignorent les droits des travailleurs et des syndicats. La nouvelle donne devra encourager des initiatives visant à la fois à mieux faire comprendre que la dimension sociale du développement durable englobe les droits des travailleurs et à promouvoir la participation des travailleurs à la prise de décisions (29.4 et 29.5).
33/ Une nouvelle donne pour les travailleurs agricoles salariés. Le Sommet mondial pour le développement durable ne saurait oublier les quelque 1,3 milliard de personnes travaillant dans le secteur de la production agricole et, en particulier, les 450 millions de travailleurs agricoles salariés qui produisent lalimentation mondiale et qui vivent souvent dans les pires conditions (chapitre 14). Leurs conditions de travail deviennent encore plus instables, plus dangereuses et plus intolérables du fait de la concentration de lindustrie agroalimentaire entre les mains de quelques grandes sociétés multinationales. La nouvelle donne devra répondre aux besoins de protection tant des travailleurs que des consommateurs dans le contexte actuel, à savoir un système mondialisé de production et de consommation alimentaire où les intérêts locaux et nationaux sont subordonnés à ceux des décideurs internationaux. Elle devra aussi tenir compte des problèmes qui ont trait aux rapports entre la production et la consommation, mis à jour lors du dialogue organisé en 1999 par la Commission du développement durable, en ce qui concerne par exemple la santé publique, lutilisation des terres et la gestion des eaux, et encourager les pays à ratifier la nouvelle Convention de lOIT sur la sécurité et la santé dans lagriculture.
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LInternational Union of Food and Agricultural, Hotel, Restaurant, Catering, Tobacco and Allied Workers a rassemblé, dans le cadre dun projet baptisé terre et liberté, des petits exploitants agricoles et des travailleurs agricoles non salariés qui se heurtent aux problèmes posés par la mondialisation dans le secteur de la production agricole et alimentaire.
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34/ Une nouvelle donne pour les femmes au travail. Si les femmes rencontrent de nombreux problèmes analogues à ceux des hommes sur le lieu de travail, elles sont souvent davantage exploitées et maltraitées, et leurs conditions de travail se sont aggravées au cours des 10 dernières années qui ont été marquées par la mondialisation et la libéralisation des échanges (chapitre 24). Les femmes constituent la majorité des travailleurs occasionnels ou temporaires dans le monde et reçoivent des salaires inférieurs en moyenne de 25 % (voire de 58 % dans certains pays) à ceux des hommes. Soixante-dix pour cent des salariés les plus pauvres et les plus faiblement rémunérés dans le monde sont des femmes (on parle de « féminisation de la pauvreté ») qui, outre leur charge de travail, soccupent également des tâches domestiques. Le Sommet mondial pour le développement durable devra sefforcer de remédier à cette situation inacceptable et examiner les effets de lexposition à des agents chimiques et biologiques et des conditions de travail dangereuses sur la santé des femmes (chapitre 24B), en veillant à ce que la protection de la maternité soit pleinement assurée en tant que norme minimale, conformément à la Convention No 183 de lOIT. Le programme de lOIT relatif à la Violence sur le lieu de travail indique que les homicides, la violence et les injustices psychosociales sont des phénomènes courants, en particulier dans les zones franches industrielles, dans les ateliers clandestins et dans dautres lieux de travail où sont souvent employés des femmes, des enfants ou de la main-doeuvre au noir. Le Sommet devra insister pour quil soit davantage tenu compte de certains instruments tels que les Stratégies prospectives daction de Nairobi pour la promotion de la femme [24.2 a)] et le Programme daction de Beijing, qui doivent servir à orienter laction en vue datteindre les objectifs du développement durable concernant les femmes. Il faudra sappuyer sur les évaluations sociales et les études sur les entreprises (29.11) pour assurer une transition efficace et analyser les problèmes de discrimination sexuelle concernant la sécurité et la santé au travail, la charge que représentent les tâches domestiques, la nutrition et lalimentation des nourrissons, la formation et léducation, les indemnités en cas de maladie ou daccident et la cohésion sociale.
35/ Une nouvelle donne pour les jeunes travailleurs. Les faibles compétences, les bas salaires, les emplois marginaux et le chômage sont le lot de millions de travailleurs âgés de 15 à 24 ans, qui sont de ce fait dépourvus des moyens nécessaires pour mener une vie épanouissante et exclus de la prise de décisions concernant les questions de société ou de développement. Qui plus est, le taux daccidents parmi les travailleurs manuels ou temporaires les moins qualifiés est 2,5 fois supérieur au taux normal, en particulier chez les jeunes filles qui travaillent dans des ateliers clandestins. Le Sommet devra avant tout mettre laccent sur la création demplois dignes de ce nom et sur une éducation et une formation de qualité à lintention des jeunes, ainsi que sur la garantie dune protection suffisante durant les périodes de transition (chapitre 25). Il devra en outre préconiser ladoption de mesures en faveur demplois satisfaisants pour les jeunes, leur garantissant une protection conforme aux normes de lOIT et leur offrant des possibilités déducation et de formation, conformément aux résolutions que lAssemblée générale a adoptées en 2001 sur la base des conclusions du réseau de réflexion sur le chômage des jeunes.
36/ Éliminer le travail des enfants. Le Sommet mondial pour le développement durable devra offrir une tribune pour dénoncer le scandale que constitue le travail de plus de 250 millions denfants privés du droit de vivre dans des conditions normales, et y mettre fin. Les syndicats et leurs partenaires sociaux ont montré quil était possible déliminer le travail des enfants grâce à des programmes communautaires et éducatifs destinés à résoudre les problèmes complexes qui sont à lorigine de ce phénomène, conformément aux conventions de lOIT, notamment la Convention No 138 (1973) sur lâge minimum et la Convention No 182 (1999) sur les pires formes de travail des enfants. Le Sommet devra encourager les pays à adopter des mesures à cette fin.
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À Sialkot (Pakistan), une campagne menée avec succès par lorganisation Public Services International et le Conseil international des infirmières a permis de mettre fin au travail des enfants employés à la fabrication dinstruments chirurgicaux. |
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37/ Encourager le transfert des technologies en vue de promouvoir lemploi, la santé des travailleurs et le renforcement des capacités (29.5 et 34). Les syndicats sont conscients des possibilités quoffrent les nouvelles technologies pour résoudre certains problèmes industriels, sociaux ou environnementaux, mais sont aussi bien placés pour connaître leurs inconvénients et leurs répercussions, notamment lorsquelles sont utilisées en vue dobtenir des profits à court terme, sans tenir compte de leur impact sur lenvironnement et la société. Les nouvelles technologies et les nouveaux dispositifs adoptés par les entreprises depuis la Conférence de Rio se sont traduits par une intensification et une fragmentation du travail, la perte demplois, la polyvalence, la sous-traitance, des cadences plus rapides, des délais plus stricts, des horaires irréguliers et des marges de manoeuvre réduites, qui ont eu en retour des effets néfastes sur la santé physique et mentale des travailleurs. Le Sommet mondial pour le développement durable offre aux pays une occasion historique dassurer que les avantages tirés de laccroissement de la productivité grâce aux innovations technologiques soient utilisés pour promouvoir la création demplois et la mise en oeuvre de programmes de transition, de même que lhygiène professionnelle et la santé publique, en particulier dans les pays en développement. Il devra recommander quune attention accrue soit accordée au stress et aux tensions auxquels sont soumis les travailleurs, de même quaux autres incidences des nouvelles technologies sur la société et lenvironnement, et encourager la réalisation dévaluations conjointes du lieu professionnel, la définition dobjectifs, la mise en service et le suivi des nouvelles technologies (29B), de même que ladoption de mesures législatives et la conclusion daccords au sein des entreprises en vue de concilier les exigences de productivité et de compétitivité avec la nécessité de protéger la qualité de la vie et la santé des travailleurs.
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Linnovation technologique, associée à lintensification, à la généralisation et à la restructuration du travail, a entraîné une augmentation des entorses et des foulures, des affections du système ostéo-articulaire et des muscles et des maladies causées par le stress, surtout dans les pays en développement. |
38/ Penser aux travailleurs qui sont tués, mutilés ou qui tombent malades. Depuis la Conférence de Rio, des millions de travailleurs sont décédés, ont été blessés ou sont tombés malades, en raison de conditions de travail dangereuses, insalubres, voire inacceptables. Des modes de production non viables sont responsables du décès de plus de 1,3 million de travailleurs chaque année (3 300 par jour). Sur ce total, 12 000 sont des enfants, 335 000 sont morts des suites daccidents du travail et 325 000 des suites de maladies du travail. Plus de 160 millions daccidents du travail et de maladies professionnelles sont enregistrés chaque année. Le taux élevé de blessures et de décès dus aux conditions de travail est un signe évident que les droits des travailleurs ne sont pas respectés. Il ressort du Rapport annuel des violations des droits syndicaux (2001), publié par la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), que des milliers de travailleurs syndiqués ont été tués, arrêtés, blessés ou licenciés, la force remplaçant de plus en plus souvent le dialogue dans les relations professionnelles. Les participants au Sommet mondial pour le développement social doivent déclarer que ce type de répression est totalement inacceptable, car un développement qui se fait à ce prix ne saurait être considéré comme durable. Ils doivent par ailleurs exiger des gouvernements qui tolèrent de telles violations quils rendent des comptes, surtout lorsquil sagit de pays qui se réclament des principes de la démocratie et des droits de lhomme au sein dautres instances.
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La Journée internationale des travailleurs décédés et blessés (28 avril) est désormais observée dans plus de 100 pays. Elle donne lieu à des veillées à la bougie et à dautres activités qui associent la commémoration des personnes décédées ou blessées à la manifestation du soutien à ceux qui luttent en faveur de modes de production et de consommation viables. |
F. Un nouveau rôle pour les pays et les gouvernements
39/ Dans Action 21, les gouvernements étaient désignés comme étant responsables au premier chef de sa mise en oeuvre. Les participants au Sommet doivent donc examiner pourquoi les nations du monde nont pas pris des mesures décisives pour mettre fin à la détérioration écologique, sociale et économique de notre planète. Il ne sagit pas de distribuer des mauvais points, mais de redéfinir le rôle quelles joueront dans une nouvelle donne pour le développement durable.
40/ Sattaquer à la question de la pauvreté. Armés dun ordre du jour audacieux et radical, les participants au Sommet devraient à la fois sattaquer aux causes profondes de la pauvreté et apporter des secours à ceux qui traversent des situations de crise (chapitre 3). Depuis 1992, la pauvreté a augmenté chez les jeunes (chapitre 25) et la « féminisation » de la pauvreté sest accentuée, au travail comme à la maison (chapitre 24). Dans un monde où près de 3 milliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour, lélimination de la pauvreté doit être lobjectif prioritaire dune nouvelle donne. La solution efficace et durable a toujours été un emploi décent et sûr; il faut donc prêter une attention particulière aux emplois mal payés et marginalisés, ainsi quaux pratiques de salaire discriminatoires dont sont surtout victimes les femmes et les jeunes. Les syndicats sont bien placés pour jouer un rôle clef dans ce domaine, car ils peuvent modifier léquilibre des forces et permettre ainsi aux travailleurs de protéger leurs propres intérêts au lieu de compter sur dautres pour le faire (29.2). Une nouvelle donne passe donc par la promotion de la liberté dassociation et dautres normes fondamentales du travail (29.4). Les participants au Sommet doivent également étudier la question du financement international du développement afin que les engagements pris en faveur de la lutte contre la pauvreté se concrétisent, grâce à des politiques en matière de commerce, de dette et daide publique au développement (APD). Une nouvelle donne peut guider les initiatives prises dans ce sens, en affirmant le rôle des gouvernements dans la mise en oeuvre des politiques et la mobilisation des ressources visant à accroître les investissements dans léconomie locale, au moyen de systèmes de taxation progressive; en garantissant lutilisation judicieuse et équitable des fonds publics et en encourageant les investissements étrangers directs (IED) qui respectent les droits fondamentaux; en mettant en place des mécanismes de contrôle des flux de capitaux avec des règles claires et transparentes; et en menant dautres actions visant à assurer que la mondialisation ne va pas à lencontre des objectifs de développement durable.
41/ Les pays industrialisés doivent accepter de jouer un nouveau rôle. Il est ressorti des réunions préparatoires du Sommet que la pauvreté est aujourdhui le principal problème (chapitre 3), laccroissement de la pauvreté et de linsécurité et la détérioration des conditions sociales depuis la Conférence de Rio reflétant des écarts de richesse et de revenus croissants, tant dun pays à un autre quà lintérieur dun même pays, et donnant lieu à des manifestations que lon mesure à laide dautres indicateurs de la dimension sociale du développement, notamment le taux de délinquance; lagitation sociale; le problème des sans-abri; laugmentation de la violence et lérosion des droits de lhomme. Les nations industrialisées qui, non seulement sont directement responsables de cet état de fait, mais ont les moyens de faire changer la situation, se doivent de donner lexemple (responsabilité différenciée). Une nouvelle donne passe par un programme de développement qui prend en compte les problèmes des pauvres, des chômeurs et du nombre croissant de travailleurs dont les conditions de travail sont inacceptables, insalubres et dangereuses, et qui préconise la participation des travailleurs, la transparence, la démocratie, la bonne gouvernance et le respect des droits fondamentaux, dont les droits syndicaux. LUnion européenne, le Groupe des Huit et les pays de lOrganisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en particulier, doivent être incités à mettre en oeuvre les objectifs de développement quils ont déjà adoptés, à savoir laide au développement; la remise de dette; la réforme des institutions financières internationales; la santé et léducation; une nouvelle réglementation des marchés financiers internationaux; louverture dun débat public sur les systèmes internationaux; la formulation de politiques de plein emploi propres à stimuler la croissance, à mettre en valeur les compétences et à gérer le changement.
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Lors de leur réunion de 2001, les ministres de lenvironnement, des finances et de léconomie des pays de lOCDE ont adopté un programme de développement durable en matière de conditions de travail, demploi et de transition. |
42/ Faire face aux problèmes liés à la libéralisation et à la mondialisation. Depuis la Conférence de Rio, les gouvernements ont toléré, voire encouragé, le passage de secteurs vitaux de leur économie dune gestion publique à une gestion privée, sous le contrôle de capitaux étrangers ou dentreprises multinationales. Des services comme la distribution deau et délectricité, les communications et les transports ne sont plus gérés par les pouvoirs publics, mais sont sous lemprise de multinationales qui influent de plus en plus sur les décisions en matière de développement, aidées en cela par la déréglementation et une réduction des droits des citoyens en matière de transparence, de respect des normes du travail et de protection de lenvironnement. Les modifications apportées aux méthodes de production et de distribution, associées aux nouvelles stratégies de gestion, ont contribué à détériorer les conditions de travail. La libéralisation présente peut-être des avantages pour le consommateur, mais le coût pour lenvironnement et les travailleurs en est souvent élevé. Les participants au Sommet doivent analyser ses effets néfastes et adopter des mesures qui permettront dy remédier au niveau gouvernemental, avec la participation des citoyens, au travail et dans la société (chapitre 23). Ils doivent également encourager le respect dinstruments internationaux comme les Principes directeurs à lintention des entreprises multinationales de lOCDE, qui comprennent notamment des procédures de mise en oeuvre, des règles concernant la publication dinformations et de résultats sur lemploi et les relations professionnelles, des normes fondamentales du travail, et des règles relatives à lenvironnement, à la corruption et à la mise en place de points de contact nationaux.
43/ Formuler des programmes de transition pour les régions et les secteurs prioritaires. Les participants au Sommet doivent sattaquer aux côtés les plus pervers des pratiques de production industrielle non viables, en faisant en sorte quelles cessent davoir pour unique objectif les gains de productivité et pour corollaire une distribution inéquitable des revenus, pour sorienter vers un partage plus équitable des retombées de ces gains de productivité entre ceux qui y contribuent, par exemple en assurant la liberté dassociation des travailleurs pour leur donner la possibilité de négocier une juste part de la valeur quils produisent. Des programmes de transition appropriés en matière de protection sociale et demploi doivent être un élément fondamental de la nouvelle donne; ils doivent comprendre un examen des programmes dajustement structurel et une réforme financière et réglementaire, surtout pour les pays en transition (chapitres 33 et 38). Les participants au Sommet doivent préconiser un système de production et de distribution qui soit équitable et sûr, et créer un sentiment de confiance en matière de santé et de sécurité, en proposant des stratégies axées sur la mise en oeuvre sur le lieu de travail, comprenant notamment le suivi et la recherche; des évaluations et audits communs travailleurs-employeurs au niveau communautaire et des processus faisant intervenir les collectivités locales et de multiples parties prenantes (29.5).
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La fermeture du réacteur nucléaire de Tchernobyl a montré quun bon programme de transition devait comprendre le versement dindemnités-relais, des emplois de remplacement, la reconversion des travailleurs et la promotion demplois plus respectueux de lenvironnement. |
43/ Lancer une nouvelle donne en matière de gouvernance et de prise de décisions. Pour quil y ait développement durable, les entreprises doivent chercher à produire des richesses à long terme, et ne pas se contenter de dégager des profits à court terme pour leurs actionnaires et leurs dirigeants. Elles doivent constituer, sur une longue période, un capital non spéculatif et respecter les droits des travailleurs, y compris celui de se faire entendre dans les prises de décisions qui concernent lentreprise, pour garantir que les fruits de la production sont distribués équitablement. Les décisions prises en matière de développement doivent respecter les communautés locales et lenvironnement (chapitre 8), et les entreprises doivent se montrer conscientes de leurs responsabilités sociales et pouvoir être considérées comme des membres responsables et viables de la communauté. Cependant, un tel projet ne verra pas le jour tant que les décideurs ne modifieront pas les modes de direction des entreprises de façon à tenir compte des besoins de tous. Une nouvelle donne passe par la transformation des modèles de commerce multilatéral, sappuyant sur des modes de direction des entreprises qui soient responsables (chapitre 38) et la promulgation de lois et de réglementations selon lesquels :
a) Les travailleurs ont leur mot à dire dans le processus de prise de décisions au sein des entreprises;
b) Les syndicats participent au forum mondial sur le gouvernement dentreprise de la Banque mondiale et de lOCDE et aux tables rondes de lOCDE sur la direction des entreprises;
c) Les Principes directeurs à lintention des entreprises multinationales de lOCDE et ses garanties de crédit à lexportation sont liés à dautres instruments daide publique aux investisseurs et aux commerçants étrangers;
d) La question des échanges est intégrée dans une stratégie de développement qui permet aux pays en développement daugmenter leur production et de satisfaire la demande intérieure;
e) Les pays en développement ont accès aux marchés des pays industrialisés, sous réserve quils respectent les droits des travailleurs;
f) LOrganisation mondiale du commerce (OMC) fonctionne de façon plus démocratique et fonde ses pratiques sur les principes suivants : transparence, démocratie, obligation de rendre des comptes et consultation des collectivités locales, des organisations non gouvernementales et des syndicats;
g) Les accords relatifs à la propriété intellectuelle tiennent compte des préoccupations des pays en développement;
h) Les accords multilatéraux prolongent les délais fixés aux pays en développement pour la mise en oeuvre des négociations dUruguay et arrêtent pour les pays développés des calendriers précis et contraignants;
i) Les négociations du GATT abordent les questions sociales et environnementales et le problème des services sociaux;
j) Les normes fondamentales du travail sont respectées dans le système commercial mondial.
45/ Crédits à lexportation et développement durable. Lincapacité du groupe de travail de lOCDE sur les crédits à lexportation à formuler, lors de ses récentes négociations, une série de principes directeurs communs en matière denvironnement, montre quil est nécessaire de négocier ces accords dans une optique douverture. En les rédigeant dans le secret, les fonctionnaires du commerce se sont retirés du débat public et se sont soustraits à toute forme de contrôle démocratique. Ils se sont du même coup privés des compétences et des connaissances des services ministériels chargés des questions denvironnement et demploi, des syndicats, des groupes de défense des droits de lhomme et dautres composantes de la société civile, ce qui explique que les questions sociales ne soient pas traitées dans les principes directeurs rejetant de fait lidée de développement durable. Les syndicats, les groupes de défense des droits de lhomme et les autres groupes de la société civile sont prêts à travailler de manière constructive avec les gouvernements afin de combler ce déficit démocratique et de participer à la formulation de directives contraignantes sur le développement durable et les organismes de crédit à lexportation.
46/ Favoriser un dialogue sur la responsabilité sociale des entreprises et les normes du travail. Les participants au Sommet doivent prendre acte des millions de lieux de travail et de communautés dans le monde entier où les employeurs et les syndicats ont instauré des modes de relations constructifs, entre eux, avec les autorités locales et avec les autres groupes concernés, afin doeuvrer à la réalisation des objectifs dAction 21 (29.1). Les codes et autres instruments établissant les responsabilités des entreprises sont accueillis favorablement par les syndicats, à condition quils ne remplacent pas laction gouvernementale ou quils ne bafouent pas les normes reconnues à léchelon international. Des instruments internationaux comme la Déclaration de principes tripartite sur les entreprises multinationales et la politique sociale (OIT, 1976) et la nouvelle version des Principes directeurs à lintention des entreprises multinationales de lOCDE, constituent des guides largement acceptés qui tiennent les entreprises multinationales informées des normes reconnues à léchelon international. Les normes fondamentales du travail ont également été prises en compte dans un certain nombre daccords-cadres conclus entre des entreprises multinationales et des secrétariats professionnels internationaux.
47/ Enfin, lInitiative relative au Pacte mondial, lancée en 2000 par le Secrétaire général de lOrganisation des Nations Unies, Kofi Annan, invite les entreprises à défendre neuf principes dans le domaine des droits de lhomme, des droits des travailleurs et de lenvironnement. Les participants au Sommet devraient encourager la généralisation doutils de ce type en vue de promouvoir un vaste dialogue social afin que les gouvernements et les sociétés sengagent à créer un climat favorable au développement durable.
Références
Water for Basic Needs and Energy for a Sustainable Future, huitième réunion officieuse des ministres de lenvironnement, Bergen (Norvège), septembre 2000.
« Plough-to-Plate » Approaches to Food and Agriculture, Commission syndicale consultative (CSC), CISL, Union internationale des travailleurs de lalimentation, de lagriculture, de lhôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), Commission du développement durable (CDD), 2000; Sustainable Energy and Transportation The Role of Workers and Trade Unions, CSC, CISL, Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de lénergie et des industries diverses, Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM), Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) et Internationale des services publics (ISP), Commission du développement durable, 2001.
Workers and Trade Unions in the Web of Tourism, CISL, CSC et FIOT, Commission du développement durable, 1999.
« Business and Industry » Dialogue Session, CISL et CSC, Commission du développement durable, 1998.
Using ILO Standards to Promote Environmentally Sustainable Development, Workers Education and Environment, OIT/Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV), 1999.
CISL, Rapport annuel des violations des droits syndicaux, octobre 2001, <http://www.icftu.org/survey/>.
