| Nations Unies |
E/CN.17/2002/PC.2/6/Add.5 |
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![]() |
Conseil économique et social |
Distr.
générale Français |
Commission
du développement durable
constituée en comité préparatoire
du Sommet mondial pour le développement durable
Deuxième session
préparatoire
28 janvier-8
février 2002
Dialogue
multipartite dans le cadre de la deuxième session de la Commission
du développement durable constituée en comité préparatoire
du Sommet mondial
pour le développement durable
Note du Secrétaire
général
Additif
Document
de concertation émanant des autorités locales*
* Document préparé
par le Conseil international pour les initiatives écologiques locales
(ICNEI), invité par le Secrétariat en tant que partenaire organisateur
du dialogue multipartite pour les autorités locales. Ce document a été
rédigé en consultation avec des autorités locales du monde
entier. Les vues et opinions exprimées ne représentent pas nécessairement
celles de lOrganisation des Nations Unies.
I. Introduction
Rappel des faits
En préparation du Sommet mondial pour le développement durable, le Conseil international pour les initiatives écologiques locales (ICLEI) sefforce daider à dresser un bilan mondial des progrès réalisés par les pouvoirs locaux dans la mise en oeuvre dAction 21 et des autres protocoles de Rio. Cette entreprise est menée avec le soutien et lapprobation de lUnion internationale des villes et pouvoirs locaux (UIV), de la Fédération mondiale des cités unies (FMCU), de lOrganisation des capitales et villes islamiques (OICC), du Conseil des communes et régions dEurope (CCRE) et dautres associations dautorités locales. Ce processus de préparation a notamment donné lieu à : de vastes consultations régionales et, le cas échéant, infrarégionales avec des responsables des autorités locales et des spécialistes (septembre 2000 à décembre 2001); une enquête mondiale sur les programmes locaux inspirés dAction 21 auprès des autorités locales et de leurs associations afin dévaluer la portée de la mise en oeuvre des projets menés dans ce domaine; et une réunion internationale de réflexion qui sest tenue en juin 2001 à Stavanger (Norvège), avec la participation dexperts régionaux et mondiaux1.
La principale constatation faite à loccasion de ce processus dexamen est quil sest produit au niveau local un important mouvement en direction de la durabilité. Les autorités locales ont fait la démonstration de leur attachement à la réalisation dun développement durable dans le cadre des initiatives des collectivités locales à lappui dAction 21, rôle qui leur est assigné au chapitre 28, et qui a été réaffirmé lors de la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains de 1996 et de la session extraordinaire de lAssemblée générale dexamen quinquennal de la CNUCED tenue en 1997. Les progrès réalisés en matière de durabilité lont été grâce à une bonne gestion des affaires publiques et à une modification du fonctionnement quotidien des pouvoirs locaux dans la gestion des ressources naturelles, laménagement urbain, la gestion des déchets, la promotion de la santé publique, les services sociaux et les activités éducatives. Les autorités locales ont mis sur pied des partenariats avec les principaux groupes et dautres autorités en vue daccélérer les programmes et politiques de durabilité et daide destinés à faciliter la mise en oeuvre des conventions sur les changements climatiques, la biodiversité, la désertification et dautres stratégies de lONU.
Le rôle des autorités locales dans la réalisation du développement durable
Au cours des 10 dernières années, les autorités locales se sont appuyées sur leurs propres forces pour se faire les champions et les facilitateurs du développement durable. Ce succès est dû à leur situation : elles constituent la sphère de décision la plus proche de la population et la plus à même de renforcer tant lefficacité que la responsabilité démocratiques. Les autorités locales ont mis au point des stratégies multipartites de participation destinées à mettre en oeuvre le développement durable. Elles ont favorisé les bonnes pratiques de gestion des affaires locales faisant appel à la reconnaissance de :
Limportance de la transparence, de la responsabilité et de la participation dans la gestion des affaires publiques;
Le rôle critique de lintégration pour ce qui est de la suppression du cloisonnement dans lélaboration des politiques et lexécution des programmes au sein des administrations et entre elles;
La nécessité de former des partenariats stratégiques qui apportent une diversification de perspectives; et
Le rôle central de linformation, des connaissances et du renforcement des capacités pour sassurer dun processus durable mené en connaissance de cause.
Les difficultés de la durabilité au plan local
Depuis 1992, la conception et la mise en oeuvre du développement durable par les autorités locales ont évolué et ces dernières considèrent maintenant le développement durable comme quelque chose de plus vaste quun mouvement « de défense de lenvironnement ». Parmi les questions locales prioritaires en matière de développement durable figurent la réduction de la pauvreté, léquité, la justice sociale et la sécurité.
Lélargissement de la portée des priorités du développement durable doit être considéré dans le contexte de plusieurs processus importants lurbanisation, la localisation, la mondialisation et lévolution des institutions administratives , lesquels peuvent soit freiner, soit faciliter le développement durable au niveau local.
Un message clef : l’action locale fait avancer le monde
En dépit des obstacles juridictionnels et autres qui continuent à freiner les efforts de développement durable, les autorités locales peuvent assurer une bonne gestion des affaires publiques et répondre aux besoins de la collectivité en créant un effet positif cumulatif sur la situation environnementale, économique et sociale mondiale. Si lon veut que ces efforts aboutissent, il faut accorder aux autorités locales un rôle clef dans les stratégies nationales de développement durable.
II. Priorités en matière de durabilité au plan local
Les questions à traiter
Les autorités locales ont recensé trois aspects prioritaires en matière de développement durable : la pauvreté et linégalité, linsécurité, et la dégradation de lenvironnement, aspects qui, fondamentalement, nont pas évolué depuis 1992. Les efforts déployés au plan local pour mettre en oeuvre le développement durable dans la présente décennie ont fait apparaître limportance fondamentale quil y avait à traiter ces questions simultanément en adoptant des solutions globales et intégrées répondant également aux contextes spécifiques locaux. Les futures initiatives devront accorder une plus grande place au traitement des problèmes économiques et sociaux qui sous-tendent la dégradation de lenvironnement, prévoir un suivi de la mise en oeuvre et comporter des plans à long terme pour prévenir et atténuer les éventuelles catastrophes.
Traiter de la pauvreté et de linégalité, de leur généralisation et de lécart croissant entre les riches et les pauvres au sein des pays et entre les mondes développé et en développement fait partie intégrante de la démarche de réalisation du développement durable. Des milliards dêtres humains nont pas accès aux éléments indispensables à la vie, sont en mauvaise santé, vivent dans des logements inadaptés, sans eau courante ni sanitaires, ou ne bénéficient pas dautres services de base. Linsécurité inhérente à leur mode de vie matériel favorise labandon de la durabilité à long terme au profit de la satisfaction immédiate des besoins quotidiens. Nombre des citoyens les plus pauvres au monde vivent dans des zones écologiquement sensibles où la croissance démographique est également importante et qui sont menacées de dommages irrémédiables. La désertification, la déforestation, la disparition de la biodiversité et dautres changements écologiques majeurs entraîneront à lavenir une pauvreté encore plus grande, car ceux qui détiennent le moins de ressources sont en train de perdre les faibles moyens dont ils disposent alors que les quelques privilégiés continuent à sapproprier une part toujours croissante des ressources du monde.
Linsécurité procède non seulement de linsuffisance des ressources économiques, mais également du risque de catastrophes écologiques naturelles ou provoquées par lhomme, de linstabilité des systèmes politiques et de la menace de crimes et de guerre. Les conflits qui portent souvent sur le contrôle des ressources, contribuent à la dégradation de lenvironnement en favorisant lutilisation non viable et la destruction des ressources naturelles et en encourageant des mouvements de population à grande échelle, ce qui met en danger les écosystèmes extérieurs à la zone immédiate des conflits. Actuellement, il existe quelques mécanismes permettant de faciliter le rétablissement dune coexistence entre les anciens ennemis, tout en respectant à la fois lenvironnement de ces derniers et leurs concitoyens. Lapproche à long terme du développement nécessaire à la durabilité exige une sécurité au niveau de la personne, du foyer et du pays.
Au cours de la dernière décennie, les interventions de lêtre humain ont provoqué une intensification de la dégradation de lenvironnement. La progression de la toxicité et la destruction en cours de nos écosystèmes contribuent à laugmentation de la pauvreté et de linsécurité, en particulier chez les plus dépourvus qui sont les moins à même de prévoir ou datténuer les modifications environnementales. Les initiatives de développement durable visant à protéger lenvironnement doivent nécessairement prévoir un avenir plus sûr pour tous les citoyens, en particulier ceux qui ont le moins de ressources. On ne peut espérer dune personne quelle adhère aux politiques tournées vers lavenir nécessaires pour parvenir à un équilibre harmonieux entre les besoins des hommes et lenvironnement que si elle est certaine de pouvoir satisfaire ses besoins fondamentaux.
Des contextes en mutation
Plusieurs tendances à long terme lurbanisation, la localisation, la mondialisation et lévolution des institutions administratives influeront sur la capacité de toutes les sphères de gouvernement de traiter les questions prioritaires pour parvenir au développement durable dans la prochaine décennie. Ces tendances peuvent, selon la nature de lintervention des autorités, soit freiner, soit favoriser la durabilité. Limpact de ces tendances, qui échappe au contrôle de tout gouvernement, exigera une coordination et une coopération accrues au sein des sphères de gouvernement et des institutions mondiales, ainsi quentre elles.
Lurbanisation est une tendance irréversible du monde moderne. Près de la moitié de la population mondiale vit actuellement dans les villes et lon prévoit que les nombres absolu et relatif des citadins augmenteront dans les prochaines décennies. Les villes possèdent un énorme potentiel en tant que centres économiques et culturels, lieux dinnovation et espaces favorables à une utilisation et un échange efficace des ressources et à des approches pluridisciplinaires en matière de conception des politiques. Les villes peuvent également provoquer une aggravation des problèmes sociaux, économiques et environnementaux et, notamment de la pauvreté, de linégalité, du chômage, de la détérioration des services et infrastructures, de la congestion de la circulation, du crime, de la violence et de la mauvaise santé. Les autorités urbaines doivent élargir leur rôle en facilitant la durabilité de façon à satisfaire les besoins de leurs citoyens en fonction de la situation locale.
La tendance à la localisation peut renforcer la capacité de la société à poursuivre la durabilité en facilitant une intervention des autorités adaptée à la situation sociale, écologique et économique spécifique à chaque lieu. La localisation a été poursuivie grâce à des changements constitutionnels, à la décentralisation, à la délégation du pouvoir et, pour un certain nombre dautorités, à la reconnaissance de lintérêt de la subsidiarité3. Si la responsabilité de la prestation de services est confiée aux autorités locales, il nen va souvent pas de même des pouvoirs et ressources nécessaires pour satisfaire effectivement les besoins des citoyens.
À lopposé, la mondialisation continuera à avoir une incidence sur les initiatives locales en faveur de la durabilité. La progression de la coopération et de la libéralisation des échanges et des mouvements de capitaux découlant de la mondialisation peut favoriser la durabilité en encourageant une utilisation et des échanges plus efficients des ressources, améliorant laccès à linformation et en facilitant une gestion des problèmes de développement qui dépasse les frontières juridictionnelles traditionnelles. Toutefois, la mondialisation soulève dimportantes difficultés pour la durabilité; elle peut notamment déstabiliser ou court-circuiter les autorités, entraîner un déplacement des centres de décisions mondiaux, réduire la diversité culturelle et anéantir laide officielle au développement. Ainsi, la mondialisation doit-elle être orientée de façon à accroître la richesse publique, privée et civique et permettre, notamment, une répartition plus équitable de celle-ci.
III. Progrès accomplis
Multiplication des programmes locaux Action 21
Les collectivités locales ont répondu concrètement à Action 21, surtout au chapitre 28, par ladoption généralisée de programmes locaux Action 21. Depuis 1992, plus de 6 200 collectivités locales ont mis en place, dans plus de 100 pays, un programme local Action 214. Le programme « Cités santé » de lOrganisation mondiale de la santé (OMS), dont les objectifs sont analogues à ceux des programmes locaux Action 21, concerne désormais plus de 1 500 communes5.
Les programmes locaux Action 21 ont beaucoup aidé les collectivités locales à favoriser une bonne gouvernance au niveau local. Ils ont facilité la participation des grands groupes, notamment les femmes, les jeunes, les populations autochtones, les organisations non gouvernementales (ONG), les travailleurs et les syndicats, le secteur privé et dautres acteurs, aux structures de décision au niveau local. Plus de 70 % des collectivités locales qui se sont donné un programme Action 21 demandent la participation de multiples parties prenantes. Cest dans les pays les moins avancés que les processus participatifs sont les plus ouverts. Les collectivités locales ont ainsi créé des partenariats avec les grands groupes, les minorités ethniques, les groupes communautaires, le secteur éducatif, les organismes de recherche et les instituts scientifiques, les médias, les associations professionnelles, les organismes internationaux, les administrations publiques et dautres collectivités locales, afin daccélérer ladoption dun mode durable de développement4.
Dans les pays développés, les processus de planification mis en place par les collectivités locales dans lobjectif de durabilité appliquent souvent bon nombre des principes de participation publique énoncés dans les programmes locaux Action 21, même sils nen sont pas officiellement. Au Japon, 109 collectivités locales ont adopté des stratégies de programme local Action 21 et plusieurs autres utilisent des approches participatives similaires pour aborder les questions denvironnement. En Europe occidentale, on met en oeuvre de nouveaux mécanismes faisant appel à de multiples parties prenantes. Quelque 1 300 collectivités locales européennes, soit plus de 100 millions de citoyens, participent à la campagne des villes européennes durables et sengagent ainsi à formuler des programmes locaux Action 21. Toutes les communes suédoises et plus de 90 % des collectivités locales britanniques ont opté pour des stratégies de ce type. En Australie, 177 collectivités locales ont adopté des programmes locaux Action 21 ou des stratégies de durabilité similaires4.
Les collectivités locales qui connaissent des bouleversements politiques et économiques complexes se mettent également à adopter des programmes locaux Action 21. En Estonie, Fédération de Russie, Lettonie, Lituanie et Pologne, près de 100 collectivités locales ont adopté des programmes locaux Action 21. Dans la région Asie-Pacifique, la tendance à la décentralisation des décisions a conduit à une multiplication du nombre de programmes locaux Action 21 en Chine, en Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines, en Malaisie, au Viet Nam et en République de Corée. En République de Corée uniquement, plus de 170 collectivités locales ont formulé des programmes locaux Action 214. En Amérique latine, les programmes locaux Action 21 ont servi à promouvoir légalité et la démocratie au sein des collectivités locales. Au Brésil, ils ont incité les collectivités locales à introduire un système de budgétisation participative. Les collectivités locales péruviennes, quant à elles, approuvent les liens établis entre les programmes locaux Action 21 et la décentralisation en cours dans leur pays.
Protection du climat
Aujourdhui, 10 ans après ladoption de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques à la CNUED, et cinq ans après lengagement pris par les gouvernements de réduire les émissions des gaz à effet de serre afin datteindre les objectifs fixés à Kyoto, à léchelon national les gouvernements continuent de se battre pour les réduire et pour atténuer la menace que représentent les changements climatiques mondiaux. En revanche, bon nombre de collectivités locales ont réussi à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, à améliorer la qualité de lair au niveau local, à développer des moyens de transport écologiquement rationnels et accroître les rendements énergétiques, ce qui a eu pour effet de renforcer leurs économies. Les collectivités locales ont par ailleurs été des défenseurs actifs de la mise en oeuvre locale des mécanismes de Kyoto. Leurs représentants ont assisté à toutes les réunions de la Conférence des parties à la Convention, prenant la parole lors des manifestations parallèles et présentant des exposés pendant les séances plénières officielles.
Les collectivités locales ont réduit leurs émissions de gaz à effet de serre en agissant sur la consommation dénergie, ce qui a eu des effets locaux sur les émissions. Elles ont mis les installations municipales en conformité avec les normes de rendement énergétique et les ont équipées de technologies favorisant les économies dénergie. Les stratégies générales mises en oeuvre à léchelle dune ville en vue de protéger le climat consistent à récupérer le méthane dans les décharges; à réduire la quantité de déchets envoyés aux décharges, par des programmes de recyclage; à proposer des solutions de rechange au modèle de la voiture individuelle et à la circulation non rationnelle des marchandises. En augmentant le rendement énergétique dune part, et en abaissant la consommation de combustibles fossiles dautre part, on améliore la qualité de lair et les conditions de la vie collective et on réalise des économies.
Les 500 villes qui participent à la campagne des villes pour la protection du climat, lancée par le Conseil international pour les initiatives locales en environnement, et dont les émissions de gaz à effet de serre représentent globalement 8 % environ des émissions mondiales, tentent de les réduire au niveau local et daméliorer la qualité de lair. Aux États-Unis dAmérique, les collectivités locales engagées dans la campagne ont déjà réduit leurs émissions annuelles de plus de 9,4 millions de tonnes déquivalent dioxyde de carbone, et économisé plus de 70 millions de dollars en dépenses dénergie et de combustibles. En Australie, la campagne, fortement appuyée au niveau national, concerne 144 collectivités locales, soit plus de 58 % de la population. Les mesures que les collectivités locales ont prises pendant la campagne ont permis de réduire le total des émissions déquivalent dioxyde de carbone de 78 000 tonnes en 2000 et 2001, et une diminution de 184 500 tonnes est prévue pour 2002. Plus de 32 millions de dollars australiens ont été investis dans des mesures de réduction depuis 1999. En Europe, 100 collectivités locales ont pris part à cette campagne. Certaines dentre elles appuient des programmes nationaux. LAlliance des villes européennes en faveur du climat réseau constitué de 850 collectivités locales et peuples indiens dAmazonie conçoit et met actuellement en oeuvre des plans locaux de protection du climat et préserve la forêt tropicale humide en réduisant de moitié les émissions de gaz à effet de serre et en limitant lexploitation des bois tropicaux. Comme suite à la réunion de 1997 des parties à la Conférence de Kyoto, le Gouvernement japonais a promulgué une loi selon laquelle toutes les collectivités locales doivent établir et mettre en oeuvre un plan de protection du climat.
Utilisation rationnelle de leau et gestion des déchets
Depuis 1992, les collectivités locales ont amélioré leur gestion de leau douce et des déchets solides (voir chap. 17 à 22 dAction 21). Elles ont aussi renouvelé leur engagement et augmenté leurs investissements dans ce domaine, et ont organisé une coopération intercommunale en constituant des associations coopératives qui permettent de gérer les services publics de manière plus efficace. Elles ont formulé un code de leau, qui énonce les principes garantissant une utilisation et une gestion responsables et rationnelles de leau. Les participants à la Conférence internationale sur leau, qui sest tenue à Bonn en 2001, ont reconnu le rôle crucial que jouent les collectivités locales dans la gestion efficace des ressources en eau.
Les collectivités locales ont réussi en partie à améliorer leur gestion des ressources en eau. Les initiatives menées dans le cadre des programmes locaux Action 21 dans le monde en développement ont permis daméliorer la qualité et la distribution de leau de manière considérable4. À léchelle mondiale, les stratégies suivies en matière de ressources en eau saccompagnent souvent dune amélioration de la gestion et du traitement des déchets. Il sagit notamment de mettre en place des mécanismes de réglementation et dincitation, tels que les redevances de pollution, afin de favoriser la durabilité; davoir une politique dachats écologiquement rationnels; de faciliter le recours aux écotechnologies; de sensibiliser la population; de mettre en oeuvre des plans de protection des eaux souterraines et des eaux de surface; et détablir des partenariats entre collectivités et administrations locales afin de permettre laccès à de nouvelles ressources en eau et daméliorer les services de distribution de leau6.
Utilisation durable des sols
Développement social
IV. Les obstacles
Structures, capacités et cadres institutionnels des gouvernements
Légitimité de la gestion des affaires publiques
Conflits de juridiction et compartimentation du gouvernement
Concentration du pouvoir économique
À la suite de la libéralisation et de la déréglementation du commerce et des marchés de capitaux, le pouvoir et linfluence sont passés du secteur public au secteur privé. Au sein du secteur privé, la tendance à la concentration du pouvoir se poursuit à un rythme sans précédent. Par conséquent, le développement et la viabilité des économies et des sociétés sont déterminés le plus souvent par des décisions dun nombre de plus en plus réduit de centres de pouvoir économique qui ne rendent pas des comptes dune manière démocratique.
Affectation et gestion des ressources
Les autorités locales ne disposent pas de ressources financières et humaines suffisantes pour bien mettre en oeuvre des initiatives de développement durable, surtout lorsque des investissements déquipement sont nécessaires. Lorsquun financement est disponible, le manque de contrôle local sur des sources stables de financement, par opposition à des dons provenant dautres secteurs du gouvernement, aboutit à lexécution de programmes à court terme plutôt quà la planification à long terme qui est nécessaire pour résoudre les problèmes à léchelle du système. En outre, dans certaines juridictions, les gouvernements ne font en fait quencourager la détérioration de lenvironnement, fausser les échanges commerciaux et aggraver les inégalités par des politiques non viables de subventions et de taxation. Les instruments existants de gestion sont souvent inappropriés pour la planification et le contrôle effectifs des ressources financières, humaines et naturelles.
Manque de volonté politique
Les gouvernements et leurs citoyens nont pas suffisamment placé laccent sur le développement durable. Sil existe une volonté politique suffisante, il est possible de parvenir au développement durable, mais il y a peu dincitations pour encourager les dirigeants à défendre la durabilité dans ce domaine. La durée relativement brève des mandats électoraux encourage ladoption dobjectifs à court terme avec des résultats immédiats plutôt que dune planification à long terme pour un développement durable où les avantages ne seront pas visibles pendant des années. Les dirigeants potentiels au sein du gouvernement, de ladministration publique et de la collectivité ne reçoivent pas de crédit pour leur travail en faveur du développement durable.
Diffusion du concept de développement durable
En tant que concept, le développement durable transcende les différences culturelles et traite simultanément des questions sociales, économiques et environnementales, mais il continue à être perçu comme un mouvement écologique avec des objectifs provenant de la classe moyenne des pays du Nord. Cela est dû en partie à la nature sporadique et récente de nombreux projets de développement durable. De nombreuses initiatives nont pas encore abouti à des améliorations à long terme pour divers groupes, qui devraient susciter un large appui et donner une impulsion au développement durable.
Modes de production et de consommation
Les normes culturelles qui assimilent le succès à une consommation accrue ne sont pas viables dans un monde où les ressources sont finies et la population en expansion. Lexploitation de la main-doeuvre peu coûteuse et des ressources des pays en développement pour perpétuer le cycle croissant de loffre et la demande sur lequel les économies des pays développés, et également de certains pays en développement, sont fondées ne fait quaggraver les inégalités mondiales et la dégradation de lenvironnement.
Surmonter les obstacles
Les autorités locales sont en première ligne pour la fourniture des services. Elles doivent avoir des pouvoirs et des ressources appropriés pour traiter les questions prioritaires dans chaque contexte. Le développement durable réussira le plus facilement grâce à son application au niveau local dans le contexte dune coopération entre les différents secteurs du gouvernement, selon laquelle chaque secteur a son propre domaine de responsabilité, mais coordonne et coopère avec les autres. Action 21 souligne la nécessité dune plus grande intégration des politiques et des plans de développement nationaux et locaux; dune plus grande participation des organisations de la société civile; dune décentralisation de la prise de décisions budgétaires et administratives; et dun élargissement des partenariats et de la coopération entre les organismes du secteur public et du secteur privé et entre les différents niveaux du gouvernement. Lapplication conjointe de ces stratégies peut renforcer lefficacité, lobligation de rendre des comptes et la transparence des gouvernements. Les succès remportés sur le plan local montrent que lapplication de ces stratégies dAction 21 peut permettre de surmonter ces obstacles.
V. Stratégies pour lavenir
Au cours de la dernière décennie, les initiatives locales à elles seules nont pas pu faire évoluer les tendances mondiales en faveur du développement durable. Dans de trop nombreux cas, elles nont même pas pu résoudre nos problèmes les plus urgents de développement local durable. Les raisons pour lesquelles ces ambitions ont été contrariées sont tout à fait simples. Il est possible de mettre au point des stratégies concrètes pour des réalités locales spécifiques, mais il est impossible de les appliquer indépendamment des politiques, des investissements et des programmes dautres secteurs du gouvernement. Afin délaborer une stratégie pour relever les défis du développement durable, et pour réussir à réorienter les tendances locales, nationales et mondiales, il faudra un plus grand engagement politique et de nouvelles approches.
Le présent chapitre décrit les principales actions politiques requises de tous les secteurs des gouvernements afin de renforcer le lien entre le processus mondial dAction 21 et les réalités locales. Afin daccélérer lévolution vers le développement durable, les gouvernements et les grands groupes doivent former des alliances et des partenariats pour laction, en particulier au niveau local. Les processus locaux dAction 21 constituent les premières tentatives de parvenir au développement durable. Nous devons maintenant traduire les programmes en actions pour façonner des communautés stables, équitables et viables.
Renforcer les pouvoirs locaux
La mondialisation, la déréglementation et la compression des administrations publiques au cours des 10 dernières années ont encouragé le développement, mais pas léquité ou le développement durable. La croissance économique sans précédent enregistrée au cours de la décennie a le plus souvent favorisé les gains privés aux dépens du bien public. La « restructuration » des gouvernements pendant les années 90 a été dans une large mesure un programme antigouvernement. Or, pour promouvoir léquité et le développement durable en tant que valeurs publiques, il faut que le gouvernement joue un rôle vigoureux de chef de file. Ce quil fallait, et ce dont nous avons le plus besoin actuellement, cest un programme positif visant à redéfinir le gouvernement en tant quagent efficace pour parvenir à ces objectifs publics essentiels.
Laction déterminante du gouvernement en faveur de léquité et du développement durable doit avoir une fondation locale solide. Cest au niveau local que le gouvernement obtient sa légitimité et son appui. Si un système de gouvernement ne peut pas être réceptif, assurer la fourniture des services de base et appuyer les normes publiques au niveau local, le contrat social entre le gouvernement et les citoyens ne peut pas être établi ou saffaiblit rapidement. En labsence dune cohésion des citoyens, il y aura une société civile impatiente, tendue et motivée par lintérêt. Afin dempêcher la fragmentation sociale dans des sociétés en évolution rapide, la cohésion des citoyens, qui permet létablissement dun partenariat entre lÉtat et la société civile, doit être renforcée grâce à des institutions locales qui ont les ressources et les pouvoirs nécessaires pour remplir leur mandat public.
Par conséquent, la première étape sur la voie du développement durable devrait être le renforcement des pouvoirs locaux. Les changements institutionnels doivent améliorer les capacités professionnelles, le financement et les mécanismes dapplication des lois au niveau local. Les pouvoirs locaux restructurés doivent être adaptés à la région et à la culture. Dune manière plus spécifique, il faut :
a) Restructurer les pouvoirs locaux en vue du développement durable
Faire participer la société civile et le secteur privé à la promotion de léquité et du développement durable en assurant une gestion des affaires publiques plus responsable, transparente et inclusive.
Promouvoir dune manière dynamique la participation sur un pied dégalité des femmes et des hommes, des jeunes et des personnes âgées, et dautres groupes marginalisés, à la prise de décisions au niveau local sous toutes ses formes.
Restructurer les départements traditionnels et les services publics de distribution afin de les récompenser particulièrement pour lobtention de résultats en matière déquité et de développement durable.
Poursuivre le processus de décentralisation en appliquant davantage le principe de subsidiarité. Cela requiert une coopération intergouvernementale afin dassurer la réaffectation des pouvoirs et des ressources, et non uniquement la délégation de responsabilités, à dautres secteurs du gouvernement.
b) Accroître les ressources affectées aux pouvoirs locaux
Accroître laccès des pouvoirs locaux aux ressources financières et humaines requises pour le renforcement des capacités effectives des autorités locales. Tous les secteurs du gouvernement doivent collaborer afin de trouver des sources nouvelles et novatrices de financement pour le développement durable, notamment en augmentant la mise en commun des recettes et en permettant un accès local direct aux marchés des capitaux.
c) Investir dans les dirigeants locaux
Les défenseurs locaux du développement durable doivent être encouragés et reconnus. Cette reconnaissance peut être effectuée grâce à une participation aux initiatives nationales, telles que les conseils nationaux du développement durable, et grâce à des systèmes nationaux et internationaux de reconnaissance et dincitation.
Créer des programmes ciblés afin dappuyer le développement des dirigeants locaux en vue du développement durable, y compris les élus locaux, les administrateurs municipaux, les membres des professions libérales et les représentants de la société civile locale.
d) Renforcer les mécanismes publics en vue du développement durable local
Réaffirmer lengagement de tous les secteurs du gouvernement envers les processus locaux dAction 21 ou des processus similaires de planification du développement à participation multiple. Les gouvernements et les organismes donateurs sont encouragés à appuyer le lancement de campagnes nationales pour les processus locaux dAction 21. Les autorités locales sont instamment priées détablir des liens officiels entre les activités de planification des processus locaux dAction 21 et létablissement du budget annuel ainsi que les activités de planification réglementaires de la municipalité. Les programmes dinvestissement sous-nationaux, nationaux et internationaux devraient activement tenir compte des stratégies et objectifs des processus locaux dAction 21 dans la sélection et la conception des projets qui recevront un appui.
Restructurer la gamme actuelle dinstruments de planification et de gestion afin de mettre en place un cadre cohérent pour la gestion intégrée des ressources qui permette des investissements et des activités pour le développement durable local avec une utilisation efficace des ressources financières, humaines et naturelles.
Restructurer les mécanismes traditionnels de planification, de sélection des techniques et daffectation des ressources afin de mieux tenir compte des conséquences sociales et environnementales. Cela impliquerait une évaluation complète de ladaptation aux conditions locales, des coûts pendant toute la durée dapplication et des incidences sur le développement durable des technologies publiques ainsi que la mise au point et lapplication plus dynamique de critères pour une utilisation durable du sol ainsi que pour la gestion des transports, de lénergie et des bassins versants.
Réexaminer lutilisation des subventions directes et indirectes et éliminer lemploi de subventions ayant des effets pervers. Lorsque les marchés doivent être réglementés pour appliquer des mandats publics clairs, y compris en utilisant des subventions, cette réglementation devrait être favorable aux intérêts publics.
Renforcer la coopération intergouvernementale et intragouvernementale
Les forces génératrices dune forme de développement inéquitable et non viable à terme sont profondément ancrées dans des pratiques institutionnelles, économiques et culturelles bien établies. Ces pratiques, souvent systématiques, doivent être modifiées par une méthode de saine réflexion sur le long terme dans les affaires publiques. Pour cela, il faut définir des stratégies de développement durable communes aux divers secteurs dactivité de lÉtat qui abordent les problèmes de manière synthétique, éliminent les entraves, valorisent les synergies possibles entre les divers secteurs et niveaux de lÉtat qui poursuivent les mêmes objectifs à long terme. Nous devons plus précisément :
a) Faire de la gestion stratégique pour obtenir
des résultats concrets au niveau local
Examiner plus à fond comment les projets de développement et dinfrastructure actuels et futurs, les réformes institutionnelles et fiscales et les choix technologiques à long terme peuvent déterminer les formes du développement local et en même temps créer un cadre propice à un développement plus durable et plus équitable;
Créer aux niveaux national et territorial des conseils de développement durable au sein desquels les collectivités locales seraient largement représentées et qui auraient pour tâche de coordonner et de mettre en oeuvre des stratégies communes de développement durable;
Aider les institutions locales et infranationales à participer directement, dans le cadre de partenariats internationaux, à des activités de nature à les intégrer plus pleinement à lactivité sociale et économique mondiale;
b) Créer des liens de travail entre ladministration centrale et les collectivités territoriales et locales
Créer des liens précis et concrets entre ladministration centrale et les collectivités territoriales et locales afin de trouver des solutions communes à des problèmes prioritaires de développement durable, ce qui permettrait de mener une action publique cohérente sans imposer den haut des solutions toutes faites ni entraver les innovations et spécificités locales. Les gouvernements qui participent à cette action collaboreraient étroitement à la mise en place de mécanismes dexécution et à lélimination des obstacles susceptibles de rendre cette action moins efficace. Les activités et les résultats qui en découlent seraient largement diffusés afin daider à mieux resserrer les liens entre les administrations et les responsables politiques des divers niveaux de ladministration;
Favoriser la coopération entre municipalités pour mieux tirer parti du renforcement des capacités et de léchange dinformations;
c) Instaurer une planification par écosystème
Mettre en place des mécanismes de planification et dadministration axés sur les écosystèmes et réexaminer les limites des circonscriptions administratives afin de faire mieux concorder les limites des systèmes politiques, économiques et écologiques;
Mettre au point des politiques et mécanismes coordonnés pour résoudre les problèmes prioritaires liés à la gestion des terrains urbains, notamment en établissant des directives concernant la planification et la gestion durables des terrains urbains et périurbains, les moyens de transport et la coordination entre les différents échelons de ladministration publique.
Favoriser la solidarité et la coopération internationales
Tous les échelons de ladministration et non pas juste les administrations centrales devraient être encouragés à établir des liens de solidarité et de coopération avec des unités administratives étrangères en vue de lapplication dAction 21 et des conventions qui sy rapportent. Cette solidarité, en se raffermissant, permettrait de disposer de plus de ressources et de mécanismes pour parvenir à un mode durable de développement. Linstauration dune coopération internationale entre un nombre plus grand de pouvoirs publics suscitera une prise de conscience accrue de la société civile ainsi quun soutien plus vaste et des engagements plus fermes en faveur des processus internationaux. Nous devons plus précisément :
a) Réduire les entraves à une coopération décentralisée
Accroître la participation et le nombre de représentants des pouvoirs publics territoriaux et locaux aux discussions préparatoires et parmi les délégations aux conférences et négociations internationales;
Reconnaître officiellement la coopération décentralisée comme un mécanisme essentiel de laide internationale au développement et accroître le soutien que les institutions et les donateurs apportent aux partenariats internationaux directs et les flux de ressources entre administrations de différents niveaux;
Raffermir la coopération entre les organismes internationaux, les administrations nationales et les pouvoirs publics territoriaux et locaux pour quils fassent de la mondialisation un outil de développement durable. Cela appelle une plus grande transparence de la part dinstances telles que les institutions financières internationales lors de négociations internationales sur le commerce et lenvironnement qui dictent les décisions prises au niveau mondial. Tous les échelons de ladministration publique doivent avoir un meilleur accès aux informations sur la politique macroéconomique et aux instances de décision;
b) Mobiliser tous les échelons administratifs de lÉtat pour assurer le respect des engagements internationaux
Les pays développés doivent consacrer au moins 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) à laide publique au développement, laide étant calculée en tenant compte des transferts de ressources de toutes les administrations nationales, territoriales et locales;
Aider les pouvoirs publics locaux et territoriaux à mettre en oeuvre les stratégies internationales daction en faveur du développement durable. Cest ainsi que, pour aider à respecter leurs engagements minimaux souscrits en vertu du Protocole de Kyoto, les administrations nationales pourraient allouer des fonds aux pouvoirs locaux pour les aider à mener à bien leurs initiatives attestées de réduction de gaz à effet de serre;
Soutenir des campagnes internationales visant à permettre aux pouvoirs locaux et territoriaux à travers le monde de prendre des mesures collectives pour appliquer les conventions adoptées lors de la Conférence de Rio sur lenvironnement et le développement et de sacquitter des engagements pris à cette occasion;
Accroître le montant des ressources allouées directement aux institutions publiques locales au titre de laide internationale au développement.
Créer une nouvelle culture de durabilité
Les gouvernements doivent utiliser leurs politiques et programmes pour promouvoir des pratiques viables et encourager les milieux daffaires et les citoyens à en faire autant. Plus précisément, nous devons :
a) Adopter des normes culturelles viables pour orienter les politiques publiques
Envisager de faire de la Charte de la Terre un ensemble cohérent et réfléchi de valeurs et de principes issus de cultures diverses dont sinspireraient les dirigeants locaux et mondiaux pour promouvoir un développement durable;
Aider les gouvernements et les membres de la société civile à comprendre que la diversité ethnique et religieuse doit être considérée comme un atout et une source de développement et à réduire la discrimination et lhostilité entre groupes, jetant ainsi les bases de la paix et de la sécurité;
b) Utiliser les passations de marchés pour créer des débouchés de produits écologiquement rationnels
Promouvoir, dans tous les niveaux de ladministration, des politiques et pratiques dachat qui tiennent compte de la qualité des biens et services et de tous les coûts et effets dun produit, tout au long de son cycle de vie, dans les décisions dachat. Éliminer la réglementation qui entrave la passation de marchés qui favorisent léquité et la viabilité;
Mettre en place des mécanismes collectifs de passation de marchés qui permettent aux institutions de créer, au niveau du secteur public, une demande de produits respectueux de lenvironnement mieux justifiée;
c) Utiliser les investissements publics pour promouvoir des modèles de consommation viables
Coordonner les plans et les investissements consacrés par les divers échelons de ladministration à linfrastructure, aux systèmes de transport et à lapprovisionnement en eau et en énergie afin doffrir aux consommateurs et aux usagers des services publics une gamme de choix plus vaste leur permettant davoir des modes dexistence viables et économiques;
Lancer des campagnes déducation et de sensibilisation et utiliser les mécanismes fiscaux et de réglementation disponibles à tous les échelons de ladministration pour favoriser des modèles de consommation plus viables.
Accélérer la transition vers des villages et des villes viables à terme
Les sociétés ne peuvent être viables à terme que si elles regroupent des collectivités locales qui le sont. Tous les niveaux de ladministration doivent semployer à hâter la transition vers des villages et villes dont les politiques, plans et actions y tendent et y concourent. Les administrations nationales doivent veiller à ce que leurs politiques et programmes éliminent tous les obstacles qui sy opposent et créent des cades qui y soient favorables. Nous devons plus précisément :
Analyser et gérer les risques auxquels sont exposées nos villes afin de déterminer les bâtiments et les équipements menacés, les rendant systématiquement moins vulnérables, de manière à créer des cadres de vie plus sûrs;
Planifier et financer le passage rapide de lère des combustibles fossiles à lère du solaire notamment en veillant à ce que nos villes soient alimentées par lénergie solaire sous ses diverses formes (apport calorifique actif et passif, cellules photovoltaïques, éoliennes, hydroélectricité et biomasse) pour des besoins fixes et pour les transports;
Orienter la planification urbaine et les investissements vers des structures économes en ressources qui permettent dutiliser des ressources humaines, naturelles et financières de manière optimale et réduire la pollution et les déchets liquides, solides et thermiques, atténuant ainsi les risques attachés aux approvisionnements et renforçant la solidité de nos systèmes urbains.
VI. Conclusions
Depuis la tenue de la Conférence de Rio il y a dix ans, les pouvoirs publics locaux en sont venus à juger les principes de viabilité, déquité et de sécurité comme des objectifs à réaliser impérativement. En partenariat avec dautres grands groupes, ils ont pris les premières mesures qui ont permis de les appliquer. Ils demandent que tous les gouvernements, organisations et particuliers les adoptent et les concrétisent à leur tour en mettant en oeuvre les stratégies définies dans le présent document.
La durabilité, léquité et la sécurité peuvent être assurées en changeant radicalement les valeurs appliquées dans nos sociétés. Nous devons nous engager à vivre en harmonie avec notre milieu et avec les autres habitants de notre planète et veiller à ce que nos décisions reflètent les intérêts des générations à venir. Lacceptation de limpératif moral et matériel de la durabilité écologique doit être à la base de toutes les décisions que nous prenons aussi bien à titre individuel que collectif.
Notes
1 Pour obtenir un aperçu complet de ce processus, voir <http://www.iclei.org/johannesburg2002>.
2 La campagne mondiale du Centre des Nations Unies pour les établissements humains a notamment pour objectif de renforcer le concept de bonne gestion locale des affaires publiques.
3 Le concept de subsidiarité donne à penser que la prestation de services devrait être assurée par la sphère de gouvernement la plus proche, qui est la plus à même de répondre aux besoins des électeurs tout en continuant à tirer profit déconomies déchelle sur les plans économique et administratif.
4 Conseil international pour les initiatives locales en environnement et secrétariat du Sommet mondial pour le développement social, Enquête sur les programmes locaux Action 21, 2001.
5 Les villes qui participent au programme « Cités santé » de lOMS peuvent également avoir un programme local Action 21. <http://www.who.int/hpr/archive/cities/ regional/index.html>.
6 Conseil international pour les initiatives locales en environnement, Local Government Water Report: Improving Local Management and Governance for a Shared Resource (2001).
7 Forum mondial des maires sur les villes et la désertification, Bonn (Allemagne), 11-12 juin 1999.