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Nations Unies |
E/CN.17/2002/PC.2/6/Add.7
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Conseil économique
et social |
Distr.
générale
9 janvier 2002
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable constituée
en Comité préparatoire du Sommet mondial
pour le développement durable
Deuxième session
préparatoire
28 janvier-8
février 2002
Deuxième
session de la Commission du développement durable constituée en
Comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement
durable
– dialogue multipartite
Note du Secrétaire
général
Additif
Document
de concertation établi par le secteur des entreprises
et l’industrie*
* Établi
par la Chambre de commerce internationale et le Conseil mondial des entreprises
pour le développement durable, sur linvitation du secrétariat
du Sommet mondial pour le développement durable, en qualité de partenaires
chargés de lorganisation du dialogue pour le secteur des entreprises
et de lindustrie. Il a été élaboré en consultation
avec les entreprises et les organisations qui les représentent, et finalisé
par la Chambre de commerce internationale et le Conseil mondial des entreprises
pour le développement durable. Les opinions qui y sont exprimées
ne représentent pas nécessairement celles de lOrganisation
des Nations Unies.
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Résumé
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Les
informations présentées dans le présent document
de synthèse tiennent compte de diverses vues, positions et idées
exprimées par les milieux d’affaires au niveau international. Elles
offrent une vaste perspective sur les problèmes en matière
d’orientation et de ressources à travers le monde et démontrent
la détermination du secteur industriel et commercial à définir
et mettre en oeuvre des solutions durables.
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Le
présent document a pour objet de contribuer à un dialogue
constructif et ne reflète pas nécessairement les vues des
organisations partenaires et/ou de leurs membres. La Chambre de commerce
internationale (<http://www.iccwbo.org>)
et le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable
(<http://www.wbscd.org>) remercient
leurs membres et les autres instituts et associations coopérants
de leur contribution et de leur assistance.
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I. Introduction
- La Chambre de commerce
internationale et le Conseil mondial des entreprises pour le développement
durable ont joué un rôle prépondérant dans la diffusion
des vues des milieux d’affaires internationaux à la Conférence
des Nations Unies sur l’environnement et le développement tenue en
1992 à Rio de Janeiro. Depuis la Conférence, la Chambre de commerce
internationale, le Conseil mondial des entreprises pour le développement
durable et les entreprises et organisations sectorielles associées
ont collaboré étroitement avec la Commission du développement
durable dans les domaines suivants : communication du point de vue des
entreprises et de l’industrie; promotion des partenariats et des normes industriels,
dans le cadre des objectifs fixés par Action 21; soutien des initiatives
visant à appliquer des pratiques commerciales favorisant le développement
durable; participation aux réunions de dialogue multipartite organisées
sous les auspices de l’ONU.
- Depuis la sixième
session de la Commission du développement durable en 1998, les milieux
d’affaires internationaux ont donné des orientations aux gouvernements
sur les pratiques propices au développement durable dans les secteurs
de l’eau, du tourisme, de l’agriculture et de l’énergie et des transports.
Depuis 1992, le secteur des entreprises a largement contribué à
la solution de problèmes environnementaux. À cet égard,
il s’est avéré être le vecteur le plus efficace pour diffuser
des méthodes novatrices et souples. Dix ans plus tard, il est bon que
les gouvernements se retrouvent de nouveau au Sommet mondial pour le développement
durable pour évaluer les progrès accomplis en matière
de développement durable et déterminer les nouvelles priorités.
Le secteur des entreprises fait désormais partie intégrante
de la solution, et transmettra un message positif et proactif à Johannesburg.
- Pour assurer une participation
structurée et productive au Sommet mondial pour le développement
durable de 2002, la Chambre de commerce internationale et le Conseil mondial
des entreprises pour le développement durable aident les entreprises
du monde entier à se rassembler autour du thème " Réseau
d’entreprises pour le développement durable " (<http://www.basd-action.net>).
Le secteur des entreprises a pour objectif de participer pleinement au dialogue
avec les gouvernements et autres parties intéressées. Les entreprises
et l’industrie étant les moteurs économiques des pays qui participent
au Sommet, l’un des principaux thèmes abordés sera les progrès
déjà accomplis par les milieux d’affaires internationaux et
leur rôle dans les années à venir.
- Le secteur des entreprises
et l’industrie mettront en lumière leurs réussites et leurs
réalisations en ce qui concerne la création de partenariats,
la promotion des normes industrielles, et les succès obtenus grâce
à des initiatives spontanées, en particulier depuis 1992. Conscients
du rôle important qu’ils ont à jouer et de la nécessité
pour les parties intéressées de trouver des solutions efficaces
aux problèmes complexes rencontrés, les milieux d’affaires internationaux
souhaitent participer de manière constructive, souple et coopérative
à la préparation du Sommet.
II. Objectifs
du Sommet mondial pour le développement durable
- Les milieux d’affaires
internationaux voient se profiler un grand nombre de problèmes et de
priorités en ce qui concerne le développement durable. Comment,
par exemple, les gouvernements et la société dans son ensemble
doivent-ils affecter leurs ressources pour en tirer le maximum de profit?
Quel est le rôle des entreprises pour régler ces problèmes
et faire face à ces priorités? Les participants au Sommet devront
prendre les mesures essentielles suivantes :
a) Encourager
les progrès et la prospérité dans les pays en développement
et leur permettre de pénétrer les marchés de l’économie
et de l’information et d’en tirer profit;
b) Faire
mieux comprendre les relations d’interdépendance entre mondialisation,
environnement et développement. La mondialisation est un cadre propice
au développement durable;
c) Comprendre
et renforcer les nouvelles règles d’engagement entre les parties intéressées
au niveau mondial, notamment le secteur privé et la société
civile, ainsi que les mesures nécessaires pour mener à bien
les politiques mondiales de développement durable. La coopération
multilatérale et les approches axées sur les marchés
et la science et qui ne limitent pas les échanges commerciaux faciliteront
l’instauration du développement durable;
d) Souligner
l’importance de l’exécution au niveau national et de la coopération
nationale. La saine conduite des affaires publiques, l’exécution au
niveau national et la coopération internationale sont des conditions
nécessaires au développement durable; e) Promouvoir et
encourager la participation du secteur privé à l’élaboration
de la politique environnementale dans le cadre de la mondialisation et par
le biais d’un partenariat entre les composantes du système des Nations
Unies et avec d’autres entités non gouvernementales. Le secteur privé
joue un rôle de premier plan dans l’amélioration de la qualité
de vie et doit faire face à de nouveaux enjeux en vue d’instaurer le
développement durable.
- Pour oeuvrer en faveur
du progrès et de la prospérité, le Conseil mondial des
entreprises pour le développement durable devrait traiter quatre points
essentiels (qui devraient être considérés comme liés) :
a) Lutter
contre la pauvreté : Considérer la réduction
de la pauvreté et le développement durable comme des objectifs
liés, nécessitant l’adoption d’une combinaison complexe de mesures,
notamment dans les domaines suivants : augmentation des investissements
étrangers directs; amélioration de l’accès aux marchés;
coopération internationale en matière d’environnement; assistance
technique et financière multilatérale de la part des institutions
internationales; réduction sensible de la dette; amélioration
de la gestion des affaires publiques; renforcement des institutions et des
capacités; aide bilatérale ciblée;
b) Exploiter
la synergie entre développement durable et mondialisation :
Tirer parti des avantages offerts par la mondialisation dans les domaines
économique, social et environnemental et les partager; promouvoir des
mesures visant à stimuler la croissance économique; profiter
de l’ouverture des marchés du commerce et de l’investissement; encourager
la coopération internationale en matière d’environnement; s’appuyer
sur des approches scientifiques et tenant compte des risques, conformes aux
règles commerciales;
c) Favoriser
l’innovation technologique et faciliter l’accès à l’information
et en assurer la sauvegarde : Promouvoir l’accès à
l’information et sa sauvegarde, l’innovation scientifique et le développement
technologique pour contribuer à améliorer la qualité
de la vie, la gestion de l’environnement, le choix offert aux consommateurs
et les prestations sociales;
d) Encourager
la coopération internationale et l’exécution au niveau national :
Encourager les interactions entre les institutions et les politiques économiques,
environnementales et sociales en vue d’améliorer la mise en oeuvre
des mesures et instaurer les conditions propices au développement durable.
III. Appuyer
la transition vers les mesures volontaires
- L’expérience montre
que l’amélioration de la situation des droits de l’homme et des normes
relatives au travail et à l’environnement est plus facile à
réaliser dans un contexte de croissance, créé par l’interaction
entre l’économie de marché et la gestion avisée des affaires
publiques. En matière de gestion des entreprises, les bonnes pratiques
se répandent plus efficacement par l’exemple, la persuasion et la pression
de l’entourage, que par l’instauration de normes et réglementations
gouvernementales contraignantes. Dans cette phase, les principaux facteurs
de succès sont le dynamisme, l’innovation, la concurrence et la transparence.
- Il est préférable
de traiter les problèmes complexes liés au développement
durable par le biais de mesures volontaires visant des objectifs bien définis,
et de rendre compte des progrès réalisés. Le volontariat
présente aussi l’avantage inestimable de rapprocher les diverses cultures
représentées dans les entreprises multinationales et d’être
assez souple pour adapter les solutions à des conditions données.
Pour que la société profite pleinement des mesures volontaires
et initiatives bénévoles, des signaux plus importants et plus
clairs devront être envoyés par les marchés pour inciter
la majorité des entreprises et des consommateurs à adopter des
pratiques propices au développement durable. Une combinaison prospective
de caractéristiques suscitant la confiance et encourageant l’utilisation
d’accords volontaires, d’initiatives et de partenariats entre secteurs public
et privé pourrait comprendre les éléments suivants :
a) Amélioration
des marchés, de sorte qu’ils puissent étayer le développement
durable en se concentrant sur les axes suivants : éducation des
consommateurs, liberté de choix, concurrence et innovation;
b) Élaboration
et exécution au niveau national de règles relatives à
l’environnement fondées sur des données scientifiques fiables
et sur l’évaluation judicieuse des risques et des conséquences
économiques;
c) Définition
d’objectifs réalistes en matière de salubrité du milieu
et d’amélioration de la sécurité, gestion des incidences
sur l’environnement et protection de la santé publique, grâce
à des politiques et à des mesures fondées sur des principes
précis d’évaluation des risques établis scientifiquement;
d) Utilisation
d’un cadre de libre entreprise adoptant des approches axées sur le
marché et démantèlement des systèmes de subvention
inefficaces;
e) Promotion
de la coopération technologique entre les entreprises privées
dans les domaines de la production, de la recherche-développement,
et de la commercialisation des technologies et produits ayant des incidences
moindres sur l’environnement;
f) Poursuite
des tendances positives visant à libéraliser le commerce et
les investissements internationaux sans conditionnalité environnementale
ou sociale;
g) Promotion
du respect et de la mise en oeuvre de règles environnementales de manière
non discriminatoire et sans entraver les échanges commerciaux ni l’accès
aux marchés.
- La Chambre de commerce
internationale, le Conseil mondial des entreprises pour le développement
durable et les entreprises qui en sont membres font déjà preuve
de leur détermination à encourager les bonnes pratiques du secteur
privé et la conduite responsable des affaires grâce aux principes
définis par des sociétés indépendantes, ainsi
qu’à leur participation au Pacte mondial (<http://www.globalcompact.org>),
à leur contribution constructive à la révision des Principes
directeurs à l’intention des entreprises multinationales de l’Organisation
de coopération et de développement économiques (OCDE)
et à diverses autres initiatives telles que les Principes de Sullivan
(<http://www.globalsullivanprinciples.org>).
A. Scénario
d’activité pour le développement durable
- Le Conseil mondial des
entreprises pour le développement durable et la Chambre de commerce
internationale regroupent des milliers d’entreprises dans le monde entier,
dont les dirigeants sont convaincus que l’effort en faveur du développement
durable est bon pour les entreprises, comme pour la planète et ses habitants.
De nombreux scénarios, de type moral, éthique, religieux et
environnemental, peuvent être élaborés pour le développement
durable. Les représentants des entreprises et de l’industrie au
niveau international mettent également l’accent sur le scénario
commercial (http://www.wbcsd.org/DocRoot/rZNj49UF0okxGvdLfDte/business-case.pdf)
et sur le bilan financier de ce scénario. En fait, le scénario
commercial a un triple bilan, fondé sur les performances financières,
sociales et environnementales. Ici, le paradigme de mise n’est pas " soit
ceci, soit cela ", mais " ceci et aussi cela ".
- Les entreprises durables
excellent dans le domaine traditionnel du rendement des actifs financiers
et des sources créatrices de valeurs pour les actionnaires et les clients.
Elles font également une place au succès de la communauté
et des parties intéressées. Elles attachent une égale
importance tant à leur environnement naturel et culturel qu’à
leur bloc technologique et aux compétences de leurs employés.
Leurs plans de développement ne sont pas fondés uniquement sur
le rendement à court terme, car leurs employés, leurs dirigeants
et leurs clients partagent une certaine vision et certaines valeurs. Les entreprises
dont les activités ne reflètent pas la vision et les valeurs
ne survivront pas à terme sur le marché. Le scénario
d’activité est également animé de l’esprit d’entreprise
: il vise la prochaine étape sur la courbe de développement
de l’entreprise, c’est-à-dire le point où elle peut accroître
sa compétitivité en accordant une plus grande importance à
la durabilité.
B. Le marché
- La meilleure méthode
pour parvenir au développement durable consiste à instaurer
des marchés internationaux ouverts, concurrentiels et bien structurés
qui respectent les avantages comparatifs légitimes. De tels marchés
stimulent la productivité et l’innovation, éléments indispensables
à la réalisation de progrès durables. Les entreprises
demeurent le principal vecteur de création de richesse et la mesure
dans laquelle cette richesse contribue au recul de la pauvreté dépend
largement des choix de société. Les pays qui ont un faible taux
de pauvreté ne le doivent pas à leurs programmes de protection
sociale, mais principalement au fait qu’ils ont créé des cadres
favorables à l’esprit d’entreprise. Les entreprises offrent aux gens
des outils – débouchés, emplois, salaires, possibilités
d’investissement, formations et retraites – avec lesquels ils peuvent bâtir
une vie de qualité. Les gouvernements qui rendent la tâche difficile
aux entreprises et tentent de satisfaire à leur place les besoins de
la population font obstacle à la prospérité.
- Les marchés sont
des créations humaines fondées sur des valeurs, des lois et
des normes humaines. Il faut les créer, et on peut toujours les améliorer.
On assiste aujourd’hui à un virulent débat entre les opposants
de ce qu’on appelle le marché mondial et ses partisans. Il n’existe
pourtant pas de véritable marché mondial, mais seulement les
prémices, peu solides et loin d’être parfaits, d’un tel marché.
Les entreprises devraient jouer un rôle essentiel dans l’instauration
d’un marché international libre et équitable, un marché
non faussé par les subventions, les droits de douane et les obstacles
non tarifaires.
C. Le cadre
idéal
- Les marchés mal
structurés ne peuvent pas favoriser des progrès soutenus. Dans
le rapport présenté en 1992 dans le cadre du Sommet planète
Terre, les milieux d’affaires au niveau international ont plaidé en
faveur d’un mouvement stable, planifié et négocié vers
l’imputation intégrale des coûts des biens et services; le démantèlement
des systèmes de subventions inefficaces; l’extension de l’utilisation
des instruments de marché et l’allègement des réglementations;
une plus forte imposition des facteurs socialement nuisibles comme les déchets
et la pollution, et une imposition plus légère des éléments
qui ont un effet positif pour la société, tels que les emplois
(dans un environnement fiscalement neutre); une plus grande réflexion
de l’utilisation des ressources environnementales dans les systèmes
de comptabilité nationale standard. Néanmoins, ces suggestions
n’ont reçu qu’un appui politique très modéré de
la part des gouvernements, des organisations de la société civile
ou même des entreprises. Si les conditions structurelles de base nous
mènent tous dans la mauvaise direction, la société ira
également dans le mauvais sens, jusqu’à ce que des forces vociférantes
imposent un changement.
- Parmi les autres conditions
au développement durable figurent : la démocratie et l’état
de droit; le respect des droits de propriété physique et intellectuelle;
la fiabilité des contrats; l’absence de corruption; des conditions
commerciales équitables et le respect des avantages comparatifs; la
concurrence loyale entre les entreprises; des normes de comptabilité
justes et transparentes; la transparence et la fiabilité des interventions
gouvernementales; l’investissement dans l’éducation et les technologies
propices au développement; la réforme du système fiscal
de manière à ce qu’il finance des investissements collectifs
au lieu de pénaliser les revenus. De nombreux pays ont accompli des
progrès dans certains de ces domaines.
D. Informer
les consommateurs et leur donner le choix
- Si les entreprises croient
à un marché libre qui donne aux gens la possibilité de
choisir, elles devraient assumer la responsabilité d’informer les consommateurs
des conséquences sociales et environnementales de leurs choix. Comme
les consommateurs veulent obtenir ces informations, le fait de les leur donner
peut créer des parts de marché, fidéliser la clientèle
et renforcer les marques, ce qui bénéficie à la fois
aux consommateurs qui ont la possibilité de regarder ce qu’il y a sur
le marché et de comparer les produits, et aux fabricants qui offrent
les meilleurs produits et suivent les meilleures pratiques. Le développement
durable consiste à assurer une meilleure qualité de vie à
chacun, aujourd’hui et pour les générations à venir.
Pour que la liberté de choix améliore effectivement la qualité
de vie, tout en protégeant l’environnement et en favorisant l’équité
sociale, les consommateurs doivent disposer des données et des indicateurs
de prix nécessaires pour prendre des décisions avisées.
L’expérience montre qu’ils ne choisissent pas nécessairement
l’option la plus " verte " ou la meilleure d’un point
de vue social, en dépit de ce qu’ils disent dans les sondages. La performance,
un bon rapport qualité-prix, la sécurité et la fiabilité
passent avant toute préoccupation écologique, sociale et esthétique.
La solution consiste à établir le bon rapport qualité-prix,
en donnant toutes les informations que les consommateurs estiment importantes.
Fournir toutes ces informations, au niveau de détail approprié,
tel est le défi qu’il nous faut relever.
E. Écorendement
- Au nombre des apports
essentiels du secteur des entreprises au développement durable figure
la notion d’" écorendement ". Les entreprises la
définissent comme le résultat de la production à des
coûts compétitifs de biens et de services propres à répondre
à des besoins humains et à améliorer la qualité
de vie, menée de façon que son incidence sur l’environnement
et les ressources qu’elle mobilise diminuent progressivement tout au long
du cycle de vie des produits pour ne pas dépasser les niveaux compatibles
avec les capacités limites de la planète. C’est une stratégie
de gestion qui combine résultats écologiques et résultats
économiques. Elle incite à élever le rendement des modes
de production et à produire des biens et des services de meilleure
qualité tout en réduisant les ressources utilisées, le
gaspillage et la pollution tout au long de la chaîne de la plus-value.
Elle peut ouvrir des perspectives intéressantes aux activités
d’entreprise. En tant qu’outil de conservation de l’énergie, elle peut
contribuer à limiter les changements climatiques. L’écorendement
aidera les pays riches à réaliser une croissance qualitative
– plutôt que quantitative – consistant à offrir davantage de
services, d’utilité et de valeur et non à transformer plus de
matières premières en énergie et en déchets et
il aidera les pays en développement à poursuivre une croissance
quantitative tout en économisant leurs ressources.
- Quatre aspects de l’écorendement
en font un élément stratégique indispensable à
l’ère de l’économie du savoir :
a) Dématérialisation :
Les entreprises élaborent des modalités permettant de substituer
la circulation du savoir à la circulation de biens matériels.
On peut également tendre vers la dématérialisation en
adaptant la production à la demande : on crée moins de
déchets lorsqu’on s’abstient de produire des biens qui n’intéressent
pas la clientèle;
b) Production
en circuit fermé : Les systèmes biologiques conçus
par la nature sont des exemples à suivre en matière de gestion
durable. L’idée est d’essayer constamment de parvenir à des
systèmes de production en circuit fermé et à des usines
sans déchets, où tout ce qui est produit retourne à des
systèmes naturels sous forme d’élément nutritif ou devient
un intrant pour la fabrication d’un autre produit;
c) Élargissement
des services : Nous sommes en train de passer d’une économie
fondée sur l’offre à une économie fondée sur la
demande. Les entreprises cherchent de nouvelles modalités pour satisfaire
la demande et élaborent des réponses adaptées aux besoins
des clients. Il est de plus en plus facile pour les consommateurs de disposer
de produits, en les louant, notamment les biens durables, au lieu de les acheter;
d) Élargissement
des fonctions des produits : Les entreprises fabriquent des produits
plus " intelligents ", de conception nouvelle et plus
fonctionnelle, et vendent des services pour en accroître la fonctionnalité.
Le Conseil économique mondial pour le développement durable
a élaboré un cadre qui permet de mesurer et de consigner systématiquement
les progrès accomplis en matière d’écorendement. Ce cadre,
consistant en un ensemble commun de définitions, de principes et d’indicateurs,
reste assez souple pour se prêter à différentes utilisations
et interprétations et pour s’adapter aux exigences particulières
des entreprises, de quelque secteur qu’elles soient.
IV. Conclusion
- Les gouvernements du
monde entier ont proclamé qu’il fallait s’engager sur la voie d’une
croissance durable. Le secteur du commerce et de l’industrie, en tant que
composante de la société, joue un rôle de premier plan
dans la poursuite de cet objectif. Au cours du siècle prochain, les
entreprises commerciales et industrielles seront le moteur de la création,
de la commercialisation et de la diffusion à l’échelle mondiale
de nouvelles techniques qui pousseront la société vers l’objectif
d’une croissance durable tout en lui permettant de continuer de répondre
aux espoirs des populations et à leurs aspirations à un avenir
plus prospère. En agissant de concert, le secteur du commerce et de
l’industrie, avec ses hautes compétences dans les domaines de la gestion,
des finances et des techniques, et les gouvernements, qui doivent garantir
aux investisseurs des conditions de stabilité et de fiabilité,
peuvent encourager le lancement de programmes d’investissement qui faciliteront
la réalisation de l’objectif commun du développement durable.
- Pour les entreprises,
cette optique n’est ni nouvelle ni tout à fait habituelle. Plus que
tout autre groupe, elles s’emploient à faire adopter la notion de développement
durable dans leur logique, dans leurs opérations, par leur clientèle
et par leurs partenaires. Elles veulent bien continuer d’aller de l’avant,
mais ne peuvent pas le faire seules, sans un effort concerté des gouvernements
et de tous les secteurs de la société. Si, après le Sommet
de Johannesburg, nous pouvons avancer et élargir notre horizon à
la coopération multilatérale, aux politiques nationales, à
la démocratie et aux marchés libres, nous serons réellement
en bonne voie sur le plan du développement économique, du progrès
social, de la sauvegarde du patrimoine naturel et de la sécurité.
Les entreprises s’emploient à réaliser ces objectifs et invitent
d’autres à s’associer d’urgence à cette action concertée.
V. Développement
durable de divers secteurs économiques
A. Ressources
en eau douce
- Au XXIe siècle,
la lutte pour les ressources en eau douce, qui sont limitées, deviendra
plus acharnée. Continuer sur la même voie ne permettra pas de
répondre aux besoins de ceux qui sont insuffisamment desservis aujourd’hui,
sans parler des 2 milliards d’individus qui naîtront dans les 25 prochaines
années. Il sera difficile d’assurer la sécurité en matière
de ressources en eau sans la volonté résolue de le faire et
la mobilisation des ressources voulues. Toutes les parties prenantes, même
celles qui sont impuissantes aujourd’hui, doivent participer à la prise
des décisions concernant la répartition des ressources, leur
mise en valeur et les profits à en tirer. Le problème des ressources
en eau exige une collaboration qui ne doit s’arrêter ni aux frontières
sectorielles à l’intérieur des économies nationales ni
aux frontières politiques. Les programmes d’action nationaux entrepris
dans ce domaine doivent être établis avec la participation active
des parties prenantes. Dans bien des pays, la tâche est si énorme
que les gouvernements ne peuvent pas, et ne doivent pas, s’y atteler seuls
et devraient travailler en partenariat avec les collectivités locales,
le secteur privé, les organisations non gouvernementales et d’autres
parties prenantes.
- Ensemble, les industries
possèdent des techniques et des compétences en matière
de gestion dont l’apport potentiel à la gestion durable des ressources
mondiales en eau douce peut être considérable. En partenariat
avec les gouvernements, les agriculteurs et la société civile,
elles peuvent contribuer dans une mesure déterminante à l’étude
et à la résolution des problèmes de l’eau au cours de
ce nouveau siècle. Tous les secteurs doivent apporter leur concours
si la société veut prévenir les conséquences des
pénuries d’eau douce qui menacent, ou les réduire au maximum.
- Les éléments
d’une stratégie complète de gestion des ressources en eau, indiqués
ci-après, sont simples et intéressent toutes les parties :
a) Conservation
et utilisation judicieuse du stock de ressources;
b) Recyclage
et réutilisation, chaque fois que c’est possible et économique;
c) Traitement
des déchets pour multiplier les options en matière de recyclage
et de réutilisation;
d) Gestion
des bassins hydrographiques et des zones de captage d’eau en vue d’une allocation
optimale des ressources rares;
e) Gestion
des systèmes hydrologiques souterrains et des formations aquifères;
f) Suppression
progressive des subventions injustifiées qui encouragent le gaspillage
des ressources en eau déjà rares;
g) Étude
des interactions entre les activités ayant un impact direct ou indirect
sur les ressources en eau, afin de trouver les solutions les plus inédites.
- Les industries entreprennent
déjà de mieux gérer l’utilisation de l’eau. De nombreuses
entreprises à l’esprit créatif prennent des mesures pour utiliser
moins d’eau, l’utiliser de façon plus productive et améliorer
la qualité des eaux rejetées par les usines. Différentes
études de cas le confirment dans un rapport sur l’industrie, les ressources
en eau et le développement durable, établi conjointement par
le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Conseil économique
mondial pour le développement durable (<http://www.wbcsd.org/DocRoot/uM3YHCd6Ykd5uvaBW4vk/freshwater.pdf>).
L’une des futures tâches consistera donc à poursuivre la sensibilisation
des entreprises et à encourager d’autres parties à agir sans
attendre. La deuxième tâche est commune aux industries et au
PNUE et consiste à diffuser davantage d’informations sur l’écorendement
et les procédés de production moins polluante, en général,
et l’utilisation des ressources en eau douce, en particulier, ce qui revient
à encourager à créer plus en prenant moins et à
rechercher des formules qui ne présentent que des avantages, étant
favorables à la fois sur le plan des profits et pour l’environnement.
B. Recommandations
relatives aux ressources en eau
- À la Conférence
internationale sur l’eau douce tenue en décembre 2001, les représentants
du monde des affaires ont encouragé les ministres à ouvrir le
secteur des ressources en eau, à sortir des optiques traditionnelles
et à envisager sous des angles entièrement nouveaux les services
de distribution d’eau. Dans le monde entier, les milieux d’affaires, les industriels
et les services de distribution d’eau encouragent les décideurs à
prendre les mesures suivantes :
a) Instauration
de conditions favorables, à savoir : une politique nationale
de l’eau; un droit fondamental de l’eau; des systèmes juridiques
appropriés pour le commerce; un cadre réglementaire souple
et favorable à la décentralisation la plus complète
possible. Pour cela, il faut renforcer les capacités des responsables
gouvernementaux de la réglementation afin de les habiliter à
établir des directives appropriées et à négocier
des contrats sur un pied d’égalité avec des entrepreneurs
de tous les secteurs;
b) Élimination
des barrières qui freinent les services de distribution d’eau,
notamment les suivantes : difficulté d’accès à
la propriété foncière pour de nombreux citadins pauvres;
interventions des politiciens qui placent des personnes incompétentes
dans les organismes de distribution d’eau; lacunes en matière d’encadrement
et de formation des employés et faiblesse des niveaux de rémunération.
Le secteur privé est favorable à l’éducation et à
la formation des employés car elles améliorent la productivité.
Les entreprises commerciales et industrielles peuvent aider à donner
aux travailleurs les compétences en gestion dont ils ont besoin pour
bien faire leur travail et à mettre en place les systèmes
nécessaires pour retenir les employés compétents et
récompenser l’excellence chez les spécialistes des ressources
en eau à tous les niveaux. Des environnements financiers à
haut risque et des systèmes juridiques peu fiables ne sont pas de
nature à inciter le secteur privé à investir;
c) Établissement
de partenariats : Le problème n’est pas d’opposer secteur
public et secteur privé, mais de parvenir à une productivité
maximale, quelle que soit la structure choisie. Des partenariats d’un nouveau
genre pourraient s’établir, sous forme d’une coopération entre
des multinationales ou de grandes entreprises du secteur public travaillant
dans le domaine de l’eau et des petits partenaires locaux, ou bien de partenariats
avec des vendeurs d’eau locaux, des exploitants de fontaines ou de puits,
et des vendeurs de toutes sortes;
d) Reconnaissance
de la valeur inestimable de l’eau pour tous : Le principe énoncé
à Dublin en 1992 était clair et vrai : " L’eau,
utilisée à de multiples fins, a une valeur économique
et devrait donc être reconnue comme bien économique ".Les
coûts, aussi bien de l’équipement que de l’exploitation et
de l’entretien, doivent être financés par l’intermédiaire
d’un dispositif quelconque de distribution d’eau ayant une viabilité
à long terme. Presque tout le monde, y compris les pauvres, est prêt
à payer pour avoir de l’eau potable. L’estimation de la valeur de
l’eau et l’établissement des prix devraient faire l’objet de négociations
entre les fournisseurs et les usagers. Il faut convaincre les particuliers
que les prix qu’ils paient sont raisonnables et abordables. À cet
égard, les responsables gouvernementaux de la réglementation
doivent savoir et pouvoir défendre l’intérêt public
tout en veillant à ce que les investisseurs et les fournisseurs de
services obtiennent une juste compensation pour les services qu’ils fournissent.
Les modalités d’établissement des prix doivent être
ouvertes et transparentes. L’estimation de la valeur de l’eau est aussi
un moyen d’encourager la conservation de cette précieuse ressource
et d’en réduire le gaspillage. Enfin, il se pose la question des
subventions pour les plus démunis. Leur part peut être financée
soit par des subventions directes des pouvoirs publics, soit par l’application
de taux progressifs par tranches, qui permet d’élever les redevances
des riches et de desservir les pauvres à un prix inférieur
au coût de production.
C. Voyage
et tourisme
- Le secteur du voyage
et du tourisme est le plus vaste secteur d’activité à l’échelle
mondiale et le plus important créateur d’emplois dans tous les secteurs
des économies nationales et régionales, représentant
jusqu’à 12 % du PIB et presque 200 millions d’emplois dans l’économie
mondiale. Il emploie un pourcentage élevé de femmes, de membres
de minorités et de jeunes, principalement dans des petites et moyennes
entreprises, et offre des formations de qualité et des possibilités
de transfert.
- Par rapport à
de nombreux autres domaines du développement industriel, le secteur
du voyage et du tourisme présente l’avantage d’exiger un faible capital
de démarrage et d’exploitation. En outre, dans de nombreuses régions,
c’est souvent l’une des rares options en matière de développement.
C’est pourquoi sa croissance sur le plan mondial a de fortes chances de se
poursuivre à court et à moyen terme. Bien entendu, une mauvaise
gestion du secteur peut avoir des conséquences négatives :
dégradation des milieux fragiles et destruction des cultures locales.
La difficulté consiste à assurer sa croissance, en s’efforçant
de réduire au maximum ses effets nocifs sur l’environnement et les
communautés hôtes, tout en tirant le plus grand profit possible
en termes d’emploi, de richesse et de soutien pour les cultures et activités
locales et de protection du milieu bâti et du milieu naturel.
- Que le tourisme soit
local ou international, il suppose que les touristes ont besoin de services
de voyage pour atteindre leur destination et qu’une fois rendus, ils ont besoin
de services tels que l’hébergement, l’alimentation en eau, la nourriture,
l’assainissement et des divertissements. L’une des particularités de
ce secteur vient du fait que, souvent, ces différents produits et services
sont fournis par des opérateurs différents, qui sont en général
des petites et moyennes entreprises appartenant à des locaux. De ce
fait, le tourisme est une activité très fragmentée et
diverse, ce qui complique toute action coordonnée à l’échelle
sectorielle. Par ailleurs, le secteur du voyage et du tourisme crée
une demande qui se répercute bien au-delà des entreprises touristiques
traditionnelles et touche des fournisseurs en amont, notamment les constructeurs
d’avions ou les producteurs alimentaires, et en aval, tels que les magasins
de vente au détail.
- Malgré les difficultés
dues à la fragmentation du secteur et à la longueur des filières
d’approvisionnement, on note, depuis ces dernières années, des
progrès constants dans l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement
dans tous les volets du secteur. On peut citer des exemples de compagnies
aériennes et d’aéroports qui essaient de réduire les
impacts de la pollution et du bruit, de bateaux de croisière pratiquant
la protection du milieu marin, d’hôtels ayant des programmes de limitation
de la consommation d’énergie et d’évacuation des déchets,
d’entreprises de location de voitures investissant dans des flottes de plus
en plus économes en carburant et de compagnies ferroviaires qui insonorisent
pour réduire le bruit. Du coup, plusieurs excellentes initiatives ont
été mises en place pour encourager la prise en compte de l’environnement
dans la gestion des entreprises de voyage et de tourisme :
a) En 1994, le
Conseil mondial du voyage et du tourisme a lancé une initiative intitulée
" Green Globe " (<http://www.greenglobe.org>),
programme d’amélioration du secteur du voyage et du tourisme fondé
sur le programme Action 21, qui donne des éléments indicatifs
ainsi qu’une procédure de certification tenant compte à la
fois des normes de l’Organisation internationale de normalisation et des
principes du programme Action 21. Green Globe compte actuellement 500 membres
dans 100 pays, qui s’emploient à améliorer les pratiques écologiques.
L’objectif final est de faire de Green Globe la principale norme mondiale
en matière d’engagement en faveur de l’environnement pour le secteur
mondial du voyage et du tourisme et de le faire reconnaître comme
tel par le public. À l’heure actuelle, cette initiative bénéficie
du soutien de plus de 20 organisations internationales de ce secteur, qui
représentent des milliers d’entreprises du monde entier, et de celui
de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), du PNUE et du Conseil de la
Terre;
b) En 1996, le
Conseil mondial du voyage et du tourisme, l’OMT et le Conseil de la Terre
se sont associés pour lancer un plan d’action intitulé " Action
21 pour l’industrie du voyage et du tourisme : vers un développement
écologiquement durable " (<http://www.wttc.org/stratdev/agenda21>),
programme sectoriel de développement durable fondé sur les
documents issus du Sommet Planète Terre, tenu à Rio en 1992.
D. Agriculture
durable
- Le développement
durable à l’échelon mondial ne peut se faire sans l’essor de
l’agriculture, particulièrement dans les pays en développement
où celle-ci est essentielle au développement économique
général et où, trop souvent, elle ne fournit que de faibles
quantités de vivres.
- Avec l’explosion démographique
dans le monde, les experts s’accordent à prédire que les besoins
alimentaires vont pratiquement doubler dans les pays en développement,
et que cette augmentation touchera principalement les populations urbaines.
La plupart des nouvelles terres mises en culture sont marginales et écologiquement
fragiles. Elles ne sauraient compenser la perte des terres gagnées
par l’urbanisation et la dégradation des sols. L’agriculture, qui tire
actuellement près de la moitié des produits alimentaires mondiaux
de terres irriguées et utilise 70 % du volume total de l’eau consommée,
devra faire face de plus en plus au problème de la réaffectation
de l’eau à l’usage des municipalités et de l’industrie. Le défi
à relever consiste à produire davantage sur les sols existants,
ce qui rend les cultures intensives absolument nécessaires. Toutefois,
la croissance démographique exerce de plus fortes pressions sur l’utilisation
des sols, et la superficie de terres arables par personne est en diminution.
En outre, du fait de l’exode rural, un nombre restreint d’agriculteurs doit
satisfaire à une demande urbaine croissante en matière de denrées
alimentaires.
- Le secteur de l’agroalimentaire
collabore avec les agriculteurs et d’autres parties intéressées,
dont les gouvernements et les organisations non gouvernementales, à
la mise au point de techniques appropriées pour nourrir la population
mondiale en essor. Il fournit également l’appui nécessaire pour
mettre en application ces techniques tout au long de la chaîne alimentaire
et assurer que le consommateur dispose de denrées saines. Le commerce
et l’industrie ne ménagent pas non plus leurs efforts et veillent à
ce que les agriculteurs obtiennent l’information dont ils ont besoin pour
optimiser le potentiel de rendement de leurs cultures et de leur cheptel et
pour protéger ceux-ci contre les ravageurs et les maladies, de la manière
la plus acceptable qui soit sur les plans écologique et social. La
difficulté consiste à mettre à contribution tout le savoir,
toute l’expérience, toutes les techniques disponibles pour parvenir
aux méthodes de production les plus viables.
- Faire de la culture intensive
un phénomène durable représente un défi technologique
et politique mondial qui nécessite à la fois des solutions novatrices
et le perfectionnement des techniques de gestion. On trouvera ci-dessous quelques
exemples des contributions apportées par les industries qui soutiennent
l’agriculture :
a) Nouvelles
variétés de cultures résistantes à la sécheresse
qui favorisent la conservation de l’eau;
b) Nouvelles
variétés de cultures qui peuvent être cultivées
hors saison sur des terres auparavant improductives, et permettent ainsi
la conservation des sols. Certaines cultures peuvent constituer une source
supplémentaire de vivres ou de revenus, et stabiliser les sols ou
servir d’engrais verts aux fins d’améliorer la fertilité et
la structure du sol;
c) Il est possible
de réduire l’érosion des sols par le vent et par l’eau grâce
à des systèmes de conservation ou de travail minimal des sols,
technique qui permet de stabiliser la couche arable, de réduire la
consommation d’énergie et d’améliorer le rendement. Dans la
plupart des cas, les herbicides constituent un outil important de cette
approche à la gestion des sols;
d) L’irrigation
fertilisante permet un meilleur apport en phytonutriments et, partant, l’absorption
optimale de l’eau par les cultures.
E. Meilleures
pratiques en matière de gestion des terres pour parvenir à
des cycles alimentaires durables
- La gestion des terres
aux fins de la production alimentaire est, par définition, assurée
à l’échelon local par les agriculteurs. Le secteur de l’agroalimentaire,
qui se situe en amont et en aval de l’agriculteur dans la chaîne alimentaire,
fournit un appui à l’agriculture par le biais de l’innovation, de la
recherche, de l’investissement, de l’information, de l’éducation, et
de la vulgarisation. Les politiques et les directives des gouvernements encouragent
le recours à des pratiques viables. Il s’agit par exemple de dûment
réglementer les intrants agricoles et les normes de sécurité
alimentaire, souvent en partenariat avec le secteur privé.
- En outre, de nombreuses
autres parties intéressées, y compris les collectivités
locales, se conforment aux meilleures pratiques de gestion adaptées
aux conditions locales. Le secteur de l’agroalimentaire, représenté
par les associations et les fédérations au Réseau international
agroalimentaire (<http://www.agrifood.net>),
aide de diverses manières les agriculteurs à adopter des pratiques
de gestion des terres viables :
a) Promotion
de systèmes intégrés tels la Gestion intégrée
de la nutrition des plantes et de la lutte contre les parasites;
b) Appui à
la coopération technique, notamment grâce au renforcement des
capacités dans les pays en développement;
c) Investissement
dans la recherche-développement en vue de mettre au point de nouvelles
techniques et d’améliorer les produits et les pratiques;
d) Aide à
l’application concrète de solutions novatrices en diffusant les résultats
de la recherche dans le cadre de programmes d’éducation, de vulgarisation
et de formation;
e) Lancement
d’initiatives bénévoles et appui aux programmes de gestion
à l’échelon des collectivités;
f) Promotion
d’un dialogue interdisciplinaire et multipartite;
g) Recherche
de partenariats entre le secteur public et le secteur privé auprès
des organismes internationaux compétents, des gouvernements, des
organisations non gouvernementales et d’autres parties intéressées
dans le monde;
h) Investissement
destiné à améliorer les variétés de plantes
et de semences, à favoriser l’essor de la biotechnologie, à
préserver les micronutriments, les cultures et la santé animale,
dans le cadre d’une approche intégrée de la gestion agricole;
i) Amélioration
de la qualité des produits alimentaires et agricoles et augmentation
du nombre de variétés.
F. Politiques
agricoles proposées
- Dans de nombreux pays,
la priorité du secteur agricole est d’être économiquement
viable. La viabilité économique dépend généralement
des échanges de produits agricoles à plus ou moins grande échelle,
aux niveaux local, régional, national et/ou international. Ce type
d’échanges peut aider à atteindre les buts de l’agriculture
durable : améliorer les conditions de vie dans les zones rurales,
en particulier dans les pays en développement; améliorer la
qualité et augmenter la quantité des produits alimentaires;
créer des emplois; contribuer à la protection des ressources
naturelles et de l’environnement, et préserver les communautés
rurales qui risquent sinon de disparaître en raison de l’exode rural
vers les villes, économiquement plus attrayantes. Les politiques économiques
qui favorisent la liberté et l’équité des échanges
de produits agricoles et qui, partant, sont dans l’intérêt de
toutes les parties prenantes, sont les suivantes :
a) Permettre
l’alignement des prix des denrées alimentaires sur ceux du marché
mondial;
b) Éviter
les différences bureaucratiques inutiles entre les réglementations,
les pratiques douanières, les normes de sécurité et
les autres systèmes de contrôle relatifs aux denrées
alimentaires;
c) Supprimer
progressivement les distorsions des prix;
d) Promouvoir
les initiatives qui visent à permettre aux petits exploitants agricoles
d’acheter, de vendre et d’hypothéquer les terres, d’acheter des semences,
des engrais et des équipements, d’accéder aux marchés
et au crédit, et de demeurer compétitifs face à l’ouverture
de plus en plus grande des marchés;
e) Favoriser
les échanges et l’investissement dans le secteur agroalimentaire,
ce qui permettra en retour d’accroître les innovations techniques;
f) Promouvoir
les meilleures pratiques agricoles et écologiques, mettre au point
et adopter des produits alimentaires et des techniques de production rentables,
scientifiquement fiables et écologiquement viables;
g) Créer
des dispositifs qui permettent de diffuser à grande échelle
les innovations concernant les bonnes pratiques agricoles et écologiques
ainsi que la production alimentaire viable;
h) Mettre au
point une infrastructure qui assure la sécurité et l’efficacité
de la production, du traitement et du transport des denrées alimentaires
à l’intérieur des pays et entre les pays.
G. Énergie et
transports
- L’une des questions fondamentales
concernant l’énergie et la durabilité consiste à se demander
si les pays peuvent réduire leur consommation d’énergie, diversifier
et développer leur production, tout en maintenant leur croissance économique
et leur prospérité. Une initiative récente intitulée
" Perspectives énergétiques mondiales ",
projet exécuté conjointement par le PNUD, le Conseil mondial
de l’énergie et le Département des affaires économiques
et sociales de l’ONU (<http://www.undp.org/seed/eap/activities/wea>)
fait apparaître qu’il est nécessaire d’élaborer des stratégies
ciblées pour répondre aux besoins des 2 milliards de personnes
qui ne peuvent pas accéder aux services énergétiques
modernes et dont la plupart vivent dans les zones rurales des pays en développement.
- Cela étant, dans
une étude récente intitulée " Energy for Tomorrow’s
World – Acting now " (<http://www.worldenergy.org>),
le Conseil mondial de l’énergie a défini trois grands objectifs
pour la durabilité énergétique : l’accessibilité,
la disponibilité et l’acceptabilité.
- Par accessibilité
à l’énergie moderne, on entend que l’énergie soit disponible
à des prix à la fois abordables (prix suffisamment bas pour
les plus pauvres) et viables (prix reflétant le coût réel
de la production, du transport et de la distribution, afin de permettre aux
entreprises d’assurer et de développer les services énergétiques).
- Le terme disponibilité
de l’énergie porte à la fois sur la qualité de l’énergie
fournie et sur la fiabilité des approvisionnements. La continuité
des approvisionnements énergétiques, s’agissant notamment de
l’électricité, revêtira une importance capitale au XXIe
siècle, car des ruptures d’approvisionnement imprévues pourraient
entraîner, pour la société, des coûts élevés
qu’on ne peut négliger. La disponibilité énergétique
exige une diversification des formes d’énergie utilisées, compte
tenu des particularités nationales et des moyens disponibles pour exploiter
de nouvelles sources d’énergie potentielles. On s’accorde à
penser qu’il sera nécessaire, au cours des 50 prochaines années,
de combiner toutes les ressources énergétiques actuellement
disponibles, et que rien ne justifie l’exclusion arbitraire d’une source d’énergie
quelle qu’elle soit.
- Par acceptabilité,
on entend les objectifs environnementaux et les comportements des populations.
La pollution nuit à des milliards de personnes, notamment dans les
pays en développement. Les changements climatiques qui se produisent
à l’échelle mondiale suscitent de vives préoccupations.
Le secteur énergétique est un domaine où les techniques
nouvelles, immédiatement disponibles, ont déjà permis
de réduire les émissions et offrent des perspectives d’amélioration.
Il est bien entendu nécessaire de mettre au point, de diffuser, de
gérer et d’étendre à toutes les régions du monde
des techniques qui respectent l’environnement. Partant, il faut s’employer
à renforcer les capacités locales afin que ces techniques puissent
être utilisées et gérées par la population locale.
Investissement
- L’investissement offre
un moyen direct de relever les défis énergétiques à
l’échelon mondial. En effet, pour disposer de services énergétiques
accessibles et abordables, il faudra effectuer des investissements dans de
nouvelles infrastructures, adopter de nouvelles techniques et remettre en
état les systèmes défectueux. Pour obtenir des investissements
privés supplémentaires et plus efficaces, il sera nécessaire
de poursuivre les réformes du marché (libéralisation,
échanges, privatisation), qui permettront l’ouverture de nouveaux services
énergétiques (dans le cadre de structures réglementaires
efficaces) à des prix non déformés, au commerce international
et à l’investissement. La stabilisation des marchés nationaux
et régionaux, grâce à une réglementation de base
qui tienne compte des particularités locales, nationales et régionales
et s’applique à toutes les parties prenantes, permettrait d’obtenir
des avantages importants et durables. Cette réglementation devrait
être établie et supervisée par des autorités indépendantes
en évitant, au maximum, les interventions politiques.
Fixer le
prix de l’énergie pour couvrir les coûts et garantir les paiements
- Le prix payé par
l’utilisateur final constitue le facteur le plus important puisqu’il détermine
la quantité d’énergie fournie et la qualité du service.
Si ce prix ne reflète pas tous les coûts (coûts variables,
entretien et dépenses relatives au développement des infrastructures),
il modifiera les comportements individuels au point de déstabiliser
l’ensemble de l’économie à laquelle il s’applique. L’élimination
progressive de toutes les subventions occultes, qui font baisser artificiellement
le prix des combustibles, et l’abandon des subventions croisées devraient
être une priorité, tout comme l’instauration d’un système
cohérent de taxation de l’énergie.
Promouvoir
une utilisation plus rationnelle de l’énergie
- Les programmes qui concernent
l’utilisation plus rationnelle de l’énergie sont une composante importante
des stratégies qui visent à réduire la consommation des
ressources naturelles existantes, tout en permettant la croissance économique.
L’industrie et les autorités publiques peuvent collaborer à
la mise en oeuvre de programmes axés sur l’économie d’énergie
et d’argent ainsi que sur l’amélioration de la qualité de l’air,
en sensibilisant davantage les consommateurs à l’utilisation rationnelle
de l’énergie. L’amélioration du rendement énergétique
dépend également, pour beaucoup, de la mise au point et de la
diffusion de techniques rentables, qui pourraient nécessiter la création
de normes minimales pour les équipements et les services énergétiques.
Les politiques qui recourent à des mécanismes de prix directs
ou indirects (élimination des subventions et intégration des
externalités, entre autres) sont les plus aptes à réduire
la consommation d’énergie. Toutefois, sans modifier pour autant le
cadre global des prix, les politiques qui prônent une utilisation plus
rationnelle de l’énergie pourraient permettre de remédier aux
dysfonctionnements du marché.
H. Énergie
et transports
- C’est dans le secteur
des transports que la relation étroite qui existe entre énergie
et durabilité apparaît le plus clairement. Les transports jouent
un rôle socioéconomique essentiel en liant l’offre à la
demande. Les forces du marché continueront d’accroître la demande
en transports, lesquels sont indispensables aux échanges, au tourisme,
à l’emploi, au développement économique et à la
bonne santé économique de tous les pays. Des systèmes
de transport efficaces sont nécessaires au développement économique
et au bien-être social, et permettent aussi de réduire les incidences
préjudiciables des transports sur l’environnement.
I. Partenariats
pour une mobilité durable
- Afin de répondre
aux exigences du transport durable, le Conseil mondial des entreprises pour
le développement durable a lancé une initiative de partenariat
mondial qui vise à déterminer les mesures que les milieux d’affaires
et l’industrie doivent prendre pour assurer des solutions de mobilité
économiquement viables, tout en veillant au maintien d’un environnement
durable. L’initiative touche tout un ensemble d’entreprises internationales
à l’échelon mondial. Elle a pour mandat de promouvoir la concertation,
notamment entre les pouvoirs publics, d’unifier les démarches internationales,
régionales et nationales, et d’appuyer la mise au point de techniques
parallèles. Elle comprend également l’examen d’un large éventail
de questions telles que les progrès technologiques, les émissions,
l’efficacité des combustibles, les changements climatiques, l’aménagement
urbain, la voirie, les transports publics, l’utilisation et la conservation
des ressources, la sécurité, la santé publique, l’emploi,
la gestion des connaissances et la politique des pouvoirs publics. Les objectifs
de ce projet sont les suivants :
a) Concevoir
une théorie de la mobilité durable qui permette d’assurer,
voire, à l’idéal, d’améliorer la mobilité des
personnes, des biens et des services;
b) Susciter,
à l’échelle mondiale, un appui à la mobilité
durable, tant dans les pays développés que dans les pays en
développement;
c) Favoriser
la mise au point, dans les meilleurs délais, de systèmes de
transport;
d) Assurer une
contribution équilibrée de toutes les parties au dialogue
(décideurs, consommateurs et autres parties intéressées),
en vue d’apporter des solutions aux problèmes de mobilité;
e) Définir
le cadre d’application de la théorie, à savoir les mesures
à prendre en tenant compte des objectifs des parties intéressées.
- Dans le domaine des transports,
tant les usagers que les fournisseurs de services sont parfaitement conscients
du rôle économique fondamental qu’ils jouent et des responsabilités
sociales qui sont les leurs, qu’il s’agisse de la sécurité,
des conditions d’emploi, de l’environnement ou de l’utilisation rationnelle
de l’énergie et, partant, du développement durable. Ils sont
prêts à faire oeuvre de pionnier pour trouver des solutions viables
aux problèmes futurs de transport. En ce qui concerne l’environnement,
les usagers et les fournisseurs de transports commerciaux reconnaissent que
le développement des transports et la protection de l’environnement
poursuivent des objectifs communs, dans l’immédiat et pour les générations
futures. Les transports routiers, aériens, maritimes et ferroviaires
ont tous intérêt à parvenir aux objectifs du développement
durable, compte tenu de leurs caractéristiques et de leurs modes d’exploitation
respectifs.