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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/9
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Conseil économique
et social
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Distr. Générale
14 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable
constituée en comité préparatoire du Sommet mondial
pour le développement durable
Session d’organisation
Point 3 de l’ordre du jour provisoire*
30 avril-2 mai 2001
Progrès accomplis dans les
activités préparatoires
du Sommet mondial pour le développement durable
menées aux niveaux local, national, sous-régional, régional
et international, ainsi que par les grands groupes
Développement
durable des établissements humains
et gestion écologiquement rationnelle des déchets**
Rapport du Secrétaire
général
* E/CN.17/2001/PC/1.
** Le présent
rapport a été établi par le Centre des Nations Unies pour
les établissements humains, organe chargé de la coordination pour
les chapitres 7 et 21 d’Action 21, en collaboration avec d’autres organismes
des Nations Unies et organisations internationales. Il s’agit d’un bref aperçu
factuel visant à informer la Commission des principaux faits nouveaux
intervenus dans ce domaine.
Table des matières
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Paragraphes
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Page
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I. Introduction
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1–3
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3
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II. Promotion
d’un modèle viable d’établissements humains
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4–18
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3
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A. Amélioration
de la gestion urbaine
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8–11
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4
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B. Amélioration
de l’infrastructure et des services
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12–14
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4
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C. Logement pour tous
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15–18
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5
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III. Gestion écologiquement
rationnelle des déchets solides pour des établissements
humains viables
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19–29
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6
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A. Réduire
la production de déchets
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19–22
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6
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B. Promouvoir l’élimination,
le traitement et le recyclage écologiquement rationnels des déchets
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23–26
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6
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C; Étendre
la portée des services chargés de s’occuper des déchets
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27–29
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7
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IV. Questions
à examiner plus avant
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30–36
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7
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I. Introduction
- La situation actuelle des établissements
humains dans le monde, telle qu’elle est décrite dans le troisième
Rapport mondial sur les établissements humains en cours de rédaction,
qui sera présenté lors de l’examen quinquennal de la suite donnée
à la Conférence des Nations Unies sur les établissements
humains (Habitat II), est très préoccupante. Malgré
les efforts constants déployés par les gouvernements et leurs
partenaires, la pauvreté urbaine est toujours très répandue
et le cadre de vie ne s’est pas sensiblement amélioré dans la
plupart des pays. La promotion d’un modèle viable d’établissements
humains, préconisée au chapitre 7 d’Action 21 et recommandée
à nouveau dans le Programme pour l’habitat, reste un objectif difficile
à atteindre pour toutes les parties intéressées, y compris
les femmes, dans tous les pays. Sa réalisation exige, de la part des
pouvoirs publics, une action fondée sur les principes du partenariat,
de la participation et de la décentralisation. De plus, il va sans
dire que les aspects du développement durable relatifs aux établissements
humains doivent englober aussi bien les zones rurales que les zones urbaines.
- La production de quantités
croissantes de déchets solides tant dans les pays développés
que dans les pays en développement fait gravement obstacle à
l’amélioration de l’environnement et des conditions sanitaires dans
les établissements humains. La gestion écologiquement rationnelle
des déchets solides doit être intégrée dans les
stratégies locales et nationales visant à promouvoir un modèle
viable d’établissements humains.
- Le présent rapport passe
en revue les progrès réalisés et les difficultés
rencontrées dans les deux domaines. Dans la mesure du possible, il
établit des corrélations entre le développement durable
des établissements humains et la gestion écologiquement rationnelle
des déchets solides.
II. Promotion
d’un modèle viable d’établissements humains
- Quelques progrès ont été
faits aux niveaux international, régional, national et local dans la
généralisation des principes du partenariat, de la participation
et de la décentralisation et dans la définition des pratiques
recommandées pour les appliquer de manière intégrée.
Il y a eu des avancées dans la reconnaissance de la légitimité
des actions menées par des associations de citoyens, des organisations
communautaires et des responsables de collectivités, notamment à
l’échelon local. Des partenariats ont été instaurés
aux niveaux international, national et local entre des entités du secteur
privé, des gouvernements, des administrations locales et d’autres acteurs
de la société civile. La décentralisation a beaucoup
progressé depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement
et le développement (CNUED). À la suite de la quatrième
Conférence mondiale sur les femmes, il est de plus en plus largement
reconnu que le souci de la parité entre les sexes revêt une importance
particulière au regard de la participation, de la gestion urbaine et
de la prise des décisions, ainsi que de la question de l’égalité
d’accès à la terre et des droits en matière de propriété
et d’héritage.
- Un certain nombre de programmes
internationaux relatifs à l’environnement urbain, tels que le programme
de mise en oeuvre d’Action 21 à l’échelon local du Centre des
Nations Unies pour les établissements humains (Habitat) et le programme
" Cités viables " coparrainé par Habitat
et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), encouragent
la diffusion de ces schémas de gestion combinée de l’environnement
et du développement et des processus fondés sur une large participation
et une démarche intersectorielle à l’échelle du système
dans le cadre de projets pilotes de grande envergure en milieu urbain, d’une
coopération interorganisations et de programmes nationaux modèles.
On peut citer, comme autre exemple, le programme local Action 21 du Conseil
international pour les initiatives locales en matière d’environnement,
qui vise plus particulièrement à mieux sensibiliser les autorités
locales à l’importance d’un développement rationnel des établissements
humains et d’une gestion mondiale de l’environnement, et à les encourager
à participer plus activement et plus résolument à ces
processus. La coopération offerte par le Conseil permet d’éviter
des doubles emplois, de réaliser des économies d’échelle,
de tirer des enseignements des expériences des uns et des autres et
de donner la plus large diffusion possible à ces enseignements, par
exemple par le biais de la participation du Conseil aux travaux du Forum sur
l’environnement urbain.
- Parmi les facteurs qui font obstacle
à la promotion d’un modèle viable d’établissements humains,
il faut citer le nombre insuffisant de partenariats établis, le fait
que l’on ne cherche pas suffisamment à créer une société
équilibrée dans laquelle les intérêts et les aspirations
des individus politiquement faibles peuvent influer véritablement sur
les processus de décision et les réformes législatives,
et le décalage qui existe entre les transferts de responsabilités
et la décentralisation effective des pouvoirs, des ressources et des
mécanismes de production de recettes.
- La mobilisation de ressources
humaines et financières suffisantes en vue de renforcer les capacités
et de créer un contexte plus favorable pour promouvoir la diffusion
de bonnes pratiques, encourager la formation de partenariats entre les administrations
centrales et locales aux fins de la définition des politiques, traduire
les politiques appropriées en une réalité concrète
et durable à l’échelon local et mieux donner aux personnes démunies,
exclues ou marginalisées la possibilité de participer pleinement
à la mise en oeuvre d’Action 21 et du Programme pour l’habitat
et d’en bénéficier, reste déterminante pour la promotion
d’un modèle viable d’établissements humains.
A. Amélioration de
la gestion urbaine
- Des progrès notables ont
été accomplis dans divers pays et différentes villes
dans la mise au point de mécanismes pour assurer une bonne administration
urbaine. Les actions entreprises relèvent de trois grandes stratégies,
à savoir promouvoir la décentralisation et renforcer les autorités
locales; encourager la participation de la population et l’engagement civique;
veiller à ce que la gouvernance des villes soit transparente, soumise
à l’obligation redditionnelle et efficace.
- Les réformes constitutionnelles
qui prévoient des élections périodiques, la création
d’un parlement indépendant et le transfert de pouvoirs et de responsabilités
aux collectivités locales ont facilité la décentralisation
et renforcé les autorités locales. Des législations et
des procédures budgétaires ont été élaborées
pour aider les autorités locales à assumer de nouvelles responsabilités.
Ces dispositions ont également contribué à un élargissement
de la base d’imposition au profit des autorités locales. Plusieurs
programmes de renforcement des capacités, de qualité excellente,
ont été mis en chantier afin d’aider les collectivités
locales à renforcer leur efficacité, à être plus
à l’écoute de leurs citoyens et à mieux rendre compte
de leurs actes.
- Les administrations ont pris,
à différents niveaux, des initiatives qui facilitent les processus
de consultation des parties intéressées et renforcent les interventions
politiques, administratives et financières à l’échelon
local. Faisant pression sur les administrations municipales, les associations
de citoyens, qui se sont considérablement développées,
ont revendiqué un rôle plus important dans la gestion des affaires
publiques et démontré ainsi la nécessité d’une
plus grande équité dans la définition des priorités
en matière d’investissement.
- Les questions liées à
la bonne gouvernance ont été traitées à différents
niveaux sur la base d’une collaboration entre des organismes publics et privés,
notamment avec des partenariats entre les secteurs public et privé,
des procédures de passation de contrats et des mécanismes de
cofinancement. Dans ce contexte, on a pris des mesures spécifiques
en vue d’accroître la transparence et d’améliorer la responsabilisation
au sein des administrations locales : mise en place de procédures
transparentes pour les appels d’offres, réalisation d’audits indépendants,
adoption de mesures pour lutter contre la corruption, obligation pour les
agents de la fonction publique et les représentants élus de
déclarer périodiquement leurs avoirs, mise en place de mécanismes
de suivi pour connaître les réactions du public (fiches d’appréciation,
par exemple), publication de documents sur l’ensemble du processus de planification
et de participation pour les projets, quelle que soit leur envergure, organisation
de débats publics dans les médias, où chacun peut s’exprimer
librement sur les questions touchant la gestion urbaine et la bonne gouvernance,
etc. Les organismes des Nations Unies appuient activement les efforts tendant
à améliorer la gestion urbaine, par exemple le Programme des
Nations Unies pour le développement (PNUD) par l’intermédiaire
de son Bureau des politiques de développement ou encore Habitat dans
le cadre de sa Campagne mondiale en faveur de la bonne gestion des affaires
urbaines.
B. Amélioration de
l’infrastructure
et des services
- En dépit du fait que des
efforts louables ont été déployés pour développer
les infrastructures et les services, le nombre de personnes qui n’ont pas
accès aux services de base continue de s’accroître de façon
générale. De nombreux organismes d’aide au développement
et le secteur privé ont commencé à travailler directement
avec les collectivités et les petits prestataires de services indépendants.
Parallèlement, des programmes visant à instaurer des partenariats
entre les autorités locales, les prestataires de services et les collectivités
ont été mis en place. Les programmes locaux Action 21,
les projets pilotes " Cités viables " et d’autres
arrangements analogues ont contribué à créer les conditions
voulues pour ces partenariats, notamment grâce à la mobilisation
de ressources, à une répartition des tâches, à
la responsabilisation des parties intéressées et à la
mise en place de mécanismes de partage des risques et des bénéfices.
- Dans bon nombre de pays, le secteur
des infrastructures a fait l’objet d’une réforme pour attirer les capitaux
dont on a cruellement besoin. Outre les fonds habituellement obtenus auprès
des organismes multilatéraux et bilatéraux, on utilise des mécanismes
de financement novateurs qui permettent d’orienter les investissements du
secteur privé directement vers les entreprises de services publics
et les prestataires de services. Dans ce contexte, les nouveaux partenariats
établis entre le secteur privé et les collectivités ont
évolué et se sont révélés fructueux.
- Les stratégies de conservation
des ressources et de régulation de la demande sont considérées
comme un instrument important pour une meilleure gestion des infrastructures
et des services par les autorités locales. En premier lieu, les prestataires
de services élaborent des stratégies à long terme pour
évaluer et gérer la demande de services dans le cadre de la
protection de la nature ainsi que des plans d’action pour répondre
aux exigences des consommateurs. Ces plans et stratégies permettent
aux autorités locales d’assurer une efficacité et une équité
plus grandes dans la fourniture des services et de mobiliser des ressources.
Dans le secteur de l’eau, par exemple, on a créé des organismes
de gestion des bassins hydrographiques qui sont chargés de coordonner
toutes les activités touchant la gestion des ressources en eau des
villes aux niveaux national, provincial et local.
C. Logement pour tous
- Il existe un lien de plus en plus
marqué entre la concentration de la pauvreté, de l’exclusion
et de l’insalubrité en matière de logement et l’accroissement
des populations des villes. Cette croissance urbaine n’est généralement
pas structurée ni planifiée, si bien que les gens s’installent
souvent dans des endroits indésirables ou dangereux. Au cours des 10
dernières années, il est devenu manifeste que les conditions
de vie ont continué à se détériorer pour les pauvres
du monde entier.
- L’existence et l’expansion des
implantations sauvages sont dues au nombre insuffisant de terrains disponibles,
à la spéculation dans les investissements, à la multiplication
des réglementations et au fait que le cadre défini par les normes,
règlements et procédures administratives en vigueur est au mieux
insensible ou
– le plus souvent – hostile aux besoins des populations pauvres
des villes.
- On reconnaît que la question
de la sécurité d’occupation a une importance critique tant dans
les zones rurales que dans les zones urbaines. L’une des clefs de la réalisation
d’un développement rural durable est de garantir l’accès à
la propriété par des lois pour les ruraux pauvres et les paysans
sans terre. Il est probable que, du fait de l’insécurité des
droits fonciers dans les processus d’urbanisation accélérée,
les ruraux pauvres deviendront des citadins pauvres dans les villes où
la sécurité d’occupation n’est pas mieux garantie que dans les
campagnes. Le renforcement de cette sécurité est un élément
primordial de toute approche intégrée visant à améliorer
non seulement l’accès au logement et aux autres services sociaux de
base, mais aussi les possibilités d’emploi et la représentation
politique directe pour les pauvres vivant en milieu urbain.
- En promouvant l’objectif du " Logement
pour tous ", la Campagne mondiale pour la sécurité
d’occupation menée par Habitat cherche à faciliter la création
de conditions favorables pour que les populations pauvres puissent accéder
plus facilement au logement, notamment dans les pays en développement
et les pays en transition. Cette campagne s’articule autour d’un plan directeur
dans lequel on reconnaît la nécessité de faire participer
activement les pauvres au processus de développement en tant que partenaires.
Elle est liée à la Campagne mondiale en faveur de la bonne gestion
des affaires urbaines qui vise à améliorer les systèmes
d’administration publique locale.
III. Gestion
écologiquement
rationnelle des déchets solides
pour des établissements humains viables
A. Réduire la production
de déchets
- La production de déchets
s’accroît à un rythme sans précédent, dans les
pays développés comme dans les pays en développement,
et leur élimination, dont les municipalités s’acquittaient sans
peine auparavant, est devenue un problème environnemental majeur. Les
déchets produits par une ville sont directement liés à
sa richesse relative. Dans les pays riches, les déchets ont une faible
densité et contiennent de grandes quantités d’emballages, de
plastique et de papier. Dans les pays moins riches, ils ont une forte densité
et sont très humides. Les différents types de déchets
exigent des modes de traitement et d’élimination différents.
- Les ménages, les petites
entreprises et les cliniques produisent de plus en plus de déchets
dangereux, qui sont parfois déversés de manière incontrôlée
dans le milieu naturel faute d’une surveillance suffisante. La plupart des
pouvoirs locaux et des sous-traitants privés n’ont pas les moyens de
s’occuper des déchets dispersés.
- Les autorités municipales
consacrent souvent de 20 à 30 % de leur budget à l’assainissement
et à l’élimination des déchets. La plupart de leurs dépenses
à ce titre – 70 % environ – sont imputables aux frais de transport,
qui sont de plus en plus élevés en raison de l’inefficacité
de la collecte des déchets, elle-même due à la mauvaise
organisation de leur transport et à l’insuffisance de l’entretien des
véhicules utilisés.
- Les terrains étant de plus
en plus rares et chers dans le centre et à la périphérie
des villes, l’élimination des déchets est de plus en plus difficile
et coûteuse. Trouver un site approprié à cette fin qui
soit d’un coût abordable devient de plus en plus problématique.
B. Promouvoir l’élimination,
le traitement et le recyclage écologiquement rationnels des déchets
- Dans de nombreux pays, l’élimination
des déchets laisse encore beaucoup à désirer. La mise
en décharge est incontrôlée et les déchets dangereux
sont mélangés avec les déchets non dangereux, ce qui
représente un danger important, non seulement pour les personnes appelées
à s’occuper des déchets dans le cadre de leur travail, mais
aussi pour celles qui vivent à proximité d’installations de
traitement des déchets ou tirent leurs revenus de ces derniers. Actuellement,
de nombreuses municipalités connaissent de grosses difficultés
environnementales et sanitaires faute d’avoir géré convenablement
les déchets solides. Certaines ont même déjà été
la proie d’épidémies, qui, en ayant des effets négatifs
sur le tourisme et les exportations, ont entraîné d’importantes
pertes économiques. Les pauvres des villes sont les plus durement touchés
dans leur cadre de vie même. Dans les pays en développement,
on a pu constater que ceux, très nombreux, qui collectent et recyclent
des déchets pour se procurer des revenus, exposent leur santé
à de graves dangers, ce qui est particulièrement vrai pour les
enfants. On a pu constater également que la prévalence de nombreuses
maladies à vecteur (telles que la fièvre dengue) était
liée à une mauvaise élimination des déchets solides.
- L’entreposage des déchets
produits par les particuliers est souvent insuffisant. Dans les pays tropicaux,
où la collecte des déchets laisse à désirer, les
poubelles ne sont pas conçues pour contenir des déchets putrescibles.
Dans de nombreuses municipalités, les déchets collectés
représentent parfois moins de 30 % des déchets produits.
Les gaz résultant de la décomposition des déchets (méthane,
dioxyde de carbone, etc.) qui se dégagent dans les décharges
représentent une part importante des gaz à effet de serre. L’incinération
des déchets doit se faire de manière contrôlée
si l’on ne veut pas qu’elle porte atteinte à l’environnement. Bien
souvent, on évite de faire fonctionner les incinérateurs à
une température optimale pour que les déchets dangereux puissent
se décomposer en sous-produits inoffensifs.
- Les déchets produits dans
les villes sont généralement composés de matières
organiques – jusqu’à 70 % dans les pays en développement.
Il faudrait non seulement les récupérer, mais aussi éviter
d’utiliser des espaces précieux, parce que rares, pour les entreposer,
ce qui n’est pas viable. De plus, les déchets organiques déversés
dans les décharges augmentent sensiblement les émissions de
gaz à effet de serre. Dans les villes où l’on peut les réutiliser
à des fins agricoles, on peut raisonnablement envisager de s’en servir
comme compost.
- Dans les pays développés,
on progresse techniquement dans le recyclage des déchets en utilisant
de plus en plus de matériaux réduits – c’est ainsi, par
exemple, que la qualité du papier recyclé s’améliore –mais
les marchandises fabriquées à partir de matières premières
sont souvent préférées à celles qui sont fabriquées
à partir de matières recyclées, en particulier lorsque
la qualité du produit final revêt beaucoup d’importance.
C. Étendre la portée
des services
chargés de s’occuper des déchets
- Contrairement à la prestation
de nombreux services et à la production de produits de base, la production
de déchets est difficilement quantifiable, ce qui rend malaisée
l’évaluation du coût de leur collecte et de leur élimination.
Il faudrait que les pouvoirs locaux disposent de données plus fiables
à ce sujet pour faire payer les usagers proportionnellement à
la quantité de déchets qu’ils produisent et répercuter
sur eux le coût réel de l’élimination de ces derniers,
qui peut être élevé. Le traitement spécialisé
appliqué à certains déchets dangereux est onéreux.
Ils en ont aussi besoin pour rationaliser l’organisation de leurs services
qui s’occupent des déchets.
- Vu la privatisation toujours plus
marquée des services et la volonté d’accroître l’efficacité
de ces derniers, il faudrait mettre en place des cadres législatifs
qui permettent notamment de réglementer de manière satisfaisante
la collecte et l’élimination des déchets solides. Les petites
entreprises spécialisées dans la gestion des déchets
sont souvent négligées, mais elles peuvent jouer un rôle
déterminant dans la mise en oeuvre de stratégies globales de
gestion des déchets urbains. Les lois et les contrats de sous-traitance
relatifs à la question devraient être suffisamment souples pour
leur permettre de s’y associer, en particulier dans les zones des villes disposant
de faibles revenus.
- Bien que les exemples de bonne
gestion des déchets ne soient pas rares, il arrive encore souvent que
les techniques et les moyens utilisés à cette fin soient inappropriés,
en particulier pour ce qui est des déchets solides. Les véhicules
sont rarement adaptés aux conditions climatiques extrêmes et
à l’état des routes, ce qui fait qu’ils sont souvent hors d’usage.
Il faudrait, chaque fois que possible, adapter les techniques locales utilisées
ou modifier les techniques importées de manière que leurs spécifications
soient plus appropriées. En outre, le matériel de manutention
des déchets solides est souvent peu utilisé et mal entretenu,
de nombreuses autorités locales ayant tendance à l’entretenir
lorsqu’il donne des signes de défaillance plutôt qu’à
titre préventif.
IV. Questions
à examiner plus avant
- L’énorme concentration
de la misère dans les villes pose d’épineuses questions de développement
qu’il faudra résoudre en adoptant une approche fondée sur les
droits qui permette, en particulier, de résoudre les problèmes
d’équité entre les sexes. Une telle démarche permet d’intégrer
les droits de l’homme dans les politiques de développement et, en particulier,
d’éliminer la discrimination sociale et juridique à l’égard
des femmes, notamment celle qui concerne leurs droits à l’héritage.
- Vu la synergie entre les zones
rurales et les zones urbaines, de plus en plus largement reconnue, il y a
lieu d’élaborer des politiques qui permettent d’équilibrer les
réseaux urbains en tenant compte des liens entre les grandes villes,
les villes moyennes et les petites villes et entre celles-ci et leur zone
d’influence. Il est indispensable d’organiser rationnellement les établissements
humains pour commercialiser les produits agricoles et ajouter de la valeur
aux intrants primaires et, finalement, favoriser la croissance économique
et la création d’emplois et faire reculer la pauvreté, aussi
bien dans les zones rurales que dans les zones urbaines.
- Compte tenu du développement
rapide des infrastructures, les pays doivent mettre en place des systèmes
de gouvernance et des mécanismes administratifs qui leur permettent
de fournir des services de manière efficace et équitable. Un
certain nombre d’organismes internationaux aident les gouvernements à
cette fin dans le cadre de programmes de renforcement des capacités.
- Il est urgent de sensibiliser
davantage l’opinion publique à la nécessité de gérer
efficacement les déchets solides et de faire mieux comprendre que des
progrès en ce sens contribueraient à rendre les établissements
humains plus vivables. De même, il y a lieu de prêter une attention
particulière à la nécessité de réduire
les déchets au maximum. Pour être efficaces, les services municipaux
chargés de la gestion des déchets solides devraient être
constitués d’entités publiques, privées et collectives
dont le dosage serait fonction des besoins des municipalités, lesquelles
devraient viser prioritairement à mettre en place des systèmes
d’information simples qui permettraient à ce secteur d’utiliser au
mieux les prestataires de services dans ce domaine.
- Dans les pays en développement,
le recyclage des déchets par le secteur non officiel demande à
être encouragé car il permet aux pauvres des villes de se procurer
des revenus. Des pratiques simples de recyclage sont appliquées avec
succès ici et là dans de nombreuses villes du monde, mais elles
ne sont ni reconnues ni reproduites.
- Il faudrait favoriser les échanges
d’informations et de données sur la gestion écologiquement rationnelle
des déchets solides et mettre au point et utiliser des indicateurs
de viabilité pour contrôler, évaluer et diffuser ces informations
et données.
- Pour mieux contrôler l’élimination
des déchets, il faudrait faire connaître les bonnes pratiques
concernant la fiscalité en la matière et les autres instruments
économiques susceptibles d’aider les pouvoirs locaux à mieux
faire respecter les normes environnementales. Les producteurs et les fournisseurs
de matériel de traitement des déchets solides doivent se consulter
au sein d’une instance appropriée pour que les municipalités
et autorités locales du monde entier puissent s’équiper d’un
matériel adapté à leurs besoins. Certaines municipalités
devraient tenir compte des bonnes pratiques suivies dans le secteur non officiel
de nombreux pays lorsqu’elles arrêtent leur stratégie de gestion
des déchets solides.