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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/5
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Conseil économique
et social
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Distr. Générale
14 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable constituée
en comité préparatoire du Sommet mondial
pour le développement durable
Session d’organisation
30 avril-2 mai 2001
Lutte
contre la pauvreté*
Rapport
du Secrétaire général
Table des matières
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Paragraphes
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Page
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I. Introduction
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1–3
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2
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II. Tendances
observées en matière de pauvreté monétaire
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4–11
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2
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III. Tendances
observées en matière d’inégalités
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12–14
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4
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IV. Tendances
des autres indicateurs de la pauvreté
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15–18
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4
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V. Pauvreté,
ressources naturelles et environnement
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19–22
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5
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VI. Difficultés
à venir
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23–27
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6
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* Le présent rapport a
été établi par le Département des affaires économiques
et sociales du Secrétariat de l’ONU, chargé de la mise en oeuvre
du chapitre 3 d’Action 21, en collaboration avec un certain nombre d’organismes
des Nations Unies et d’organisations internationales. Le bref aperçu
qu’il donne vise à informer la Commission du développement durable
des faits importants qui sont récemment survenus dans ce domaine d’activité.
I. Introduction
- La lutte contre la
pauvreté a été au centre des débats menés
dans le cadre des récents sommets et conférences organisés
sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, en particulier
la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement
de 1992, le Sommet mondial pour le développement social de 1995 et
le Sommet du Millénaire de 2000. La Déclaration du Millénaire
comportait un engagement de réduire de moitié, d’ici à
2015, la proportion de la population mondiale dont le revenu est inférieur
à un dollar par jour1.
- La pauvreté est un phénomène
multidimensionnel qui se caractérise par des revenus peu élevés
et une faible consommation, la faim et la malnutrition, une mauvaise santé,
un manque d’éducation et de compétences, un accès insuffisant
à l’eau et aux services d’assainissement et une grande vulnérabilité
face aux problèmes économiques et sociaux. Ces caractéristiques
sont interdépendantes : de faibles revenus limitent l’accès
aux biens et aux services de base et le manque d’accès aux biens
et aux services limite les possibilités de mener des activités
rémunératrices. La pauvreté est souvent liée
à d’autres facteurs sociaux tels que l’appartenance raciale ou ethnique
et l’identité sexuelle, et elle fait écho aux types de discrimination
actuels ou séculaires dont sont victimes certains groupes sociaux.
- Au cours des dernières
décennies, les taux de pauvreté, mesurés de diverses
manières, ont diminué à l’échelle mondiale et
dans la plupart des pays, parfois de façon spectaculaire dans certains
d’entre eux. Ils ont toutefois augmenté dans d’autres pays et l’écart
s’est creusé entre les pays les plus riches et les pays les plus
pauvres.
II. Tendances
observées en matière de pauvreté monétaire
- Entre 1990 et 1998,
le taux de pauvreté dans les pays en développement, établi
sur la base d’un seuil mondial de pauvreté fixé à 1
dollar par jour, a diminué de 29 à 23 %. Si cette tendance
décroissante pouvait être maintenue à ce rythme, le
taux de pauvreté serait en 2015 quasiment inférieur de moitié
à celui de 1990. Le nombre total de personnes vivant dans la pauvreté
a légèrement diminué au cours des années 90,
passant de 1,3 à 1,2 milliard2.
- Si le seuil mondial de pauvreté
fixé à 1 dollar par jour ne correspond pas aux niveaux de
revenu et de consommation nécessaires pour qu’un individu ne soit
pas considéré comme indigent dans les pays à revenu
élevé ou intermédiaire, il s’applique en revanche à
certains des pays les plus pauvres et constitue de ce fait un indicateur
utile de l’ampleur de l’extrême pauvreté dans le monde, c’est-à-dire
du nombre de personnes qui ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins
les plus élémentaires en termes d’alimentation, de logement
et d’autres biens de première nécessité. C’est également
un indicateur utile dans la mesure où il permet de suivre les tendances
en matière de pauvreté, y compris dans les pays à revenu
intermédiaire; il suit en effet généralement les mêmes
tendances que des seuils de pauvreté fixés à un niveau
plus élevé.
- La grande majorité des
pauvres vivent en Asie, où l’on compte près de 522 millions
d’indigents en Asie du Sud et 267 millions en Asie de l’Est (Asie du Sud-Est
comprise). C’est cependant en Afrique subsaharienne, où près
de 48 % de la population vit dans l’indigence, que le taux de pauvreté
est le plus élevé. Dans les autres régions, les pourcentages
à la fin des années 90 étaient les suivants :
40 % en Asie du Sud, 15 % en Asie de l’Est et 12 % en Amérique
latine et dans les Caraïbes.
- En Asie de l’Est, le taux de
pauvreté, qui se situait autour de 28 % en 1990, a été
ramené à 15 % en 1998 et le nombre de personnes vivant
dans le dénuement est passé de 418 millions à 267 millions.
On peut en grande partie attribuer ce recul spectaculaire de la pauvreté
à la croissance économique rapide dans cette région,
qui s’est traduite par une augmentation du PIB par habitant de 6,6 %
par an. La Chine a réalisé de nets progrès dans ce
domaine, de même que la Malaisie, la Thaïlande et l’Indonésie,
avant la crise économique de 1997-1998 qui a entraîné
une recrudescence de la pauvreté à court terme, en particulier
en Indonésie, en République de Corée et en Thaïlande.
En Indonésie, le taux de pauvreté a presque doublé
entre 1996 et 1999, mais il semble avoir diminué de nouveau et retrouvé
son niveau d’avant la crise. En République de Corée, la pauvreté
urbaine a plus que doublé consécutivement à la crise,
mais elle a à nouveau baissé par la suite.
- En Asie du Sud, la proportion
de personnes vivant dans la pauvreté, qui atteignait 44 % en
1990, a été ramenée à 40 % en 1998, bien
que leur nombre soit passé de 474 millions à 522 millions.
Le PIB par habitant a crû à un taux d’environ 4 % par
an dans les années 90, mais la réduction de la pauvreté
ne s’est faite que lentement.
- En Afrique subsaharienne, le
taux de pauvreté est demeuré largement inchangé entre
1990 et 1998, se situant autour de 48 %, et le nombre de personnes
vivant dans la pauvreté est passé de 217 à 291 millions.
Les revenus par habitant ont sensiblement régressé au cours
des années 90, la baisse des prix des produits de base, les guerres
civiles et le sida ayant contribué à aggraver la pauvreté
dans de nombreux pays. Quelques pays sont néanmoins parvenus à
réduire de manière significative le taux de pauvreté.
En Ouganda, la croissance économique rapide, à un taux d’environ
5 % pendant les années 90, a fait reculer la pauvreté
de 56 % à 44 %. La Côte d’Ivoire, le Ghana et la
Mauritanie ont connu une croissance économique modeste qui, accompagnée
d’une réduction des inégalités, a entraîné
une diminution importante du taux de pauvreté.
- En Amérique latine, le
taux de pauvreté est passé de 17 % en 1990 à 12 %
en 1998 et le nombre de pauvres a été ramené de 74
millions à 61 millions. Le Brésil a enregistré un recul
de la pauvreté de 30 % au cours des deux années qui ont suivi
la stabilisation économique, en 1994. Au Mexique, le taux de pauvreté
a augmenté depuis la crise financière de 1995. En Amérique
latine, comme dans d’autres régions, la pauvreté s’explique
souvent par des raisons d’ordre géographique et elle se concentre
dans les zones rurales situées sur les hauts plateaux des pays andins
et dans le nord-est du Brésil, sujet à la sécheresse.
- L’Europe de l’Est et l’ex-Union
soviétique ont, au cours des années 90, vu la pauvreté
augmenter de façon inquiétante, le PIB par habitant diminuer
et les inégalités s’accentuer. Le nombre de personnes vivant
avec moins d’un dollar par jour est passé de 1 million en 1987 à
7 millions en 1990, pour atteindre 18 millions en 1998, soit près
de 4 % de la population. Dans la Fédération de Russie,
le PIB réel par habitant a baissé de 41 % entre 1987
et 1998, et les disparités se sont accrues de manière alarmante,
19 % de la population ayant un revenu inférieur à 2 dollars
par jour. Quelques pays d’Europe de l’Est ont constaté une reprise
de leur croissance économique et un recul de la pauvreté à
la fin des années 90.
III. Tendances
observées en matière d’inégalités
- Les inégalités
dans la répartition des revenus à l’échelle mondiale
se sont accentuées au cours des dernières décennies,
en raison essentiellement de l’écart qui se creuse entre les pays
les plus nantis et les pays les plus défavorisés. Le rapport
entre le revenu moyen des 20 % les plus riches du monde et le revenu
moyen des 20 % les plus pauvres qui était de 60 à 1 en
1991, a atteint 78 à 1 en 1994. Les 20 % les plus pauvres du
globe ne reçoivent que 1,1 % du revenu mondial, ce qui représente
une baisse par rapport à 1991, année où ils recevaient
1,4 % du revenu mondial3.
- Aucune tendance générale
claire ne se dessine en ce qui concerne les disparités à l’intérieur
des pays. S’agissant du nombre limité de pays pour lesquels on dispose
de données précises, il semblerait qu’entre 1980 et le début
des années 90, les inégalités se soient réduites
dans 24 d’entre eux et accentuées dans 19 autres. Néanmoins,
les pays où les inégalités vont croissant comptent
parmi eux des pays fortement peuplés, de sorte qu’il est fort probable
que la majorité de la population mondiale vit dans des sociétés
de plus en plus inégalitaires. L’Indonésie, la République
de Corée et la Malaisie sont parvenues à réduire de
manière significative les inégalités grâce à
une croissance économique rapide, la combinaison de ces deux facteurs
ayant entraîné une réduction importante de la pauvreté.
- Les nouvelles données
d’enquêtes améliorées relatives aux inégalités,
qui couvrent davantage de pays et sont étayées par de multiples
enquêtes pour nombre de pays, ne viennent pas corroborer l’ancienne
thèse selon laquelle l’accroissement des inégalités
est un phénomène normal qui fait partie de tout processus
de développement embryonnaire (hypothèse de Kuznets)4.
Les nouvelles données montrent qu’il n’existe pas nécessairement
de lien entre inégalités et développement économique.
On retrouve toutefois un certain nombre de caractéristiques régionales
importantes : les inégalités sont généralement
plus marquées en Amérique latine et en Afrique qu’elles ne
le sont en Asie et dans les pays développés. On s’accorde
de plus en plus largement pour dire que les sociétés plus
égalitaires ont tendance à mieux résister aux problèmes
économiques, sociaux et politiques, en répartissant le poids
du fardeau à assumer et en s’adaptant aux changements de situation.
Qui plus est, les fortes inégalités ou leur renforcement limitent
le rôle que joue la croissance économique dans la réduction
de la pauvreté, ce qui signifie qu’il faut avoir une croissance économique
plus forte si l’on veut faire reculer le taux de pauvreté de moitié,
par exemple. Les fortes inégalités observées dans la
répartition des moyens de production, y compris en ce qui concerne
les terres, les capitaux, l’éducation et la santé, entravent
également le développement.
IV. Tendances
des autres indicateurs de la pauvreté
- L’un des objectifs
internationaux en matière de pauvreté définis lors
du Sommet mondial de l’alimentation (1996) était de réduire
de moitié d’ici à 2015 le nombre de personnes dans le monde
qui ne mangent pas à leur faim ou qui souffrent de malnutrition chronique.
Pour la période 1996-1998, on a estimé à environ 826
millions le nombre de personnes atteintes de malnutrition chronique, dont
792 millions dans les pays en développement. Si cela représente
une diminution importante par rapport aux 950 millions de personnes sous-alimentées
dans les pays en développement au cours de la période 1969-1971,
les prévisions pour 2015 restent de quelque 580 millions, soit bien
plus que l’objectif fixé. Pour réduire de moitié le
nombre d’individus souffrant de la faim d’ici à 2015, il faudra chaque
année faire en sorte que 20 millions d’entre eux ne soient plus touchés
par ce fléau. Or, depuis le début des années 90, le
nombre de personnes ne mangeant pas à leur faim n’a baissé
qu’au rythme annuel de moins de 8 millions. En Afrique subsaharienne, au
cours de la période 1996-1998, 34 % de la population était
sous-alimentée5.
- Dans les pays en développement,
le taux moyen de mortalité pour les enfants de moins de 5 ans est
tombé de 135 (pour 1 000 naissances vivantes) en 1980 à
79 en 1998 (contre un taux de 6 dans les pays de l’OCDE). Ces progrès
se sont toutefois ralentis dans les années 90 et il sera difficile,
si la situation ne s’améliore pas, d’atteindre l’objectif fixé,
à savoir une réduction des deux tiers au cours de la période
1990-2015. Des baisses importantes ont été enregistrées
en Asie du Sud (89 pour 1 000), en Asie de l’Est (43 pour 1 000),
au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (55 pour 1 000) et en Amérique
latine et dans les Caraïbes (37 pour 1 000). La mortalité
infantile a diminué des trois quarts à Sri Lanka, en Chine
et au Viet Nam, preuve que l’on peut obtenir de tels résultats. Par
contre, en Afrique subsaharienne, le taux demeure élevé :
plus de 150 pour 1 000. Dans certains pays de cette région,
les taux de mortalité infantile et juvénile remontent, après
avoir diminué pendant plusieurs années6.
- La communauté
internationale a adopté comme objectif l’éducation primaire
pour tous d’ici à 2015. La proportion d’enfants en âge de fréquenter
l’école primaire scolarisés a augmenté dans toutes
les régions au cours des années 90. En Asie de l’Est, l’éducation
primaire pour tous est aujourd’hui quasiment une réalité.
Le taux net de scolarisation dans le primaire est d’environ 94 % en
Amérique latine et dans les Caraïbes, 87 % au Moyen-Orient
et en Afrique du Nord et 77 % en Asie du Sud7.
En Afrique subsaharienne, par contre, le taux net de scolarisation, qui
est de 60 %, n’a augmenté que très légèrement
depuis 1980. Dans 12 pays d’Afrique, plus de la moitié des enfants
en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisés.
- L’inégalité
entre filles et garçons en matière d’éducation va diminuant
dans tous les pays, mais reste importante en Asie du Sud et en Afrique.
Toutes régions confondues, environ 60 % des enfants non scolarisés
sont des filles. Dans le primaire, on trouve 82 filles pour 100 garçons
en Asie du Sud, et 84 filles pour 100 garçons en Afrique subsaharienne;
le ratio est encore plus défavorables aux filles dans le secondaire8.
V. Pauvreté,
ressources naturelles et environnement
- La pauvreté
est généralement concentrée dans les zones rurales.
Bien qu’il soit difficile d’établir une comparaison entre la pauvreté
en milieu rural et la pauvreté en milieu urbain, on estime qu’environ
75 % des pauvres du monde vivent dans les campagnes des pays en développement.
Dans bon nombre de ces pays, la croissance économique et la réduction
de la pauvreté observées récemment ont essentiellement
concerné les villes, creusant l’écart économique entre
milieu rural et milieu urbain. Le phénomène d’urbanisation
ne fait qu’accroître la proportion de pauvres vivant en milieu urbain,
mais on prévoit qu’en 2025, 60 % de la population mondiale défavorisée
vivra encore en milieu rural9.
- Le développement
rural et agricole a joué un rôle essentiel dans la réduction
de la pauvreté en milieu rural, en particulier entre 1975 et 1990.
La productivité agricole ayant fléchi et les politiques de
développement et les moyens y afférents ayant été
orientés vers les industries qui travaillent pour l’exportation –
essentiellement situées en milieu urbain – ce phénomène
s’est toutefois ralenti dans les années 90, dans bon nombre de pays.
La part de l’aide publique au développement (APD) revenant à
l’agriculture, secteur qui assure à la plupart des défavorisés
leur moyens de subsistance, est passée de 20 % à la fin
des années 80 à environ 12 % en 2000, sa valeur absolue
ayant chuté des deux tiers. La part de l’APD affectée aux
pays à faible revenu (dans lesquels vivent 85 % des pauvres)
est restée à peu près constante
– 63 % environ – et a baissé en valeur réelle10.
- La dégradation de l’environnement
et l’épuisement des ressources ont des incidences particulièrement
graves pour les personnes démunies, surtout celles qui vivent dans
les zones rurales des pays en développement où les moyens
de subsistance et l’emploi sont directement liés aux ressources naturelles.
La dégradation et l’épuisement des sols, des ressources forestières,
des ressources en eau, des pâturages, de la faune et de la flore sauvages
et des pêcheries aggravent la pauvreté dans de nombreux pays.
Sachant que les pauvres vivant en milieu rural sont souvent dépendants
de l’accès aux sources communes de bois de chauffage, plantes fourragères,
eau et autres éléments indispensables, la tendance à
la privatisation des terres communales vient encore aggraver la pauvreté.
Si, par nécessité, par ignorance et faute de biens propres
et de capitaux, les défavorisés peuvent être amenés
à utiliser les ressources naturelles de façon non viable,
c’est essentiellement la surexploitation par les " non pauvres "
qui est à l’origine de la dégradation des ressources.
- Ces dernières années,
on a constaté dans différentes régions que les organisations
communautaires mobilisant les personnes démunies pouvaient, si on
les y autorisait, gérer les ressources naturelles de manière
durable de façon à favoriser le développement de la
communauté et la réduction de la pauvreté. La gestion
collective et participative des ressources par les communautés locales
et les groupes d’utilisateurs s’est révélée particulièrement
efficace en matière de conservation et de gestion des ressources
en eau, des forêts et des pâturages, se traduisant parfois par
des améliorations considérables au niveau du rendement durable.
VI. Difficultés
à venir
- Les objectifs en matière
de pauvreté fixés par la communauté internationale
dans les années 90 ne pourront être atteints qu’avec une croissance
économique stable et l’adoption de mesures spécifiques répondant
aux besoins économiques et sociaux. Du fait de l’instabilité
de la population pauvre – chaque année, certains remontent au-dessus
du seuil de pauvreté tandis que d’autres passent en dessous pour
diverses raisons : chômage, maladie, violence, catastrophes naturelles
et autres revers –, il est indispensable que les mesures visant à
faire baisser la pauvreté prévoient des politiques et programmes
réduisant la vulnérabilité sociale et économique,
en particulier celle des individus en passe de franchir le seuil, grâce
à la mise en place de filets de protection sociale et autres structures
d’appui.
- Pendant les 20 prochaines années
au minimum, la plupart des personnes vivant dans la pauvreté seront
concentrées dans les zones rurales des pays en développement.
On doit donc renverser la tendance des années 90 et accorder la priorité
au développement rural et agricole. Il conviendra de redoubler d’efforts
pour améliorer la productivité agricole et développer
l’accès à la terre, au crédit, à l’éducation,
aux soins de santé, à l’eau et à l’assainissement.
La réduction de la pauvreté passera également par l’amélioration
des infrastructures rurales existantes – marchés, routes, réseau
de transport, communications, électricité et autres sources
d’énergie modernes – ainsi que des institutions et des incitations
à l’épargne et à l’investissement.
- Les populations rurales vivant
dans la pauvreté sont souvent cantonnées à des terres
marginales et dégradées, ce qui ajoute encore aux difficultés
qu’elles rencontrent pour échapper à leur sort. Les politiques
et programmes de lutte contre la pauvreté applicables à ces
zones géographiques devront donc faire une place à la recherche
agricole et à l’éducation populaire qui permettront d’élaborer
et de diffuser cultures et techniques adaptées à une agriculture
durable.
- Les organisations communautaires
et autres qui représentent les populations démunies doivent
prendre part à l’élaboration des politiques de lutte contre
la pauvreté et il est indispensable de les soutenir et les renforcer
de façon à promouvoir les initiatives en matière de
développement communautaire et à améliorer le dialogue
avec le gouvernement et les autres groupes. En milieu rural, les organisations
communautaires faisant intervenir les personnes défavorisées
devraient avoir une part de responsabilité dans la gestion des ressources
locales en eau et en forêts et de l’accès aux pâturages.
- Les besoins spécifiques
des femmes et des enfants vivant dans la pauvreté constitueront une
autre gageure. Ce sont les femmes qui souffrent le plus de la pauvreté
et ont en général le plus de difficultés à y
échapper. Il est essentiel de permettre aux femmes d’avoir accès
sur un pied d’égalité avec les hommes aux activités
génératrices de revenus, à la terre, à l’eau,
au crédit et aux autres ressources si l’on veut lutter contre la
pauvreté. Les revenus perçus et gérés par les
femmes démunies ont plus de chances d’être consacrés
à l’amélioration de l’alimentation, des soins de santé,
de l’éducation et à la satisfaction des autres besoins essentiels
que ceux gagnés ou gérés par les hommes. Il est également
essentiel de garantir à tous les enfants l’accès à
l’éducation et aux soins de santé de base, ainsi qu’un accès
à l’éducation sans discrimination pour les filles, quel que
soit le niveau d’études. La pauvreté étant généralement
évaluée sur la base du ménage (et non de l’individu),
on manque d’informations sexospécifiques sur les taux et tendances
de la pauvreté. Des données plus précises sont donc
nécessaires pour analyser les aspects de la pauvreté liés
aux disparités entre les sexes et mettre au point des politiques
permettant de combler les écarts existants.
Notes
- A/RES/55/2,
par. 19.
- Les données
sur les tendances en matière de pauvreté monétaire sont
établies sur la base des travaux menés par la Banque mondiale
et se fondent sur un seuil de pauvreté international fixé à
1 dollar par personne et par jour (en valeur constante, en dollars PPA
de 1985). Pour des données plus récentes, veuillez consulter
<www.worldbank.org/poverty/data/trends/index.htm>.
On trouvera des données et une analyse plus détaillées
dans le Rapport sur le développement dans le monde 2000-2001 de la
Banque mondiale, disponible à l’adresse électronique suivante :
<www.worldbank.org/poverty/wdrpoverty>.
Sauf indication contraire, les données relatives aux revenus figurant
dans le présent rapport proviennent de ces sources.
- The Quality
of Growth, Thomas Vinod et al. (Washington, DC, Banque mondiale,
2000). Voir également Poverty Trends and Voices of the Poor
(Washington, DC, Banque mondiale, 1999).
- Gary S. Fields,
Distribution and Development: A New Look at the Developing World (Cambridge,
MIT Press, 2001).
- L’état de l’insécurité
alimentaire dans le monde, 2000 (Rome, FAO, 2000).
- Un monde meilleur
pour tous (Washington, DC, Fonds monétaire international, 2000).
- Rapport sur
le développement dans le monde 2000-2001 (Washington, DC, Banque mondiale,
2001).
- La situation
des enfants dans le monde, 2001 (New York, UNICEF, 2001), tableau 7. Voir
également <www.unicef.org/sowc01>.
- Rapport 2001
sur la pauvreté rurale (Rome, Fonds international de développement
agricole, 2001), p. 6 (p. 15 du document anglais).
- Rapport 2001
sur la pauvreté rurale (Rome, Fonds international de développement
agricole, 2001), p. 1 (p. 1 à 6 du document anglais).