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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/4
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Conseil économique
et social
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Distr. Générale
14 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable
constituée en comité préparatoire
du Sommet mondial pour le développement durable
Session d’organisation
30 avril-2 mai 2001
Grands
groupes*
Rapport
du Secrétaire général
Table des matières
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Paragraphes
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Page
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I. Introduction
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1–3
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2
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II. Principales
réalisations
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4–18
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2
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III. Principaux
obstacles
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19–24
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6
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IV. Questions
à examiner plus avant
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25–29
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7
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* Le présent
rapport a été établi par le Département des affaires
économiques et sociales du Secrétariat de l’Organisation des Nations
Unies, organe chargé de la coordination pour les chapitres 24 à
32 d’Action 21, en collaboration avec d’autres organismes des Nations Unies,
des organisations internationales et des représentants des grands groupes.
Il s’agit d’un bref aperçu factuel destiné à informer la
Commission du développement durable sur les faits nouveaux intervenus
dans le domaine visé.
I. Introduction
- Le présent rapport
passe en revue les principales réalisations et les obstacles entravant
la participation des grands groupes au développement durable. Les
progrès faits par ces groupes définis dans Action 211
sont exposés par les groupes eux-mêmes dans les rapports qu’ils
établissent dans le cadre des débats multipartites prévus
dans la perspective des préparatifs du Sommet mondial pour le développement
durable. Deux documents de travail complèteront le présent
rapport : une étude analytique des débats multipartites
organisés par la Commission du développement durable, qui
sera menée à bien par le Consensus Building Institute du Massachusetts
Institute of Technology et le Département des affaires économiques
et sociales; la deuxième enquête mondiale sur les initiatives
locales suscitées par Action 21, qui sera conduite par le Conseil
international pour les initiatives locales en matière d’environnement,
le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans
le cadre du programme Capacités 21 et le Département des affaires
économiques et sociales.
- La notion de " grands
groupes " est apparue lors de l’adoption d’Action 21 par la Conférence
des Nations Unies sur l’environnement et le développement. La communauté
internationale a de la sorte reconnu que le développement durable
exigeait la participation générale des acteurs non gouvernementaux2.
À cet effet, Action 21 a identifié neuf catégories
de participants, leur a assigné des fonctions et des responsabilités
précises dans le cadre des initiatives à entreprendre et a
décrit le type d’appui et de collaboration qu’elles pouvaient légitimement
attendre des pouvoirs publics et des organisations intergouvernementales.
- La notion de grand groupe comprend
deux grands éléments : la participation à la prise
de décisions et les nouvelles formes de participation. Par participation
à la prise de décisions, on entend non pas un échange
passif d’informations mais la participation active des grands groupes à
la formulation, à l’exécution et au suivi des activités
engagées aux fins du développement durable à tous les
niveaux. Une participation active jetterait les bases de la transparence
et de la responsabilisation, éléments indispensables à
la poursuite du développement durable. Par nouvelles formes de participation,
on entend la recherche permanente de mécanismes qui soient constructifs
et propices aux partenariats et influent sur les résultats. Établir
des mécanismes répondant à ces critères signifie
changer la façon dont les débats économiques, sociaux,
environnementaux et politiques sont conduits.
II. Principales
réalisations
- Dans la décennie qui
a suivi la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le
développement, de nombreuses organisations non gouvernementales et
intergouvernementales ont établi des mécanismes de collaboration
probants et ont participé à la prise de décisions aux
niveaux international, régional, national et local.
- Au niveau international, on
constate que les grands groupes sont maintenant considérés
comme des partenaires obligés. Les partenariats entre différents
représentants des grands groupes et les organismes appartenant ou
non au système des Nations Unies se systématisent. Par ailleurs,
la Commission du développement durable a introduit de nouveaux modes
de participation, lesquels tendent à se généraliser
parmi les organismes des Nations Unies.
- Les grandes conférences
des Nations Unies qui ont fait suite à la Conférence des Nations
Unies sur l’environnement et le développement ont également
consacré le rôle des acteurs extérieurs, perçus
comme partenaires cruciaux dans la réalisation des grands objectifs3.
Dans certains cas, les acteurs extérieurs ont été étroitement
associés au déroulement même des conférences.
Ainsi, lors de la Conférence mondiale sur le développement
durable des petits États insulaires en développement, qui
a eu lieu en 1994, les acteurs non gouvernementaux ont joué un rôle
actif dans l’élaboration du document final. De même, la Conférence
des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II),
qui s’est tenue en 1996, a officiellement reconnu le secteur privé,
les populations et les collectivités locales comme des partenaires
essentiels de son action.
- Une place plus importante accordée
à la participation d’acteurs extérieurs et aux partenariats
a incité un certain nombre d’organismes des Nations Unies à
officialiser, codifier et clarifier le cadre dans lequel doit intervenir
la collaboration avec les grands groupes. Par exemple, ces 10 dernières
années, le Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
(FAO) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont
mis au point des directives, des codes et d’autres documents directeurs
pour mieux définir et systématiser leur collaboration avec
les organisations non gouvernementales et les autres grands groupes. Des
initiatives similaires ont été engagées par les banques
régionales (comme la Banque asiatique de développement et
la Banque interaméricaine de développement) et par les institutions
politiques régionales (comme l’Organisation des États américains).
- De même, la Banque mondiale
a noué des liens plus étroits avec plusieurs organisations
non gouvernementales oeuvrant dans les domaines de l’environnement, du développement,
des droits de l’homme, du développement social et de la santé.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC), sévèrement critiquée
par diverses associations civiles, y compris des organisations non gouvernementales,
des syndicats et des groupes religieux, a commencé à solliciter
l’avis des représentants de la société civile. De nombreuses
parties prenantes ont participé activement à l’élaboration
de diverses conventions (telles que les conventions relatives aux changements
climatiques, à la diversité biologique et à la désertification).
Parallèlement aux mécanismes de consultation officiels existant
avec les entreprises et les syndicats, l’Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) a mis en place des
procédures de consultation avec les organisations non gouvernementales.
Des changements institutionnels, tels que la désignation de responsables
ou de groupes chargés de la coordination avec les organisations non
gouvernementales et la société civile, complètent souvent
de manière concrète et durable les efforts entrepris.
- Dans le cadre des nouvelles
pratiques participatives, la Commission du développement durable
a fait oeuvre de pionnière, faisant fond sur les expériences
participatives existant aux niveaux national et local4.
Les débats multipartites lancés par la Commission à
sa sixième session en 1998 ont permis aux grands groupes et aux gouvernements
de procéder à des échanges de vues et de données
d’expérience et de prendre des engagements communs5.
Ces débats ont été d’autant plus utiles qu’ils étaient
clairement axés sur un secteur économique précis (tel
que le tourisme, l’agriculture ou l’énergie) en rapport avec l’ordre
du jour des sessions annuelles de la Commission. Les réactions des
gouvernements et des grands groupes montrent que les débats multipartites
ont fait de la Commission un organe intergouvernemental plus réceptif,
plus ouvert et plus transparent que d’autres organes similaires.
- Les demandes présentées
par la Commission du développement durable et le fait que les débats
multipartites sont de plus en plus reconnus comme un mécanisme novateur
ont incité les organismes des Nations Unies à examiner comment
ils pouvaient associer les différentes parties prenantes à
leurs travaux. On peut notamment citer un processus multipartite visant
à évaluer les initiatives non contraignantes lancées
par la Commission du développement durable en 1998 et dont la direction
a été confiée au PNUE; un groupe de travail sur le
tourisme créé en 1999 et dirigé conjointement par l’Organisation
mondiale du tourisme (OMT), le PNUE, le Département des affaires
économiques et sociales, les grands groupes et les gouvernements;
des débats multipartites organisés par le Comité de
l’agriculture de la FAO au début de 2001.
- Aux niveaux national et local,
les conseils nationaux pour le développement durable et les initiatives
suscitées au niveau local par Action 21 ont donné naissance
à de nouvelles méthodes participatives. En leur qualité
de mécanismes de coordination des initiatives de développement
durable au niveau national, les conseils nationaux présents dans
70 pays ont facilité l’émergence d’un consensus sur le choix
des priorités nationales et donné aux instances nationales
dans leur ensemble le sentiment qu’elles étaient responsables des
activités entreprises au niveau national dans le domaine du développement
durable. Ils ont aussi ouvert la voie à la participation des grands
groupes au processus de prise de décisions.
- Sans cesse plus nombreuses,
les initiatives locales inspirées par Action 21 s’imposent comme
des modèles de participation du public dans les localités,
les villes et les collectivités locales. (Menée à bien
en 1996 par le Conseil international pour les initiatives locales en matière
d’environnement et le Département des affaires économiques
et sociales, la première étude mondiale sur les initiatives
locales a fait apparaître que 1 812 initiatives de ce type étaient
en cours dans 64 pays6.
La participation des différents intéressés fait partie
des conditions préalables au lancement d’initiatives locales dans
le cadre d’Action 21. La plupart des initiative locales sont donc issues
de programmes participatifs où intervenaient des associations locales
et des représentants du monde des affaires.
- Il est probable que la situation
continuera à évoluer dans le même sens étant
donné les réactions positives des différentes parties
concernées et le bilan tiré des expériences menées
jusqu’à présent. Ces 10 dernières années, de
nombreuses études de cas ont montré que lorsque des groupes
très divers étaient étroitement associés à
la formulation, à l’exécution et au suivi des programmes et
devaient rendre compte à leurs pairs des décisions qu’ils
prenaient ou des activités qu’ils engageaient, les résultats
s’avéraient plus probants. La participation facilite l’émergence
de valeurs communes, la prise d’engagements réciproques et donne
aux intervenants le sentiment qu’ils contrôlent l’exécution
des projets, ce qui contribue à estomper la scission traditionnelle
entre " bénéficiaires " et " donateurs ".
- Parmi les grands groupes au
sens large, on a noté l’apparition de partenariats (notamment entre
la société civile et le secteur privé), une évolution
de l’optique que les entreprises ont du développement durable, l’essor
rapide du secteur non gouvernemental et le fait que ces groupes endossaient
des responsabilités accrues.
- Avant le Sommet planète
Terre, il semblait hautement improbable que certains grands groupes, notamment
les organisations non gouvernementales et les entreprises, puissent conclure
des partenariats. Ce n’est désormais plus le cas. Les partenariats
entre les entreprises et les organisations non gouvernementales ont donné
lieu à la mise en place de cadres normatifs, sous forme d’initiatives
non contraignantes et de directives concernant le recours à des pratiques
commerciales avisées, et à des résultats concrets par
l’intermédiaire de programmes visant à faire un meilleur usage
des ressources disponibles. Le Pacte mondial proposé par l’Organisation
des Nations Unies en 1999 a permis dans une certaine mesure de généraliser
l’ensemble de ces efforts en jetant les bases d’éventuels partenariats
entre l’Organisation des Nations Unies, le milieu des affaires, les syndicats
et la société civile. Le Pacte invite les entreprises à
adopter dans le cadre de leurs activités internationales des pratiques
rationnelles, définies par la communauté internationale dans
son ensemble, dans les domaines des droits de l’homme, de l’emploi et de
l’environnement.
- Les partenariats et initiatives
ont suscité des réactions différentes parmi les grands
groupes. Par exemple, si un certain nombre d’organisations non gouvernementales
et d’autres grands groupes ont activement appuyé le Pacte mondial,
d’autres ont émis des critiques quant au manque de transparence qui
avait entouré la phase de conception et l’absence d’un mécanisme
permettant de surveiller la phase d’exécution. Les organisations
non gouvernementales au sens large ne sont pas d’accord sur le degré
de participation qui doit être le leur dans des partenariats avec
le milieu des affaires. On retrouve les mêmes divergences d’opinion
parmi les entreprises. Cela montre qu’il importe de poursuivre le débat
et d’examiner les différentes possibilités, avec la participation
de toutes les parties intéressées, afin d’identifier et de
mettre au point les " meilleurs " mécanismes
pour ce qui est de la participation, des partenariats et de l’établissement
d’un consensus. La responsabilisation et la transparence devraient s’imposer
comme deux des grands thèmes de ce débat.
- Le nombre d’acteurs du secteur
non gouvernemental n’a cessé de croître, en particulier ces
10 dernières années. Mieux que par le passé, ces acteurs
ont su établir des réseaux, fondés sur des objectifs
communs clairement circonscrits, qui ne s’arrêtent pas aux frontières
nationales et géographiques. L’accès aux modes électroniques
d’information a joué un rôle déterminant dans l’essor
du secteur non gouvernemental. Les réseaux non gouvernementaux renouvellent
l’importance donnée au développement durable de la planète
en ceci qu’ils permettent de faire connaître de nouvelles idées-forces
plus rapidement et plus efficacement qu’il y a seulement 10 ans.
- Bien que l’on n’ait pas consacré
d’analyses approfondies au rôle joué par le secteur non gouvernemental
dans le développement durable ou dans d’autres programmes mondiaux,
il apparaît que les organisations non gouvernementales et d’autres
acteurs de ce secteur proposent de plus en de plus de biens et de services
d’intérêt public dans les domaines sociaux et environnementaux,
notamment aux niveaux national et régional. Nombreuses sont les organisations
non gouvernementales à exécuter des programmes nationaux ou
locaux financés par des fonds bilatéraux ou multilatéraux,
souvent en partenariat avec les autorités nationales. Plusieurs entreprises
offrent aussi des services publics, notamment à la suite de la privatisation
et de la libéralisation des marchés. Ces services fournis
par des entités non gouvernementales et privées dénotent
peut-être une évolution des rapports entre les pouvoirs publics
et la société. Il convient d’examiner plus avant les implications
de cette évolution sur la gouvernance dans le contexte du développement
durable et la manière dont on peut en tirer parti pour sous-tendre
le développement durable.
III. Principaux
obstacles
- La participation des grands
groupes au développement durable se heurte encore à de nombreux
obstacles. On constate que le niveau de participation, notamment au niveau
international, n’est pas le même selon les régions, que les
groupes les mieux établis jouent de plus en plus un rôle d’intermédiaire,
qu’il faut progresser dans la mise en place de mécanismes participatifs
axés sur la transparence et la responsabilisation, que la participation
à la prise de décisions est encore insuffisante et que le
financement des grands groupes est aléatoire.
- Malgré des efforts tendant
à appuyer et à intensifier la participation des grands groupes
des pays en développement et des pays en transition, la majorité
des participants aux mécanismes intergouvernementaux, y compris la
Commission du développement durable, viennent des pays développés.
Le problème du financement, pour important qu’il soit, n’explique
que partiellement ces " inégalités géographiques ".
Les problèmes liés aux capacités institutionnelles
et opérationnelles des grands groupes représentant les pays
du sud sont tout aussi importants et méritent d’être examinés
sans délai. Le renforcement du pouvoir d’action et des capacités
aux niveaux national et régional peut contribuer à combler
ces inégalités.
- À ce problème
s’ajoute une dépendance excessive vis-à-vis des représentants
des grands groupes qui, rompus au fonctionnement des organes gouvernementaux
et intergouvernementaux, font souvent office de relais pour des groupes
qui n’ont pas la même maîtrise. Dans les faits, de nombreuses
parties prenantes, tant sur le plan local que sur le plan national, ne peuvent
se faire entendre ou alors seulement par l’entremise d’autres groupes. Les
débats intergouvernementaux et gouvernementaux sur le développement
durable y perdent en diversité. Rechercher les moyens d’inciter les
principales parties prenantes à former de nouveaux cadres parmi les
organisations non gouvernementales et à revitaliser leurs liens avec
la base peut réduire cette dépendance.
- On a beaucoup parlé de
la responsabilisation, mais force est de constater qu’il reste encore beaucoup
à faire à ce propos. Très souvent, les acteurs de la
société civile et du milieu des affaires qui exigent que les
pouvoirs publics fassent preuve de transparence n’ont pas la même
exigence envers eux-mêmes. Compte tenu du fait que les grands groupes
souhaitent vivement être associés à la prise de décisions
et devenir de véritables partenaires dans le domaine du développement
durable, il importe de s’engager plus avant sur la voie de la responsabilisation
réciproque, laquelle devra jouer également pour tous les acteurs.
- Ces 10 dernières années,
les grands groupes ont été consultés de manière
ponctuelle, faute de cadre clairement établi leur permettant de s’associer
à part entière à la prise de décisions et à
l’exécution des projets. Cet état de fait lèse plus
particulièrement les groupes locaux et nationaux, ceux-ci ayant le
sentiment d’être exclus des activités engagées pour
faire progresser les populations et les pays sur la voie du développement
durable. De même, à l’échelon international, la participation
des grands groupes se borne encore trop souvent à un échange
passif d’informations. Il faut élargir les mécanismes participatifs
existants, à tous les niveaux, afin que les grands groupes puissent
apporter d’autres types de contributions et notamment s’associer aux décisions
concernant les catégories de personnes qu’ils représentent.
- À l’exception de ceux
qui peuvent compter sur les cotisations de leurs membres ou sur des contributions
privées, la plupart des grands groupes financent leurs projets grâce
aux fonds que leur octroient les organisations bilatérales et multilatérales.
Cela amène les organisations non gouvernementales et les autres grands
groupes à proposer des projets qui répondent aux priorités
des donateurs plutôt qu’à leurs propres priorités et
besoins. Ces dernières années, différentes études
ont mis en évidence l’importance qu’il y avait pour les donateurs
à adopter une stratégie à long terme concernant l’appui
financier donné aux acteurs de la société civile, notamment
au vu des besoins existant en matière de renforcement des capacités
et des institutions.
IV. Questions
à examiner plus avant
- L’essor et l’apport des grands
groupes dans le domaine du développement durable passent par des
mécanismes viables facilitant la consultation, le dialogue, les partenariats
et l’accès aux processus de prise de décisions. Ces mécanismes
n’en seront que plus efficaces et plus crédibles à long terme
s’ils insistent sur l’importance de la responsabilité mutuelle et
de la transparence parmi l’ensemble des parties concernées.
- Les instances multipartites
doivent être étroitement associées aux processus de
prise de décisions, l’objectif étant de concilier les intérêts
contradictoires des différents participants dans le cadre de la formulation
et de l’application de stratégies et de programmes de développement
durable. Il convient notamment d’examiner la manière dont les instances
multipartites de la Commission du développement durable peuvent être
améliorées. Plusieurs solutions sont envisageables. Ces instances
peuvent par exemple contribuer à renforcer les partenariats nécessaires
à la mise au point, à l’application et au suivi des programmes
thématiques internationaux, ce qui prêterait vraisemblablement
plus de poids aux engagements pris au titre des programmes thématiques
internationaux. Les mécanismes multipartites pourraient par ailleurs
suivre plus efficacement l’exécution des décisions arrêtées
par les différentes parties.
- Il faut transposer de manière
concertée les mécanismes multipartites aux niveaux national
et régional. À cet égard, il serait peut-être
utile que les organisations internationales et régionales fassent
des grands groupes le pivot des activités participatives.
- Compte tenu de la reconnaissance
croissante accordée par le système des Nations Unies aux différentes
parties prenantes et des engagements pris à leur égard, il
convient de recenser les mécanismes interinstitutionnels spécifiquement
chargés de coordonner et de renforcer l’action du système
auprès des grands groupes dans le domaine du développement
durable.
- Conformément à
la résolution 55/1999 de l’Assemblée générale,
les préparatifs du Sommet de 2002 devraient notamment porter sur
les moyens de renforcer le cadre institutionnel du développement
durable. Des propositions concrètes devront figurer dans les documents
soumis à la Commission du développement durable constituée
en comité préparatoire du Sommet, à sa dixième
session. Il faudra trouver des moyens pratiques permettant aux grands groupes
de participer de manière efficace aux mécanismes de gouvernance
du développement durable à différents niveaux, notamment
aux niveaux national et international; mettre en place des mécanismes
participatifs novateurs visant à faciliter l’exécution des
programmes d’action nationaux, régionaux et internationaux relatifs
au développement durable. Il importe que la Commission du développement
durable s’inspire des enseignements que les suites données à
la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement
ont permis de dégager en encourageant, notamment, la participation
des différentes parties prenantes à la formulation des politiques;
en insistant sur l’aspect pluridisciplinaire des questions mettant en jeu
des facteurs sociaux, économiques et environnementaux; en appuyant
les mécanismes participatifs dans lesquels toutes les parties partagent
le même souci de transparence et de responsabilisation.
Notes
- Voir Rapport de la
Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement,
Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992, (publication des Nations Unies, numéro
de vente : F.93.I.8), vol. I, résolution 1, annexe II.
Ces groupes sont les suivants : les femmes, les enfants et les jeunes,
les populations autochtones, les organisations non gouvernementales, les collectivités
locales, les travailleurs et les syndicats, le commerce et l’industrie, la
communauté scientifique et technique et les agriculteurs.
- Ibid., par. 23.1.
- La Conférence
mondiale sur le développement durable des petits États insulaires
en développement, la Conférence internationale sur la population
et le développement, la quatrième Conférence mondiale
sur les femmes, le Sommet mondial pour le développement social et la
Conférence des Nations Unies sur les établissements humains
(Habitat II).
- L’idée d’établir
des mécanismes auxquels participent les différentes parties
prenantes est apparue pour la première fois dans le cadre du volet
local d’Action 21, qui insiste sur le fait que les différentes
parties prenantes locales doivent s’associer, aux côtés des autorités,
à la conception des programmes. Au niveau national, des initiatives
similaires ont été proposées par les conseils nationaux
pour le développement durable. La Commission a transposé ces
initiatives locales et nationales au niveau international, en inscrivant des
débats multipartites à son programme de travail annuel.
- Le Consensus Building
Institute (Massachusetts Institute of Technology) et le Département
des affaires économiques et sociales établissent actuellement
un document de travail, à paraître en décembre 2001,
qui permettra d’en savoir plus sur les enseignements à tirer de l’initiative
de la Commission du développement durable concernant le multipartisme.
- Une deuxième étude
de ce type est actuellement menée par le Conseil international pour
les initiatives locales en matière d’environnement, le programme Capacités 21
du PNUD et le Département des affaires économiques et sociales.
Les résultats seront rendus publics en décembre 2001.