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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/21
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Conseil économique
et social
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Distr. générale
2 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable
constituée en organe préparatoire
du Sommet mondial sur le développement durable
Session d’organisation
30 avril-2 mai 2001
Développement
durable du tourisme*
Rapport du Secrétaire
général
Table des matières
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Paragraphes
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Page
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Introduction
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1
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2
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I. Tendances en
matière de tourisme
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2–6
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2
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II. Rendre le
développement du tourisme durable
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7–16
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2
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III. Questions
examinées plus avant
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17–19
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4
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* Le présent
rapport a été rédigé par l’Organisation mondiale
du tourisme, qui tient le rôle de chef de file pour le secteur du développement
durable du tourisme, avec la contribution d’autres organismes des Nations
Unies et organisations internationales. Ce bref tour d’horizon factuel a pour
objet d’informer la Commission du développement durable sur les événements
importants intervenus dans le domaine considéré.
Introduction
- Si le tourisme n’a pas
fait l’objet d’un chapitre dans Action 211,
le Programme relatif à la poursuite de la mise en oeuvre d’Action 212
adopté par l’Assemblée générale lors de sa dix-neuvième
session extraordinaire, en 1997, faisait état du tourisme parmi les
problèmes particuliers. Ce programme reconnaissait que le tourisme
constituait l’une des plus importantes activités au monde et l’un des
secteurs où la croissance économique est la plus rapide3.
Il était noté que la croissance escomptée dans ce secteur
et la dépendance de plus en plus grande de nombre de pays en développement,
y compris les petits États insulaires, à l’égard du tourisme,
en tant que principal employeur et contribuant à l’économie,
faisaient ressortir la nécessité d’accorder une attention particulière
aux relations entre la conservation et la protection de l’environnement et
le développement durable. Le présent rapport étudie les
tendances et faits nouveaux intervenus en matière de développement
durable du tourisme et identifie les problèmes à étudier
à l’avenir.
I. Tendances en
matière de tourisme
- Le tourisme a été
l’un des principaux phénomènes économiques et sociaux
du XXe siècle. D’une activité dont profitait seulement
un groupe restreint de personnes relativement aisées au début
du siècle, il est devenu dans les années 70 un phénomène
de masse dans la plupart des pays développés et a depuis touché
de plus vastes groupes de personnes dans la plupart des nations.
- En 1999, le nombre d’entrées
internationales de touristes a atteint 664 millions et les recettes du tourisme
international 455 milliards de dollars des États-Unis. Dans les années 90,
ces entrées ont progressé en moyenne de 4,2 % par an et
les recettes correspondantes, à prix courants et compte non tenu des
transports internationaux, de 7,3 %. Les déplacements touristiques
nationaux sont plus nombreux que les entrées internationales, mais
ils sont beaucoup trop difficiles à quantifier.
- Le tourisme, secteur qui intègre
un large éventail d’activités économiques, est maintenant
considéré comme l’industrie la plus importante au monde. En
1998, 7,9 % de la valeur des exportations mondiales de biens et services
lui étaient imputables, ce qui le plaçait en tête des
secteurs de pointe tels que la production d’automobiles et l’industrie chimique.
Le tourisme est donc bien le secteur le plus important dans les échanges
internationaux de services. Pour nombreux pays, en particulier les petits
États insulaires en développement, mais également pour
certains plus importants et plus diversifiés sur le plan économique,
il est devenu le principal secteur d’activité économique ou,
du moins, la principale source de recettes en devises et, dans la plupart
des cas, il constitue une source importante d’emplois.
- Outre une expansion globale très
forte, le développement du tourisme se caractérise par un élargissement
et une diversification géographiques permanents des destinations touristiques.
Alors qu’en 1950, les 15 principales destinations, qui se trouvaient toutes
en Europe occidentale et en Amérique du Nord, comptaient pour 97 %
dans les entrées totales, en 1999, ce chiffre était retombé
à 62 %, les pays en développement et les économies
en transition, notamment d’Asie du Sud-Est, d’Europe centrale et orientale
et d’Amérique latine, gagnant de plus en plus de parts de marchés.
À l’exception de quelques pays d’Afrique du Nord, ce continent reste
une destination moins prisée, puisqu’il ne représente que 2,5 %
du total des entrées internationales.
- Parmi les principales tendances
de l’évolution qualitative du tourisme on peut citer : une segmentation
accrue du marché; le développement de nouvelles formes de tourisme
liées, en particulier à la nature, la vie sauvage, les zones
rurales et la culture; et l’introduction de nouveaux programmes parmi les
voyages à forfait traditionnels. Les motivations et les comportements
des consommateurs se caractérisent de plus en plus par un choix plus
sélectif des destinations, un souci accru de l’expérience touristique
et de sa qualité et un plus grand intérêt pour l’environnement,
la culture traditionnelle et la population locale.
II. Rendre
le développement du tourisme durable
- Du fait de l’explosion rapide
du tourisme, les destinations touristiques traditionnelles et nouvelles voient
leurs environnements naturel, culturel et socioéconomique faire l’objet
de pressions toujours plus grandes. On admet maintenant qu’une croissance
incontrôlée d’un tourisme visant le profit à court terme
a fréquemment des effets négatifs, nuit à l’environnement
et aux sociétés et détruit les bases mêmes sur
lesquelles le tourisme est construit et prospère.
- Déjà avant les années 90,
quelques gouvernements et organisations non gouvernementales s’étaient
penchés sur certains effets négatifs du tourisme et, notamment,
la précarité de l’emploi, l’exploitation des enfants et la prostitution,
la disparition des traditions et des valeurs culturelles et la dégradation
de l’environnement des sites touristiques et naturels. Ces effets négatifs
sur le milieu résultent d’une surexploitation des ressources et de
la pollution et des déchets engendrés par le développement
des infrastructures et installations touristiques, les transports et les activités
touristiques elles-mêmes. Mais on admet également maintenant
que pour autant qu’il soit correctement planifié et géré
dans une perspective à long terme, le tourisme peut présenter
des avantages économiques pour les communautés hôtes et
servir d’instrument pour atténuer la pauvreté et conserver les
richesses naturelles et culturelles et les autres atouts.
- Le principe d’un tourisme durable
a été avancé dès 1988 par l’Organisation mondiale
du tourisme pour qui il devait conduire à une gestion de l’ensemble
des ressources permettant de satisfaire aux besoins économiques, sociaux
et esthétiques, tout en sauvegardant l’intégrité culturelle,
les processus écologiques essentiels, la diversité biologique
et les systèmes d’entretien permettant la vie.
- Les sociétés hôtes
ont progressivement pris conscience des problèmes posés par
un tourisme non durable et les politiques, stratégies et plans dans
le domaine du tourisme se préoccupent de plus en plus du problème
de la durabilité. De plus, certains touristes exigent maintenant de
la part des services touristiques une qualité environnementale plus
élevée et un souci plus grand des communautés et économies
locales.
- Bien que le tourisme
ne figure pas dans le programme Action 21, la reconnaissance de l’importance
de la durabilité dans ce secteur par les principales parties intéressées
et, notamment, les gouvernements, les organisations internationales, les organisations
non gouvernementales et le secteur privé international a débouché,
en 1995, sur la formulation du Programme d’Action 21 pour l’industrie
des voyages et du tourisme4.
De nombreuses collectivités fondées autour du tourisme ont d’ailleurs
formulé leur propre programme d’Action 21 au niveau local.
- La création d’un
groupe de travail réunissant les diverses parties prenantes a été
préconisée par la Commission du développement durable
lors de sa septième session5.
Ce groupe de travail s’est vu charger de la coordination de la mise en oeuvre
du programme de travail international sur le développement durable
du tourisme adopté lors de cette même session. Cette instance
constitue pour les grands groupes, les gouvernements et les organisations
internationales un mécanisme novateur de collaboration pour parvenir
à un développement durable du tourisme. Lors de la première
réunion de ce groupe de travail, organisée à Costa Rica
(janvier 2000) à l’invitation de l’Organisation mondiale du tourisme,
les participants ont recensé 11 questions prioritaires couvrant un
large éventail d’aspects touchant au développement durable du
tourisme. Mais faute de financement, la poursuite des travaux s’est trouvée
ralentie.
- Progressivement et de plus en
plus largement, les entreprises et établissements touristiques et,
en particulier, les hôtels ont appliqué des techniques de gestion
soucieuses de l’environnement. On a également constaté un succès
accru de démarches facultatives telles que les systèmes de certification,
l’écoétiquetage, l’attribution de prix écologiques et
les codes de conduite. Le Code mondial d’éthique du tourisme, proposé
par l’Organisation mondiale du tourisme en 1999 à l’issue de deux années
de consultations avec le secteur du tourisme, a été approuvé
par les États membres de cette organisation. Il a été
soumis au Conseil économique et social pour examen lors de sa session
de fond de 2001 (voir E/2001/3).
- À l’initiative de l’Organisation
mondiale du tourisme6, une série d’indicateurs de la durabilité
en matière de tourisme a été mise au point et testée
dans un certain nombre de pays. Ces indicateurs commencent maintenant à
être utilisés pour certaines destinations. L’amélioration
du savoir-faire et des méthodes de définition, d’adaptation
et d’application des indicateurs destinés au suivi des impacts sociaux,
économiques et environnementaux du tourisme requiert des travaux supplémentaires.
Il en va de même de l’application de ces indicateurs dans un nombre
plus vaste de pays.
- Un grand nombre de destinations
touristiques se trouvent dans des régions montagneuses ou côtières
situées dans des zones climatiques différentes de celles du
pays d’origine des touristes. Ceux-ci sont donc moins au fait des catastrophes
naturelles qui se produisent dans ces régions, comme par exemple les
avalanches dans les stations de ski, les ouragans dans les îles des
Caraïbes et les températures extrêmes qui peuvent provoquer
insolation ou gelures. Il importe que le développement touristique
de ces régions prévoit un système d’information du public,
de suivi et de prévisions concernant ce type d’imprévus.
- L’écotourisme représente
sur le marché un créneau encore modeste, mais en progression
rapide. Ce type d’activité s’est rapidement développé
dans le monde entier au cours des deux dernières décennies et
l’on s’attend à ce que cette croissance se poursuive à l’avenir.
L’écotourisme consiste en général à voyager dans
des zones naturelles en petits groupes avec pour principal but l’observation
et l’appréciation de la nature, ce qui implique une information pédagogique
sur les écosystèmes, les cultures et les questions touchant
à la durabilité au plan local. Cette forme de tourisme vise
également à minimiser les conséquences négatives
sur l’environnement naturel et socioculturel. Sur le plan du contrôle
et de la gestion des activités écotouristiques, l’un des moyens
utilisés consiste souvent à prélever des droits d’entrée
dans les zones naturelles protégées, droits dont une partie
est consacrée à la conservation des zones en question. L’Année
internationale de l’écotourisme, en 2002, sera l’occasion de dresser
un bilan mondial des expériences dans ce domaine, en vue de consolider
les instruments et les cadres institutionnels permettant de veiller pour l’avenir
à un développement durable.
III. Questions examinées
plus avant
- Le tourisme devrait continuer
à progresser à l’avenir en raison de la croissance démographique,
de la hausse du niveau de vie, de l’amélioration et du développement
des réseaux de transport, de l’allongement du temps libre et d’autres
facteurs. Selon les prévisions de l’Organisation mondiale du tourisme,
les entrées internationales de touristes devraient quasiment tripler
dans les deux décennies à venir et d’ici 2020, on devrait compter
1,6 milliard de touristes se rendant dans des pays étrangers.
La pression exercée sur les milieux naturel, culturel et socioéconomique
des destinations populaires s’en trouvera d’autant plus forte. Il importe
donc de redoubler d’efforts pour traiter la question de la durabilité
du développement du tourisme.
- Parallèlement au tourisme
en général, l’écotourisme et d’autres formes de tourisme
respectueux de l’environnement devraient continuer à progresser rapidement.
Cette évolution requerra également une planification, une gestion
et la mise en place d’infrastructures visant à protéger les
sites naturels intéressants qui sont fréquemment écologiquement
fragiles. Le développement durable de ce sous-secteur pourrait fort
bien être conditionné par les disponibilités financières
et le renforcement des capacités.
- Les petits États insulaires
en développement sont confrontés à des difficultés
particulières. Dans les pays où l’environnement naturel attire
les touristes, le tourisme est fréquemment considéré
comme un secteur en expansion prometteur, du fait surtout des difficultés
que rencontrent ces pays pour trouver des sources de devises autres que les
exportations. Toutefois, le développement rapide du tourisme peut engendrer
des distorsions sociales importantes et un renforcement des pressions exercées
sur l’environnement. La fragilité des écosystèmes des
petits États insulaires et les possibilités généralement
plus limitées pour ces pays de poursuivre d’autres stratégies
de développement suscitent des inquiétudes, car l’impact environnemental
et écologique du tourisme y est particulièrement critique. Pour
faire en sorte que le tourisme soit compatible avec la conservation des principaux
écosystèmes et du patrimoine culturel et historique, il conviendrait
d’adopter dans ce secteur un mode de planification intégré et
respectueux de l’environnement et de la culture.
Notes :
- Rapport de la Conférence
des Nations Unies sur l’environnement et le développement, Rio de Janeiro,
3-14 juin 1992, vol. I, Résolutions adoptées par la Conférence
(publication des Nations Unies, numéro de vente : E.93.I.8 et
corrigendum, résolution 1, annexe II.
- Résolution
S-19/2 de l’Assemblée générale, annexe.
- Ibid., par.
67.
- Préparé
conjointement par l’Organisation mondiale du tourisme, le World Travel and
Tourism Council et Conseil de la Terre.
- Voir Documents
officiels du Conseil économique et social, 1999, Supplément
No 9 (E/1999/29), chap. I, sect. C, décision 7/3, par. 10.