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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/19
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Conseil économique
et social
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Distr. générale
14 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable constituée
en comité préparatoire du Sommet mondial
pour le développement durable
Session d’organisation
30 avril-2 mai 2001
Gestion
des substances chimiques toxiques
et des déchets dangereux et radioactifs*
Rapport
du Secrétaire général
Table des matières
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Paragraphes
|
Page
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I/ Introduction
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1
|
2
|
| II/
Gestion des substances chimiques toxiques |
2-21
|
2
|
A. Réalisations
et limitations
|
2-17
|
2
|
B. Questions nécessitant
un examen plus approfondi
|
18-21
|
4
|
| III/
Gestion des déchets dangereux |
22-41
|
5
|
A. Réalisations
et limitations
|
22-26
|
5
|
B. Questions nécessitant
un examen plus approfondi
|
27-41
|
6
|
| IV/ Gestion
des déchets radioactifs |
42-54
|
7
|
A. Principales réalisations
et limitations
|
42-53
|
7
|
B. Questions nécessitant
un examen plus approfondi
|
54
|
9
|
*
Le présent rapport a été établi par le Programme
des Nations Unies pour l’environnement qui assure le rôle de responsable
d’activités pour les chapitres 19 et 20 d’Action 21, et par l’Agence
internationale de l’énergie atomique en tant que responsable d’activités
pour le chapitre 22, en collaboration avec d’autres organismes des Nations Unies
et organisations internationales. Ce bref résumé a pour objet
d’informer la Commission du développement durable sur les événements
clefs intervenus dans le domaine en question.
I. Introduction
- Le présent rapport
traite de trois chapitres distincts, mais interdépendants d’Action 21,
à savoir les chapitres 19, 20 et 22, qui concernent le traitement,
la gestion et l’élimination des matières dangereuses ou potentiellement
dangereuses. En ce qui concerne les substances chimiques, Action 21 note
que l’utilisation des substances chimiques est essentielle pour réaliser
les objectifs sociaux et économiques de la communauté mondiale
et qu’il reste beaucoup à faire pour assurer la gestion économiquement
rationnelle des substances chimiques toxiques. En ce qui concerne les déchets
dangereux, l’objectif d’Action 21 est de prévenir et, dans toute la
mesure possible, de minimiser la production de ces déchets dans le
cadre d’une gestion intégrée du cycle de vie. En ce qui concerne
les déchets radioactifs, l’objectif est de faire en sorte que ces déchets
soient gérés, transportés, stockés et éliminés
sans danger, afin de protéger la santé humaine et l’environnement.
Action 21 reconnaît le rôle de l’Agence internationale de l’énergie
atomique (AIEA), en tant qu’organisme des Nations Unies à qui incombe
officiellement la sûreté de la gestion des déchets radioactifs.
II. Gestion
des substances chimiques toxiques
A. Réalisations
et limitations
- Le Programme interorganisations
pour la gestion rationnelle des produits chimiques (IOMC) a été
créé en 1995 en tant que mécanisme chargé de coordonner
les efforts des organisations intergouvernementales en matière d’évaluation
et de gestion des substances chimiques. Toutes les organisations participant
à l’IOMC mènent des activités visant à faciliter
l’échange d’informations sur leurs activités destinées
à promouvoir la sécurité chimique. Reconnaissant que
l’accès à Internet est très limité dans certains
pays, les organisations participant à l’IOMC ont entrepris, avec l’appui
de donateurs, un programme d’installation d’ordinateurs et de formation à
l’intention des pays en développement concernant l’accès aux
informations sur la sécurité chimique via Internet.
- Toutes les organisations
participant à l’IOMC mènent, dans le cadre de leurs mandats
respectifs, diverses activités de formation et d’assistance technique
en tant que contribution aux efforts entrepris sur les plans régional
et national pour renforcer les capacités et les moyens permettant d’assurer
la gestion rationnelle des substances chimiques. Dans certains cas, en ce
qui concerne par exemple, les substances appauvrissant la couche d’ozone ou
les polluants organiques persistants, des ressources nouvelles et additionnelles
ont été mises à disposition par l’intermédiaire
de mécanismes tels que le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).
Il est nécessaire d’instaurer une collaboration aux niveaux national
et international pour que les activités d’assistance relatives aux
substances chimiques prioritaires sur le plan international soient menées
de façon à avoir des retombées de nature à aider
les pays à gérer les nombreuses substances chimiques toxiques
qui ne retiennent pas l’attention sur le plan international.
- La Conférence
internationale sur la sécurité chimique, tenue à Stockholm
en 1994, a créé le Forum intergouvernemental sur la sécurité
chimique (IFCS). Ce forum a précisé les types d’évaluations
faites par l’Organisation pour la coopération et le développement
économiques (OCDE) et par le Programme international sur la sécurité
des substances chimiques (IPCS) qui seraient considérées comme
des évaluations internationales dans le contexte de la Conférence
des Nations Unies sur l’environnement et le développement. En 1994,
le Forum intergouvernemental sur la sécurité chimique prévoyait
que 500 substances chimiques seraient évaluées d’ici 2000.
Le nombre de substances effectivement évaluées (286) est très
inférieur à cet objectif. Cette insuffisance tient au fait que
les gouvernements, l’IPCS et l’OCDE ne disposent pas de ressources suffisantes
et qu’il faut longtemps pour rationaliser les procédures d’évaluation
afin d’accroître le nombre d’évaluations effectuées.
- Le Programme international
sur la sécurité chimique (IPCS) dont l’OMS a été
l’initiatrice, a établi des documents d’orientation faisant le point
des connaissances actuelles sur les méthodes d’évaluation des
risques encourus du fait de l’exposition aux substances chimiques. Les travaux
ont aussi progressé sur des questions nouvelles, en particulier les
substances chimiques qui perturbent les systèmes endocriniens, l’évaluation
des risques pour les enfants et l’évaluation intégrée
des risques pour la santé et l’environnement. Dans le cadre du projet
sur l’harmonisation des méthodes d’évaluation des risques, les
travaux ont progressé dans divers secteurs, y compris la terminologie
de l’évaluation des risques (travail effectué conjointement
avec l’OCDE), l’évaluation des risques de cancer, la toxicité
influant sur la reproduction et le développement, l’évaluation
de l’exposition et les analyses d’incertitude/variabilité.
- Dans le domaine de l’évaluation
des risques, le Programme international sur la sécurité chimique
même un projet important sur l’harmonisation des méthodes d’évaluation
des risques, portant en particulier sur la santé humaine. L’OCDE continue
d’élaborer des directives en matière de contrôle harmonisé,
de stratégies d’essai et d’approches de l’évaluation environnementale.
Les résultats de ces travaux, effectués en coopération
avec d’autres partenaires de l’IOMC, aideront à accroître la
confiance dans les évaluations de danger et de risques sur le plan
mondial et l’acceptation de ces évaluations. L’objectif consiste en
définitive à faire converger les méthodes actuellement
utilisées.
- Près de 50 institutions
nationales participent à un projet géré par l’Organisation
internationale du Travail (OIT) et financé par l’Union européenne
(UE) et l’OIT qui consiste à mettre à disposition les fiches
internationales sur la sécurité des substances chimiques (ICSC).
Actuellement 1 300 fiches sont disponibles sur Internet, gratuitement
et dans 11 langues (allemand, anglais, chinois, coréen, espagnol,
finlandais, français, japonais, swahili, thaï et ourdou). La traduction
des fiches en hindi, bengali, tamil et portugais est en cours ou prévue
- L’OIT, l’OCDE et le Comité
d’experts en matière de transport des marchandises dangereuses ont
achevé l’élaboration de la base technique d’un système
harmonisé à l’échelle mondiale de classement et d’étiquetage
des produits chimiques. En 1999, l’ECOSOC a décidé de créer
le Sous-Comité du système harmonisé à l’échelle
mondiale de classement et d’étiquetage des produits chimiques, faisant
ainsi ressortir l’importance accordée à cette question.
- L’élaboration
de ce type de système au cours des 10 dernières années
illustre remarquablement la capacité des pays, des organisations intergouvernementales
et non gouvernementales et même des personnes physiques de travailler
ensemble lorsque l’objectif poursuivi est susceptible de profiter à
l’humanité tout entière. L’adoption universelle du système
harmonisé servira de base à l’identification uniforme des risques
chimiques, améliorera la notification des risques, facilitera le commerce
des substances chimiques, réduira la nécessité des études
sur l’animal et améliorera en définitive la sécurité
des personnes et de l’environnement en ce qui concerne la production, le transport,
l’utilisation et l’élimination des substances chimiques.
- Le manque de ressources
extrabudgétaires s’est traduit par une participation réduite
des pays en développement au projet de système harmonisé.
L’adoption du système à l’échelle mondiale ne sera possible
que si un financement approprié est assuré aux pays qui doivent
créer les infrastructures juridiques et techniques appropriées,
y compris une formation au niveau des entreprises pour l’utilisation du système.
On estime que le coût annuel pour les organisations et les pays participants
s’élève à environ 3 millions de dollars des États-Unis.
On espère que l’industrie chimique contribuera pour beaucoup à
instituer ce système en tant que norme facultative universelle.
- La Convention de Rotterdam
sur la procédure de consentement préalable en connaissance de
cause applicable à certains produits chimiques et pesticides dangereux
qui font l’objet du commerce international a été adoptée
en 1998. La Convention prévoit que les substances chimiques et pesticides
ajoutés au texte de la Convention parce que lorsque leur utilisation
est interdite ou sévèrement limitée dans un pays au moins
de chacune des deux régions ne seront pas exportés sans l’accord
explicite du pays importateur. Elle inclut également les formulations
de pesticides présentant de grands risques et qui sont trop dangereux
pour pouvoir être utilisés dans les pays en développement.
La Convention entrera en vigueur 90 jours après sa ratification
par 50 pays; en attendant, on applique une procédure provisoire
facultative.
- Un manuel d’orientation
pour l’établissement de registres des émissions et des transferts
de polluants à été élaboré selon une approche
à partenaires multiples. Le manuel a servi de base dans de nombreux
pays à des activités de renforcement des capacités concernant
l’utilisation des registres. Actuellement 43 pays dans toutes les régions
possèdent un registre ou procèdent à son élaboration.
- Le texte d’un nouveau
traité sur les polluants organiques persistants (POP) a été
défini en décembre 2000. Ce traité qui doit être
adopté et signé à Stockholm en 2001, prévoit notamment
des mesures visant à protéger la santé et l’environnement
contre 12 POP ou groupes de POP, comporte des dispositions pour inclure des
POP supplémentaires dans le traité, interdit la commercialisation
de nouveaux POP et prévoit des dispositions concernant l’assistance
technique et financière aux pays en développement et aux pays
à économie en transition. Ce traité s’appellera Convention
de Stockholm sur les polluants organiques persistants.
- En 1993, l’OIT a adopté
la Convention No 174 sur la prévention des accidents industriels majeurs,
définissant les responsabilités, obligations et droits pertinents
des gouvernements, des employeurs et des travailleurs. Un code de pratique
et un manuel connexes définissent les orientations concernant les questions
techniques et de sécurité.
- Des nouveaux centres
d’information sur les poisons ont été créés dans
25 pays. Il a été publié des directives sur la lutte
antipoison, pour donner aux gouvernements et aux professionnels des soins
de santé des orientations concernant la création et le renforcement
des centres antipoison. La base de données INTOX sur CD-ROM du Programme
international sur la sécurité des substances chimiques fournit
des informations aux professionnels des centres antipoison et aux spécialistes
de la toxicologie clinique. Un système harmonisé au niveau mondial
pour la collecte de données sur les empoisonnements humains, les expositions
à des produits toxiques et les incidents chimiques a été
élaboré par le Programme INTOX de l’IPCS, avec la participation
d’experts de plus de 60 pays. Ce système, disponible en anglais, espagnol,
français et portugais, est actuellement traduit en arabe, chinois et
russe.
- Toutes les organisations
participant à l’IOMC prennent part à l’élaboration de
profils nationaux de gestion des produits chimiques dans près de 70
pays dans le monde entier. Ces profils fournissent des informations et des
évaluations de l’infrastructure et des capacités existantes
pour assurer la gestion rationnelle des produits chimiques et servent dans
de nombreux cas de point de départ pour organiser la coordination,
définir des priorités et fournir une assistance technique. Pour
la plupart, les profils nationaux sont disponibles sur Internet à partir
de la page d’accueil des profils nationaux de l’UNITAR.
- Diverses institutions
des Nations Unies aident les pays en matière de sensibilisation et
de renforcement des capacités pour assurer la gestion rationnelle des
substances chimiques et des pesticides. On peut citer à titre d’exemple
:
a) Le
programme de lutte intégrée de l’Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le soutien qu’il prévoit
pour définir et renforcer des cadres réglementaires pour les
pesticides;
b) Les
programmes de formation de la FAO et du Programme des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE) destinés à appuyer les efforts nationaux concernant l’application
de la nouvelle Convention de Rotterdam (voir par. 11);
c) Le
programme général du PNUE destiné à aider les
pays à réduire et/ou éliminer les émissions de
polluants organiques persistants dans l’environnement;
d) Des
cours de formations sur l’évaluation des risques pour l’environnement
et la santé et sur la gestion des substances chimiques toxiques, organisés
dans plusieurs pays en développement par l’OMS, par l’intermédiaire
de l’IPCS et de ses institutions partenaires;
e) Les
services de l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel (ONUDI) visant à réduire l’utilisation des substances
chimiques toxiques et les émissions de déchets chimiques dans
un certain nombre de sous-secteurs, en ce qui concerne notamment les substances
phytosanitaires (pesticides), les matériaux de constructions (briques
et ciment), le cuir, les substances pétrochimiques, les produits pharmaceutiques
et les produits obtenus grâce aux biotechnologies, la pâte et
le papier et les industries textiles;
f) Les
programmes de formation et de renforcement des capacités de l’UNITAR
qui appuient les efforts entrepris sur le plan national pour élaborer
des programmes nationaux coordonnés et intégrés de gestion
rationnelle des produits chimiques, exécutés en partenariat
avec une ou plusieurs des organisations participantes de l’IOMC.
B. Questions nécessitant
un examen
plus approfondi
- Les pays qui ne l’ont
pas encore fait doivent impérativement ratifier les conventions relatives
aux produits chimiques, comme les Conventions No 170 et No 174 de l’OIT,
la Convention de Rotterdam et la future Convention de Stockholm sur les polluants
organiques persistants, ou y adhérer de quelque autre manière.
- L’une des principales
difficultés consistera à maintenir le même degré
d’engagement politique et financier au stade d’application de la Convention
de Rotterdam et de la future Convention de Stockholm sur les polluants organiques
persistants.
- Si l’on veut faire avancer
les choses, et concrétiser les engagements pris depuis huit ans par
la communauté internationale, il est indispensable de mieux définir
les priorités et d’accroître les ressources disponibles.
- Parmi les tâches
restant à accomplir, on citera :
a) L’élaboration
de stratégies de lutte intégrée contre les ravageurs
écologiquement rationnelles, notamment de stratégies de lutte
antivectorielle;
b) L’identification,
la neutralisation et l’élimination sans danger des stocks périmés
de pesticides et autres produits chimiques, notamment de polychlorobiphényles;
c) L’adoption
et l’entrée en vigueur de la convention sur les polluants organiques
persistants;
d) La
création de dispositifs de prévention des grosses catastrophes
industrielles et de dispositifs de préparation et d’intervention d’urgence;
e) Les
mesures visant à réduire les risques que présentent les
préparations pesticides les plus dangereuses;
f) Les
efforts tendant à réviser le Code international de conduite
pour la distribution et l’utilisation des pesticides de la FAO;
g) La
multiplication des centres nationaux antipoison;
h) La
multiplication des registres d’émissions et de transferts de polluants.
III. Gestion
des déchets dangereux
A. Réalisations
et limitations
- De nombreuses administrations
publiques, entreprises et autres institutions reconnaissent de plus en plus
que les stratégies de production moins polluante, qui permettent de
réduire le plus possible le volume de déchets, constituent un
moyen efficace de concilier protection de l’environnement et développement
économique. Les pays ont commencé à adopter des politiques
générales favorables et à établir le cadre institutionnel
nécessaire pour répondre aux besoins des organisations utilisatrices.
La création de centres nationaux de production moins polluante témoigne
de cette évolution.
- Dans le système
des Nations Unies, un nombre croissant d’organismes soulignent l’approche
préventive suivie dans leurs programmes, leurs ordres du jour et leurs
activités. Le programme ONUDI/PNUE de centres nationaux de production
non polluante et le programme de production moins polluante de l’OIT/PNUE
s’adressant aux associations professionnelles en sont deux exemples. Des organismes
des Nations Unies comme l’OMS, l’OIT, l’UNESCO et la Banque mondiale intègrent
cette approche préventive dans leurs publications, leurs conférences
et leurs activités d’assistance technique.
- Les décideurs
au sein des divers groupes d’intervenants (administrations publiques, entreprises,
institutions financières, organisations non gouvernementales, etc)
disposent d’un volume croissant d’informations facilement utilisables sur
les technologies moins polluantes, les techniques de traitement des déchets
dangereux, les modes opérationnels à suivre et les politiques
indispensables pour la gestion écologiquement rationnelle des déchets
dangereux.
- Les pays de la CEE ont
introduit la politique et stratégie dite des 5-R, qui promeut les principes
consacrés de la production moins polluante : réduction à
la source, remplacement, recyclage, récupération et réutilisation.
- Les points ci-après
soulignent certains des handicaps et des obstacles à surmonter :
a) Les
législations et réglementations nationales, s’il en existe,
sont souvent mal respectées et appliquées faute de moyens et
de ressources. Le cadre juridique nécessaire s’élabore et s’applique
avec une certaine lenteur;
b) De
nombreux pays ne disposent pas des moyens institutionnels nécessaires
à la gestion des déchets dangereux, à la surveillance
et au contrôle des importations de produits chimiques et de déchets
dangereux et à la prévention de leur trafic illicite;
c) Les
gouvernements sont nombreux à ne pas disposer des moyens d’intervention
leur permettant d’élaborer en collaboration avec les entreprises des
modes de gestion des déchets dangereux. Beaucoup de fonctionnaires
et de petites et moyennes entreprises (PME) connaissent mal les problèmes
écologiques et n’ont pas les compétences et les ressources financières
nécessaires pour trouver des solutions;
d) Les
entreprises considèrent souvent la gestion des déchets dangereux
comme une contrainte et ne s’y plient que si la réglementation l’exige;
e) Cela
fait peu de temps que l’on recueille des données et des statistiques
sur la production et les mouvements transfrontières de déchets
dangereux, lesquelles sont indispensables pour élaborer des politiques
et des stratégies et suivre les progrès accomplis;
f) On
constate que les travaux déployés par les organisations internationales
pour aider les États à évaluer les risques sanitaires
et écologiques découlant de l’exposition aux déchets
dangereux progressent très lentement. Un très petit nombre de
parties à la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements
transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination
ont établi des statistiques sur les effets des déchets dangereux
sur la santé ou l’environnement;
g) Les
incitations fiscales octroyées par les États n’encouragent toujours
pas l’application de politiques écologiquement rationnelles, comme
la production moins polluante. Des mesures onéreuses restent lettre
morte faute de ressources financières.
B. Questions nécessitant
un examen
plus approfondi
- Il est urgent de renforcer
les capacités nationales de gestion efficace des déchets dangereux
en complétant les ressources disponibles pour une mise en oeuvre efficace
de politiques et de programmes adaptés.
- Le secteur privé,
en particulier les petites et moyennes entreprises, doit être consulté,
sensibilisé, et informé de la gravité de la question,
et associé avec son consentement au lancement des programmes et des
activités.
- Des efforts plus soutenus
sont nécessaires au niveau international pour faire le bilan écologique
des technologies et diffuser l’information aux responsables du choix des techniques
à adopter.
- La gestion des déchets
dangereux doit être systématiquement intégrée dans
les processus ordinaires de sélection des technologies.
- Il faut accorder une
plus grande attention aux aspects liés à la consommation des
produits – durée de vie utile et phase d’élimination/rejet –
plutôt que de s’arrêter à ceux liés à la
fabrication.
- Les États doivent
élaborer des politiques permettant d’accorder des incitations fiscales
aux utilisateurs et aux fabricants de technologies propres. Des mécanismes
de financement novateurs, comme les fonds autorenouvelables, doivent être
établis pour faciliter l’application des mesures onéreuses de
production moins polluante.
- Il convient d’intensifier
les programmes de sensibilisation.
- Les gouvernements doivent
fournir un cadre réglementaire et non réglementaire, notamment
des instruments économiques permettant de protéger la santé
et l’environnement contre les déchets dangereux de sorte que les entreprises
puissent respecter les dispositions de la Convention de Bâle tout en
continuant à opérer dans un environnement économique
et commercial compétitif.
- Il faudrait mettre en
place des politiques de gestion du cycle complet des produits et des politiques
énergétiques cohérentes pour éviter que les problèmes
ne soient déplacés vers le secteur de la gestion des déchets.
- Il convient d’élaborer
de nouveaux schémas de responsabilité civile pour créer
un réel marché de l’assurance dans le monde entier, qui couvre
les mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur
gestion.
- Les efforts doivent se
poursuivre pour faire ratifier par d’autres pays la Convention de Bâle
et les protocoles/accords connexes, en particulier l’amendement relatif à
l’interdiction, afin de les rendre juridiquement contraignants.
- Les capacités
dont disposent les pays en développement pour traiter les questions
relatives aux déchets dangereux devraient être renforcées
en consolidant les services nationaux de gestion des déchets chargés
de mettre au point et d’appliquer les politiques et stratégies pertinentes,
d’élaborer les législations et les réglementations et
d’en assurer l’application.
- Il faudrait continuer
à diffuser des informations actualisées sur les technologies
moins polluantes, notamment sur l’évaluation écologique des
technologies, les techniques permettant de réduire au maximum et de
traiter les déchets dangereux, et des informations sur les interventions
politiques.
- Il faudrait encourager
les institutions financières et les banques de développement
à mettre au point des schémas de financement novateurs pour
promouvoir les investissements dans la production moins polluante et la réduction
maximale des déchets dangereux.
- Il faudrait perfectionner
les outils comptables et économiques écologiques afin de tenir
compte du coût réel de la mauvaise gestion des déchets
dangereux et d’orienter les entreprises et les consommateurs vers des procédés
et des produits moins polluants.
IV. Gestion
des déchets radioactifs
A. Principales réalisations
et limitations
- Au chapitre 22 d’Action
21 (par. 22.4), il est recommandé aux États Membres, en coopération
avec les organisations internationales compétentes, de promouvoir des
politiques pour minimiser et limiter la production de déchets radioactifs
et prévoir leur traitement, leur conditionnement, leur transport et
leur élimination sans danger.
43. De
bons progrès ont été accomplis dans cette voie dans nombre
des pays utilisant l’énergie nucléaire. Au cours des 10 dernières
années, les États-Unis et la France, les pays qui ont le plus
grand nombre de programmes de production nucléaire d’électricité
civils, ont réduit les déchets opérationnels de leurs centrales
nucléaires de quatre à cinq fois en volume, et de 10 fois en radioactivité.
Ils y ont réussi à la fois en améliorant les procédures
et les technologies et en recyclant et en réutilisant les matières
récupérées dans les centrales. L’AIEA a servi de tribune
pour l’échange d’informations et le transfert de technologies entre États
Membres.
44. Le
consensus scientifique obtenu lors de réunions techniques internationales
récentes est qu’il existe des technologies ayant fait leurs preuves,
viables et sûres pour tous les domaines de la gestion des déchets
radioactifs, sauf en ce qui concerne l’élimination des déchets
de haute activité et de longue période.
45. Au
cours des 10 dernières années, de nouveaux sites de stockage définitif
de déchets de haute et moyenne activité ont été
mis en place en Espagne, en Finlande, en France, au Japon, en Norvège,
en République tchèque et en Slovaquie. La tendance a été
de moins enfouir ces déchets dans des tranchées peu profondes,
mais de les placer dans des voûtes d’isolement en béton près
de la surface ou dans des cavernes souterraines situées des dizaines
de mètres en sous-sol. En 1999, le premier dépôt géologique
du monde (qui sert à stocker des déchets transuraniques de longue
période) a été ouvert à l’Installation pilote de
confinement des déchets (WIPP), à Carlsbad [Nouveau-Mexique (États-Unis)].
46. Les
sources radioactives désaffectées et confinées présentent
un risque potentiel d’exposition du public à l’irradiation si elles échappent
au contrôle réglementaire, et des accidents survenus concernant
des sources d’irradiation confinées, la plupart du temps dans le secteur
médical, ont provoqué de graves lésions et des décès
dus à l’irradiation. Récemment, l’attention internationale a été
appelée sur ce problème avec le lancement d’un plan d’action pour
la sûreté des sources de rayonnements et la sécurité
des matières radioactives. Le plan comporte des stratégies visant
à maîtriser ces sources et les gérer et les confiner dans
des conditions de sûreté lorsqu’elles ne sont plus utilisées.
L’AIEA a aidé les pays en développement à rendre sans danger
les sources désaffectées et confinées grâce à
des techniques appropriées de conditionnement et d’entreposage. Entre
1996 et 2000, des équipes d’experts formés et qualifiés
par l’AIEA se sont rendues dans 24 pays en développement, où des
sources de rayonnement épuisées et désaffectées,
essentiellement du radium-226, ont été stockées dans des
conditions de sûreté.
47. Au
chapitre 22, les États Membres sont aussi encouragés à
appuyer les efforts que déploie l’AIEA pour élaborer et faire
adopter des normes ou des directives et des codes de pratique relatifs à
la sûreté des déchets radioactifs en tant que principes
fondamentaux internationalement acceptés pour la gestion et l’élimination
sûre et écologiquement rationnelle des déchets radioactifs.
Les normes de l’AIEA couvrant tous les domaines importants de la gestion des
déchets radioactifs sont en cours d’élaboration. Il s’agit des
domaines suivants : dispositions administratives nationales concernant
la gestion sans danger des déchets radioactifs, sûreté du
traitement des déchets pour évacuation, déclassement des
installations nucléaires, contrôle des rejets radioactifs, remise
en état des régions contaminées par la radioactivité,
et stockage dans des conditions de sûreté des déchets radioactifs
dans des dépôts peu profonds ou dans des formations géologiques.
À ce jour, 12 documents sur les normes ont été publiés,
le plus important étant le document sur les notions fondamentales de
sûreté intitulé Principes de gestion des déchets
radioactifs, qui donne les normes de base concernant la sûreté
de la gestion des déchets radioactifs. Le corpus des normes de sécurité
concernant les déchets radioactifs devrait être terminé
dans les cinq années qui viennent.
48. Chose
qui n’avait pas été envisagée au chapitre 22 :
la conclusion d’un instrument juridiquement contraignant sur la sûreté
de la gestion des déchets radioactifs. En septembre 1997, la Convention
commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et
sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs a été
adoptée lors d’une conférence diplomatique convoquée par
l’AIEA à son siège à Vienne. Actuellement, deux États
seulement ont ratifié cet instrument, sur les 25 dont la ratification
est nécessaire pour qu’il entre en vigueur. La Convention reprend d’importants
éléments du Code de bonne pratique sur le mouvement transfrontière
international de déchets radioactifs, qui a été élaboré
en 1990. L’examen à intervalles réguliers des rapports nationaux
par des pairs permettra d’améliorer la sûreté de la gestion
des déchets radioactifs.
49. En
ce qui concerne le paragraphe 22.5 a) du chapitre 22, l’AIEA travaille
en coopération étroite avec les organisations internationales
compétentes pour assurer la coordination tant de la forme que du calendrier
d’adoption de la dernière version du Règlement de transport des
matières radioactives de l’AIEA.
50. Au
paragraphe 22.5 b) du chapitre 22, les États Membres sont encouragés
à achever les études visant à interdire l’élimination
en mer des déchets faiblement radioactifs. Dans le cadre de la Convention
sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion
de déchets et autres matières (Convention de Londres, 1972), l’immersion
de tous les types de déchets radioactifs a été définitivement
interdite en 1994. Cette interdiction a remplacé le précédent
moratoire volontaire qui avait été adopté en 1983 par les
parties contractantes à la Convention de Londres. Parallèlement,
les déversements de matières radioactives dans l’environnement
marin à partir de sources telluriques font l’objet de contrôles
de plus en plus stricts, en particulier dans l’Atlantique Nord-Est où,
aux termes de la Déclaration ministérielle de Sintra (Portugal),
adoptée en 1998 par les parties contractantes à la Convention
pour la protection du milieu marin dans l’Atlantique Nord-Est (Convention OSPAR),
les parties contractantes s’engagent à réduire progressivement
et notablement les déversements, émissions et pertes de substances
radioactives, le but ultime étant de ramener les concentrations dans
l’environnement de substances radioactives naturelles à des valeurs proches
de celles du fond de rayonnement et de ramener les concentrations de substances
radioactives artificielles à près de zéro.
51. Depuis
la fin de la guerre froide, on admet que certaines régions de la planète
sont affectées par les résidus radioactifs provenant de la mise
au point et de l’essai d’armes nucléaires. Des programmes sont en cours,
surtout aux États-Unis, pour nettoyer les zones affectées et les
remettre en état de façon à pouvoir les réoccuper.
Sur la demande des États Membres, l’AIEA a organisé des évaluations,
par des équipes internationales d’experts, de la situation radiologique
sur plusieurs de ces sites, notamment les atolls de Bikini, Mururao et Fangataufa
dans le Pacifique et Semey (anciennement Semipalatinsk) au Kazakhstan.
52. Bien
que l’on ait avancé dans plusieurs domaines de la gestion des déchets
radioactifs, les progrès ont été lents pour ce qui est
d’établir des dépôts de déchets radioactifs de haute
activité et de longue période. La solution préférée
pour confiner ces déchets est de les placer dans des dépôts
très profonds (stockage en formations géologiques). Essentiellement
du fait de l’opposition publique à la mise en place de ces dépôts,
il n’en existe pour le moment qu’un seul en fonctionnement (l’Installation WIPP,
où sont confinés les déchets du Département de la
défense des États-Unis). On se rend de plus en plus compte que
ce n’est qu’en tenant des consultations plus intenses entre les protagonistes
(en général le Gouvernement et ses institutions) et le public
intéressé, et en faisant participer des personnes concernées
(les " parties prenantes ") à la prise de décisions
que l’on pourra avancer dans la solution de ce problème.
53. L’absence
d’infrastructure réglementaire et technologique permettant de gérer
de façon sûre les déchets radioactifs, en particulier les
sources désaffectées confinées, est l’un des problèmes
techniques auxquels se heurtent les pays en développement. L’AIEA a toute
une série de programmes visant à renforcer la capacité
de gérer les déchets radioactifs dans ces pays, mais les besoins
dépassent les ressources disponibles.
B. Questions nécessitant
un examen plus approfondi
54. À
mesure que les installations nucléaires vieillissent, les déclasser
de façon qui assure la sûreté tant des employés que
du public est une question qui gagne en importance. Le déclassement produit
des quantités substantielles de déchets radioactifs qui doivent
être gérés et évacués de façon appropriée.
Du fait qu’il existe actuellement très peu de dépôts géologiques
pour stocker les déchets de haute activité et le combustible usé,
plusieurs pays les ont placés dans des installations d’entreposage provisoire
centralisé. Enfin, lorsque l’on formule des plans d’établissement
d’installations souterraines, on privilégie de plus en plus les méthodes
d’évacuation réversibles qui permettent de récupérer
les déchets.