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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/17
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Conseil économique
et social
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Distr. générale
2 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable constituée en comité
préparatoire du Sommet mondial du développement durable
Session d’organisation
30 avril-2 mai 2001
L’eau,
ressource essentielle du développement durable*
Rapport
du Secrétaire général
Table des matières
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Paragraphes
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Page
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I. Introduction
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1–5
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3
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II. Approches
stratégiques de la mise en valeur et de la gestion durables des
ressources en eau
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6–22
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3
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A. Nécessité
d’une démarche intégrée concernant les ressources
en eau douce
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6–10
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3
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B. Le rôle des
différents intervenants
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11–13
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4
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C. Informations pour
la prise de décisions
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14–15
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5
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D. Coopération
internationale et mécanismes nationaux de renforcement des capacités
institutionnelles
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16–19
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6
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E. Financement de
la mise en valeur et de la gestion durables de l’eau
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20–22
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6
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III. Mise en valeur
et gestion durables de l’eau dans un contexte intersectoriel
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23–26
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7
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A. Agriculture et
développement rural durables
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23
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7
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B. Promotion du développement
durable des établissements humains
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24
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7
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C. Lutte contre la
pauvreté
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25
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8
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D. Aspects sociaux
de la mise en valeur et de la gestion durables de l’eau
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26
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8
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IV. Problèmes
de la mise en valeur et de la gestion durables de l’eau
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27
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8
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Le présent rapport
a été établi par le Sous-Comité de la mise en
valeur des ressources hydrauliques du CAC qui est chargé de superviser
l’application du chapitre 18 d’Action 21, en utilisant les contributions
d’autres institutions spécialisées des Nations Unies et d’organisations
internationales. Le rapport présente un bref aperçu visant à
informer la Commission du développement durable des principaux faits
nouveaux dans ce domaine.
I. Introduction
- Le présent rapport fait
le point de la situation concernant l’application du chapitre 18 d’Action
21, intitulé " Protection des ressources en eau douce et
de leur qualité ", et des problèmes qui se posent
à cet égard. Il présente essentiellement l’état
actuel des ressources en eau douce et des services disponibles, en tenant
compte de questions intersectorielles abordées dans Action 21, et les
principales composantes qui doivent être en place pour une gestion intégrée
des ressources en eau.
- L’eau est une ressource naturelle
limitée, nécessaire à la vie et aux systèmes écologiques,
et essentielle pour le développement économique et social. Malgré
une utilisation plus efficace de l’eau, en particulier dans les pays en développement,
la consommation et la demande d’eau douce, de même que l’incidence de
la pollution de l’eau, ont augmenté du fait de la croissance démographique
et de l’expansion des activités économiques. Au cours des 10
dernières années, l’accès à un approvisionnement
en eau salubre et à un assainissement adéquat a à peine
suivi le rythme de la croissance démographique, et la demande d’eau
pour la production de produits alimentaires et de textiles est en augmentation.
- Pour satisfaire les besoins humains
et écologiques fondamentaux, les sociétés doivent résoudre
plusieurs problèmes graves, notamment l’utilisation accrue et l’abus
de ressources en eau limitées et vulnérables dont la répartition
géographique est inégale et l’insuffisance des investissements
consacrés aux capacités humaines et institutionnelles, ainsi
qu’aux infrastructures des services liés à l’eau, notamment
l’assainissement.
- Au cours des 20 prochaines années,
on estime que le consommateur d’eau par les êtres humains augmentera
de 40 %, et qu’il faudra 17 % de plus d’eau pour la production vivrière
des populations de plus en plus nombreuses des pays en développement.
Un tiers des pays situés dans des régions arides devrait connaître
de graves pénuries d’eau au cours du siècle actuel. En 2025,
les pays manquant d’eau auront environ 6,5 fois plus d’habitants qu’en 2000,
soit 3,5 milliards au total. L’augmentation de la pollution et l’épuisement
des ressources en eau de surface et souterraines aggrave encore la situation.
On estime que plus de la moitié des grands cours d’eau dans le monde
sont gravement pollués et appauvris. Il est également nécessaire
d’affecter suffisamment de ressources en eau pour maintenir les fonctions
et systèmes écologiques.
- La Déclaration de l’Assemblée
du Millénaire des Nations Unies a fixé comme objectif de réduire
de moitié d’ici à 2015 la proportion de personnes qui n’ont
pas accès à l’eau potable ou qui n’ont pas les moyens de s’en
procurer. La Déclaration vise également à mettre fin
à l’exploitation irrationnelle des ressources en eau, en formulant
des stratégies de gestion de l’eau aux niveaux régional, national
et local permettant notamment d’assurer aussi bien un accès équitable
qu’un approvisionnement adéquat. À l’heure actuelle, au moins
1,1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau salubre et
près de 2,5 milliards n’ont pas d’installations adéquates d’assainissement,
la grande majorité d’entre elles dans les pays en développement.
Pour réaliser l’objectif d’approvisionnement en eau fixé par
l’Assemblée du Millénaire, il faut que 1,6 milliard de gens
de plus aient accès à l’eau salubre. Pour réduire de
moitié la proportion de personnes n’ayant pas accès à
un assainissement adéquat, il faut fournir des installations à
2,2 milliards de personnes de plus d’ici à 2015.
II. Approches
stratégiques de la mise en valeur et de la gestion durables des ressources
en eau
A. Nécessité
d’une démarche intégrée concernant les ressources en
eau douce
- Depuis la tenue de la Conférence
des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED) en
1992, la communauté internationale s’est efforcée d’appeler
l’attention sur les problèmes relatifs aux ressources en eau et à
leur gestion. Les principes de gestion intégrée des ressources
en eau de la CNUED (chap. 18 d’Action 21) ont été
mis au point et améliorés à l’occasion de plusieurs autres
réunions internationales consacrées à l’eau, notamment
lors de la réunion du Groupe d’experts des Nations Unies sur les approches
stratégiques de la gestion des eaux douces et de la sixième
session de la Commission du développement durable en 1998. Toutefois,
malgré les travaux de nombreuses réunions internationales consacrées
à l’eau sur la formulation de politiques et de programmes nationaux
intégrés, les principes de gestion intégrée des
ressources en eau n’ont pas encore été pleinement mis en oeuvre,
que ce soit dans les pays développés ou en développement.
Les problèmes de gestion de l’eau sont toujours traités dans
le cadre d’approches sectorielles fragmentées.
- Une approche axée sur l’offre,
associée à des structures institutionnelles faibles et fragmentées,
prévaut encore dans de nombreux pays, alors que dans le même
temps on étend les services liés à l’eau aux secteurs
de la santé publique et de la production alimentaire. On reconnaît
de plus en plus que la gestion intégrée des ressources en eau
et les approches axées sur la demande constituent des moyens plus efficaces
de fournir de l’eau pour la consommation humaine, les activités de
développement et la production alimentaire, tout en allégeant
la pression sur les produits et services écologiques locaux qui existent
grâce à l’eau douce. L’importance accordée à une
gestion intégrée des ressources en eau et aux approches de la
gestion axées sur la demande témoigne d’une modification importante
de la façon dont l’eau est gérée en termes de cohérence
de la répartition, d’efficacité, d’équité et de
prestation de services.
- Il est désormais admis
que la mise en valeur et la gestion durables de l’eau exigent d’allier des
préoccupations sociales et économiques aux préoccupations
environnementales. L’aménagement du territoire et la gestion viable
des forêts, des terres humides, des montagnes, des océans et
des zones côtières sont autant de paramètres importants
de cette équation, l’eau et le cycle de l’eau étant des éléments
fondamentaux pour tous les processus de la biosphère. Les écosystèmes
terrestres et aquatiques sont tributaires de l’eau, et il convient d’accorder
une importance particulière aux zones écologiques les plus vulnérables.
La protection de l’environnement doit faire l’objet d’un rang de priorité
élevé dans la répartition des ressources en eau, tant
en amont qu’en aval. De telles préoccupations doivent également
être prises en compte lors de la construction de barrages et de réservoirs
d’eau qui ont souvent des utilisations multiples comme la production d’énergie,
la lutte contre les inondations, l’irrigation, l’eau potable, les loisirs
et la navigation. Les barrages et les réservoirs entraînent de
nombreux coûts sociaux et écologiques qu’il faut justifier.
- L’augmentation du nombre de catastrophes
naturelles et de catastrophes écologiques et technologiques associées,
déclenchées par des tremblements de terre, des éruptions
volcaniques, des glissements de terrain, des inondations, des sécheresses
ou des tempêtes tropicales, a entraîné de graves pertes
humaines, sociales et économiques, ce qui est une grave menace pour
notre planète. Le changement climatique, la détérioration
de l’environnement, la croissance démographique, l’urbanisation et
l’industrialisation rapides, de même que l’augmentation de la pauvreté,
font que les sociétés sont plus vulnérables aux catastrophes.
Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat prévoit que les températures mondiales augmenteront
encore, et plus rapidement que ce que l’on prévoyait auparavant, ce
qui se traduira par une élévation accélérée
du niveau des mers, ayant notamment comme conséquences sécheresses
et inondations. Des millions de personnes seront peut-être contraintes
à quitter les zones côtières de faible élévation,
alors que d’autres doivent déjà quitter leurs foyers en raison
d’une hausse des températures et d’une aggravation des sécheresses.
L’effet négatif de ces éléments constitue un obstacle
majeur au développement durable. Il importe de mettre au point des
systèmes de gestion des risques et d’atténuation des effets
des catastrophes naturelles et de mettre en place des systèmes de détection
précoce et de contrôle, ainsi que des plans d’intervention en
cas d’urgence dans les zones les plus exposées aux catastrophes naturelles.
- On reconnaît que, pour tirer
parti du potentiel de la gestion intégrée des ressources en
eau, il est nécessaire de disposer d’un financement adéquat,
de capacités humaines et institutionnelles suffisantes et d’une évaluation
réaliste des ressources hydrologiques et autres ressources physiques.
Il convient en même temps de diffuser les informations, d’appliquer
les solutions technologiques appropriées et de procéder aux
transferts de technologie nécessaires, en particulier pour les régions
des pays en développement qui souffrent déjà de pénuries
d’eau. La transformation d’un secteur de l’eau fragmenté en secteur
stratégique intégré a réussi dans certains pays
en développement, en particulier lorsque ces derniers ont bénéficié
d’une coopération extérieure cohérente en matière
de développement pour ce qui est de renforcer les capacités
et les institutions aux niveaux national et local, et au niveau des bassins
hydrographiques.
B. Le rôle des différents
intervenants
- Au cours des 10 dernières
années, on s’est rendu compte qu’il était nécessaire
de déléguer la gestion des ressources en eau au niveau le plus
bas possible et de promouvoir des partenariats entre le secteur public et
le secteur privé afin d’utiliser les ressources en eau de façon
plus efficace et productive. Les grands groupes, notamment les organisations
non gouvernementales, les exploitants agricoles, les collectivités
locales, la communauté scientifique et technologique, le monde des
affaires et l’industrie, les syndicats, les populations autochtones, les enfants,
les jeunes et les femmes, sont devenus partie intégrante du développement
durable et de la gestion des ressources en eau aux niveaux international,
national et local. Les rôles réels et les résultats de
la participation des grands groupes varient. Par exemple, de nombreuses organisations
non gouvernementales ont mieux réussi à sensibiliser les communautés
et à renforcer les capacités locales qu’à apporter un
appui technique aux évaluations des ressources en eau, à l’alimentation
en eau et à l’assainissement. Les tentatives visant à encourager
le transfert de l’exploitation et de la maintenance à des associations
de consommateurs d’eau ont eu des résultats mitigés, car le
rendement généralement peu élevé de l’agriculture
irriguée et l’incertitude du régime foncier font que des exploitants
agricoles sont peu enclins à réaliser des investissements en
capital à long terme. Aux niveaux international et national, le partenariat
mondial pour l’eau appuie diverses activités intégrées
liées aux ressources en eau.
- Il est possible d’augmenter nettement
l’intervention du secteur privé en ce qui concerne la prestation de
services aux zones urbaines plus aisées des pays en développement.
Toutefois, la participation du secteur privé à l’extension des
services aux démunis dans les zones urbaines et rurales est plus problématique
et dépend de tarifs et de subventions qui permettraient au secteur
privé d’avoir un bon retour sur ses investissements. En moyenne, seulement
30 % des dépenses consacrées aux services relatifs à
l’eau sont actuellement amorties dans les pays en développement. L’agriculture
irriguée, en particulier à grande et moyenne échelles,
ainsi que l’eau industrielle, dépendent encore de la réglementation
et des subventions du gouvernement pour la prestation de services peu coûteux.
- Les gouvernements nationaux et
les administrations locales ont tendance à passer de la prestation
de services à la promotion d’un environnement porteur, mais il ne faut
pas amoindrir leur rôle global. Pour que les services de distribution
publics et privés autonomes parviennent à améliorer les
services et l’efficacité de la consommation d’eau dans tous les secteurs,
l’existence d’un cadre réglementaire stable et cohérent est
nécessaire. Des lois relatives à l’eau ont été
promulguées dans de nombreux pays, mais certains autres n’en ont pas
encore. On constate dans de nombreux cas une absence de volonté politique,
les ressources ou autres moyens permettant de faire appliquer la législation
relative à l’eau étant par ailleurs limitées elles aussi.
C. Informations pour la
prise de décisions
- L’eau douce est un élément
très variable dans le temps et l’espace. Sa quantité, sa qualité
et l’allocation et la consommation par secteur doivent être contrôlées
et gérées de façon cohérente et continue. La collecte
d’informations hydrologiques, météorologiques, hydrogéologiques,
écologiques et socioéconomiques à des fins d’évaluation
et de contrôle des ressources en eau est essentielle pour une prise
de décisions en connaissance de cause. Les progrès récents
des technologies de l’information et de la communication sont fondamentaux
pour la diffusion de connaissances scientifiques et technologiques. Des technologies
comme les systèmes d’information géographique et des bases de
données informatisées sur les ressources en eau et des informations
socioéconomiques connexes ont permis d’améliorer nettement l’organisation
de la recherche et de la diffusion d’informations. De telles technologies,
combinées à un renforcement des capacités, doivent être
disponibles à plus grande échelle dans les pays en développement.
Malgré des techniques novatrices de l’information, la collecte de données
au niveau local est toujours l’élément crucial pour des évaluations
solides et précises des ressources en eau et de leur gestion. Malheureusement,
ce n’est pas toujours le cas. Des contraintes financières ont réduit
la capacité des institutions du service public chargées des
ressources en eau de collecter des données au niveau local dans de
nombreux pays en développement. La quantité et la qualité
des informations sur les ressources en eau et leur utilisation ont très
souvent baissé.
- La Commission du développement
durable, ayant demandé, à sa sixième session, une évaluation
périodique des approches stratégiques de la mise en valeur et
de la gestion de l’eau douce, le Sous-Comité de la mise en valeur des
ressources hydrauliques du CAC établit actuellement, avec l’appui de
donateurs, un rapport sur la mise en valeur des ressources en eau dans le
monde. Ce rapport a pour objectif de fournir des évaluations continues
et systématiques des ressources en eau, du point de vue qualitatif
et quantitatif, et d’analyser les problèmes essentiels liés
à la gestion des ressources en eau. Ce rapport sera fondé dans
une grande mesure sur des données socioéconomiques, hydrologiques,
météorologiques et hydrogéologiques compilées
par les institutions spécialisées des Nations Unies.
D. Coopération internationale
et mécanismes nationaux de renforcement des capacités institutionnelles
- Il n’existe pas d’institution
internationale unique s’occupant exclusivement des problèmes relatifs
aux ressources en eau. Ces questions sont, par nature, intersectorielles et
multidisciplinaires, et tout dispositif institutionnel international mis en
place doit s’occuper d’une vaste gamme de problèmes environnementaux,
économiques et sociaux connexes, à tous les niveaux. Partant,
il est nécessaire que les organisations internationales actives dans
le secteur de l’eau s’attachent en priorité à collaborer et
à coordonner et intégrer leurs activités.
- Au cours de la dernière
décennie, il est devenu manifeste que les États riverains devaient
coopérer au sujet de leurs ressources en eau communes, notamment formuler
et exécuter des stratégies intégrées de gestion
des ressources en eau. Une telle coopération doit tenir compte des
accords qui abordent les problèmes de l’eau, comme la Convention des
Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays
gravement touchés par la sécheresse ou par la désertification,
en particulier en Afrique, la Convention sur la diversité biologique,
la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la
Convention relative aux zones humides d’importance internationale, particulièrement
comme habitats de la sauvagine (Convention de Ramsar).
- Autre problème connexe,
le renforcement de la coopération internationale dans les domaines
du financement, du renforcement des capacités institutionnelles et
humaines, de la recherche, de la mise en commun des informations et du transfert
de technologie. La coopération technique est un instrument important
pour appuyer les activités intégrées régionales,
nationales et locales liées aux ressources en eau dans les pays en
développement. Il est tout aussi important de renforcer des programmes
de coopération Sud-Sud, en tirant parti de tous les progrès
technologiques et des nouvelles possibilités de coopération
entre les gouvernements, le secteur privé, les organisations non gouvernementales,
les organisations multilatérales et les communautés locales.
- Au cours des années 90,
l’exécution de certains projets de coopération technique du
système des Nations Unies est passée des institutions spécialisées
des Nations Unies aux institutions nationales, en vue d’établir ou
de renforcer les institutions gouvernementales. Les institutions spécialisées
des Nations Unies jouent désormais un rôle de soutien et fournissent,
à la demande des gouvernements, une assistance technique pour le renforcement
des capacités et des institutions chargées des ressources en
eau. Cet appui est considéré par de nombreux pays en développement
comme un élément important de la mise en oeuvre de stratégies
intégrées de gestion des ressources en eau.
E. Financement de la mise
en valeur et de la gestion durables de l’eau
- Les engagements financiers destinés
à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement n’ont généralement
pas été concrétisés. Bien que certains pays en
développement aient augmenté les dépenses publiques dans
ce secteur, l’écart entre les niveaux d’investissement nécessaires
pour parvenir à une couverture totale des services relatifs à
l’eau et à l’assainissement et les montants actuellement investis est
considérable. Selon des estimations récentes, les gouvernements
des pays en développement dépensent entre 10 et 25 milliards
de dollars par an pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement, une
grande partie étant allouée à des services de meilleure
qualité dans les centres urbains. Par ailleurs, des investisseurs privés
ont dépensé 25 milliards de dollars pour des infrastructures
en eau et en assainissement dans les pays en développement entre 1990
et 1997. Les investissements consacrés à l’approvisionnement
en eau des zones urbaines n’ont pas suffi pour empêcher une baisse de
la couverture relative, ni la forte augmentation du nombre de personnes n’ayant
pas accès à une alimentation en eau salubre. Il importante également
de disposer de ressources suffisantes pour améliorer les structures
de gestion des ressources en eau.
- Au cours des dernières
années, le système international a connu une baisse de l’aide
publique au développement (APD) et une augmentation des investissements
étrangers directs. Le secteur de l’approvisionnement en eau potable
n’a pas pu attirer suffisamment de fonds au titre de l’investissement étranger
direct, en partie en raison du faible retour sur les investissements. Les
problèmes rencontrés lorsqu’on cherche à faire intervenir
le secteur privé montrent que le financement public est encore crucial
pour les investissements dans le secteur de l’eau. La baisse de l’APD et les
difficultés qu’il y a à bénéficier de l’investissement
étranger direct sont préoccupantes, en particulier si on envisage
les investissements majeurs qui seront nécessaires pour réduire
de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes n’ayant pas
accès à une eau salubre.
- Il faudra manifestement générer
un volume important de ressources intérieures et extérieures
si l’on veut suivre une démarche intégrée concernant
les ressources en eau et réaliser l’objectif d’une eau salubre pour
tous et d’un assainissement convenable dans un avenir proche. Bien que certains
pays en développement aient connu une croissance économique
importante au cours des années 90, ils n’ont pas été
en mesure de parvenir à accroître notablement la couverture des
services d’approvisionnement en eau et en assainissement. Leur capacité
d’augmenter les fonds nationaux et d’avoir recours à des prêts
extérieurs ayant été nettement entravée par des
niveaux élevés de dette extérieure.
III. Mise
en valeur et gestion durables de l’eau dans un contexte intersectoriel
A. Agriculture et développement
rural durables
- On considère de plus en
plus l’eau comme un élément fondamental dans la production alimentaire.
Environ 70 % des ressources en eau douce mondiales exploitées
vont à l’agriculture. Les 30 % restants sont utilisés par
les ménages et l’industrie. La concurrence pour une eau de qualité
et de quantité suffisantes s’intensifie à tel point que les
occasions de mise en valeur des ressources hydrauliques sont de plus en plus
rares dans maints pays. On reconnaît qu’une amélioration de l’efficacité
de la consommation d’eau, associée à une augmentation des quantités
disponibles est essentielle pour satisfaire les besoins en eau, présents
et à venir, pour accroître la production alimentaire. Bien que
certains progrès aient été réalisés pour
ce qui est d’utiliser l’eau dans l’agriculture de façon plus efficiente
grâce à des systèmes d’irrigation publique, 30 %
seulement de l’eau fournie est actuellement utilisée pour des cultures
et des plantes. Certains pays utilisent des technologies plus efficaces, qui
ont eu de bons résultats au niveau de la réduction de la consommation
d’eau. De nombreux pays sont déjà près de manquer d’eau.
Rares sont ceux qui disposent de moyens financiers et institutionnels leur
permettant d’avoir la sécurité alimentaire soit en accroissant
les importations de produits alimentaires soit en gérant plus efficacement
la production agricole et la demande alimentaire. Comme il y a de plus en
plus de pays connaissant des pénuries en eau et un déficit alimentaire,
il faut se soucier d’où viendront la production alimentaire et l’eau
dont elle a besoin. Cela signifie que les systèmes d’échange
et les marchés internationaux, nationaux et locaux auront de nouveaux
problèmes commerciaux et financiers à régler.
B. Promotion du développement
durable des établissements humains
- On estime qu’en 2015, plus de
la moitié des pays en développement vivra dans des zones urbaines.
Cette croissance urbaine pose plusieurs problèmes d’ordre institutionnel,
économique et environnemental pour ce qui est de conserver et d’étendre
les services dans des zones urbaines, et de maintenir et d’améliorer
la qualité de l’eau, en particulier en ce qui concerne le traitement
des eaux usées. Dans le domaine de l’approvisionnement en eau et de
la couverture de l’assainissement, certains progrès ont été
réalisés au cours des 10 dernières années. Entre
1990 et 2000, le pourcentage de la population totale des pays en développement
ayant accès à une eau salubre est passé de 72 a 78 %,
et le pourcentage ayant accès à l’assainissement est passé
de 42 à 52 %. Dans la plupart des systèmes urbains d’approvisionnement
en eau des pays en développement, l’eau non comptabilisée représente
parfois jusqu’à 50 % de la consommation totale. Pour atteindre
les objectifs internationaux de réduire de moitié la proportion
de personnes n’ayant pas accès à l’eau salubre et à un
assainissement adéquat, on estime qu’il faut assurer l’approvisionnement
en eau de plus d’un milliard de personnes, et fournir des installations d’assainissement
à près de 1,1 milliard de personnes dans les zones urbaines.
Bien que ces dernières devraient abriter plus d’habitants que les zones
rurales, la population rurale mondiale sera en augmentation constante au cours
des 20 prochaines années. L’augmentation globale de la population,
s’ajoutant à un exode rural, aura diverses incidences socioéconomiques
et aggravera encore la concurrence à la fois dans les milieux urbains
et ruraux et entre la consommation urbaine et rurale de l’eau.
C. Lutte contre la pauvreté
- La prestation de services d’approvisionnement
en eau et d’assainissement de bonne qualité et fiables est essentielle
pour garantir la santé publique, la productivité et la dignité
des populations défavorisées. Des services globaux destinés
aux activités agricoles et industrielles sont également essentiels
pour favoriser l’emploi et la création de revenus dans les groupes
à faible revenu. Ces services continuent à être fortement
subventionnés dans les pays développés et dans les pays
en développement. Mais, dans certains cas, étant donné
que les gouvernements passent du rôle de fournisseur de services à
celui d’agent d’un environnement propice, les gouvernements centraux et les
collectivités locales abandonnent progressivement la prestation de
services relatifs à l’eau sans respecter une période de transition
appropriée, laissant une partie de la population sans services. Dans
de tels cas, les défavorisés pourraient être de plus en
plus souvent victimes de pénurie d’eau, d’où des menaces sur
la santé publique et des difficultés économiques. Il
est préoccupant de constater que les défavorisés ayant
l’accès le plus limité aux services de distribution d’eau devront
souvent dépenser davantage pour se procurer de l’eau auprès
de vendeurs d’eau privés que ceux qui sont reliés aux services
municipaux. Les chiffres du Centre des Nations Unies pour les établissements
humains et du Conseil de coopération pour l’approvisionnement en eau
et l’assainissement concernant certaines villes en Afrique, en Amérique
latine et en Asie montrent que les défavorisés n’étant
pas reliés au réseau de distribution municipal doivent payer
de 5 à 28 fois plus par unité. Par ailleurs, les défavorisés
ayant recours à des vendeurs d’eau privés reçoivent une
eau dont la qualité n’est pas garantie.
D. Aspects sociaux de la
mise en valeur et de la gestion durables de l’eau
- Il est nécessaire de promouvoir
et de faciliter la mise en valeur des ressources humaines, en particulier
en ce qui concerne les femmes, les populations autochtones et les communautés
locales, mais cela ne suffit pas pour une gestion efficace des ressources
en eau. Le renforcement des capacités humaines par l’éducation
et la formation devrait être davantage combiné avec le renforcement
des capacités institutionnelles. En excluant les femmes, les populations
autochtones et les communautés locales des programmes d’éducation
et de santé et des fonctions d’encadrement et d’administration, les
installations mises en place risquent de ne pas être adaptées
aux besoins de ces groupes ou de ne pas tirer parti du potentiel qu’ils présentent
comme cadres ou opérateurs. De ce fait, des notions fondamentales de
la mise en valeur des ressources en eau et des pratiques applicables aux conditions
locales, en particulier chez les femmes, doivent être au premier plan
de la gestion des ressources en eau locales. Il faut dans le même temps
que le renforcement des capacités institutionnelles à la fois
favorise l’existence d’organismes autonomes, responsables de la gestion intégrée
des ressources en eau, et vienne à l’appui de processus transparents
de prise de décisions et de répartition des responsabilités.
IV. Problèmes
de la mise en valeur et de la gestion durables de l’eau
- Le problème qui se pose
est de déterminer comment les gouvernements, le secteur privé
et la société civile, avec l’appui du système des Nations
Unies, relèveront les défis sociaux, économiques et écologiques
posés par l’utilisation accrue et l’abus des ressources en eau vulnérables
et limitées; et l’expansion nécessaire de l’accès à
une alimentation en eau salubre et à des installations adéquates
d’assainissement pour les activités économiques et sociales.
Un flux minimum de ressources en eau est également nécessaire
pour garantir l’intégrité écologique, en particulier
dans des zones vulnérables. L’application d’une démarche intégrée
de gestion des ressources en eau est essentielle pour relever ces défis.
Pour promouvoir et faciliter la mise en valeur et la gestion durables de l’eau,
il est indispensable de :
a) Promouvoir
la stabilité sociale et l’adaptabilité aux changements environnementaux,
en appliquant des stratégies intégrées de gestion des ressources
en eau, ainsi que des plans de réduction des effets des catastrophes,
et d’allocation et de distribution équitables et efficaces des ressources
en eau;
b) Sensibiliser
et mettre en place des capacités humaines et institutionnelles, par la
participation des parties prenantes et par des partenariats entre États
riverains, entre utilisateurs nationaux et locaux, et entre le secteur public
et le secteur privé;
c) Donner
accès à une eau salubre et à un assainissement adéquat
aux défavorisés dans le cadre de mesures d’atténuation
de la pauvreté, afin d’améliorer la santé, la productivité
économique, la sécurité alimentaire et la dignité
humaine;
d) Protéger
la qualité de l’eau de surface et des eau souterraines, et des écosystèmes
aquatiques;
e) Renforcer
les arrangements institutionnels internationaux, la coopération technique
axée sur la demande et le financement de la mise en valeur et de la gestion
durables des ressources en eau; et
f) Affermir
le rôle des gouvernements pour ce qui est de promulguer et d’appliquer
une législation relative à l’eau et renforcer les capacités
locales de gestion et de prestation de services relatifs à l’eau.