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Nations Unies
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E/CN.17/2001/PC/11
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Conseil économique
et social
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Distr. générale
2 mars 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable
constituée en comité préparatoire
au Sommet mondial du développement durable
Session d’organisation
30 avril-2 mai 2001
Transfert
de techniques écologiquement rationnelles, coopération et création
de capacités
Gestion
écologiquement rationnelle des biotechniques*
Rapport du
Secrétaire général
Table des matières
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Paragraphes
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Page
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| I. Introduction
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1
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2
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II.
Transfert de techniques écologiquement rationnelles (écotechniques),
coopération et création de capacités
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2–23
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2
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A. Approches en
matière d’écotechniques
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3–6
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2
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B.Politiques et
stratégies des pouvoirs publics
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7–11
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3
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C.Financement des
transferts de techniques et coopération internationale
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12–17
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3 D
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D. Investissement
direct étranger (IDE), commerce et transfert de techniques
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18–20
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4
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E.Systèmes
et technologies de l’information
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21-23
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5
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| III.
Gestion des biotechnologies respectueuses de l’environnement
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24–31
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5
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* Le présent rapport a été établi
par le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat
des Nations Unies, organe chargé de la coordination pour le chapitre
34 d’Action 21 et par l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel (ONUDI), chargée de la coordination pour le chapitre 16, avec
la participation d’autres organismes des Nations Unies et organisations internationales.
Le rapport présente un bref aperçu factuel qui a pour objet d’informer
la Commission du développement durable des principaux faits nouveaux
intervenus dans le domaine.
I. Introduction
- Le présent rapport rend
compte des changements, des réalisations et des difficultés
en matière de transfert et de gestion avisée des écotechniques.
Il étudie comment, depuis la Conférence des Nations Unies sur
l’environnement et le développement, ces transferts sont perçus
différemment et comment l’accélération du développement
technologique et les incertitudes concernant leurs avantages et inconvénients
ont fait que, très rapidement, les biotechniques sont devenues une
question d’intérêt mondial. Le rapport aborde également
la contribution de chacun au développement durable.
II. Transfert
de techniques écologiquement rationnelles (écotechniques), coopération
et création de capacités
- Les travaux relatifs aux écotechniques
et aux techniques de production moins polluantes ont principalement porté
sur les techniques industrielles. Des travaux ont également été
réalisés dans le domaine de la mise au point et du transfert
de techniques permettant un développement durable dans les secteurs
de l’agriculture, de la santé, de l’eau, de la gestion urbaine, de
l’énergie et des transports. Ces questions seront examinées
dans d’autres rapports.
A. Approches en matière d’écotechniques
- Action 21 définit les écotechniques
de la façon suivante : " les techniques écologiquement
rationnelles (écotechniques) protègent l’environnement, sont
moins polluantes, utilisent de façon plus durable toutes les ressources,
autorisent le recyclage d’une proportion plus importante de leurs déchets
et produits ainsi qu’un traitement des déchets résiduels plus
acceptable que celui que permettraient les techniques qu’elles remplacent "1.
Il est ensuite indiqué que " les écotechniques ne
sont pas seulement des techniques particulières, mais aussi des systèmes
complets, englobant savoir-faire, procédures, biens et services, matériel
et procédures d’organisation et de gestion "2.
- Les écotechniques étant
ainsi définies, la Commission du développement durable et de
nombreux autres organismes nationaux et internationaux se sont attachés
à recenser les secteurs industriels et économiques qui pourraient
bénéficier de transferts de techniques de remplacement, ainsi
que les techniques susceptibles de faire l’objet de ces transferts. Ces travaux
visaient non pas à mettre au point des écotechniques mais à
promouvoir l’accès à ces techniques et à favoriser leur
intégration et utilisation par l’information, la formation et l’octroi
de financements en tenant compte des contextes nationaux.
- Avant les années 90, la
plupart des recherches sur les écotechniques étaient axées
sur la mise au point et le transfert de techniques de " fin de chaîne "
visant à extraire les substances nocives des émissions et des
rejets et les traiter ou les éliminer dans de bonnes conditions de
sécurité. Au cours des années 90, la priorité
s’est portée sur une production moins polluante, par la réduction
ou l’élimination de la production de substances nocives durant le processus
de fabrication. Le concept de production moins polluante, lancé par
le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en 1989, a favorisé
le remplacement des techniques de fin de chaîne par des techniques de
production moins polluantes. Cette substitution s’est ensuite traduite par
l’apparition de divers concepts nouveaux, tels que ceux de prévention
de la pollution, d’éco-efficience, de facteur 4 et de facteur 10.
- Cette tendance à privilégier
les techniques de production moins polluantes a été encore renforcée
par la prise de conscience de leur rentabilité, qui peut permettre
à l’entreprise de tirer des avantages financiers, tant directement
grâce à une diminution des coûts afférents aux matières
premières, au traitement des déchets, à la responsabilité
et aux assurances, qu’indirectement, grâce à la publicité
verte et l’amélioration des relations avec le public. Ces avantages
financiers, qui augmentent au fur et à mesure du renforcement des politiques
de protection de l’environnement et de l’internalisation des coûts écologiques,
sont pris en compte et quantifiés dans les nouveaux systèmes
de comptabilité et de gestion, tels que la comptabilité de gestion
prévisionnelle et les systèmes de gestion écologiques.
Dans d’autres cas, l’adoption de techniques moins polluantes peut ne pas être
rentable pour l’entreprise, mais continuer cependant à se justifier
sur le plan économique, du fait des avantages écologiques externes
qui en résultent.
B. Politiques et stratégies des pouvoirs publics
- Les études menées
dans de nombreux pays sur une longue période montrent que la croissance
économique à long terme est imputable au moins pour moitié
aux progrès techniques, résultant des améliorations de
productivité du capital et du travail et de l’introduction de nouveaux
procédés, produits et services. En vue de favoriser le développement
des technologies, certains pays ont commencé à élaborer
des stratégies nationales envisageant l’adoption de techniques moins
polluantes. Ces stratégies poursuivent trois objectifs complémentaires :
a) promouvoir des industries concurrentielles tant sur le marché national
que sur le marché mondial et contribuant au développement durable;
b) offrir aux entreprises des conditions les incitant à investir dans
les nouvelles techniques, notamment en ce qui concerne l’investissement étranger,
le transfert de technologies et le savoir-faire en matière de gestion;
c) encourager la formation de partenariats de recherche et de développement
entre les secteurs public et privé, afin de favoriser l’adaptation,
la commercialisation et la diffusion de techniques moins polluantes. Ces nouvelles
stratégies ont bénéficié d’une aide internationale,
telle que celle accordée par le Département des affaires économiques
et sociales du Secrétariat des Nations Unies.
- Le transfert de techniques moins
polluantes vers les pays en développement est plus efficace quand il
résulte d’une demande émanant d’entreprises de ces pays. Cette
demande dépend dans une large mesure des politiques nationales en matière
de développement durable. D’une façon générale,
les pays qui ont adopté des politiques de l’environnement énergiques
ont plus bénéficié de transferts de technologies et ont
enregistré une croissance économique plus rapide que les pays
dont les politiques environnementales manquaient de dynamisme.
- Les politiques environnementales
qui ont réussi à favoriser le transfert de technologies moins
polluantes sont généralement fondées sur des approches
souples alliant incitations économiques, assistance technique aux entreprises
et mesures réglementaires. Ce type d’approches a effectivement favorisé
l’adoption de techniques moins polluantes plutôt que l’application de
mesures, plus coûteuses, de réduction de la pollution " en
fin de chaîne ".
- Des centres nationaux des techniques
propres ont été établis dans un nombre croissant de pays,
souvent avec l’aide d’organisations internationales ou de pays donateurs.
Ces centres dont la plupart ont été créés dans
le cadre des programmes de l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel (ONUDI)/PNUE, du World Environment Center et de l’Agence des États-Unis
pour le développement international (USAID), aident les entreprises
nationales à acquérir et à intégrer des méthodes
de production moins polluantes en leur offrant des projets de formation, d’assistance
technique et de démonstration et en les mettant en contact avec des
instances susceptibles de leur proposer des technologies moins polluantes.
Ces centres ont été un instrument efficace de transfert de technologies
moins polluantes, au niveau international comme au niveau national, en particulier
pour des petites et moyennes entreprises.
- La mise en place de politiques
nationales visant à promouvoir le transfert d’écotechniques,
notamment par l’octroi d’incitations financières, a été
freinée par l’absence d’instruments d’évaluation permettant
de distinguer les écotechniques des autres. Le caractère écologiquement
rationnel d’une technique s’apprécie par rapport à celle qui
est utilisée et qu’elle vise à remplacer. Le classement d’une
technique dans la catégorie des écotechniques diffère
par conséquent selon les pays et évolue dans le temps. Les instruments
et compétences nécessaires à l’application des nouveaux
concepts de " vérification " et " d’évaluation "
environnementales des technologies, qui ont été élaborés
afin d’aider à mesurer la rationalité écologique de techniques
dans des contextes particuliers, ne sont pas encore largement répandus
dans les pays en développement.
C. Financement des transferts de techniques et coopération internationale
- Si investir dans une production
moins polluante peut être profitable pour l’entreprise et bénéfique
pour l’ensemble de la société, le financement de ces investissements
peut néanmoins soulever des difficultés. Il est possible, par
exemple, que le capital nécessaire ne soit pas disponible parce que
la rentabilité de ces investissements n’est pas pleinement reconnue,
ou encore parce que l’entreprise n’a pas accès au crédit. En
outre, ces investissements peuvent présenter sur le plan collectif
des avantages qui ne se traduisent pas pour l’entreprise par des recettes.
- Les donateurs, les institutions
financières internationales et d’autres organisations ont créé
un grand nombre de fonds et de programmes pour promouvoir le transfert d’écotechniques
à des conditions plus favorables que celles qui peuvent être
obtenues sur les marchés financiers. Ces programmes accordent des aides
sous forme de dons, de lignes de crédit spéciales, de bonificateur
de taux d’intérêt, d’assistance technique, de réduction
des droits de licence ou de propriété, ou encore de formation
ou d’autres prestations. Parallèlement, la part de l’aide publique
au développement affectée à la protection de l’environnement
a sensiblement progressé, d’où une augmentation des possibilités
de financements des transferts de technologies provenant de cette source.
- Plusieurs accords internationaux
relatifs à l’environnement, notamment la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques, le Protocole de Montréal à
la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone, et la Convention
sur la diversité biologique, comportent des dispositions prévoyant
d’accorder des aides financières nouvelles ou supplémentaires
en faveur du transfert d’écotechniques. Ces aides, accordées
par exemple par l’intermédiaire du Fonds pour l’environnement mondial
et du Fonds multilatéral du Protocole de Montréal, ont permis
à de nombreux pays en développement d’obtenir les moyens d’acquérir
des techniques moins polluantes et plus avancées. À cet égard,
le mécanisme en faveur d’un développement moins polluant prévu
dans le Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations Unies
sur les changements climatiques pourrait devenir une source de financement
importante, mais ce mécanisme reste à mettre en place.
- Ces nouveaux fonds et programmes
ne suffisent toutefois pas à financer la totalité des aides
au transfert des technologies nécessaires pour empêcher la dégradation
de l’environnement causée par le développement industriel et
l’augmentation de la consommation.
- En outre, une partie des fonds
disponibles pour promouvoir le transfert d’écotechniques n’est pas
utilisée aussi efficacement qu’elle pourrait l’être, faute d’une
programmation des investissements prenant suffisamment en compte à
la fois les aspects financiers et environnementaux. Les sommes disponibles
pour de bons projets sont considérables, mais les propositions de projets
bien conçus ne sont pas assez nombreuses. En outre, les informations
sur les financements et les programmes d’aide disponibles et sur les conditions
dont ils sont assortis, ne sont pas facilement accessibles, ce qui réduit
la capacité des entreprises et des organismes à obtenir de l’aide.
- Par ailleurs, l’aide internationale
en faveur des transferts de technologies est souvent fonction de l’offre,
et donc d’une efficacité limitée par rapport aux préoccupations
prioritaires des pays bénéficiaires. Certains de ces pays s’orientent
vers une approche privilégiant la demande en améliorant les
mécanismes de programmation et les capacités nationales afin
de mieux ajuster leurs priorités économiques, sociales et environnementales
nationales à l’aide internationale disponible. Pour que les efforts
des pays bénéficiaires soient couronnés de succès,
il faut notamment que les sources d’aide internationale réorientent
également leur politique dans le même sens.
D. Investissement direct étranger (IDE), commerce et transfert de
techniques
- Le transfert de techniques de
production moins polluantes se fait généralement d’entreprise
à entreprise et toujours dans le cadre d’IDE, d’échanges commerciaux
ou d’autres transactions de ce type. Toutefois, tout investissement direct
étranger n’implique pas un transfert de techniques et toutes les techniques
transférées ne sont pas écologiques. Il n’existe pas
de méthode reconnue de quantification des transferts de techniques
et de calcul du pourcentage de ces dernières présentant un caractère
écologique.
- Cependant, on s’accorde généralement
sur le fait que la croissance rapide des échanges et de l’investissement
direct étranger enregistrée ces dernières années,
en raison notamment de la mondialisation, s’est accompagnée d’un accroissement
des transferts de techniques. Le montant total des apports d’inves-
tissement direct étranger a atteint 865 milliards de dollars en
1999, soit un chiffre quatre fois supérieur à la moyenne pour
la période 1988-1993. Sur ce montant, 208 milliards de dollars sont
allés aux pays en développement, soit une progression par rapport
aux 47 milliards pour la période 1988-19933.
L’IDE provient principalement de grandes sociétés transnationales
de pays développés qui poursuivent d’importants programmes de
Recherche et Développement et doivent amortir le coût de cette
recherche sur un marché aussi vaste que possible4.
Les travaux réalisés par la CNUCED dans ce domaine ont contribué
à intégrer le concept de développement durable dans l’IDE
et les activités des sociétés transnationales.
- L’adoption de normes environnementales
plus strictes, tant dans les pays développés que dans les pays
en développement, l’élargissement des marchés des produits
écologiques et les pressions croissantes de l’opinion publique en faveur
d’une amélioration des performances environnementales des entreprises
ont également contribué à l’augmentation des transferts
de techniques intervenant dans le cadre de transactions commerciales. De plus
en plus de sociétés multinationales appliquent des normes écologiques
générales dans toutes leurs opérations et les imposent
à leurs fournisseurs.
E. Systèmes et technologies de l’information
- Le Programme Action 21 souligne
la nécessité d’élaborer des systèmes d’information
et de les relier entre eux, afin de favoriser les transferts d’écotechniques.
Depuis la tenue de la CNUED, on dispose de beaucoup d’informations sur les
techniques moins polluantes et de nombreux systèmes d’information sur
ces techniques ont été mis en place, tant par les organisations
des Nations Unies que par d’autres organismes nationaux et internationaux.
Toutefois, ces systèmes ne sont pas suffisamment reliés entre
eux pour pouvoir remplir pleinement leur rôle de diffusion de l’information.
- Le développement du réseau
" Global Information Network on Cleaner Production " et
du réseau " European Good Environmental Practices Network "
et les réseaux " Information Network of Cleaner Production
Centres " et du " Sustainable Alternatives Network "
actuellement en cours de création, devraient faciliter l’accès
aux données relatives aux techniques moins polluantes.
- Les progrès réalisés
dans le domaine des techniques de l’information et des communications, en
particulier le développement d’Internet, ont joué un rôle
essentiel dans le processus de mondialisation. Si les nouvelles techniques
de l’information et de la communication peuvent certainement contribuer au
développement économique et à la protection de l’environnement
en améliorant l’efficience de la production et la distribution, l’impact
global de ces techniques sur l’environnement n’apparaît pas encore clairement.
Ainsi, par exemple, le commerce électronique de détail et interentreprises
progresse rapidement et ouvre de nouveaux marchés aux entreprises des
pays développés et en développement. Toutefois, des études
montrent que les nouveaux systèmes de production et de distribution
faisant appel au réseau Internet ou à d’autres systèmes
d’information peuvent effectivement diminuer les effets nocifs de l’activité
considérée sur l’environnement, grâce en particulier à
une réduction des espaces de stockage et de vente de détail,
mais ils peuvent tout aussi bien les accroître, en particulier parce
qu’ils nécessitent notamment un recours accru à des moyens de
transport qui consomment beaucoup d’énergie. On craint également
que le développement de l’utilisation des systèmes d’information
et de communication de pointe ne marginalise encore les pays, les communautés
et les entreprises mal reliées aux réseaux d’information.
III. Gestion
des biotechnologies respectueuse de l’environnement
- Cette section est consacrée
aux progrès réalisés dans la mise en place de ces derniers
mécanismes.
- L’apparition de la biologie moléculaire
au milieu des années 70 et des techniques que l’on qualifie de " nouvelles "
biotechnologies (appelées ci-après " biotechnologie ")
promettait d’ouvrir des possibilités importantes de s’attaquer aux
grands problèmes du développement. Parmi les objectifs des biotechnologies
figuraient l’amélioration des soins de santé, l’augmentation
de la productivité agricole, l’utilisation d’une énergie moins
polluante et la protection de l’environnement.
- Il est indiqué dans Action
21 que les biotechnologies peuvent contribuer au développement durable
dans cinq domaines :
a) L’augmentation
des disponibilités en nourriture, aliment pour bétail et matières
premières renouvelables;
b) L’amélioration
de la santé des populations;
c) Le renforcement
de la protection de l’environnement;
d) Le renforcement
de la sécurité de l’utilisation des biotechnologies et l’élaboration
de mécanismes internationaux de coopération; et
e) La mise
en place de mécanismes permettant le développement et l’application
écologique des biotechnologies.
- Dix ans après la Conférence
de Rio, les biotechnologies sont devenues un secteur économique important,
mais la plupart des avantages qui devaient en découler pour le développement
durable ne se sont pas concrétisés. Dans certains pays industriels,
les biotechnologies constituent un secteur rentable qui joue un rôle
stratégique dans le renforcement de la compétitivité
nationale sur le marché mondial, bien que les risques que présentent
ces biotechnologies suscitent de plus en plus d’inquiétude. Dans les
pays en développement, les biotechnologies ne répondent pas
encore aux premières attentes qu’elles avaient suscitées dans
le domaine économique et social.
- Les biotechnologies, comme les
autres technologies stratégiques, obéissent à des impératifs
commerciaux et les capitaux requis pour développer le produit et obtenir
son agrément sont souvent importants. Dans les pays industriels avancés,
les investissements nécessaires au développement et à
la commercialisation sont principalement financés sur le marché
privé du capital-risque. De ce fait, les innovations sont principalement
entre les mains du secteur privé et font l’objet de droits exclusifs,
ce qui fait qu’elles sont quasiment inaccessibles à la plupart des
pays en développement. Le développement des technologies et
leur transfert vers les pays en développement ont été
en outre freinés par l’insuffisance des ressources financières
et humaines et la forte diminution des fonds publics nationaux affectés
à la recherche et au développement.
-
Compte tenu de ces contraintes,
seuls quelques-uns des plus grands pays en développement disposent
à priori de capacités dans le secteur des biotechnologies. Pour
la grande majorité des autres, ces organisations du système
des Nations Unies et les autres organismes internationaux d’assistance technique
demeurent les principaux canaux de transfert de technologies. Depuis la tenue
de la Conférence sur l’environnement et le développement, les
activités menées dans le cadre de plusieurs programmes internationaux
ont abouti à la création de produits et de processus biotechniques,
en particulier dans le secteur de la santé et de l’agriculture. Toutefois,
l’impact de ces biotechnologies sur le développement économique
et social reste limité du fait de la diminution des budgets des donateurs,
de la réorientation des priorités de ceux-ci et des relations
inégales entre partenaires des pays industriels et des pays en développement
lorsqu’il y a collaboration.
- Les investissements du secteur
privé dans les biotechnologies n’ont pas seulement pour résultat
l’innovation et le développement de produits, mais peuvent également
favoriser la croissance économique dans les pays en développement.
Les organismes publics à but non lucratif continueront à jouer
un rôle important dans la promotion des objectifs plus vastes et non
commerciaux des biotechnologies. À cet égard, le principal défi
actuellement posé est celui de trouver les moyens de développer
des biens collectifs à partir des biotechnologies, tout en continuant
à inciter les entreprises à innover dans ce secteur.
- Les biotechnologies soulèvent
de graves problèmes éthiques et sociaux, notamment en ce qui
concerne la distribution équitable des avantages qui en résultent,
la biosécurité et la responsabilité envers les générations
futures. L’incidence des biotechnologies ne peut guère être contenue
à l’intérieur des frontières nationales et varie souvent
d’un pays à l’autre, selon les conditions écologiques, sociales
et économiques locales. Des efforts sont actuellement entrepris pour
s’attaquer aux problèmes urgents parmi lesquels : le renforcement
de la capacité des pays en développement à acquérir
des biotechnologies et à les intégrer dans des programmes de
développement durable dans de bonnes conditions de sécurité;
l’établissement de forums où les institutions publiques et privées
et la société civile puissent examiner les actions possibles
et débattre de questions controversées aux niveaux national,
régional et international; et la mise en place de mécanismes
novateurs et de fonds spéciaux de recherche sur les besoins critiques
des pays les plus pauvres.
Notes
- Rapport de la
CNUED, Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992 (Publication des Nations Unies, numéro
de vente : F.93.1.8), résolution 1, annexe II, par. 34.1.
- Ibid., par.
34.3.
- World Investment
Report 2000* (Genève, CNUCED, 2001), p. 283.
- World Investment
Report 1999* (Genève, CNUCED, 2000), p. 199 et p. 203
à 228.
* En anglais seulement.