Nations Unies

E/CN.17/2002/PC.2/5/Add.6

Conseil économique et social

Distr. générale
18 janvier 2002
Français
Original: anglais

Commission du développement durable
constituée en comité préparatoire du
Sommet mondial pour le développement durable
Deuxième session préparatoire
28 janvier-8 février 2002

Résultats des réunions préparatoires régionales

Note du Secrétaire général

Additif

Déclaration de l’Alliance des petits États insulaires

Adoptée à la réunion interrégionale préparatoire au Sommet mondial pour
le développement durable qu’elle a tenue à Singapour du 7 au 11 janvier 2002

 

Déclaration adoptée par l’Alliance des petits États insulaires à Singapour à l’occasion de sa réunion interrégionale préparatoire au Sommet mondial pour le développement durable

L’Alliance des petits États insulaires,

Réunie à Singapour du 7 au 11 janvier 2002,

Réaffirmant les objectifs et engagements énoncés dans la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement et Action 21, dans la Déclaration de Bridgetown et le Programme d’action de la Barbade pour le développement durable des petits États insulaires en développement, ainsi que dans les textes issus de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies,

Consciente que le processus d’examen et d’évaluation de la suite donnée à Action 21, préalable au Sommet de Johannesburg, est d’une grande importance pour le respect des engagements pris, et l’application des mesures adoptées par la communauté internationale à Rio en vue d’atténuer et de régler les problèmes urgents qui se posent en matière de développement durable,

Constatant que le Programme d’action de la Barbade donne un contenu concret à Action 21 et que ces deux programmes, ainsi que les textes issus de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrent un certain nombre de principes, donnent à la communauté internationale des directives claires sur la manière de promouvoir le développement durable des petits États insulaires en développement, et tiennent compte des caractéristiques et de la situation particulière de ces États ainsi que de leur vulnérabilité économique, sociale et écologique,

Observant les analogies que présentent les problèmes de développement durable considérés comme prioritaires par les petits États insulaires en développement dans les documents qu’ils ont établis, aux échelons sous-régional et régional, aux fins du Sommet mondial pour le développement social,

Rappelant que les petits États insulaires en développement sont considérés comme constituant un cas particulier méritant un traitement spécial parce qu’ils sont vulnérables sur les plans écologique et économique, qu’ils doivent faire face à des problèmes qui leur sont propres pour se développer durablement et que leurs caractéristiques géographiques particulières font qu’il leur est souvent difficile de tirer profit du développement économique mondial,

Soulignant qu’ils possèdent des richesses humaines, naturelles et culturelles uniques qui constituent une part importante du patrimoine mondial,

Constatant également qu’ils font eux-mêmes l’essentiel des efforts nécessaires pour donner suite au Programme d’action de la Barbade,

Soulignant que les domaines d’activité répertoriés dans le Programme d’action, en particulier les changements climatiques, les océans, l’énergie, les transports, le tourisme, les ressources naturelles et la diversité biologique, les catastrophes naturelles ou causées par l’homme et la dégradation des sols, restent prioritaires,

Constatant avec préoccupation que la capacité des petits États insulaires en développement de se développer durablement est compromise par des problèmes nouveaux tels que la mondialisation, la libéralisation du commerce et la propagation du VIH/sida, ainsi que par le fait que ces États continuent à manquer de ressources financières, institutionnelles et humaines et ne peuvent toujours pas accéder aux technologies de l’information et de la communication ni les utiliser,

Soulignant que la pauvreté reste un problème majeur pour un grand nombre d’entre eux parce qu’elle compromet leur capacité de se développer durablement en les empêchant de se doter des moyens matériels et sociaux nécessaires pour dispenser des services d’éducation de base, de santé, de nutrition, d’adduction d’eau et d’assainissement et créer des établissements humains viables,

Réaffirmant qu’il est crucial de redoubler d’efforts pour aider les petits États insulaires en développement à renforcer leurs capacités,

Soulignant que la communauté internationale doit prendre de nouvelles mesures conformes au principe des responsabilités communes mais différenciées énoncé dans la Déclaration de Rio, et réaffirmant que les problèmes régionaux et mondiaux que pose le développement durable exigent que tous les pays s’entendent sur les moyens de les régler,

Constatant que plusieurs petits États insulaires en développement recourent, pour se développer, à des options telles que les services financiers internationaux, qui leur permettent de diversifier leur économie et de participer aux échanges mondiaux de services,

Ayant à l’esprit que la Conférence internationale de haut niveau sur le financement du développement doit se tenir du 12 au 18 mars 2002 à Monterrey (Mexique) et escomptant qu’elle apportera une contribution constructive au Sommet mondial pour le développement durable,

Réaffirmant l’importance que les petits États insulaires en développement attachent à leur participation aux préparatifs du Sommet mondial,

Se félicitant des efforts qu’elle continue de déployer en vue d’aider les États qui la composent à prendre une part plus active aux négociations des accords multilatéraux relatifs à l’environnement et au commerce et à se développer durablement, notamment dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme d’action de la Barbade,

Se félicitant également de l’initiative prise par le Gouvernement singapourien de créer un institut de l’environnement dans le cadre des efforts qu’il fait pour renforcer les capacités des pays en développement, en particulier des petits États insulaires en développement, dans les domaines du développement durable et de la gestion de l’environnement,

Affirmant l’importance des partenariats avec le secteur privé et les communautés locales et soulignant que tous les grands groupes ont un rôle à jouer dans la promotion du développement durable,

Lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle aide les petits États insulaires en développement à participer activement aux préparatifs du Sommet mondial pour le développement social et au Sommet lui-même;

Engage la communauté internationale, dans le souci d’accélérer l’application du Programme d’action de la Barbade aux niveaux national et régional, à fournir des ressources financières suffisantes, à transférer les techniques écologiquement rationnelles appropriées et à aider au renforcement des capacités nécessaires à cette fin, conformément à Action 21, au Programme d’action de la Barbade et aux textes issus de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies;

Demande que l’on évalue et que l’on dégage d’ici à 2003 les ressources nécessaires pour financer une initiative mondiale de renforcement des capacités qui s’appuierait sur l’expérience acquise dans le cadre d’initiatives telles que Capacités 21 et l’Initiative pour le renforcement des capacités du Fonds pour l’environnement mondial, et qui serait coordonnée par les organismes des Nations Unies et mise en oeuvre et appuyée par des institutions et des mécanismes nationaux, sous-régionaux et régionaux;

Appuie le renforcement et l’élargissement du partenariat appréciable qui s’est instauré entre la société civile et le secteur public aux fins de la mise en oeuvre d’Action 21 et du Programme d’action de la Barbade;

Encourage l’adoption sans délai, aux niveaux international et national, de mesures visant à remédier aux changements climatiques et à leurs conséquences, telles que la ratification, l’entrée en vigueur et l’application du Protocole de Kyoto, la sensibilisation du public et la mobilisation des ressources nécessaires à l’adaptation aux changements climatiques et à la promotion des sources d’énergie renouvelables et de l’amélioration du rendement énergétique, ainsi qu’au renforcement des capacités;

Réitère l’appel lancé à la communauté internationale pour qu’elle appuie et renforce l’action menée par les petits États insulaires en développement pour développer leur potentiel, sous tous ses aspects, contribue à resserrer les liens de coopération entre ces États, en particulier dans le domaine de la coopération technique au service du développement durable, en appuyant leurs initiatives, à l’image de l’initiative prise par Singapour de créer un institut de l’environnement en vue d’intensifier la collaboration entre les petits États insulaires en développement des différentes régions dans le domaine de la formation en matière d’environnement;

Prie instamment la communauté internationale de mettre en place les mécanismes requis pour aider les petits États insulaires en développement à s’adapter à la mondialisation et à la libéralisation du commerce et demande à l’Organisation mondiale du commerce, lorsqu’elle élaborera son programme de travail relatif aux petits pays comme suite à la Déclaration ministérielle de Doha, de tenir compte de la situation particulière de ces États et des difficultés auxquelles ils doivent faire face, notamment en inscrivant dans les faits un traitement spécial et différencié en leur faveur et en prenant des initiatives visant à renforcer leurs capacités;

Appelle de ses voeux l’élaboration d’un programme mondial pour l’énergie durable qui permette aux petits États insulaires en développement de disposer, en quantité suffisante et pour un coût raisonnable, d’une énergie sans danger pour l’environnement pour se développer durablement, notamment en renforçant les mécanismes institutionnels des organismes des Nations Unies susceptibles d’aider ces États à se développer durablement dans le domaine énergétique et à promouvoir l’utilisation de sources d’énergie renouvelables et l’amélioration des rendements énergétiques;

Lance un appel pour que de nouvelles ressources et des ressources supplémentaires soient mobilisées, notamment sous la forme d’investissements directs étrangers, d’une aide publique au développement ou d’un allégement de la dette, et que des mécanismes novateurs de financement du développement des petits États insulaires en développement soient mis en place,

Lance également un appel pour que des mécanismes ou instruments financiers spéciaux soient mis au point de sorte que les petits États insulaires en développement puissent renforcer les moyens dont ils disposent pour explorer et exploiter durablement leurs ressources;

Demande que l’on élabore des politiques et directives qui permettent aux microentreprises ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises d’établir des partenariats novateurs, notamment grâce à la constitution de fonds d’affectation spéciale autorenouvelables et à des initiatives de mise en valeur des ressources humaines de nature à redresser le potentiel de production du secteur agricole, à accroître la compétitivité du secteur rural et à créer des emplois;

Demande également que l’on mette au point des politiques et programmes qui permettent de gérer durablement les ressources des océans et les zones maritimes relevant de la juridiction des États, ou que l’on renforce ceux qui existent déjà, que l’on élabore au niveau national des méthodes de gestion globale des systèmes insulaires et des méthodes de gestion fondées sur les écosystèmes et que l’on promeuve une méthode de gestion intégrée des mers et des océans dans le cadre de politiques régionales pertinentes prévoyant l’accès aux technologies appropriées, aux systèmes de gestion de données et aux travaux de recherche et capacités correspondantes;

Demande en outre que l’on applique sans tarder les indicateurs de vulnérabilité économique et environnementale à la promotion du développement durable des petits États insulaires en développement et des autres États vulnérables, que les organismes intergouvernementaux et internationaux les utilisent et que la communauté internationale complète ce travail en mettant au point un indicateur de vulnérabilité sociale;

Engage la communauté internationale à apporter aux petits États insulaires en développement l’assistance technique et financière dont ils ont besoin pour mieux tirer parti des technologies de l’information et de la communication et continuer à développer le réseau SIDSNet et à appuyer d’autres initiatives et réseaux régionaux;

Demande que les sessions préparatoires du Sommet mondial pour le développement social recommandent à celui-ci de réaffirmer la nécessité de donner pleinement effet, sans délai, au Programme d’action de la Barbade;

Demande également que les sessions préparatoires recommandent au Sommet mondial pour le développement social d’adopter une décision concernant la convocation, en 2004, d’une conférence d’examen approfondi de la suite donnée au Programme d’action soit de la Barbade (Barbade+10);

Décide de créer un groupe de contact consultatif à composition non limitée qui sera chargé de continuer à recenser et définir, sur la base des travaux entamés pendant la réunion préparatoire interrégionale de l’Alliance, les questions à examiner et les mesures à prendre à titre prioritaire;

Décide également de soumettre la présente déclaration au Comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement social pour qu’il l’examine.