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Nations Unies
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E/CN.17/2002/PC.2/5/Add.2
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Conseil économique
et social
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Distr. générale
12 décembre 2001
Français
Original: anglais
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Commission du développement
durable
constituée en Comité préparatoire
du Sommet mondial pour le développement durable
Deuxième session
préparatoire
28 janvier-8 février
2002
Le
Programme d’action de Rio de Janeiro
dans la perspective de Johannesburg, 2002*
Les ministres et représentants des gouvernements
d’Amérique latine et des Caraïbes réunis à
Rio de Janeiro les 23 et 24 octobre 2001 pour participer à la
Conférence préparatoire régionale pour l’Amérique
latine et les Caraïbes en vue du Sommet mondial pour le développement
social, qui doit se tenir à Johannesburg (Afrique du Sud) du
2 au 11 septembre 2002 :
* Tel qu'il a été
adopté à la réunion des ministres et représentants des gouvernements d'Amérique
latine et des Caraïbes, tenue les 23 et 24 octobre 2001 à Rio de Janeiro.
A. Réaffirmation
des principes et engagements
1. Rappellent
les engagements pris à la Réunion régionale des États
d’Amérique latine et des Caraïbes préparatoire à la
Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement,
tenue à Mexico en mars 1991, et à la Conférence des Nations
Unies sur l’environnement et le développement elle-même, tenue
à Rio de Janeiro en juin 1992.
2. Réaffirment
les principes et objectifs énoncés dans la Déclaration
de Rio sur l’environnement et le développement; Action 21; la
Déclaration de principes, non juridiquement contraignante mais
faisant autorité, pour un consensus mondial sur la gestion, la
conservation et l’exploitation écologiquement viable de tous
les types de forêts; la Convention-cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques et le Protocole de Kyoto; la Convention
sur la diversité biologique; le Protocole de Cartagena sur la
prévention des risques biotechnologiques; la Convention des Nations
Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement
touchés par la sécheresse et/ou la désertification,
en particulier en Afrique; la Convention de Stockholm sur les polluants
organiques persistants; la Convention sur la procédure de consentement
préalable en connaissance de cause applicable à certains
produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet d’un commerce
international.
3. Réaffirment
également les principes et objectifs formulés dans
la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone, le
Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent
la couche d’ozone et la Convention de Bâle sur le contrôle
des mouvements transfrontières de déchets dangereux et
de leur élimination, qui ont jeté les bases des divers
instruments internationaux adoptés à la Conférence
des Nations Unies sur l’environnement et le développement puis
ultérieurement.
4. Réaffirment
en outre la Déclaration de la Conférence mondiale
sur le développement durable des petits États insulaires
en développement approuvée à la Barbade en 1994,
ainsi que les conventions et accords sous-régionaux adoptés
à la suite du Sommet tenu à Rio de Janeiro en 1992.
5. Rappellent
par ailleurs les engagements pris au Sommet mondial pour le développement
social, à la Conférence internationale sur la population
et le développement et à la Conférence des Nations
Unies sur les établissements humains (Habitat II), qui ont largement
contribué à une meilleure application d’Action 21, en
gardant à l’esprit qu’il faut intégrer plus systématiquement
les politiques de développement économique et social et
de protection de l’environnement dans les stratégies de développement
durable.
6. Réaffirment
le droit souverain qu’ont tous les États d’exploiter leurs propres
ressources selon leur politique d’environnement et de développement,
conformément aux principes 2 et 13 inscrits dans la Déclaration
de Rio.
7. Réitèrent
l’engagement qu’ils ont pris de respecter le principe de précaution
défini dans cette déclaration comme un élément
clef des politiques de protection de l’environnement.
8. Réitèrent
également l’engagement qu’ils ont pris de respecter le principe
des responsabilités communes mais différenciées,
en vertu duquel les pays développés doivent assumer une
part de responsabilité plus grande que celle des autres pays
dans la réalisation du développement durable.
B. Obstacles et
enseignements
9. Considèrent
que le Sommet mondial pour le développement durable offre une
occasion unique d’évaluer dans quelle mesure les engagements
pris à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement
et le développement ont été respectés. S’il
est établi que la sensibilisation et la codification du droit
de l’environnement ont nettement progressé, les conditions nécessaires
à la réalisation du développement durable ne sont
pas davantage réunies en 2002 qu’en 1992 : le nombre de
pauvres dans le monde a augmenté de façon alarmante, les
besoins de développement sont plus pressants que jamais, l’environnement
s’est encore détérioré et la mondialisation progresse
à telle allure qu’elle fait peser de nouvelles menaces sur la
durabilité et surtout sur l’équité.
10. Estiment
que le renforcement des institutions démocratiques dans l’ensemble
de la région de l’Amérique latine et des Caraïbes,
les progrès des processus de paix en cours dans certains pays
de la région et une meilleure sensibilisation du public, notamment,
ont permis d’intégrer les questions d’environnement dans le processus
de développement et de faire du développement durable
axé sur l’homme la première priorité des programmes
politiques, économiques et sociaux des États d’Amérique
latine et des Caraïbes.
11. Reconnaissent
qu’il importe que la société civile – notamment les grands
groupes énumérés dans Action 21 – participe de
manière transparente et responsable à la conception, à
l’application et au suivi des politiques de développement durable
et des engagements régionaux et internationaux en la matière
et qu’il est indispensable de renforcer les moyens de formation à
caractère culturel, éducatif et environnemental permettant
de l’associer à la réalisation du développement
durable.
12. Reconnaissent
également que, 10 ans après la Conférence des
Nations Unies sur l’environnement et le développement et compte
tenu des événements et problèmes mondiaux qui touchent
leurs peuples et leur environnement, il y a lieu de progresser dans
l’édification d’une nouvelle éthique qui puisse servir
de pierre angulaire au développement durable.
13. Soulignent
que la persistance de modes de production et de consommation non durables
et les incidences négatives de certains mécanismes commerciaux
et financiers, en particulier dans les pays développés,
risquent de compromettre gravement la réalisation du développement
durable dans le monde entier et rappellent qu’il faut redoubler
d’efforts pour appliquer les instruments internationaux pertinents.
14. Déplorent
que, malgré les progrès accomplis par les pays de la région
de l’Amérique latine et des Caraïbes dans la promotion d’un
environnement plus favorable au transfert de technologie, ainsi que
d’une production propre et rationnelle sur le plan énergétique
– et des connaissances techniques correspondantes –, notamment grâce
à la mise en place de dispositifs de protection de la propriété
intellectuelle adéquats, les pays développés n’aient
pas adopté de mesures efficaces pour assurer, en particulier,
le transfert des technologies les plus appropriées en termes
de durabilité dans les domaines environnemental, social et économique.
15. Estiment
que pour être viable, le développement de la région
doit reposer sur un système économique international stable,
prévisible et ouvert qui voit dans la protection de l’environnement
une nouvelle façon de stimuler les investissements et le commerce.
16. Rejettent
tout principe ou politique de nature à fausser les échanges
et les flux d’investissement et de capitaux internationaux et demandent
instamment l’élimination de toutes les subventions à
l’exportation, l’amélioration substantielle de l’accès
aux marchés et la réduction, en vue de leur suppression,
des formes d’appui nationales qui faussent les échanges commerciaux
et la production.
17. Se
déclarent préoccupés à l’idée
que les pays développés pourraient subordonner l’approbation
de crédits officiels à l’exportation à l’application
de normes environnementales.
18. Soulignent
qu’il importe d’éviter que ces pays ne fassent une interprétation
abusive du principe de précaution, qui pourrait les amener à
recourir à des mesures commerciales constituant un moyen de discrimination
arbitraire ou injustifiable ou une restriction déguisée
aux échanges internationaux (principes 12 et 15).
19. Estiment
qu’il faut restructurer les organisations, organismes et initiatives
consacrés à la promotion du développement durable,
et rationaliser le calendrier des réunions relatives à
la question – afin d’assurer l’utilisation la plus efficace possible
des ressources consacrées au service de ces réunions –
et soulignent qu’il faut aider les pays en développement
à renforcer leurs capacités d’appliquer les politiques
adoptées dans le cadre de ces mécanismes et respecter
les engagements pris sous leurs auspices.
20. Reconnaissent
l’importance des initiatives régionales tendant à promouvoir
le développement durable en Amérique latine et dans les
Caraïbes.
21. Reconnaissent
également les besoins particuliers des écosystèmes
régionaux et sous-régionaux, notamment des écosystèmes
arides et semi-arides, montagneux, forestiers, marins, aquatiques et
insulaires, qui sont riches et variés mais aussi très
souvent fragiles, ainsi que l’importance que revêtent leur conservation,
leur protection et leur utilisation durable.
22. Partagent
les préoccupations qui ont amené l’ONU à proclamer
l’année 2002 Année internationale de la montagne, sur
la base des directives figurant au chapitre 13 d’Action 21, en
gardant à l’esprit que l’importance des écosystèmes
de montagne tient à la fois à ce qu’ils sont très
vulnérables et à ce qu’ils constituent un réservoir
de ressources importantes pour l’avenir de l’humanité, telles
que l’eau, l’énergie, la biodiversité, les ressources
minérales, la diversité culturelle et les loisirs, ainsi
qu’un cadre de vie pour de nombreuses populations.
23. Renouvellent
également l’engagement qu’ils ont pris envers le Fonds pour
l’environnement mondial et d’autres grands organismes de financement
multilatéraux, lesquels devraient assouplir les critères
de sélection des domaines d’intervention et des activités
méritant financement de façon à couvrir les questions
jugées prioritaires par les pays en développement.
C. Considérations
actuelles
24. Estiment
que l’extrême pauvreté, la dégradation de l’environnement,
le sous-développement, les modes de production et de consommation
non durables et le manque d’équité dans la répartition
des revenus touchent tous les pays du monde, en particulier les pays
en développement, et que, dans cette perspective, il faudrait
considérer la coopération internationale comme un moyen
d’unir les efforts de tous les peuples et gouvernements aux fins de
la réalisation de cet objectif commun qu’est l’amélioration
des conditions de vie des générations présentes
et futures.
25. Réaffirment
qu’il faudrait promouvoir les efforts multidimensionnels tendant à
renforcer les capacités nationales et régionales de manière
à consolider les cadres de coopération régionaux
et sous-régionaux et à répondre aux besoins des
pays en développement et des groupes et régions les plus
vulnérables.
26. Rappellent
que la session extraordinaire de l’Assemblée générale
des Nations Unies consacrée à l’examen et à l’évaluation
d’ensemble de la suite donnée à Action 21 a souligné
que la mondialisation avait des effets à la fois positifs et
négatifs et que certaines de ses répercussions – telles
l’instabilité économique et financière, l’exclusion
et l’épuisement des ressources nationales – allaient en s’amplifiant,
en particulier dans certains pays en développement, et demandent
donc instamment que soient adoptées des politiques et
mesures propres à faciliter un développement économique
équitable, c’est-à-dire associant tous les protagonistes
sociaux et protégeant les ressources naturelles pour le bénéfice
des générations présentes et futures.
27. Soulignent
que pour aller plus avant dans la réalisation du développement
durable, il faut intégrer les politiques sociales, économiques
et environnementales de manière à inverser avant qu’il
ne soit trop tard les tendances qui mettent en péril la qualité
de la vie, à éviter que les coûts pour la société
n’augmentent de façon démesurée et à mettre
un terme à la dégradation de l’environnement à
l’aide de mesures propres à atténuer les effets négatifs
du développement économique et social et à perpétuer
le lien entre l’humanité et la nature.
28. Conviennent
qu’il y a lieu de répondre à une conception intégrée
du développement durable et de la faire mieux comprendre, accepter
et mettre en pratique, en particulier par les décideurs locaux,
nationaux et régionaux, ce qui implique que l’on jette d’urgence
les bases d’une nouvelle éthique en s’appuyant sur une méthode
participative, et reconnaissent également qu’il importe
de promouvoir la culture du développement durable auprès
des collectivités locales, de la société civile
et du secteur privé au moyen de stratégies d’éducation
et de sensibilisation.
29. Soulignent
qu’il faut veiller à ce que la diffusion des connaissances scientifiques,
la promotion de la recherche et la mise au point de technologies propres
servent les besoins de la communauté internationale, en particulier
des pays en développement, en ce qui concerne la prise de décisions
et la formulation de politiques de développement durable.
30. Reconnaissent
que la recherche scientifique, les innovations techniques et l’accès
aux nouvelles technologies de l’information et de la communication peuvent
jouer un rôle crucial dans la formulation des politiques économiques,
sociales et environnementales et devraient donc faire l’objet d’une
coopération régionale et internationale accrue visant
à les promouvoir et à les faciliter.
31. Reconnaissent
également que les communautés autochtones et locales
dont les modes de vie traditionnels sont favorables à la conservation
et à l’utilisation durable des ressources naturelles constituent
un groupe important au regard de la production et de la consommation
viables des biens et des services et devraient donc être associées
à l’élaboration des politiques de développement
durable, que l’utilisation et la jouissance, par ces communautés,
des ressources naturelles des régions où elles vivent
soient respectées, que leurs connaissances, innovations et pratiques
fassent l’objet d’une protection juridique et que l’on mette en place
un mécanisme permanent d’information sur ces questions à
l’intention de toutes les personnes concernées.
32. Conviennent
que l’égalité entre les sexes est un facteur important
du développement durable et qu’il faudrait promouvoir la pleine
participation des femmes à la formulation et à l’application
des politiques aux niveaux local, national, régional et mondial.
33. Estiment
que, pour pallier les graves atteintes à l’environnement et l’extrême
pauvreté qui perdurent dans de nombreux pays, la communauté
internationale se doit de promouvoir le développement durable
par des interventions spécifiques et efficaces.
D. Engagements
à terme
Les
ministres et représentants des gouvernements d’Amérique
latine et des Caraïbes, réunis à Rio de Janeiro les
23 et 24 octobre 2001 dans le cadre de la Conférence préparatoire
régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes
en vue du Sommet mondial pour le développement durable, qui se
tiendra à Johannesburg (Afrique du Sud) du 2 au 11 septembre
2002, décident :
1. Structure
institutionnelle du développement durable
- De développer
les capacités locales, nationales et régionales en favorisant
la constitution d’une alliance stratégique de longue durée
entre les différents acteurs du développement, afin que les
populations locales puissent tirer parti des possibilités offertes
par la mondialisation grâce au partage d’expériences et de
pratiques optimales au sein des pays et entre ceux-ci, à la promotion
de la formation des responsables nationaux et locaux dans les cadres scolaire
et non scolaire et au soutien de la recherche appliquée et de l’innovation
technologique à tous les niveaux.
- De promouvoir
la consolidation d’institutions publiques et privées participatives
et l’adoption de normes précises qui aideront tous les protagonistes,
à titre individuel ou collectivement, à élaborer leur
propre processus de développement et à renforcer les liens
institutionnels qui existent entre les politiques économiques, sociales
et environnementales, avec la participation des populations, comme prévu
dans le programme Action 21, dans le cadre de conseils nationaux pour le
développement durable.
- D’aider les
institutions régionales à élaborer et mettre en oeuvre
des programmes et projets visant à promouvoir l’intégration
des politiques économiques, sociales et environnementales en organisant
des ateliers, des rencontres, des conférences de haut niveau et des
activités de coopération Sud-Sud.
- De promouvoir
un examen plus efficace de la question du développement durable dans
le cadre des réunions multilatérales, à l’aide de mécanismes
souples et adaptés qui permettent, notamment aux conseils nationaux
pour le développement durable, de rationaliser les interventions
et mieux exploiter les ressources, et grâce à une meilleure
synergie entre les conventions pertinentes, comme prévu dans Action 21,
de façon à définir les politiques économiques,
sociales et environnementales avec la participation de la population locale.
- D’appuyer, dans
cette optique, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, dans
les efforts qu’il déploie pour examiner et restructurer les politiques
et pratiques de gestion de l’environnement, tout en veillant à ne
pas empiéter sur les compétences et les objectifs des divers
accords multilatéraux existant dans ce domaine ou à compromettre
la réalisation de leurs objectifs de manière à décupler
les effets de synergie, et d’évaluer la possibilité de normaliser
et d’harmoniser les rapports exigés et les modalités de mise
en oeuvre.
- De réaffirmer
qu’il est important d’améliorer la cohérence et la coordination
des politiques et stratégies environnementales, sociales et économiques,
et, à cette fin, d’inviter, entre autres institutions, le
Programme des Nations Unies pour le développement, le Programme des
Nations Unies pour l’environnement, la Commission du développement
durable des Nations Unies et la Commission économique pour l’Amérique
latine et les Caraïbes à soutenir et accroître l’appui
qu’ils fournissent aux différents pays aux fins de cette intégration
et de renforcer les mécanismes de coopération aux niveaux
mondial et régional.
2. Financement
et transferts de technologie
- D’inviter instamment
la communauté internationale en général et les pays
développés en particulier à allouer un niveau suffisant
et prévisible de ressources nouvelles et supplémentaires de
manière à garantir la mise en oeuvre effective d’Action 21,
en particulier des chapitres 33 et 34, et d’autres accords internationaux.
- De rappeler
qu’il est important que les pays développés respectent l’engagement
qu’ils ont pris d’allouer 0,7 % de leur produit national brut à
la coopération pour le développement dans le reste du monde.
- De définir
des mesures d’incitation économique et fiscale propres à encourager
le secteur privé à participer à la mise en oeuvre de
programmes publics visant à promouvoir le développement durable
et à corriger les dysfonctionnements du marché qui compromettent
la pérennité du développement.
- D’engager les
principaux acteurs à redoubler d’efforts pour faire en sorte que
le Fonds pour l’environnement mondial bénéficie à l’avenir
de fonds supplémentaires à des conditions préférentielles,
allouées et gérées de manière plus transparente,
efficace et rapide.
- De reconnaître
que le fardeau de la dette et du service de la dette qui pèse sur
de nombreux pays de la région – d’autant plus lourdement que le niveau
de l’aide publique au développement a baissé et que ces pays
ont du mal à attirer de nouveaux financements et investissements
– continue de faire obstacle aux stratégies visant à mobiliser
des ressources en faveur du développement durable; de noter
avec préoccupation que, dans les pays lourdement endettés,
le rapport dette-production ne s’est guère amélioré;
de souligner qu’il est nécessaire d’examiner à nouveau
la possibilité de mettre en place des mécanismes visant à
alléger le fardeau des pays les plus endettés ainsi que d’accroître,
grâce à la mise au point d’instruments financiers novateurs,
les financements multilatéraux consentis à des conditions
avantageuses pour permettre la mise en oeuvre de programmes de développement
durable.
- De recommander
aux participants à la Conférence internationale sur le financement
du développement, qui doit se tenir à Monterrey (Mexique)
en mars 2002, d’examiner la nécessité de mettre au point des
mécanismes novateurs plus efficaces, s’agissant du financement de
la protection des biens collectifs nationaux présentant un intérêt
mondial et de proposer des moyens permettant d’intégrer la protection
de l’environnement dans les politiques financières nationales, de
façon à associer véritablement les secteurs financiers
à la réalisation des objectifs du développement durable.
- De réaffirmer
que les pays en développement ne peuvent s’acquitter des engagements
internationaux qu’ils ont pris en matière de développement
durable que s’ils ont accès aux moyens de financement et transferts
de technologie nécessaires, tout en gardant à l’esprit que
la promotion du développement et l’élimination de la pauvreté
constituent les principales priorités de ces pays.
- De souligner
le fait que, compte tenu des complémentarités existant entre
le commerce, les investissements, la qualité de l’environnement,
le bien-être social, la croissance, les avantages découlant
de l’exploitation durable des ressources naturelles et la mise en place
d’un système économique mondial ouvert et non exclusif, les
politiques de protection de l’environnement constituent un atout plutôt
qu’un handicap pour les investissements et le commerce.
- De garantir
l’accès des marchés aux produits des pays en développement,
– facteur déterminant du développement durable –
et de promouvoir la compétitivité des biens et services
de ces pays qui sont produits dans une perspective de développement
durable.
- De mettre l’accent
sur la nécessité de recommander, lors du Sommet, que les sociétés
multinationales adoptent les normes et principes internationaux de responsabilité
sociale en matière d’environnement et de développement durable
et mettent en place des mécanismes et procédures standard
en ce qui concerne la communication d’informations aux organes concernés.
- De demander
que des mesures soient prises lors du Sommet en vue de promouvoir la mise
au point de moyens efficaces permettant de faciliter les transferts de technologie
ainsi que de nouvelles méthodes de production à des conditions
plus favorables, conformément au principe 9 de la Déclaration
de Rio, qui met l’accent sur la création, par les pays développés,
de mécanismes financiers et régimes fiscaux préférentiels.
3. Mesures à
prendre
- D’engager tous
les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier dès que possible
la Convention sur la diversité biologique, de manière à
en faire un instrument essentiel au service de la préservation de
la biodiversité, de l’exploitation durable de ses composantes et
de la répartition juste et équitable des avantages découlant
de l’exploitation des ressources génétiques.
- De garantir
un accès équitable aux avantages offerts par l’utilisation
des ressources génétiques grâce à la mise en
place, à cette fin, de systèmes de réglementation nationaux
et internationaux, en tenant compte de tous les droits se rapportant à
ces ressources et technologies, grâce à des moyens de financement
appropriés et au transfert des technologies nécessaires.
- D’encourager
la coopération visant à assurer la protection et la gestion
durable des écosystèmes naturels de la région dans
le but de renforcer les engagements internationaux ayant pour objet de préserver
la diversité biologique
in situ et de mettre en oeuvre des plans de développement
durable dans ces écosystèmes, qui intègrent, au niveau
local, les accords contenus dans toutes les conventions pertinentes, prévoyant
la création de zones protégées et de couloirs biologiques
et le renforcement des zones et couloirs existants, ainsi que la promotion
des activités de production durables.
- De recommander
la mise au point d’une stratégie de développement durable
des écosystèmes montagneux, qui favorise la gestion intégrée
des terres, étendues d’eau et ressources vivantes dans une perspective
écosystémique de la prévention des catastrophes naturelles.
- De souligner
la nécessité de préserver, promouvoir et protéger
les connaissances traditionnelles, ce qui représente un aspect important
des efforts déployés pour assurer la mise en valeur et l’utilisation
harmonieuses des ressources naturelles aux fins de la réalisation
des objectifs du développement durable.
- D’inviter la
Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes,
le Programme des Nations Unies pour le développement et le Programme
des Nations Unies pour l’environnement à appuyer l’organisation d’un
débat participatif entre les différents acteurs de l’Amérique
latine et des Caraïbes concernant les fondements éthiques du
développement durable.
- D’exhorter la
communauté internationale à poursuivre l’action menée
en vue de promouvoir et de garantir l’entrée en vigueur rapide, dans
le plus grand nombre de pays possible, du Protocole de Cartagena sur la
prévention des risques biotechnologiques, tout en tenant compte des
règles constitutionnelles des différents pays, de sorte que
ce protocole prenne effet avant la tenue du Sommet mondial pour le développement
durable.
- De consolider
les structures institutionnelles et réglementaires nationales et
régionales compétentes en matière de sécurité
biologique.
- De souligner
qu’il est important d’analyser les vulnérabilités et de quantifier
les progrès accomplis sur la voie du développement durable;
d’appeler l’attention sur le manque de données et d’indicateurs
qui permettraient d’établir ces statistiques; d’insister sur
la nécessité d’établir un ensemble de données
et d’indicateurs de base, notamment un indice de vulnérabilité,
qui permettrait une telle évaluation, en tenant compte des caractéristiques
uniques des pays des Caraïbes et en s’attachant à respecter
Action 21 et le Programme d’action de la Barbade.
- De réduire
la vulnérabilité aux catastrophes naturelles en s’appuyant
sur des instruments de planification comme la gestion écologique
et économique des terres; de promouvoir une culture de sensibilisation
aux risques, qui aide à prévenir les catastrophes naturelles
et à atténuer leurs effets, grâce à des programmes
d’éducation et à l’amélioration des systèmes
d’information et d’alerte rapide, tout en encourageant la participation
de la société civile.
- De renforcer
la coopération sous-régionale et régionale, y compris
la participation des secteurs financiers nationaux et internationaux, notamment
en ce qui concerne le suivi des systèmes et l’amélioration
de l’efficacité des travaux de reconstruction, l’accent étant
mis tout particulièrement sur les petits États insulaires
en développement.
- De recommander
que soit reconnue la grande vulnérabilité des petits États
insulaires en développement des Caraïbes; en conséquence,
d’accorder une plus grande attention au Programme d’action de la
Barbade et de mobiliser des ressources pour sa mise en oeuvre, s’agissant
en particulier de l’adaptation aux changements climatiques, de la conservation
des ressources marines et côtières, de la gestion intégrée
des déchets, de la protection des ressources en eau et de l’augmentation
de leur quantité et de leur qualité, ainsi que du développement
de formes durables de tourisme.
- De mettre au point
une stratégie régionale comprenant des actions à moyen
et long termes visant à prévenir les situations d’urgence
occasionnées par le phénomène El Niňo et à
y faire face.
- De promouvoir
la gestion intégrée des bassins dans une perspective écosystémique,
qui privilégie une approche intersectorielle et décentralisée
ainsi que la modification des perceptions culturelles et sociales de la
valeur de l’eau; d’adapter les mécanismes économiques
et du marché à l’épuisement progressif des ressources
en eau en adoptant des instruments indirects qui complètent les dispositions
réglementaires directement applicables et améliorent l’efficacité
de la gestion et de la préservation des ressources en eau.
- De renforcer
les mécanismes de coopération internationale aux niveaux mondial,
régional et sous-régional, en particulier lorsqu’il s’agit
d’écosystèmes partagés, et d’améliorer la coordination
entre les nombreux acteurs concernés par la gestion de l’eau à
tous les niveaux.
- D’appuyer la
coopération internationale au service de la gestion durable des forêts,
en tenant compte des aspects économiques et commerciaux s’y rapportant;
de promouvoir la mise en oeuvre du plan d’action établi par
le Forum des Nations Unies sur les forêts.
- De renforcer
les dispositifs de coopération avec les communautés autochtones
et locales incarnant des modes de vie traditionnels propices à la
préservation et à l’exploitation durable de la diversité
biologique, en vue de promouvoir la mise en oeuvre de programmes visant
à assurer leur pleine participation et la mobilisation de ressources
financières à cet effet.
- De souligner
qu’il est indispensable de diversifier les sources d’énergie et de
promouvoir de meilleurs rendements énergétiques, d’évaluer
les possibilités offertes par les sources traditionnelles et d’accroître
la part des sources d’énergie renouvelables, et que les institutions
financières devraient fournir un appui accru dans ce domaine pour
répondre aux besoins de chaque pays.
- De susciter
des synergies durables entre les politiques énergétiques et
les politiques environnementales menées dans la région, de
manière à améliorer les rendements énergétiques,
à réduire les émissions de gaz à effet de serre
et à promouvoir l’utilisation de technologies non polluantes.
- D’engager tous
les pays qui ne l’ont pas encore fait à accélérer la
ratification, dans le respect de leurs règles constitutionnelles
propres, du Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques, de sorte que ce protocole puisse
entrer en vigueur avant la tenue du Sommet mondial pour le développement
durable.
- De promouvoir
des programmes régionaux et internationaux d’adaptation aux changements
climatiques permettant de promouvoir et de compléter les actions
menées au niveau national et de les développer et d’envisager
de prendre des mesures en vue de renforcer les capacités d’adaptation
dans les zones les plus exposées, en s’appuyant sur les travaux et
les décisions des conférences organisées par les parties
à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
- De promouvoir
l’adoption de mesures visant à améliorer la gestion des terres
en vue de contribuer au développement durable de la diversité
biologique.
- D’inviter tous
les pays à ratifier la Convention de Rotterdam sur la procédure
de consentement préalable en connaissance de cause applicable à
certains produits chimiques et pesticides dangereux qui font l’objet du
commerce international ainsi que la Convention de Stockholm sur les polluants
organiques persistants et d’appuyer la Déclaration de Bahia et les
Priorités d’action après 2000 adoptées par le Forum
intergouvernemental sur la sécurité chimique, compte tenu
de l’importance que revêtent ces conventions dans la recherche d’une
solution aux problèmes causés par la contamination chimique
et ses effets sur la santé des populations et l’environnement.
- De souligner
que la réalisation du développement durable dépend
en grande partie de l’état de santé de la population, dans
la mesure où celui-ci a des répercussions sur la qualité
de vie et les niveaux de productivité; d’insister sur la nécessité
d’accorder davantage d’attention à l’amélioration des capacités
du secteur de la santé, notamment au renforcement des synergies entres
les politiques environnementales et sanitaires; d’engager la communauté
internationale à contribuer au renforcement des moyens dont disposent
les pays dans ce domaine, en tenant compte des difficultés considérables
que connaît ce secteur, notamment en raison de la propagation du VIH/sida.
- De reconnaître
que, combiné aux autres tendances démographiques observées
dans la région, notamment le taux élevé d’exode rural,
le taux régional d’accroissement de la population a été
à l’origine d’une urbanisation rapide, souvent non planifiée,
qui a entraîné par ricochet une augmentation des contraintes
pesant sur les ressources naturelles, y compris l’eau et l’énergie,
engorgé les infrastructures de lutte contre la pollution, d’assainissement
et de gestion des déchets solides, et nui aux stratégies visant
à prévenir la destruction des forêts, l’érosion
des sols et la dégradation des terres; de souligner la nécessité
de mener des politiques d’urbanisme et de gestion des terres plus efficaces
afin d’améliorer les établissements humains dans la région
et de réduire les risques de catastrophes causées par l’homme,
compte tenu des phénomènes naturels extrêmes qui se
sont produits.
- De reconnaître
et de définir la relation existant entre la population et l’environnement
et de favoriser les échanges entre institutions s’occupant
des questions de population et d’environnement aux échelons national
et international; de faciliter l’accès à des ressources
supplémentaires pour financer les activités ayant trait à
l’analyse et au développement de cette relation.
- De promouvoir
une forme de gestion urbaine écologiquement viable s’appuyant sur
des modes de production et de consommation plus rationnels propres à
réduire les émissions de gaz et la production de déchets;
de mettre en place des mécanismes d’aménagement urbain
et de traitement des eaux usées plus efficaces.
- D’insister sur
le fait que la réalisation du développement durable et l’amélioration
des conditions de vie exigeront une meilleure intégration des composantes
environnementales, sociales et économiques des politiques menées
par les pouvoirs publics ainsi que des programmes et des projets mis en
oeuvre aux plans local, national, régional et international.
- D’engager la
Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes,
le Programme des Nations Unies pour le développement et le Programme
des Nations Unies pour l’environnement à donner suite aux accords
conclus à cette réunion et à poursuivre leurs efforts
en ce sens dans la droite ligne de l’action mondiale menée en faveur
du développement durable, compte tenu de leurs mandats et capacités
respectifs.
- D’inviter les
pays et les peuples d’Amérique latine et des Caraïbes à
considérer le Sommet mondial pour le développement durable
comme une occasion unique d’évaluer les progrès réalisés
à tous les niveaux pour s’acquitter des engagements pris à
la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement
et d’entreprendre de nouvelles actions en vue de satisfaire pleinement à
ces engagements et de faire face aux difficultés qui surgiront sur
la voie du développement durable.
- De proposer
que l’ordre du jour du Sommet mondial pour le développement durable
accorde un rang de priorité élevé aux questions intersectorielles
que représentent les finances, la science et la technologie, le renforcement
des capacités et la vulnérabilité.
- D’encourager la
communauté internationale à réaffirmer son engagement
et sa volonté politique de manière que, grâce à
une nouvelle forme de coopération fondée sur la solidarité
et la reconnaissance d’un lien responsable et moral entre les êtres
humains et la nature, des actions efficaces puissent être menées
aux plans local, national, régional et mondial en vue de garantir
la pleine application des accords existants en matière de développement
durable, puisqu’il s’agit là du meilleur moyen d’édifier un
monde juste et pacifique; et, compte tenu de ces éléments,
de proposer que le Sommet mondial pour le développement durable
soit axé sur le thème central suivant : " Vers une
nouvelle mondialisation qui garantisse un développement durable,
équitable et participatif ".