NIGER
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LE NIGER


I- Situation géographique

Pays totalement enclavé, le Niger s'étend sur 1.267.000 km2 et s'inscrit dans les longitudes 0o 16' et 16o Est, et les latitudes 11o 01' et 23o 17' Nord. Sa frontière la plus proche du litto-ral est à plus de 600 Km du Golfe de Guinée. Les trois quarts de cette superficie sont situés dans la zone septentrionale, en désert chaud.

Au plan du relief, il s'agit d'une pénéplaine à la fois immense et monotone, d'une altitude mo-yenne de 300 mètres dans laquelle existent çà et là,des dépressions qu'envahissent souvent des sables et des régions surélevées par des actions volcaniques dans la partie septentrio-nale du pays (massifs isolés de l'Aïr).

Au plan hydrographique, le Niger est traversé, dans sa partie occidentale, sur environ 550 Km, par un seul fleuve, celui auquel il doit d'ailleurs son nom, et à l'Est par une rivière quasi-permanente, la Komadougou. A l'extrême Est du pays, se trouve le Lac Tchad, dont le Niger possède la partie Nord-Ouest, soit environ 3000 Km2. D'autres lacs et cours d'eau plus ou moins permanents existent ailleurs dans le pays.

2- Contexte écologique

2.1. Caractéristiques Climatiques

Le climat du pays est particulièrement aride. Le Niger appartient en effet à l'une des zones les plus chaudes du globe. Il connaît deux types de climats chauds : un climat désertique sur la majeure partie de sa superficie,et un climat tropical à une seule saison des pluies.Les saisons elles, sont au nombre de quatre :

- une saison dite froide (mi-décembre à mi-février) caractérisée par des nuits très fraîches avec des températures pouvant descendre au-dessous de 10 0C et même de 0 0C dans la zone septentrionale du pays ;
- une saison sèche et chaude (mars-mai) avec des vents brûlants et des températures qui peuvent être supérieures à 45 0C ;
- une saison des pluies (juin-septembre) caractérisée par des pluies, souvent orageuses, une forte humidité et une température moyenne de 33 0C ;
- une saison chaude sans pluie (octobre à mi-décembre) avec une humidité relative et une température moyenne de 35 0C.

Intense, l'évaporation varie entre 1700 mm et 2100 mm d'eau par an ;le déficit hydrique clima tique est donc important pendant la saison sèche et la flore, pour subsister, doit puiser dans les réserves du sous-solLa pluviométrie est caractérisée par une forte variation dans l'espace et dans le temps. C'est ainsi qu'on distingue, en fonction de cette pluviométrie, du Nord au Sud du pays, les quatre zones ci-après:

§ la zone saharienne au Nord du pays représentant environ 65% du territoire national, avec des pluies très rares ; les précipitations restent toujours inférieures à 100 mm par an et la saison sèche y est très longue avec des températures supérieures en moyenne à 35 °C ; on se trouve en présence d'un climat désertique ;

§ la zone sahélo-saharienne (12,2% du territoire national ) avec des pluies toujours très fai-bles, les précipitations restant comprises entre 100 et 300 mm ; les cours d'eau ne sont que temporaires, coulant à l'issue des précipitations atmosphériques importantes ; on se trouve là en présence d'un climat subdésertique.;

§ la zone sahélo-soudanienne (21,9% du territoire national du territoire national) comprenant une partie sahélienne au Nord plus sèche et dévolue surtout à l'élevage nomade avec des précipitations variant de 300 à 600 mm et, une partie soudanienne au sud , plus arrosée;

§ la zone soudanienne qui reçoit plus de 600 mm d'eau par an et représente 0,9% du terri-toire national.

Au Niger, la pluviométrie annuelle caractérisée par une variabilité spatio-temporelle et inter-annuelle a des conséquences sur les productions agro-sylvo-pastorales. Il est à souligner que la sécheresse peut y être persistante, comme observé au cours des décennies 70 et 80 du siècle précédent.

2.2. Les ressources naturelles

a) Les Sols

Au Niger, les sols sont en général pauvres en éléments nutritifs et en teneur en matières organiques. La superficie potentiellement cultivable est estimée à 15 millions d'hectares, représentant moins de 12% de la superficie totale du pays. Il est à noter que 80 à 85% des sols cultivables sont dunaires et seulement 15 à 20% sont des sols hydromorphes moyen-nement argileux (SEDES, 1987). Ces sols peu productifs et fragiles sont très sensibles à l'érosion hydrique et éolienne. La plupart des sols exploités souffrent d'une carence sévère en phosphates (Bationo, 1991). Le potentiel en terre irrigable est estimé à 270 000 hectares, soit 4% de la superficie totale, dont 140 000 hectares sont situés dans la vallée du fleuve Niger.

En outre, en raison de la pression démographique et de la faiblesse de l'intensification de l'agriculture, pour les six principales cultures (mil, sorgho, niébé, riz, arachide, maïs), les superficies cultivées sont passées de 3,1 millions d'hectares, c'est-à-dire 21% des terres cultivables en 1965 à 13.9 millions d'hectares, soit 93% des terres cultivables en 1999. Il en résulte un accroissement de 72% des terres cultivées pour la période considérée; toutefois, il importe de pondérer ces chiffres en tenant compte du système de cultures pluvial domi-nant qu'est l'association mil-niébé.
En se référant au zonage climatique précédent, pour une surface totale de 126,70 millions d'hectares (Mha) on compte :

- 82,36 Mha (65%) en zone saharienne à sols minéraux bruts ;
- 15,46 Mha (12,2%) en zone sahélo-saharienne à sols peu évolués d 'apport éolien et sols brun rouge à dominance sableux ;
- 27,74 Mha (21,9%) en zone sahélo-soudanienne à sols ferrugineux tropicaux ;
- 1,14 Mha (0,9%) en zone soudanienne à sols ferrugineux et sols fersialitiques.

Les zones montagneuses et de grands plateaux (Aïr, Ader Doutchi, Continental terminal) sont dominées par des lithosols. Les vallées fossiles (Dallols, Goulbi, Korama), les vallées du fleuve, la Komadougou, le Lac Tchad et les cuvettes du Manga sont dominées essentiel-lement par des sols hydromorphes et les vertisols.

b) Les Eaux

Le pays recèle également d'importantes potentialités hydriques de surface et souterraines
Les eaux de surface localisées pour l'essentiel dans la frange sud proviennent en grande partie des apports extérieurs. Elles sont réparties en unités hydrologiques suivantes

-le fleuve Niger et ses affluents de rive droite (Volume moyen écoulé de l'ordre de 31 milliards de m3 par an ; Superficies inondables : 63.000 ha)
- l'Ader-Doutchi-Maggia (Volume moyen écoulé : environ 200millions de m3 par an) ;
- les dallols (vallées fossiles) ;
- les goulbis (actuellement sans écoulement significatif);
- les koromas (régime lié aux précipitations et au déversement des nappes contenues dans le substratum des vallées concernées) ;
- la Komadougou Yobé, qui charrie 500 millions de m3 par an en territoire Nigérien. Ce débit est aujourd'hui réduit par la construction de nombreux barrages dans son haut bassin versant;
- le Lac Tchad (complètement asséché en territoire nigérien avec un retour timide suite aux fortes précipitations de 1998) ;
- le lac Madarounfa ;
- les koris de l'Aïr, caractérisés par des crues brutales et de courte durée, qui charrient près de 100 millions de m3 d'eau par an, servant pour l'essentiel à alimenter les nappes phréatiques de la région ;
- les mares et les retenues artificielles et
- les oasis.

Plusieurs organisations régionales et sous-régionales sont mises en place pour favoriser principalement la gestion commune de ces ressources de surface (ABN ; CBLT).

Les eaux souterraines elles, se distinguent en :

- ressources hydriques renouvelables dont la disponibilité est évaluée à environ 2.5 milliards de m3 présentement exploitées à moins de 20% et,
- ressources hydriques non renouvelables dont les réserves sont estimées à quelque 2000 milliards de m3 (MHE, 1995).

c) La végétation

Dans sa physionomie et sa composition la végétation reflète les conditions pédologiques et climatiques du milieu. Ainsi, on distingue les grands domaines bioclimatiques suivants:

-le domaine saharien où la végétation, quand elle existe, est une steppe discontinue, généralement réfugiée dans les dépressions;

- le domaine sahélien qui correspond pratiquement à la partie du Niger habité et porte sur la partie du territoire comprise entre le Nord saharien et la frange sud d'occupation urbaine. Ce domaine est caractérisé par une végétation passant des formations contractées ou arbusti-ves claires à des types plus diffus et arborés au sud ;

- Le domaine sahélo-soudanien caractérisé par une savane herbacée discontinue et une strate arbustive de faible densité plus boisée au niveau des bas-fonds humides ;

- le domaine soudanien qui couvre la partie la plus méridionale du pays. Plus boisé que le Sahel, il comporte une végétation de savane, caractérisée par une strate herbacée plus con-tinue ou non. La strate ligneuse comporte des arbustes et des arbres capables de constituer localement des peuplements fermés. La végétation est globalement caractérisée par des Combretacées et par la présence de certaines espèces de valeur comme le Karité (Vitelaria paradoxum), le Néré (Parkia biglobosa) ,etc.

d) La Faune sauvage

Les divers étages bioclimatiques et les écosystèmes du Niger abritent une faune riche et très diversifiée. Jusqu'à présent seuls les vertébrés et particulièrement les mammifères ont retenu l'attention des scientifiques (SNPA /DB-1998). Elle comprend des représentants du domaine soudanien, dans le sud du domaine sahélien et du domaine désertique saharien.
Les connaissances restent limitées pour la plupart des espèces animales (mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons,invertébrés ;etc)ainsi que pour les habitats naturels.
.
Les récentes études effectuées dans le cadre du processus d'élaboration de la stratégie nationale et du plan d'action en matière de conservation de la diversité biologique ont retenu que le Niger compte au stade actuel de nos connaissances 3 200 espèces animales dont 168 de mammifères et 512 d'oiseaux. Le reste est constitué des reptiles, des amphibiens, des poissons etc…(SNPA /DB-1998). Ces chiffres devraient être revus à la hausse avec des connaissances plus actualisées sur les rôle et diversité de la flore microbienne.

Au-delà de son importance reconnue dans l'alimentation protéinique des communautés, la faune a toujours été un centre d'intérêt, notamment pour la pharmacopée, la culture et le tourisme de vision. Elle représente un indicateur de la qualité de l'environnement. Mais les aspects défavorables au développement de la faune ci-dessus évoqués, conjugués aux effets néfastes de sécheresses répétitives, ont réduit le potentiel faunique à moins de 10% de ce qu'il était dans les années 1960. Sa composition spécifique révèle également que plusieurs espèces ont disparu ou sont en voie de l'être.

La réduction des surfaces des zones humides, habitat préférentiel de nombreux oiseaux et de certains mammifères rares (lamantins et hippopotames),ainsi que les activités humaines, entraînent un changement dans le comportement des espèces migratrices (SNPA/DB-1998)


3- Contexte socio-économique

3.1. Population

A l'instar des autres pays en développement en général et du Sahel en particulier, le Niger est confronté à :

- une croissance démographique accélérée (le taux d'accroissement annuel est de 3,3%) ;
- un niveau de fécondité très élevé (l'indice synthétique de fécondité est de 7,4 enfants par femme) ;
- un niveau de mortalité relativement élevé (le taux de mortalité infantile est de 123 pour mille et le taux de mortalité maternelle est de 6,5 % ) ;
- une structure assez jeune de sa population dont 49,5% a moins de 15 ans ;
- une répartition spatiale inégale (75% de sa population vivent sur 25% du territoire national) ;
- une urbanisation rapide de sa population : 25,1% de la population vivaient en milieu urbain en 1993 (Pop Sahel n°26-octobre 1997), contre 13% en 1977 (RGP-1977) ;
- un pourcentage plus élevé de femmes qui représentent environ 52% de la population;
- un taux de scolarisation faible.

La population est repartie entre huit (8) groupes socio-linguistiques, dont deux forment près de 80% des effectifs (Haoussa et Songhaï-Zarma). Ces groupes islamisés à plus de 95% partagent certaines valeurs dans leurs rapports avec les questions d'environnement, de même
qu'en matière de gestion de l'espace en général et d'accès aux ressources naturel
les en particulier. Les Nigériens se répartissent en sédentaires et nomades. Toutefois, la proportion de ces derniers est en baisse continue à la suite notamment des sécheresses récurrentes.

La population nigérienne est très inégalement répartie sur le territoire.En effet,les trois quarts restent concentrés dans les zones méridionales au Sud du 16ème parallèle sur le quart envi-ron de la superficie totale du pays. La densité moyenne est de 6 hab/km2; elle est de moins de 1 hab/km2 dans le département d'Agadez et varie de 34,7 à 80 hab/km2 dans celui de Maradi (RGP-1988). Cette concentration de populations dans certaines zones pose un séri-eux problème d'adéquation avec les niveaux de la production agricole qui est en baisse con-tinue, enregistrant des déficits céréaliers structurels de plus en plus importants.

La mobilité croissante de la population qui s'effectue au plan interne et externe,a des consé- quences importantes sur la répartition géographique et, de ce fait, au niveau de la pression exercée sur les ressources naturelles.Ces déplacements liés surtout à des contraintes socio-
économiques, mais pouvant être conjoncturels, génèrent des revenus importants qui n'ont malheureusement pas induit une transformation notable des systèmes de production.

Face aux défis majeurs que pose la satisfaction des besoins fondamentaux de la population, l'Etat élabora en 1992, une Politique nationale de population.Cette dernière avait pour objectif de parvenir à une maîtrise de la croissance démographique et des flux migratoires afin de les ajuster aux conditions d'un développement économique visant une amélioration qualitative substantielle des niveaux de vie notamment en milieu rural.

3.2. Agriculture

Chaque année près de 99% des superficies cultivées sont affectées à l'agriculture pluviale. La contrainte majeure de cette agriculture réside dans l'insuffisance de l'eau pour les cultu-res; en réalité cette insuffisance traduit une faible capacité de mobilisation des eaux de sur-face et d'accès aux eaux souterraines. A cette contrainte s'ajoutent la baisse de la fertilité des sols, les pressions parasitaires, l'insuffisance de crédits consécutive au désengagement de l'Etat du secteur agricole et réduisant l'accès aux intrants agricoles,et les itinéraires tech
niques inappropriée.

On note une forte extension des terres affectées aux cultures vivrières (principales spécula-tions) céréalières du fait de la faible intensification des systèmes de production.
Cette extension des terres de cultures se fait souvent par le biais de l'exploitation de terres marginales, ce qui contribue à l'accélération de la dégradation des terres et des pâturages. Les productivités (rendements) baissent en conséquence, réduisant la contribution de l'agri-culture au PIB et exacerbant la question persistante de la sécurité alimentaire.

Les faibles performances enregistrées par l'agriculture au Niger sont le résultat d'une situa-tion générale marquée essentiellement par les facteurs suivants :

- la persistance du caractère extensif des systèmes de production ;
- la baisse des rendements ;
- les coûts élevés des moyens de production et la faiblesse du système de crédit rural ;
- le faible niveau des prix aux producteurs et l'absence de structures efficaces de commer-cialisation et d'approvisionnement en intrants ;
- l'inadéquation du dispositif Recherche-Formation-Vulgarisation-Développement.

3.3. Elevage

L'élevage constitue la seconde activité économique au Niger. La disponibilité et l'accès à l'eau et aux pâturages sont ses principales contraintes. De même, la mauvaise répartition des ouvrages d'hydraulique pastorale sur l'ensemble du territoire entraîne la surexploitation voire la destruction de certains écosystèmes pastoraux, tandis que d'autres restent pratique- ment inexploités.

Jusqu'en 1973, les politiques nationales en matière d'élevage ont été axées sur l'amélioration de l'état sanitaire du cheptel et la conduite d'une politique d'hydraulique pastorale dominée par la construction de forages équipés de stations de pompage. Le résultat fut l'accroisse-ment des effectifs jusqu'au début des années 70 et, conséquemment, l'augmentation de la charge pastorale souvent sans rapport avec les capacités du milieu. Après la sécheresse de 1973, ces politiques ont été dominées par les efforts de reconstitution du cheptel. C'est avec le Plan d'action de Tahoua, que les stratégies en matière d'élevage ont formellement pris en compte les aspects environnementaux et la capacité de charge du milieu.

La contribution de l'élevage dans la formation du PIB est en baisse constante (20,7% du PIB en 1961 ; 17,1% en 1975 ; 16,5% en 1984 et 12,8% en 1991) du fait des faibles performan-ces des systèmes d'élevage (faible niveau d'intensification) associées aux effets désastreux des sécheresses récurrentes qui déciment régulièrement le cheptel depuis une trentaine d'années. Ce sous-secteur s'est adapté à cette situation par une modification notable de la composition des troupeaux et un transfert des effectifs de la zone pastorale vers les régions méridionales agricoles plus favorables, mais également plus peuplées, ce qui provoque le plus souvent des conflits entre éleveurs et agriculteurs.

3.4. Foresterie

Quant à la foresterie, les politiques nationales en la matière ont évolué depuis trois décen-nies d'une attitude " conservationniste " vers une stratégie de lutte contre la désertification et la gestion intégrée de l'ensemble des ressources naturelles. C'est dans ce cadre qu'a été élaboré un Plan national de lutte contre la désertification (PNLCD), puis un Projet de gestion des ressources naturelles(PGRN).

Entre 1982 et 1989, un inventaire des ressources forestières (à l'exception du département d'Agadez) a permis d'estimer de manière globale, le potentiel productif à 16 millions d'hecta-res (dont 11.600 000 ha de terres forestières marginales et 440 000 ha de terres forestières aménageables). Leur productivité est très faible , variant de 0,1 à 1,5 stères/ha/an (PUSF, 1982-1989). Les formations forestières naturelles fournissent environ 87% des besoins éner-gétiques en bois des populations, soit l'équivalent de 2.5 à 3 millions de tonnes par an dont 150.000 tonnes pour les seuls besoins de la ville de Niamey (Projet Energie II, 1991). L'approvisionnement des populations urbaines représente environ 12 % de la demande globale du pays. Ces mêmes formations forestières fournissent la quasi-totalité du bois de service aux populations évalués à 113.000 tonnes en 1993 (Projet Energie II). Compte tenu du croît démographique, cette consommation est appelée à doubler dans les années à venir, d'où le risque de voir s'accentuer la dégradation du couvert végétal dont la production est déjà très faible. Le " bilan bois-énergie " des régions indique que la plupart des régions sont déficitaires. L'approvisionnement en bois se pose de manière particulièrement aiguë dans les départements de Tahoua, Maradi, Tillabéri et Zinder. Pour faire face à cette situation, le pays a développé des solutions alternatives, notamment dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables.Ainsi, plusieurs programmes ont été élaborés dans ce cadre: Projet Energie domestique ; Projet Gaz urbain ; Projet Charbon... Ces programmes rencontrèrent d'énormes difficultés dans leur exécution; cependant, les marchés ruraux de bois dont le principe est basé sur la responsabilisation des villageois dans la gestion de leurs terroirs, obtiennent des résultats positifs unanimement appréciés.

3.5. Pêche

La richesse halieutique des eaux nigériennes est un atout majeur pour la sécurisation ali-mentaire du pays puisque le poisson, dans bien des cas est la principale source de pro-téines. L'exploitation et la valorisation des ressources halieutiques contribuent également d'une manière décisive au produit intérieur brut et à la balance des paiements donc à la lutte contre la pauvreté.

Les eaux de surface nigériennes dans lesquelles se pratiquent les activités de pêche cou-vrent environ 600 000 ha. Les niveaux d'eaux des plans et cours d'eau (fleuve Niger, Koma-dougou) fluctuent d'une année à l'autre et suivant les saisons. Ces eaux renferment une grande diversité biologique dont la plus exploitée est l'ichtyofaune, représentée par 112 espèces. La production de poissons a été très variable ces dernières années. En effet, les stations piscicoles, la production de la pêche contrôlée est passée de 20 000 tonnes dans les années 1970 à 5 000 tonnes en 1986, alors que le potentiel normale est estimé à 30 000 tonnes /an.

Au delà de la sécheresse, on peut noter entre autres l'ensablement des plans et cours d'eau accéléré par la déforestation en amont, l'érosion éolienne et hydrique, l'occupation anarchi-que et inconsidérée de plaines d'inondation (zones de fraie). Un autre phénomène plus préo-ccupant aujourd'hui est l'infestation des plans et cours d'eau par des plantes envahissantes. C'est le cas de la jacinthe d'eau du Niger. Les effets négatifs de tous ces facteurs sur l'habitat aquatiques a fait que huit (8) espèces sont déclarées disparues des captures par les pêcheurs du fleuve Niger. Ce qui est une grande perte pour la diversité biologique du Niger. Si des actions (protection des berges, plantations, aménagements intégrés, lutte contre la jacinthe d'eau et de mise en œuvre de la loi n°98-042 du 29 Décembre 1998 relative au régime de la pêche) ne sont pas entreprises à très court terme pour renverser la tendance, le Niger risque de perdre la contribution du secteur de la pêche à l'économie nationale, estimée en moyenne chaque année à plus de douze milliards de francs CFA/an.

3.6 Industrie, Tourisme et Mines

Pour entretenir sa croissance économique, le Niger a opté pour la stratégie d'industrialisa-tion par la substitution aux importations en valorisant les ressources locales (charbon, uranium, or, transformation des produits agro-sylvo-pastoraux). Pour le cas de la ville de Niamey où se trouve la plus forte concentration d'unités industrielles, jusqu'à une date récente peu d'études ont été conduites pour évaluer l'impact des activités industrielles sur l'environnement.
Le Niger dispose d'un important potentiel touristique. Il s'agit notamment du capital de faune sauvage, divers paysages, des parcs et des sites culturels et historiques favorables au développement d'un éco-tourisme et d'un tourisme de vision. Actuellement, l'activité touri-stique est principalement concentrée dans deux régions, à savoir le nord du pays et la région du fleuve Niger intégrant le Parc National du W.

Enfin, sur le plan minier, les différents travaux de prospection, entrepris de la période colo-niale à nos jours,ont permis de mettre en évidence des indices de minéralisations localisées dans des aires géographiques bien individualisées ou provinces métallogéniques. Parmi la trentaine de substances minérales qui constitue le potentiel minier du Niger, seuls l'uranium, le charbon, le calcaire, le gypse, le phosphate, l'étain, le sel, le natron sont exploités. Il con-vient de noter que depuis les années 1960, l'or fait l'objet d'une exploitation artisanale, mais son exploitation industrielle a commencé (1996). Quant à l'exploration pétrolière,qui a débuté dans les années 1958,elle a permis de mettre en évidence des indices et réser-ves d'hydro-carbures respectivement dans les bassins du Djado et de l'Agadem.

4- Contexte socio-politique

Trois décennies après la grande vague de décolonisation, le Niger est entré en 1991 dans l'ère de la démocratisation. Depuis lors, les politiques de développement sont inscrites dans un cadre institutionnel caractérisé par des tensions récurrentes, un ralentissement de la machine administrative et une faible participation de la société civile. L'Etat de droit et la démocratie, qui constituent les valeurs de référence du système politique qui s'instaure, restent encore à consolider au Niger.

Au regard de l'importance des enjeux du développement, les autorités nigériennes ont pris l'option politique de faire de la décentralisation la réponse institutionnelle à la question de
la participation des populations au développement national. Ainsi, la responsabilisation des populations par rapport à leur environnement doit tenir compte, en dernière analyse, des objectifs essentiels visés par les communautés de base. Toutefois, si les textes relatif à
la décentralisation sont promulgués, il reste que la mise en place concrète des institutions locales est toujours attendue.