3.2 Troisième phase : Exploitation externe des résultats

La troisième phase de l'évaluation met en place l'exploitation externe des données collectées lors de la première phase, par la communication vers les parties intéressées de l'entreprise.

Communication externe grand public

La communication environnementale se fait traditionnellement par la diffusion de rapports environnementaux, destinés au grand public, présentant la politique environnementale de l'entreprise et un bilan global de ses principaux facteurs d'impact. Ce type de communication est essentiellement l'apanage des grands groupes (Rhône-Poulenc, Elf Atochem, 3M, Total...).

Les PME pratiquent peu ce type de communication grand public, et ce pour plusieurs raisons :

Communication externe ciblée

Si la demande d'information de la part du grand public n'est pas pressante, l'entreprise se trouve par contre confrontée à des demandes spécifiques de la part de ses parties intéressées. Dans ce cas, on ne se trouve plus dans une configuration de "communication-valorisation", mais de "communication-justification".

Chaque partie intéressée accorde son propre degré de priorité aux facteurs d'impact de l'entreprise. Ainsi, par exemple, les pouvoirs publics seront-ils centrés sur la conformité réglementaire, les assureurs sur le risque de pollution accidentelle, l'association locale de pêcheurs sur les effluents liquides rejetés dans le cours d'eau proche, le voisinage sur les émanations d'odeurs ou le bruit...

Sur la base de l'information collectée lors de la première et de la deuxième phase, l'entreprise doit être à même de répondre de façon ciblée à la demande de chacun de ses interlocuteurs. Nous proposons pour cela une organisation de l'information permettant de sélectionner les données nécessaires à une communication ciblée : les données brutes, indicateurs et indices, résultats de la phase de collecte de l'information, ainsi que les éventuelles actions programmées ou réalisées pour corriger les écarts, forment un corps central d'information, décrivant tous les champs de l'activité : cette information est organisée par catégorie de facteurs d'impact. Pour répondre aux attentes spécifiques des parties intéressées, on doit pouvoir répartir l'information par interlocuteur (figure 70).

 
figure 70. Organisation de l'information

Plusieurs critères vont jouer dans la sélection de l'information :

L'information est contenue dans les fiches facteurs d'impact par unité d'évaluation et au niveau du site, dans le tableau de bord et dans le plan d'action. Le traitement d'une demande de la part d'une partie intéressée peut se décliner selon ces différents documents (figure 71) :
  1. réception de la demande : identification des critères de l'information demandée (facteurs d'impact, niveau de détail, champ des données, nature des indicateurs et indices).
  2. consultation du tableau de bord et du plan d'action :
    1. si l'information disponible est estimée suffisante pour répondre à la demande, communication de l'information correspondante à la partie intéressée,
    2. si l'information disponible est estimée insuffisante pour répondre à la demande de la partie intéressée, consultation des fiches facteurs d'impact agrégée sur site
      1. si l'information disponible est estimée suffisante pour répondre à la demande, communication de l'information correspondante à la partie intéressée,
      2. si l'information disponible est estimée insuffisante pour répondre à la demande de la partie intéressée, consultation des fiches facteurs d'impact par unité d'évaluation.
figure 71. Sélection de l'information en réponse à la demande d'une partie intéressée

Une présélection par partie intéressée paraît difficile, dans la mesure où les demandes des parties intéressées vont largement varier en fonction du contexte de l'activité de l'entreprise et de chaque cas particulier. Il ne semble donc pas approprié de construire a priori des corps d'indicateurs spécifiques. En revanche, suite à chaque réponse à une demande, l'entreprise peut mémoriser l'information communiquée, et ainsi former ses propres corps d'indicateurs. Cette information lui permet de faire l'historique de ses relations avec une partie intéressée donnée.

Globalement, le principe de la communication ciblée permet à l'entreprise de répondre rapidement et précisément à toute sollicitation extérieure. Cette approche peut notamment présenter un intérêt en cas de situation de crise, l'information courante se trouvant immédiatement disponible.

 

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