3.2.3 Construction des indicateurs
3.2.3.1 Critères de sélection
De nombreux documents portant sur l'évaluation environnementale
proposent des critères de sélection des indicateurs. A partir
de documents de La Revue Française de Comptabilité [LABOUZE
95], de l'IFEN [WEBER 94], de l'OCDE [OCDE
93] et de l'ISO [ISO 96-6], nous avons extrait
les critères suivants :
-
Pertinence
-
pertinence/besoins : les indicateurs doivent fournir une information
répondant à un besoin de l'entreprise ou des parties intéressées.
-
objectif : chaque indicateur doit être lié à
un objectif auquel il se compare.
-
lisibilité : simplicité d'interprétation et
de compréhension, non-ambiguïté.
-
existence d'un consensus des parties intéressées quant
à la validité de l'indicateur.
-
Justesse d'analyse
-
représentativité : représentation fidèle
et synthétique de la situation ou du phénomène auxquels
on s'intéresse.
-
justesse d'analyse : construction sur une base scientifique et technique
saine. Objectivité et non-ambiguïté des résultats.
-
cohérence dans le temps et dans l'espace, pour permettre
la comparaison (entre site, au niveau national, international...), le suivi
et le dégagement de tendances.
-
existence de valeurs de référence permettant de situer
l'indicateur.
-
Données
-
mesurabilité : accessibilité des données de
base à un rapport coût/bénéfice raisonnable,
procédures fiables.
-
sensibilité : variation de l'indicateur pour une faible variation
du phénomène observé et avec un temps de réponse
acceptable.
-
précision : marge d'erreur acceptable.
-
les indicateurs doivent être quantitatifs dans la mesure du
possible
-
les indicateurs ne doivent être qualitatifs que lorsque le
quantitatif est impossible.
Dans la pratique, il est souvent difficile de réunir l'ensemble
de ces critères, mais il est souhaitable de s'en approcher au maximum
pour obtenir des indicateurs réellement utiles et fiables.
3.2.3.2 Méthode de construction
Le choix de critères de sélection permet de vérifier
la validité d'un indicateur, mais ne constitue pas une réelle
aide à sa construction. L'ouvrage "indicateurs et tableaux de bord"
[CERUTTI 92], édité par l'Afnor,
propose une méthode de construction des indicateurs, qui s'attache
au suivi des différentes étapes permettant d'arriver à
la définition finale d'un indicateur. La méthode proposée
par l'Afnor vise plus particulièrement à la construction
d'indicateurs pour la gestion de production, mais les principes et les
étapes suivies restent parfaitement appropriés pour les indicateurs
environnementaux. Nous suivons ces principales étapes :
-
Un indicateur est quantitatif, obtenu à partir de données
résultant d'une mesure. La première étape consiste
donc en la définition du champ de mesure, c'est à
dire du domaine auquel on s'intéresse et sur lequel va porter la
mesure.
-
Une fois le champ de mesure défini, on passe à la définition
du but que l'on cherche à atteindre dans ce champ. C'est l'étape
suivante, le choix des objectifs. A ce stade de la réflexion,
les objectifs n'ont pas besoin d'être quantifiés, leur définition
permet en fait de passer à l'étape suivante, l'identification
des variables. On recherche à ce stade les éléments
qu'il est nécessaire de suivre pour se situer par rapport aux objectifs.
-
Ces variables doivent être traduites par des paramètres mesurables,
qui peuvent être nombreux et parmi lesquels il est nécessaire
de faire un tri selon l'importance du paramètre ou son accessibilité.
C'est l'étape de choix des paramètres mesurables.
-
Une fois cette sélection des paramètres menée à
bien, il est nécessaire de les transcrire en données quantifiables,
et éventuellement de les combiner pour obtenir un indicateur global.
C'est l'étape de sélection des indicateurs. On
obtient ainsi un corps d'indicateurs, censés être représentatifs
du domaine ou du phénomène que l'on veut observer ou suivre.
-
Avant de les mettre en œuvre, il est préférable de vérifier
leur cohérence et leur pertinence. C'est l'étape de validation
des indicateurs sélectionnés. La lecture de l'indicateur
doit permettre, sans ambiguïté, de faire le point sur le champ
de mesure choisi. A ce stade, on réalise en fait une simple vérification
de la cohérence dans le suivi des étapes précédentes.
Une vérification approfondie doit être régulièrement
effectuée pendant l'utilisation réelle de l'indicateur, notamment
pour vérifier sa validité dans le temps.
-
On dispose finalement d'un ensemble d'indicateurs, a priori pertinents.
Pour en faire un véritable outil de communication, il est nécessaire
de les organiser dans une présentation offrant une bonne visualisation
des résultats. C'est la dernière étape, l'élaboration
du tableau de bord, document de synthèse qui doit présenter
l'ensemble des résultats de façon lisible et facilement compréhensible.
Il doit être daté, et peut présenter les différents
indicateurs sous forme de graphiques, par exemple en camembert, en courbe
xy, en araignée. A ce niveau, il est souhaitable de préciser
les différents attributs de chaque indicateur. En effet, un indicateur
doit avoir un nom, une définition, un mode de calcul,
une unité de mesure, une fréquence d'actualisation,
une source d'origine et une maille de validité.
Ces étapes successives sont représentées dans la figure
46.
figure 46. Processus d'élaboration d'un tableau de bord
[CERUTTI 92]