2.2.3 Synthèse des politiques de régulation

Les quatre types de politiques de régulation employés sont différents moyens d'atteindre un même objectif : faire entrer la préoccupation environnementale dans l'entreprise. Les politiques obligatoires et les acteurs institutionnels sont aujourd'hui les plus présents pour les entreprises, mais l'élargissement grandissant des parties intéressées aux partenaires financiers et économiques entraîne l'émergence des politiques d'application volontaires.

Le tableau 5 synthétise les outils, enjeux et acteurs associés à chaque politique.
 

 
 Politiques de régulation
 Outils d'application
 Enjeux
 Acteurs
 Obligatoire
 Politique réglementaire
 réglementation
 réglementaires : amendes, peines, autorisation d'exploiter
 Ministère de l'environnement, DRIRE
 Politique économique
 taxes, fiscalité
 économiques : maîtrise des coûts, compétitivité
 ADEME, Agences de l'Eau, administration fiscale, CRAM
 Volontaire
 Politique contractuelle
 labels produits (ACV)
 stratégiques : parts de marché, image de marque, pérennité de l'entreprise
 Entreprises et leurs parties intéressées, 
AFNOR,CEN, ISO
 Politique managériale
 certification des sites : ISO14001, SMEA
tableau 5. politique de régulation et enjeux environnementaux

Si l'on prend l'exemple du traitement d'un problème de pollution de l'air par le soufre au moyen des différentes politiques, on obtiendra par exemple (figure 20) :

figure 20. Les politiques de régulation : illustration

Le choix du dosage entre ces différentes politiques est délicat, l'idéal étant de l'adapter à l'interlocuteur : pour les entreprises faisant montre d'un comportement purement réactif à la contrainte, il est nécessaire de s'appuyer sur les politiques directives. Pour les entreprise pro-actives s'engageant volontairement dans les démarches d'amélioration telles que les certifications de site, il est souhaitable d'alléger les politiques directives, pour s'appuyer préférentiellement sur les politiques de responsabilisation.

Cette direction semble être effectivement prise par les Pouvoirs Publics, puisqu'une circulaire du ministère de l'environnement propose l'allégement du contrôle de l'inspection des installations classées pour les entreprises dont le système de management environnemental est certifié : "Il est clair que la fréquence des contrôles auxquels l'inspection des installations classées procède à l'égard des entreprises soumises à la loi du 19 juillet 1976 doit être proportionnée à l'importance des pollutions et risque de chaque établissement : la mise en œuvre par l'exploitant d'un Système de Management Environnemental ayant fait l'objet d'une certification ISO14001 ou d'un enregistrement Eco-audit sera un élément dans l'établissement des programmes de contrôle [...]" [MIN.ENV 97].

Pour répondre aux pressions ou s'ouvrir de nouvelles opportunités , les entreprises sont donc dès aujourd'hui confrontées à la nécessaire intégration de l'environnement. Ce problème les conduit à observer leur fonctionnement interne d'une nouvelle manière. Nous allons nous pencher sur le fonctionnement de l'entreprise en tant que système régulé échangeant des flux avec l'environnement, entraînant ainsi des perturbations qui doivent être maîtrisées, sinon supprimées.

 

  [accès au sommaire]  [suite]