On se référera pour cela, dans un premier temps, au modèle canonique Opération-Information-Décision, ou modèle OID, décrit par J.L Le Moigne [LE MOIGNE 77] dans l'ouvrage "la modélisation des systèmes complexes". Ce choix se justifie par l'universalité de ce modèle, qui est adapté à la modélisation de tous les systèmes complexes. Reprenons succinctement les principaux éléments de ce modèle : J.L Le Moigne considère neuf niveaux de complexité d'un système.
Niveau 1 : le système que l'on modélise est identifiable
(on peut en fixer les limites)
Niveau 2 : le système est actif (on peut le considérer
comme une boîte noire)
Niveau 3 : le système est régulé (il existe des
règles dans la boîte noire)
Niveau 4 : le système s'informe sur son comportement (de l'information
est produite afin d'assurer la régulation)
Niveau 5 : le système décide de son comportement. Un
sous-système de décision élabore des décisions
sur la base de l'information reçue du sous-système des opérations,
ou système opérant.
Niveau 6 : L'information est mémorisée dans le système
d'information.
A ce niveau, on aboutit à un modèle canonique Opération-Information-Décision, ou OID, articulant trois niveaux, opérationnel, informationnel et décisionnel (figure 13) :

Le système opérant est le cadre de l'activité tangible, tandis que le système de décision est chargé de l'élaboration des stratégies et décisions d'action. Le rôle du système d'information est d'assurer le couplage système opérant/système de décision, par l'enregistrement de l'information brute en provenance du système opérant, sa mémorisation, son traitement et sa communication au système de décision. Ce dernier utilise cette information pour élaborer une décision d'action. L'information-décision est enregistrée et mémorisée par le système d'information puis transmise pour mise en œuvre au système opérant.
Le modèle OID peut si besoin être enrichi par une approche "fractale", consistant à faire apparaître dans le système de décision des sous-systèmes opération, information et décision (figure 14) :
Niveau 7 : le système coordonne les décisions d'action
Niveau 8 : le système imagine et conçoit de nouvelles
décisions
Niveau 9 : le système décide sur ses décisions,
se finalise.

Pour tenir compte de cet aspect, de nouveaux modèles se développent
[BURLAT 97] :
| " [...] pour rendre compte des phénomènes de coordination
par des canaux horizontaux de communication, mais aussi pour représenter
les informations humaines ou physiques réparties dans l'entreprise,
il a ensuite fallu proposer des modèles dans lesquels le système
d'information était placé en toile de fond continue du système
de décision et du système physique, comme sur le schéma
suivant :
|
![]() Sous-système d'information réparti." |
Pour notre part, nous pouvons considérer que deux systèmes d'information cohabitent : l'un est organisé et formel, et assure effectivement la mémorisation et le traitement de l'information, l'autre est diffus et informel, représentant le bain d'information dans lequel baigne chaque élément de la société. C'est par ce système informel que vont s'exprimer les interactions entre Pouvoirs Publics et sujets de la société : un bon exemple en est le "lobbying", consistant pour des associations officieuses d'acteurs ayant des intérêts convergents à faire pression sur les pouvoirs publics.
La figure 15 reprend ces différents éléments du système et leurs relations :

Sur la base de l'information du système opérant communiquée par l'intermédiaire du système d'information, le système de décision élabore une décision, c'est à dire un projet d'action. Cette action peut porter sur différentes parties du système opérant : fonctionnement interne des sphères, nature et/ou quantité des flux échangés...
Ainsi, à un problème environnemental donné, on peut fournir une réponse portant sur l'état de l'environnement ou sur les flux échangés.
Par exemple, face à un problème de pollution locale d'un cours d'eau, on pourra :
La régulation des flux échangés est par contre un problème beaucoup plus complexe, qui fait intervenir de nombreux acteurs ayant souvent des objectifs divergents. C'est particulièrement le cas lorsqu'on s'adresse à des entreprises, et nous allons plus particulièrement nous intéresser à cette problématique, en identifiant les facteurs qui font aujourd'hui entrer la préoccupation environnementale dans les entreprises.
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