
L'environnement peut lui aussi être considéré selon plusieurs niveaux, traduisant son aspect multidimensionnel :

On observe de nouveaux domaines intersections dans lesquels figurent les éléments naturels artificialisés qu'il est difficile de classer exclusivement dans une sphère. Ainsi, dans le domaine commun vie sociale/environnement, on trouvera par exemple des éléments de l'environnement urbain ou touristique (espaces verts, lacs artificiels, chemins de randonnée...). Dans le domaine commun économie/environnement, on peut trouver des éléments de l'environnement "domestiqués" pour exploitation (champs cultivés, plantation de forêts pour l'exploitation du bois, élevages...).
Cette représentation des trois sphères est notamment utilisée pour situer le champ du développement durable. Le champ de la réflexion sur ce thème, consistant à trouver une stratégie gagnante pour chacun des domaines, - social, économique, environnement -, se trouve de fait dans la zone intersection des trois sphères (figure 6) [MIN.ENV 97-3, BRODHAG 97, BARTELMUS 97].

La représentation des sphères interconnectées a l'avantage de faire apparaître les articulations entre chaque domaine, mais se révèle d'un usage assez lourd. Par la suite, on représentera donc ces sphères séparément, tout en sachant qu'une certaine marge de superposition existe entre elles.
On aboutit donc à un système composé de deux domaines principaux, société et environnement, que l'on représente en fait par trois sphères : vie sociale, économie et environnement. L'adoption d'une représentation éclatée de ces trois sphères permet de faire apparaître plus clairement les flux échangés entre elles (figure 7).

Les trois éléments principaux de cette représentation (symbolisés par les sphères) se définissent par leur champ, c'est à dire les limites de l'ensemble qu'ils symbolisent et par leurs flux, intrants ou extrants, traduisant les échanges avec les autres éléments du système.
On peut remarquer que chaque sphère suit sa logique interne, et se rapproche d'une conception de l'environnement correspondante. Ainsi, la sphère "vie sociale" adoptera plutôt une conception biocentrique car la perception de dépendance vis-à-vis de l'environnement y est plus forte. Par contre, la sphère "économie" adoptera plutôt une conception anthropocentrique, car l'environnement y est essentiellement considéré comme une ressource de matière et d'espace, et un puits d'élimination des déchets, sans contrainte directement apparente.
La conception "technocentrique" correspond donc à un niveau global de représentation, incluant les autres conceptions, qui apparaissent plus ou moins prépondérantes selon le domaine ou l'on se place.
Sur la base de cette représentation globale, on peut détailler deux points de vue complémentaires : l'un porte sur les éléments physiques, ou "objets", ainsi que sur les échanges physiques entre sphères, l'autre sur les acteurs intervenant dans chaque sphère, ou "sujets", ainsi que sur les échanges d'information.
Deux options de prise en compte de ces flux sont possibles. La première,
correspondant à la figure 8, conduit à faire figurer dans
ces flux les conséquences de l'activité de la sphère
correspondante.

En effet, si l'on reprend l'un des exemples précédents, lorsqu'un particulier mange des champignons, cette activité correspond à un prélèvement de ces champignons dans l'environnement (apparaissant dans le flux "environnement vie sociale"). Mais si ces champignons ont été achetés, et non pas ramassés directement, ce prélèvement est alors également comptabilisé dans le flux "environnement économie", puisqu'une entreprise s'est chargée de l'activité de ramassage des champignons.
En fait, ce choix de comptabilité des flux n'est approprié que si l'on considère les sphères et leurs échanges deux à deux, mais ne parait pas adapté à une représentation globale.
Si l'on souhaite réaliser une comptabilité globale des prélèvements et rejets, il est préférable d'adopter par la suite un autre type de représentation, qui s'attache à la réalité économique des échanges.
Dans ce deuxième cas, le flux entre la vie sociale et l'environnement se limite à l'occupation d'espace, à la "consommation" d'air, aux prélèvements directs et rejets non contrôlés.
En effet, les particuliers ne prélèvent pas directement
l'eau à la source, ni les matières premières dans
l'environnement, disposent rarement de leur propre source d'énergie,
et ne vont pas eux-mêmes mettre leurs déchets en décharge.
La fourniture d'eau, de matière, d'énergie, la collecte des
déchets, la dépollution de certains rejets sont assurés
par des entreprises spécialisées qui facturent ces services.
Les flux représentant la consommation d'eau, de matière,
d'énergie ou le retour des rejets et déchets sont alors comptabilisés
au niveau de la sphère économie, et s'ajoutent en fait à
ceux échangés entre l'économie et l'environnement.
On observe alors les flux représentés figure 9.

Cette représentation, si elle permet une affectation réelle des flux physiques, ne résout en rien le problème de l'affectation des responsabilités associées à ces flux physiques. Les Ordures Ménagères sont collectées et traitées par des entreprises, qui se voient donc affectées le transfert du flux physique "OM" vers l'environnement dans notre deuxième convention de représentation. Cependant, qui est responsable de ces OM ? Les entreprises qui les traitent ? Les ménages qui les produisent ? Les entreprises qui ont fabriqué les produits à l'origine de ces OM ?
En fait, chaque élément de cette chaîne "producteur - consommateur - éliminateur" est responsable à son niveau : si un flux physique peut n'être imputé qu'à son dernier "propriétaire" avant retour à l'environnement, la responsabilité de ce flux est répartie sur l'ensemble des éléments du système.
Ces flux sont susceptibles de modifier l'état des milieux concernés, - eau, air, sols...-, et donc d'avoir un impact sur l'environnement. Ce sont des facteurs d'impact. Nous allons dans un premier temps définir ces différents termes, qui seront constamment employés. Nous nous attacherons ensuite à inventorier les principaux problèmes environnementaux auxquels on s'intéresse aujourd'hui, ainsi que leur lien avec l'activité humaine.
P. Rousseaux [ROUSSEAUX 93] définit un effet comme le résultat d'une action sur une cible : une substance (a) a un effet potentiel sur une cible, effet qui se réalisera si (a) rencontre la cible. L'impact de (a) sur la cible correspond aux effets observés après la rencontre, en comparant l'état initial et l'état final de la cible. La substance (a) est un facteur d'impact, car connue pour son implication dans l'effet potentiel considéré.
La distinction entre effet, impact, et facteur d'impact est également abordée par E. Labouze [LABOUZE 95] :
"L'effet est un événement qui est la conséquence objective de l'action envisagée. L'impact est la transposition subjective de cet événement sur une échelle de valeur ; il est le résultat d'une comparaison entre deux états, un état de référence et un état qui résulte de l'action envisagée.

Un exemple plus proche de l'environnement industriel proposé
en figure 11 : un rejet industriel de dioxyde de soufre est un facteur
d'impact qui, s'il atteint la cible qu'est la population susceptible d'inhaler
ce polluant, peut déclencher sur cette population un effet, les
maladies pulmonaires, l'impact étant alors l'augmentation du taux
des maladies pulmonaires due à la présence du polluant.

Le comité technique 207 de l'ISO, chargé de la normalisation environnementale, fait également la distinction entre impact et facteur d'impact, en définissant :
- l'impact environnemental comme "toute modification sur l'environnement, négative ou bénéfique, résultant totalement ou partiellement des activités, produits ou services d'un organisme" [ISO 96-1],
- l'aspect environnemental comme "élément des activités, produits ou services d'un organisme susceptible d'interagir avec l'environnement (un aspect environnemental significatif est un aspect environnemental qui a ou peut avoir un impact environnemental significatif )" [ISO 96-1].
On remarque que le terme "aspect environnemental" utilisé par
l'ISO correspond au terme "facteur d'impact" jusqu'alors employé.
Nous conserverons par la suite ce dernier terme, qui nous paraît
plus explicite.
Plusieurs listes et classifications de ces thèmes coexistent. Nous présentons ici la liste de thèmes adoptée par l'IFEN dans le cadre du rapport sur les performances environnementales de la France [IFEN 97], déclinaison nationale des travaux internationaux de l'OCDE sur la performance environnementale des pays, et une liste utilisée dans le cadre des ACV.
L'IFEN adopte une classification des thèmes environnementaux croisée, à la fois par milieu (air, eau sol...) et par "flux" (déchets, nuisances, ressources...) [IFEN 97] :
L'approche de l'IFEN, très complète, associe à chaque thème environnemental les facteurs d'impact considérés comme responsables, ainsi que, dans certains cas, les sources identifiées de ces facteurs d'impact (tableau 2).
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| Changement climatique | vapeur d'eau,CO2, CH4, N2O + CFC, O3 (précurseurs NOX, COV) | CO2 : déforestation, combustion de
combustibles fossiles
CH4 : fermentation, combustion N2O : procédés industriels, activité agricole |
| Appauvrissement de la couche d'ozone | CFC, HCFC, halons | CFC : aérosols, réfrigérateurs,
agents moussants/nettoyants
halons : agents d'extinction |
| Pollution acide | SO2, NO, NO2,NH3, HCl | SO2 : combustion de combustibles fossiles
(41% industriel)
NOx : transport, centrales thermiques, combustion industrielle NH3 : activité agricole |
| Pollution del'air par l'ozone troposphérique | O3, (précurseurs NOx; COV : CH4, CO... ; COVNM : phénols, benzène, CCl4,CFC, PCB...) | NOx : transport, centrales thermiques,combustion
industrielle
CH4 : fermentation, combustion COVNM : source naturelle, transport, utilisation de solvant (23,2%) |
| Pollution del'air par le dioxyde de soufre et les particules en suspension | SO2, particules | particules : procédés industriels (44%),
transport routier
SO2 : combustion de combustibles fossiles (41% industriel) |
| Pollution de l'air par le plomb | Pb | industrie des métaux non ferreux, circulation automobile |
| Pollution de l'air par les oxydes d'azote et le monoxyde de carbone | CO, NO2 | NOx : transport routier (68%)
CO : transport routier (60%) |
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| Pollution des eaux d'origine agricole : les nitrates | nitrates, phosphates | activités agricoles |
| Pollution des eaux d'origine agricole : lesproduits phytosanitaires | plus de 500 substances actives | activité agricole (lutte contre les parasites) |
| Assainissement et épuration des collectivités locales | degré d'épuration des MO, MES, MA, MP | Eaux usées domestiques, rejets industriels, eaux pluviales |
| Pollution industrielle des eaux | rejets industriels : MO, MES, MA, MP,polluants toxiques | activité industrielle
MO : agro-alimentaire (45%) toxique : chimie (45%), traitement de surface(40%) |
| Qualité des eaux destinées à la consommation humaine | contamination microbiologique, toxique | plomb : canalisations en plomb nitrates : activité agricole |
| Qualité des eaux de baignade | contamination microbiologique | eaux usées et pluviales non traitées activité agricole |
| Qualité globale des cours d'eau |
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| Qualité des eaux marines | contamination chimique (métaux, DDT, lindane, ...), microbiologique, phytotoxines |
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| Sites et sols pollués | substances polluantes | activités anthropiques |
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| Biodiversité | tous rejets, destruction des habitats, sélection des races et cultures | activités anthropiques,élevage et agriculture |
| Protection du territoire |
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| Paysage et ville | réseaux électriques, chartes pour l'environnement |
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| Valorisation des déchets ménagers et assimilés | déchets ménagers et assimilés, boues d'épuration | collectivités,entreprises |
| Récupération et recyclage | papier-carton, verre,huiles usagées | ménages,entreprises |
| Évolution de la gestion des déchets | OM, DIB, DIS | collectivités, entreprises |
| Gestion du combustible nucléaire irradié | combustible nucléaire irradié | centrales nucléaires |
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| Bruit lié au transport | bruit lié au transport | transport aérien et terrestre |
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| Prévention des risques naturels | risques naturels |
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| Risques technologiques | explosion, incendie, pollution accidentelle | sites industriels |
| Sûreté nucléaire | accidents, incidents,pollution accidentelle | activités nucléaires |
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| Ressource en eau | précipitation, prélèvement | refroidissement des centrales thermiques (60%), prélèvements industriels (12%), irrigation (12,5%) |
| Ressources liées aux sols et aux sous-sols | extraction granulats, métaux | exploitation des carrières, mines |
| Ressources en bois | prélèvement de bois |
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| Énergies renouvelables | énergie hydroélectrique, biomasse / déchets, solaire, éolien, géothermique | barrages, déchets urbains,biocarburants... |
Les thèmes abordés dans les deux approches précédentes correspondent aux problèmes environnementaux liés à l'ensemble de l'activité humaine. Nous construisons notre propre liste de thèmes et de facteurs d'impact pertinents vis-à-vis de l'activité industrielle, en croisant l'approche "procédé" et les thèmes environnementaux globaux. Ainsi, nous ne retenons pas les thèmes qui ne concernent pas directement l'activité industrielle, ou que nous considérons comme marginaux dans ce cadre. Sont ainsi écartés :
Le tableau 3 présente les différents thèmes environnementaux que nous avons considérés, répartis suivant trois catégories, - prélèvements, rejets et nuisances -, ainsi que leur correspondance en terme de facteurs d'impact industriels. Le thème "Risque" est pour sa part classé séparément, dans la mesure où il concerne une probabilité d'impact et non un impact effectif.
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| Ressources en eau |
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Consommation en eau |
| Ressources liées aux sols et aux sous-sols : Épuisement des ressources non renouvelables non recyclables (matières fossiles et fissibles) |
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Consommation énergétique(gaz, fuel, charbon, électricité...) |
| Ressources liées aux sols et aux sous-sols : Épuisement des ressources non renouvelables recyclables (matières minérales) |
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Consommation en matières minérales |
| Ressources renouvelables (biomasse) |
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Consommation en matières premières |
| Ressources renouvelables : énergies renouvelables |
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Consommation en énergie renouvelable |
| Espace |
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Occupation d'espace par le site |
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| Changement climatique |
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Rejets atmosphériques en gaz à effet de serre (H2Ovap, CO2, CH4, N2O, CFC, O3, + précurseurs NOx COV, PAN...) |
| Appauvrissement de la couche d'ozone |
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Rejets atmosphériques en gaz réducteurs de l'ozone (CH4, NOx, CFC, HCFC, halons...) |
| Contamination toxique de l'air |
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Rejets atmosphériques de polluants toxiques |
| Acidification |
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Rejets atmosphériques de composés acides (SO2, NOx, NH3, HCl...) |
| Formation de photooxydants |
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Rejets de précurseurs de O3 : NOx; COV : CH4, CO... ; COVNM : phénols, benzène, CCl4, CFC, PCB...) |
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| Contamination toxique de l'eau et du sol |
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Rejets liquides de polluants toxiques |
| Eutrophisation |
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Rejets liquides en composés azotés,phosphorés, et matières organiques |
| Pollution thermique |
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Température des rejets liquides |
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| Filières de traitement des déchets (mise en décharge, valorisation, récupération et recyclage) |
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DI, DIB, DIS, DU, emballages |
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| Bruit / vibrations |
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Émissions de bruit / vibrations |
| Odeurs |
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Émission d'odeur (rejets atmosphériques ou liquides) |
| Dégradation des paysages |
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Intégration dans le paysage |
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| Risques naturels |
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Prise en compte du risque(installations, matières premières, produits) |
| Risques technologiques :explosion, incendie |
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| Risques technologiques : pollution accidentelle |
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Le lien entre facteur d'impact et impact est nécessaire pour hiérarchiser l'importance à accorder aux différents facteurs d'impact en fonction de la gravité des impacts associés. On peut cependant noter le problème que pose la prise en compte des interactions entre plusieurs facteurs d'impact, qui peuvent agir en antagonisme ou en synergie sur un même impact, avoir des temps de séjour différents... Le lien entre facteur d'impact et impact est également indispensable pour faire le lien entre les préoccupations au niveau de la sphère économique (maîtrise des flux) et celle des pouvoirs publics (réduction des impacts).

Les acteurs représentés dans chaque sphère sont ceux qui jouent un rôle dans les relations société - environnement. Les élus et l'état, relayés pour l'application des décisions par l'administration, occupent une position centrale. Ils sont chargés de gérer le fonctionnement de l'ensemble du système reliant les trois sphères, en intervenant sur le fonctionnement interne de chaque sphère, ainsi que sur les flux échangés. Ils appartiennent en fait au système de décision chargé de réguler le système opérant, c'est à dire les trois sphères en interaction. Leur rôle particulier sera détaillé par la suite.
Entre les domaines "vie sociale" et "économie", les échanges portent essentiellement sur le marché des biens et services : la partie physique en est évoquée dans la figure 8, l'autre partie porte sur les échanges d'informations, surtout liés à l'acte d'achat/vente. La communication des entreprises vers la sphère "vie sociale" vise généralement à augmenter les ventes ou part de marché (et par là même les bénéfices). Un exemple simple de cette communication est la publicité. Le retour d'information de la sphère "vie sociale", lui, peut porter sur la qualité des biens et services, mais aussi sur des sujets très différents, comme la pollution locale due à une entreprise. L'acte d'achat peut alors être utilisé comme moyen de pression sur l'entreprise.
Les flux d'informations sur l'environnement sont eux moins spontanés et, surtout, unilatéraux. L'environnement ne comporte pas de sujets avec qui échanger des informations et on n'a donc pas de communication volontaire entre l'environnement et la société.
La plus grande partie de cette information est inconsciente et subjective, fournie aux sujets de la société par l'intermédiaire de leurs perceptions visuelles, olfactives, gustatives... Ils perçoivent des nuisances perturbatrices de leur qualité de vie.
Cependant, une relation spécifique d'observation et d'étude de l'environnement est assurée par certains sujets de la société, qui sont donc dans ce cas représentés dans la sphère environnement, en tant que vecteurs de l'information sur l'environnement. Ils estiment l'état de l'environnement, mettent en évidence les dysfonctionnements et, si possible, leurs causes, et éventuellement proposent des possibilités de réponses.
C'est le cas des scientifiques et spécialistes de l'environnement, qui observent et étudient l'environnement. La conception de l'environnement parait dans ce cas plutôt technocentrique, l'environnement étant considéré comme un objet complexe dont on tente de comprendre les mécanismes de fonctionnement.
Les associations de protection de l'environnement jouent elles aussi un rôle important, en mettant souvent en évidence des thèmes et problèmes qu'il est nécessaire d'aborder. Leur conception de l'environnement parait plutôt biocentrique.
Sans entrer dans un débat qui ne nous intéresse pas ici directement, on peut soulever quelques points posant problème par rapport à la représentation de l'environnement par des sujets de la société :
La combinaison des deux représentations, éléments physiques et acteurs, permet d'avoir une vision simplifiée du fonctionnement des trois sphères. Nous allons maintenant nous pencher plus précisément sur la régulation de ce fonctionnement, en précisant le rôle central du processus de décision. Nous introduirons pour cela les notions systémiques de système d'information et de système de décision, qui permettent la régulation du système opérant que sont les trois sphères en interaction.
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