1.2 Représentation du système société - environnement

1.2.1 Les trois sphères : vie sociale, économie et environnement

1.2.1.1 Activité économique et vie sociale

On peut représenter la société comme la réunion de deux sous-ensembles couvrant des champs d'activités distincts. L'un est représentatif de l'activité de production des entreprises (à travers le terme "entreprise", nous considérons les organes de la société qui permettent la production de biens et de services monnayables). C'est la sphère "économie", dans laquelle sont présents des éléments producteurs. Ces éléments producteurs peuvent être définis à différents niveaux selon l'échelle considérée : L'autre sous-ensemble est représentatif de l'activité quotidienne civile de l'ensemble des citoyens (vie sociale, consommation). C'est la sphère que nous nommerons "vie sociale", composée d'éléments ayant une activité non productive (au sens économique du terme)... On peut de la même façon définir les éléments selon plusieurs niveaux : Un domaine est commun à ces deux sphères, domaine dans lequel les éléments (sujets ou objets) des deux domaines d'activités sont confondus. C'est le cas pour la majorité des sujets : un ouvrier, producteur dans la sphère économique, est citoyen dans la sphère civile. De même, si l'on s'intéresse aux objets physiques associés à ces deux sphères (villes, usines, routes...), on se rend compte qu'il est difficile de placer certains dans une sphère plutôt que dans l'autre. Ainsi, les infrastructures de transport sont utilisées de façon commune dans le fonctionnement de la vie sociale et de l'économie. Elles appartiennent donc au domaine intersection. La figure 4 représente ces sous-ensembles. 


figure 4. Vie sociale et économie.

1.2.1.2 Introduction de la relation à l'environnement

Lorsque l'on complète le système par l'ajout de la sphère "environnement", on arrive à la représentation de la figure 5.

L'environnement peut lui aussi être considéré selon plusieurs niveaux, traduisant son aspect multidimensionnel :

Une liste des relations à l'environnement, établie par J.F Becharies [BECHARIES 93] fait apparaître :

figure 5. Vie sociale, économie et environnement.

On observe de nouveaux domaines intersections dans lesquels figurent les éléments naturels artificialisés qu'il est difficile de classer exclusivement dans une sphère. Ainsi, dans le domaine commun vie sociale/environnement, on trouvera par exemple des éléments de l'environnement urbain ou touristique (espaces verts, lacs artificiels, chemins de randonnée...). Dans le domaine commun économie/environnement, on peut trouver des éléments de l'environnement "domestiqués" pour exploitation (champs cultivés, plantation de forêts pour l'exploitation du bois, élevages...).

Cette représentation des trois sphères est notamment utilisée pour situer le champ du développement durable. Le champ de la réflexion sur ce thème, consistant à trouver une stratégie gagnante pour chacun des domaines, - social, économique, environnement -, se trouve de fait dans la zone intersection des trois sphères (figure 6) [MIN.ENV 97-3, BRODHAG 97, BARTELMUS 97].


figure 6. Champ du développement durable

La représentation des sphères interconnectées a l'avantage de faire apparaître les articulations entre chaque domaine, mais se révèle d'un usage assez lourd. Par la suite, on représentera donc ces sphères séparément, tout en sachant qu'une certaine marge de superposition existe entre elles.

On aboutit donc à un système composé de deux domaines principaux, société et environnement, que l'on représente en fait par trois sphères : vie sociale, économie et environnement. L'adoption d'une représentation éclatée de ces trois sphères permet de faire apparaître plus clairement les flux échangés entre elles (figure 7).

figure 7. Les trois sphères.

Les trois éléments principaux de cette représentation (symbolisés par les sphères) se définissent par leur champ, c'est à dire les limites de l'ensemble qu'ils symbolisent et par leurs flux, intrants ou extrants, traduisant les échanges avec les autres éléments du système.

On peut remarquer que chaque sphère suit sa logique interne, et se rapproche d'une conception de l'environnement correspondante. Ainsi, la sphère "vie sociale" adoptera plutôt une conception biocentrique car la perception de dépendance vis-à-vis de l'environnement y est plus forte. Par contre, la sphère "économie" adoptera plutôt une conception anthropocentrique, car l'environnement y est essentiellement considéré comme une ressource de matière et d'espace, et un puits d'élimination des déchets, sans contrainte directement apparente.

La conception "technocentrique" correspond donc à un niveau global de représentation, incluant les autres conceptions, qui apparaissent plus ou moins prépondérantes selon le domaine ou l'on se place.

Sur la base de cette représentation globale, on peut détailler deux points de vue complémentaires : l'un porte sur les éléments physiques, ou "objets", ainsi que sur les échanges physiques entre sphères, l'autre sur les acteurs intervenant dans chaque sphère, ou "sujets", ainsi que sur les échanges d'information.

1.2.1.3 Les objets

On peut donc tout d'abord représenter les objets, éléments physiques de chaque sphère, ainsi que la nature des flux physiques échangés (figure 8, figure 9).

Deux options de prise en compte de ces flux sont possibles. La première, correspondant à la figure 8, conduit à faire figurer dans ces flux les conséquences de l'activité de la sphère correspondante. 



figure 8. Les éléments physiques des trois sphères (1)
Ces flux comptabilisent aussi bien les prélèvements indirects et les rejets contrôlés que les prélèvements directs et les rejets incontrôlés : par exemple, l'activité "manger des champignons" peut se traduire par un prélèvement direct "ramasser des champignons" ou indirect "acheter des champignons". De la même façon, le rejet d'un déchet quelconque peut être non contrôlé (l'automobiliste qui jette un papier par la fenêtre de sa voiture, papier qui se dégradera dans le milieu) ou contrôlé (l'automobiliste qui jette un papier dans une poubelle de bord de route, papier qui sera collecté et dirigé vers une filière de traitement ou d'élimination). Ce choix de comptabilité des flux, en fonction de l'activité de chaque sphère, présente un défaut important : il est inadapté à la représentation globale du système des trois sphères, car il peut conduire à prendre en compte deux fois un même prélèvement ou rejet.

En effet, si l'on reprend l'un des exemples précédents, lorsqu'un particulier mange des champignons, cette activité correspond à un prélèvement de ces champignons dans l'environnement (apparaissant dans le flux "environnement vie sociale"). Mais si ces champignons ont été achetés, et non pas ramassés directement, ce prélèvement est alors également comptabilisé dans le flux "environnement économie", puisqu'une entreprise s'est chargée de l'activité de ramassage des champignons.

En fait, ce choix de comptabilité des flux n'est approprié que si l'on considère les sphères et leurs échanges deux à deux, mais ne parait pas adapté à une représentation globale.

Si l'on souhaite réaliser une comptabilité globale des prélèvements et rejets, il est préférable d'adopter par la suite un autre type de représentation, qui s'attache à la réalité économique des échanges.

Dans ce deuxième cas, le flux entre la vie sociale et l'environnement se limite à l'occupation d'espace, à la "consommation" d'air, aux prélèvements directs et rejets non contrôlés.

En effet, les particuliers ne prélèvent pas directement l'eau à la source, ni les matières premières dans l'environnement, disposent rarement de leur propre source d'énergie, et ne vont pas eux-mêmes mettre leurs déchets en décharge. La fourniture d'eau, de matière, d'énergie, la collecte des déchets, la dépollution de certains rejets sont assurés par des entreprises spécialisées qui facturent ces services. Les flux représentant la consommation d'eau, de matière, d'énergie ou le retour des rejets et déchets sont alors comptabilisés au niveau de la sphère économie, et s'ajoutent en fait à ceux échangés entre l'économie et l'environnement. On observe alors les flux représentés figure 9. 


figure 9. Les éléments physiques des trois sphères (2)

Cette représentation, si elle permet une affectation réelle des flux physiques, ne résout en rien le problème de l'affectation des responsabilités associées à ces flux physiques. Les Ordures Ménagères sont collectées et traitées par des entreprises, qui se voient donc affectées le transfert du flux physique "OM" vers l'environnement dans notre deuxième convention de représentation. Cependant, qui est responsable de ces OM ? Les entreprises qui les traitent ? Les ménages qui les produisent ? Les entreprises qui ont fabriqué les produits à l'origine de ces OM ?

En fait, chaque élément de cette chaîne "producteur - consommateur - éliminateur" est responsable à son niveau : si un flux physique peut n'être imputé qu'à son dernier "propriétaire" avant retour à l'environnement, la responsabilité de ce flux est répartie sur l'ensemble des éléments du système.

Ces flux sont susceptibles de modifier l'état des milieux concernés, - eau, air, sols...-, et donc d'avoir un impact sur l'environnement. Ce sont des facteurs d'impact. Nous allons dans un premier temps définir ces différents termes, qui seront constamment employés. Nous nous attacherons ensuite à inventorier les principaux problèmes environnementaux auxquels on s'intéresse aujourd'hui, ainsi que leur lien avec l'activité humaine.

1.2.1.4 Les échanges de flux : des facteurs d'impact sur l'environnement

Facteur d'impact, effet et impact

P. Rousseaux [ROUSSEAUX 93] définit un effet comme le résultat d'une action sur une cible : une substance (a) a un effet potentiel sur une cible, effet qui se réalisera si (a) rencontre la cible. L'impact de (a) sur la cible correspond aux effets observés après la rencontre, en comparant l'état initial et l'état final de la cible. La substance (a) est un facteur d'impact, car connue pour son implication dans l'effet potentiel considéré.

La distinction entre effet, impact, et facteur d'impact est également abordée par E. Labouze [LABOUZE 95] :

"L'effet est un événement qui est la conséquence objective de l'action envisagée. L'impact est la transposition subjective de cet événement sur une échelle de valeur ; il est le résultat d'une comparaison entre deux états, un état de référence et un état qui résulte de l'action envisagée.

La figure 10 donne un exemple simple illustrant ces différents termes : les gouttes de pluies sont des facteurs d'impact pouvant entraîner l'effet potentiel "croissance de la plante" si la cible "plante" est atteinte. L'impact des gouttes de pluie sur la plante est alors la variation de taille de la plante due à son arrosage par les gouttes de pluie. 


figure 10. Facteur d'impact, effet potentiel et impact : illustration

Un exemple plus proche de l'environnement industriel proposé en figure 11 : un rejet industriel de dioxyde de soufre est un facteur d'impact qui, s'il atteint la cible qu'est la population susceptible d'inhaler ce polluant, peut déclencher sur cette population un effet, les maladies pulmonaires, l'impact étant alors l'augmentation du taux des maladies pulmonaires due à la présence du polluant. 



figure 11. Facteur d'impact, effet et impact : illustration en pollution atmosphérique

Le comité technique 207 de l'ISO, chargé de la normalisation environnementale, fait également la distinction entre impact et facteur d'impact, en définissant :

- l'impact environnemental comme "toute modification sur l'environnement, négative ou bénéfique, résultant totalement ou partiellement des activités, produits ou services d'un organisme" [ISO 96-1],

- l'aspect environnemental comme "élément des activités, produits ou services d'un organisme susceptible d'interagir avec l'environnement (un aspect environnemental significatif est un aspect environnemental qui a ou peut avoir un impact environnemental significatif )" [ISO 96-1].

On remarque que le terme "aspect environnemental" utilisé par l'ISO correspond au terme "facteur d'impact" jusqu'alors employé. Nous conserverons par la suite ce dernier terme, qui nous paraît plus explicite. 


Problèmes environnementaux


Plusieurs listes et classifications de ces thèmes coexistent. Nous présentons ici la liste de thèmes adoptée par l'IFEN dans le cadre du rapport sur les performances environnementales de la France [IFEN 97], déclinaison nationale des travaux internationaux de l'OCDE sur la performance environnementale des pays, et une liste utilisée dans le cadre des ACV.

L'IFEN adopte une classification des thèmes environnementaux croisée, à la fois par milieu (air, eau sol...) et par "flux" (déchets, nuisances, ressources...) [IFEN 97] :

Dans le cadre de l'évaluation des impacts environnementaux dans les méthodes d'Analyse de Cycle de Vie, on trouve une classification en fonction des contributions des entrants et sortants d'un système [ROUSSEAUX 93] : Le choix des structures de classification témoigne de visions totalement différentes : la première se situe plutôt dans une approche biocentrique, - à partir d'un milieu physique, on évalue les pressions que l'homme exerce sur ce milieu -, tandis que la seconde est plutôt anthropocentrique, - à partir de l'activité d'un système, et on évalue les conséquences de cette activité sur les différents milieux -. L'approche ACV est plus proche de la vision de l'entreprise, rattachant un impact aux entrants ou sortants du système à l'origine de l'impact. L'approche de l'IFEN est plus proche de celle que peuvent adopter les pouvoirs publics, marquée par la gestion des problèmes environnementaux à l'échelle nationale. Ces deux approches ne sont pas contradictoires mais complémentaires.


Facteurs d'impact associés aux thèmes environnementaux


L'approche de l'IFEN, très complète, associe à chaque thème environnemental les facteurs d'impact considérés comme responsables, ainsi que, dans certains cas, les sources identifiées de ces facteurs d'impact (tableau 2).

 Air
 thème
 facteur d'impact
 source
Changement climatique vapeur d'eau,CO2, CH4, N2O + CFC, O3 (précurseurs NOX, COV) CO2 : déforestation, combustion de combustibles fossiles  
CH4 : fermentation, combustion  
N2O : procédés industriels, activité agricole
Appauvrissement de la couche d'ozone CFC, HCFC, halons CFC : aérosols, réfrigérateurs, agents moussants/nettoyants  
halons : agents d'extinction
Pollution acide SO2, NO, NO2,NH3, HCl SO2 : combustion de combustibles fossiles (41% industriel)  
NOx : transport, centrales thermiques, combustion industrielle  
NH3 : activité agricole
Pollution del'air par l'ozone troposphérique O3, (précurseurs NOx; COV : CH4, CO... ; COVNM : phénols, benzène, CCl4,CFC, PCB...)  NOx : transport, centrales thermiques,combustion industrielle  
CH4 : fermentation, combustion COVNM : source naturelle, transport, utilisation de solvant (23,2%)
Pollution del'air par le dioxyde de soufre et les particules en suspension SO2, particules particules : procédés industriels (44%), transport routier  
SO2 : combustion de combustibles fossiles (41% industriel)
Pollution de l'air par le plomb Pb industrie des métaux non ferreux, circulation automobile
Pollution de l'air par les oxydes d'azote et le monoxyde de carbone CO, NO2 NOx : transport routier (68%)  
CO : transport routier (60%)
 
 Eau
 thème
 facteur d'impact
 source
Pollution des eaux d'origine agricole : les nitrates  nitrates, phosphates  activités agricoles
Pollution des eaux d'origine agricole : lesproduits phytosanitaires  plus de 500 substances actives activité agricole (lutte contre les parasites)
 Assainissement et épuration des collectivités locales  degré d'épuration des MO, MES, MA, MP  Eaux usées domestiques, rejets industriels, eaux pluviales
 Pollution industrielle des eaux  rejets industriels : MO, MES, MA, MP,polluants toxiques activité industrielle  
MO : agro-alimentaire (45%)  
toxique : chimie (45%), traitement de surface(40%)
 Qualité des eaux destinées à la consommation humaine  contamination microbiologique, toxique  plomb : canalisations en plomb nitrates : activité agricole
 Qualité des eaux de baignade  contamination microbiologique eaux usées et pluviales non traitées activité agricole
 Qualité globale des cours d'eau
 -
 -
 Qualité des eaux marines  contamination chimique (métaux, DDT, lindane, ...), microbiologique, phytotoxines
  -
 
 Sol
 thème 
 facteur d'impact
  source 
 Sites et sols pollués   substances polluantes  activités anthropiques
 
 Nature, biodiversité et paysage
 thème
 facteur d'impact
 source
 Biodiversité  tous rejets, destruction des habitats, sélection des races et cultures  activités anthropiques,élevage et agriculture
 Protection du territoire
 -
 -
 Paysage et ville  réseaux électriques, chartes pour l'environnement
 -
 
 Déchets
 Thème
 facteur d'impact
 source
 Valorisation des déchets ménagers et assimilés  déchets ménagers et assimilés, boues d'épuration  collectivités,entreprises
 Récupération et recyclage  papier-carton, verre,huiles usagées  ménages,entreprises
 Évolution de la gestion des déchets  OM, DIB, DIS  collectivités, entreprises
 Gestion du combustible nucléaire irradié  combustible nucléaire irradié  centrales nucléaires
 
 Bruit
 thème
 facteur d'impact
 source 
 Bruit lié au transport  bruit lié au transport  transport aérien et terrestre
 
 Risque
 thème
 facteur d'impact
source 
 Prévention des risques naturels  risques naturels
 -
 Risques technologiques  explosion, incendie, pollution accidentelle   sites industriels
 Sûreté nucléaire  accidents, incidents,pollution accidentelle   activités nucléaires
 
 Ressources naturelles
 thème
 facteur d'impact
source 
 Ressource en eau  précipitation, prélèvement  refroidissement des centrales thermiques (60%), prélèvements industriels (12%), irrigation (12,5%)
Ressources liées aux sols et aux sous-sols  extraction granulats, métaux  exploitation des carrières, mines
 Ressources en bois  prélèvement de bois
bois d'œuvre (46%), d'industrie (23%), de feu (31%) 
 Énergies renouvelables  énergie hydroélectrique, biomasse / déchets, solaire, éolien, géothermique  barrages, déchets urbains,biocarburants...


tableau 2. Synthèse des thèmes environnementaux, facteurs d'impact et sources abordés dans "Indicateurs de performance environnementale de la France" de l'IFEN [IFEN 97


Thèmes environnementaux et facteurs d'impact dus à l'activité industrielle


Les thèmes abordés dans les deux approches précédentes correspondent aux problèmes environnementaux liés à l'ensemble de l'activité humaine. Nous construisons notre propre liste de thèmes et de facteurs d'impact pertinents vis-à-vis de l'activité industrielle, en croisant l'approche "procédé" et les thèmes environnementaux globaux. Ainsi, nous ne retenons pas les thèmes qui ne concernent pas directement l'activité industrielle, ou que nous considérons comme marginaux dans ce cadre. Sont ainsi écartés :

Pour constituer notre liste, nous adoptons une classification proche de celle de l'ACV qui, en considérant les entrants et extrants d'un système, nous paraît la plus adaptée à la représentation des facteurs d'impact et impacts dus à l'activité industrielle. Nous mentionnons également le milieu lié à chaque thème environnemental.

Le tableau 3 présente les différents thèmes environnementaux que nous avons considérés, répartis suivant trois catégories, - prélèvements, rejets et nuisances -, ainsi que leur correspondance en terme de facteurs d'impact industriels. Le thème "Risque" est pour sa part classé séparément, dans la mesure où il concerne une probabilité d'impact et non un impact effectif.

 

 Thèmes environnementaux
 Milieux concernés
 Facteurs d'impact industriels
   Prélèvements
 Ressources en eau
 Eau
 Consommation en eau
 Ressources liées aux sols et aux sous-sols : Épuisement des ressources non renouvelables non recyclables (matières fossiles et fissibles)
 Ressources
Sol
Consommation énergétique(gaz, fuel, charbon, électricité...)
 Ressources liées aux sols et aux sous-sols : Épuisement des ressources non renouvelables recyclables (matières minérales)
 Ressources
Sol
 Consommation en matières minérales
Ressources renouvelables (biomasse)
Ressources renouvelables Sol
Consommation en matières premières
Ressources renouvelables : énergies renouvelables
 Ressources
Sol
Consommation en énergie renouvelable
 Espace
 Sol
 Occupation d'espace par le site
 Rejets
  Rejets atmosphériques
 Changement climatique
 Air
 Rejets atmosphériques en gaz à effet de serre (H2Ovap, CO2, CH4, N2O, CFC, O3, + précurseurs NOx COV, PAN...)
 Appauvrissement de la couche d'ozone
 Air
 Rejets atmosphériques en gaz réducteurs de l'ozone (CH4, NOx, CFC, HCFC, halons...)
 Contamination toxique de l'air
 Air
 Rejets atmosphériques de polluants toxiques
 Acidification
 Air
 Rejets atmosphériques de composés acides (SO2, NOx, NH3, HCl...)
 Formation de photooxydants
  Air
 Rejets de précurseurs de O3 : NOx; COV : CH4, CO... ; COVNM : phénols, benzène, CCl4, CFC, PCB...)
 Rejets liquides
 Contamination toxique de l'eau et du sol
 Eau, Sol
 Rejets liquides de polluants toxiques
Eutrophisation
 Eau
 Rejets liquides en composés azotés,phosphorés, et matières organiques
 Pollution thermique
Eau 
 Température des rejets liquides
   Déchets
 Filières de traitement des déchets (mise en décharge, valorisation, récupération et recyclage)
 Sol, Eau
 DI, DIB, DIS, DU, emballages
   Nuisances
 Bruit / vibrations
 Air
 Émissions de bruit / vibrations
 Odeurs
 Air
 Émission d'odeur (rejets atmosphériques ou liquides)
 Dégradation des paysages
  Sol
  Intégration dans le paysage
   Risques
 Risques naturels
 -
 Prise en compte du risque(installations, matières premières, produits)
 Risques technologiques :explosion, incendie
  -
 Risques technologiques : pollution accidentelle
 -

tableau 3. Déclinaison des thèmes environnementaux en facteurs d'impact dans l'entreprise

Le lien entre facteur d'impact et impact est nécessaire pour hiérarchiser l'importance à accorder aux différents facteurs d'impact en fonction de la gravité des impacts associés. On peut cependant noter le problème que pose la prise en compte des interactions entre plusieurs facteurs d'impact, qui peuvent agir en antagonisme ou en synergie sur un même impact, avoir des temps de séjour différents... Le lien entre facteur d'impact et impact est également indispensable pour faire le lien entre les préoccupations au niveau de la sphère économique (maîtrise des flux) et celle des pouvoirs publics (réduction des impacts).

1.2.1.5 Les acteurs

Le deuxième point de vue, complémentaire du premier, porte sur les acteurs existants dans chaque sphère et les échanges d'information entre sphères (figure 12). Nous choisissons ici de représenter les acteurs dans les sphères pour lesquelles ils sont considérés comme vecteurs d'information. 


Figure 12. Les acteurs des trois sphères.

Les acteurs représentés dans chaque sphère sont ceux qui jouent un rôle dans les relations société - environnement. Les élus et l'état, relayés pour l'application des décisions par l'administration, occupent une position centrale. Ils sont chargés de gérer le fonctionnement de l'ensemble du système reliant les trois sphères, en intervenant sur le fonctionnement interne de chaque sphère, ainsi que sur les flux échangés. Ils appartiennent en fait au système de décision chargé de réguler le système opérant, c'est à dire les trois sphères en interaction. Leur rôle particulier sera détaillé par la suite.

Entre les domaines "vie sociale" et "économie", les échanges portent essentiellement sur le marché des biens et services : la partie physique en est évoquée dans la figure 8, l'autre partie porte sur les échanges d'informations, surtout liés à l'acte d'achat/vente. La communication des entreprises vers la sphère "vie sociale" vise généralement à augmenter les ventes ou part de marché (et par là même les bénéfices). Un exemple simple de cette communication est la publicité. Le retour d'information de la sphère "vie sociale", lui, peut porter sur la qualité des biens et services, mais aussi sur des sujets très différents, comme la pollution locale due à une entreprise. L'acte d'achat peut alors être utilisé comme moyen de pression sur l'entreprise.

Les flux d'informations sur l'environnement sont eux moins spontanés et, surtout, unilatéraux. L'environnement ne comporte pas de sujets avec qui échanger des informations et on n'a donc pas de communication volontaire entre l'environnement et la société.

La plus grande partie de cette information est inconsciente et subjective, fournie aux sujets de la société par l'intermédiaire de leurs perceptions visuelles, olfactives, gustatives... Ils perçoivent des nuisances perturbatrices de leur qualité de vie.

Cependant, une relation spécifique d'observation et d'étude de l'environnement est assurée par certains sujets de la société, qui sont donc dans ce cas représentés dans la sphère environnement, en tant que vecteurs de l'information sur l'environnement. Ils estiment l'état de l'environnement, mettent en évidence les dysfonctionnements et, si possible, leurs causes, et éventuellement proposent des possibilités de réponses.

C'est le cas des scientifiques et spécialistes de l'environnement, qui observent et étudient l'environnement. La conception de l'environnement parait dans ce cas plutôt technocentrique, l'environnement étant considéré comme un objet complexe dont on tente de comprendre les mécanismes de fonctionnement.

Les associations de protection de l'environnement jouent elles aussi un rôle important, en mettant souvent en évidence des thèmes et problèmes qu'il est nécessaire d'aborder. Leur conception de l'environnement parait plutôt biocentrique.

Sans entrer dans un débat qui ne nous intéresse pas ici directement, on peut soulever quelques points posant problème par rapport à la représentation de l'environnement par des sujets de la société :

Le transfert d'informations entre environnement et économie se fait lui aussi par des intermédiaires, qui sont plutôt impliqués dans une approche technique et locale (l'entreprise doit effectuer des mesures sur ses rejets ou sur son environnement proche pour vérifier le respect des limites autorisées). Ce n'est a priori pas son rôle d'entrer dans une démarche d'étude globale de l'environnement.

La combinaison des deux représentations, éléments physiques et acteurs, permet d'avoir une vision simplifiée du fonctionnement des trois sphères. Nous allons maintenant nous pencher plus précisément sur la régulation de ce fonctionnement, en précisant le rôle central du processus de décision. Nous introduirons pour cela les notions systémiques de système d'information et de système de décision, qui permettent la régulation du système opérant que sont les trois sphères en interaction.

 

 
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