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La
notion de désertification fait lobjet de compréhensions
diverses aujourdhui à travers le monde. Ceci peut sexpliquer
par la complexité du phénomène à la
fois naturel (lié aux phénomènes physiques)
et dordre anthropique, mais aussi du fait que, la désertification
en tant que phénomène «mondial »
connaît des manifestations différentes suivant les
zones écologiques.
En
dépit de cette diversité de points de vue qui caractérise
la notion de désertification, la définition qui est
aujourdhui reconnue et utilisée à léchelle
internationale est celle contenue dans la Convention Internationale
de Lutte contre la désertification (CCD) et adoptée
par la CNUED en 1992 à Rio de Janeiro : «Le terme
désertification désigne la dégradation des
terres dans les zones arides, semi arides et subhumides sèches
par suite de divers facteurs, parmi lesquels les variations climatiques
et les activités humaines ». Une définition
à laquelle le CILSS adhère entièrement en tant
que partie prenante au processus délaboration et dadoption
de cette convention en sa qualité dorganisme intergouvernemental
en charge de la lutte contre la sécheresse et la désertification
mandaté par ses pays membres sahéliens et de la CEDEAO.

Par
ailleurs, cette implication dans le processus délaboration
de la CCD et son expertise en matière de lutte contre la
désertification ont permis au CILSS de piloter le processus
délaboration des plans daction nationaux des
différents pays de lespace ouest africain à
travers le PASR/AO, dont il assure le secrétariat.
En
cette qualité et au moment où sopèrent
la mise en uvre des derniers PAN de pays (Guinée, Guinée
Bissau, Sierra Léone etc.) et lopérationnalisation
des PAN par leur traduction en programmes et projets concrets, il
savère nécessaire de rappeler et de préciser
certains faits, qui peuvent avoir des impacts sur les stratégies
de lutte engagées par les différents pays.
En cela, il nest
pas jamais trop de rappeler que :
Le
phénomène est souvent entendu comme un «processus »
c'est-à-dire un phénomène naturel marqué
par des changements réguliers aboutissant à un résultat
spécifique ou un « état » crée
par la dégradation des terres. Suivant que lon entend
la désertification comme lun ou lautre, les méthodes
de lutte vont varier. Pour le sahel, ladoption dune
approche intégrée et holistique simpose pour
prendre en compte à la fois les facteurs environnementaux
et humains de la désertification.
La
désertification peut être aussi réversible ou
irréversible. Tout dépend de létat de
dégradation des terres et la capacité de résilience
de milieux. Ceci appelle des pays sahéliens, une vigilance
dans lutilisation des terres à travers leurs différents
systèmes de production, dont beaucoup semblent incompatibles
avec les capacités de régénération des
milieux qui les supportent. Le tableau suivant donne les différents
stades de désertification :

Dans
le contexte sahélien, la désertification est indissociable
de la dégradation des terres définie comme « Toute
forme de détérioration des sols, qui altère
lécosystème ». De même, la
lutte contre la désertification (LCD) sassocie à
la Gestion durable des terres (GDT), qui dans le cadre de la CCD
consiste « à améliorer de manière
durable la productivité et lefficience des différentes
formes de capitaux (le capital naturel, le capital social, le capital
humain, le capital écologique, le capital culturel etc.).
En tant que phénomène
lié aux actions anthropiques (un état créé
par la dégradation des terres), les manifestations de la
désertification varient suivants les aires géographiques1.
Elle touche principalement (i) les zones pastorales se traduisant
par une dégradation de la végétation, une dégradation
des sols et une diminution de la régénération
des aquifères ; (ii) les zones de cultures pluviales
avec des manifestations physiques, chimiques et biologiques et enfin
(iii) les zones irriguées par les dégradations physiques
et la salinisation.
La lutte contre la
désertification requiert une synergie daction et un
partenariat entre les différents acteurs concernés
à lintérieur des pays et entre pays, ainsi quune
coopération internationale. La sensibilisation et la participation
des populations restent somme toutes les fondements de la réussite
dans la lutte contre la désertification. Les pays de lAfrique
de lOuest et du Sahel en particulier doivent faire de la lutte
contre la désertification/dégradation des terres une
priorité, car la terre demeure encore le premier facteur
de production.
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