NATIONS UNIES
CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Distr. LIMITEE FCCC/CP/1996/15/Add.1 29 octobre 1996
FRANCAIS
Original : ANGLAIS
CONFERENCE DES PARTIES
RAPPORT DE LA CONFERENCE DES PARTIES SUR LES TRAVAUX
DE SA DEUXIEME SESSION, TENUE A GENEVE, DU 8 AU 19 JUILLET 1996
Additif
DEUXIEME PARTIE : DECISIONS PRISES PAR LA CONFERENCE DES PARTIES
A SA DEUXIEME SESSION
Annexe
Déclaration ministérielle de Genève **/
Les ministres et les autres chefs de délégation présents
à la deuxième session
de la Conférence des Parties à la Convention-cadre
des Nations Unies sur les
changements climatiques,
Notant que la présente réunion au niveau ministériel
qu’ils tiennent dans le cadre de la Convention démontre leur intention
de continuer à jouer un rôle actif et constructif pour faire
face à la menace des changements climatiques,
1. Rappellent l’article 2 de la Convention; les principes énoncés
au paragraphe 1 de l’article 3 de la Convention à savoir, équité,
responsabilités communes mais différenciées et capacités
respectives; les dispositions du paragraphe 3 de l’article 3 relatives
aux mesures de précaution; ainsi que les priorités de développement,
les objectifs et les situations nationales et régionales particulières
des Parties à la Convention;
2. Considèrent que le deuxième rapport d’évaluation
du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(GIEC), auquel ils souscrivent, constitue actuellement l’analyse la plus
complète et la plus autorisée des aspects scientifiques du
changement climatique, de ses incidences et des possibilités d’adaptation
aujourd’hui existantes.
Les ministres estiment que le deuxième rapport d’évaluation
devrait fournir une base scientifique pour un renforcement d’urgence de
l’action aux échelons mondial, régional et national, en particulier
de la part des Parties visées à l’annexe I de la Convention
(Parties visées à l’annexe I) afin de limiter et de réduire
les émissions de gaz à effet de serre, et pour que toutes
les Parties concourent à l’élaboration d’un protocole ou
d’un autre instrument juridique; et notent les conclusions du GIEC, en
particulier les suivantes :
- Un faisceau d’éléments suggère qu’il y a une influence perceptible de l’homme sur le climat mondial. Faute de politiques spécifiques visant à atténuer les changements climatiques, la température moyenne de la surface terrestre devrait augmenter d’environ 2 °C par rapport à 1990 (entre 1 et 3,5 °C) d’ici à 2100; le niveau moyen de la mer devrait s’élever d’environ 50 centimètres (entre 15 et 95 centimètres) au-dessus du niveau actuel d’ici à 2100. La stabilisation des concentrations dans l’atmosphère à des niveaux doubles de ceux d’avant l’industrialisation exigera à terme une réduction de plus de 50 % des émissions mondiales par rapport aux niveaux actuels;3. Pensent que d’après les conclusions du deuxième rapport d’évaluation, la hausse continue des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère entraînera une perturbation dangereuse du système climatique, vu le risque grave d’une élévation de la température et en particulier le taux très élevé de variation de celle-ci;
- Les changements prévus du climat auront des incidences importantes, souvent néfastes, sur un grand nombre d’écosystèmes et de secteurs socio-économiques, notamment les disponibilités alimentaires, les ressources en eau et la santé. Dans certains cas, les conséquences peuvent être irréversibles; les pays en développement et les petits pays insulaires sont généralement les plus vulnérables face aux changements climatiques;- D’importantes réductions des émissions nettes de gaz à effet de serre sont techniquement possibles et économiquement réalisables en utilisant toute une série de mesures techniques qui permettent d’accélérer la mise au point, la diffusion et le transfert de technologie; il existe par ailleurs dans la plupart des pays d’intéressantes possibilités utiles en tout état de cause permettant de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre;
- des engagements à prendre par les Parties visées à l’annexe I concernant :9. Se félicitent des efforts déployés par les pays en développement Parties pour appliquer la Convention et ainsi faire face aux changements climatiques et à leurs incidences néfastes et pour, à cet effet, élaborer leur communication nationale initiale conformément aux directives adoptées par la Conférence des Parties à sa deuxième session; et engagent le FEM à fournir avec diligence et en temps voulu un appui à ces Parties et à prendre des dispositions en vue d’une reconstitution complète des ressources en 1997;* des politiques et des mesures applicables, selon qu’il convient, à différents domaines : énergie, transport, industrie, agriculture, sylviculture, gestion des déchets,- des engagements à prendre par toutes les Parties pour continuer à progresser dans l’exécution des engagements existants au titre du paragraphe 1 de l’article 4;
instruments économiques, institutions et mécanismes;
* des objectifs quantifiés juridiquement contraignants en vue d’une limitation et d’une réduction globale sensible des émissions selon des échéances précises - 2005, 2010 et 2020, par exemple, pour les émissions anthropiques par leurs sources et l’absorption par leurs puits des gaz à effet de serre non réglementés par le Protocole de Montréal;
- un mécanisme permettant l’examen régulier et le renforcement des engagements énoncés dans un protocole ou un autre instrument juridique;
- des engagements en faveur d’un effort global visant à accélérer la mise au point, l’application, la diffusion et le transfert de technologies, de pratiques et de procédés n’ayant pas d’impact sur le climat; à cet égard, des mesures concrètes supplémentaires devraient être prises;