Dossier de Presse
"Effet de serre : de Kyoto à Buenos Aires"
SOMMAIRE
I/ DE RIO A BUENOS AIRES: UN LONG CHEMIN EN
PASSANT PAR KYOTO
1) La genèse de Kyoto
2) Les résultats de Kyoto
3) Les conséquences européennes
de Kyoto
4) Les politiques et mesures européennes
pour répondre aux engagements de Kyoto
5) Les contrastes des négociations internationales
en vue de Buenos Aires
6) La grande inquiétude de l’état
des signatures des Parties au Protocole
II/ LES POSITIONS FRANCAISES FACE AUX ENJEUX
DE BUENOS AIRES : EQUITE, EFFICACITE ET CONVERGENCE
1)Politiques et Mesures
2) Le régime du respect des engagements : la consécration
de la mise en oeuvre du Protocole
3) L’échange de permis d’émissions : la notion de
supplémentarité
4) L’implication des pays en développement : un acte politique
majeur
5) le Mécanisme de Développement Propre : la France
chef de File
Annexes :
Les actions entreprises pour la prévention des émissions
de gaz à effet de serre depuis Kyoto
La courbe des engagements de Kyoto
Fiche technique MIES
16/10/98
Mission Interministérielle de l’Effet de Serre
35 Rue Saint Dominique - 75700 PARIS
Tel. 01.42.75.87.14 Fax 01.47.53.76.34
I/ DE RIO A BUENOS AIRES: UN LONG
CHEMIN EN PASSANT PAR KYOTO
1) La genèse de Kyoto
.1992 - La Convention Cadre sur les changements climatiques
de Rio : un cadre évolutif
Adoptée à New York mais signée à Rio
dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement
et le développement, cette convention définit un engagement
de stabilisation des émissions de gaz à effet de serre en
2000 par rapport à 1990 et ce, pour les pays développés.
Elle précise que la Conférence des Parties lors de sa première
session examinera ses engagements.
Cette convention a donc fourni un cadre au débat, tout en
organisant les premières actions.
. 1995 - Le mandat de Berlin : la première Convention des
Parties
Ce mandat résulte de la prise de conscience de l’insuffisance
des engagements des pays par rapport aux objectifs ultimes de la Convention
Cadre. C’est l’établissement d’un processus permettant de prendre
des actions appropriées pour l’après 2000 afin de renforcer
notamment les engagements des pays. Un groupe spécialisé
(AGBM en anglais) est institué : il est chargé de proposer
des objectifs et échéances précis de réduction
de CO2. Il se réunira 8 fois avant 1997 et sera à l’origine
des travaux de Kyoto.
2) Les résultats de Kyoto
. Les nouveaux engagements quantifiés des pays
industrialisés
Trois nouveaux faits marquants : nouveaux engagements par les pays
industrialisés de l’annexe B , sur la période pluri annuelle
de 2008 à 2012 et non plus à horizon 2000 et ce, sur un panier
de 6 gaz (CO2, CH4, N20, CFC, PFC, SF6).
Kyoto dépasse ainsi les ambitions quantitatives de Rio : engagement
d’une réduction moyenne de 5,2% et non pas une stabilisation.
. L’introduction d’outils : les mécanismes de flexibilité
Cette avancée sur les engagements des pays industrialisés
n a été possible qu’en contre partie de l’acceptation d’une
certaine souplesse dans l’application de ces engagements. Il s’agit des
mécanismes de flexibilité, dont la justification économique
permettra de réaliser des réductions d’émission là
où elles sont les moins coûteuses.
Ils sont au nombre de 3 : le commerce de permis d’émission
(" emission trading "); l’application conjointe " joint implementation
" entre pays de l’annexe B en vue d’acquisition d’unités de réduction
découlant de projets technologiques visant à réduire
les GES; le mécanisme de développement propre (" clean dévelopment
mechanism ") est ouvert aux PED.
3) Les conséquences européennes
de Kyoto
. L’engagement conjoint de l’Union Européenne
L’Union Européenne s’est engagée pour une réduction
globale de 8%, soit l’effort de réduction par les Parties le plus
élevé. Cet engagement conjoint est également connu
sous la dénomination de " bulle européenne ".
. Bruxelles/juin 98 : les résultats du partage interne de
l’effort par le Conseil des Ministres Européens de l’Environnement
La ventilation de l’effort donne lieu à une différenciation
assez importante du taux de réduction entre les pays de l’UE :réduction
de 28% pour le Luxembourg contre une limitation de la croissances des émissions
à 27% pour le Portugal. La France quant à elle s’engage à
stabiliser ses émissions par rapport à 1990, ce qui ne sera
pas si simple quant on a sait qu’elle connaît un des niveaux d’émissions
par habitant parmi les plus faibles et que sans cet engagement, la croissance
de ses émissions aurait été appréciable en
2010.
4) Les politiques et mesures européennes
pour répondre aux engagements de Kyoto
. Bruxelles/ oct. 98 - Les principales pistes de négociations
au sein de l’Union
Les pays membres sont unanimes quant à la nécessité
de répondre efficacement et rapidement aux mesures de Kyoto, volonté
confirmée par les récentes conclusions du Conseil des Ministres
de l’Environnement d’octobre.
Quatre grands sujets sur les moyens à mettre en oeuvre sont
actuellement en négociation : les normes des produits en vue d’améliorer
leur l’efficacité énergétique; la prise en compte
des émissions des GES lors de la mise en décharge; la réduction
des émissions de N²0 en provenance des véhicules à
moteur; la directive sur la taxation des produits énergétiques.
. Bruxelles/oct.98 L’accord avec l’ACE : un exemple ambitieux
Le Conseil des Ministres Européens a approuvé le 6
octobre les propositions de l’ACEA (Association des constructeurs européens
d’automobiles) concernant la diminution des émissions de dioxyde
de carbone : limitation de la consommation moyenne à partir de 2008
des véhicules neufs mis en circulation par les membres de l’ACEA
dans l’Union Européenne à 140 g de CO2 par kilomètre,
contre une moyenne européenne de 186 g en 1995. Une clause de rendez-vous
est même déjà fixée en 2003 pour examiner le
possibilité d’un objectif plus ambitieux.
C’est un apport majeur de la part des constructeurs à la réduction
des contributions unitaires des véhicules neufs.
5) Les contrastes des négociations
internationales en vue de Buenos Aires
. La préparation commune et coordonnée
des négociations européennes
Pour rappel, les négociations internationales afin d’aboutir
à des positions communes sont préparées au niveau
européen. Ces positions sont ensuite défendues au sein des
instances internationales par la Présidence de l’Union Européenne
(actuellement l’Autriche, puis l’Allemagne au premier semestre) (et la
France au second semestre), qui peut être assistée par le
pays qui précéde celui qui suit dans le tour de présidence
(ce qu’on appelle la troïka) C’est grâce à cette solidarité
que des avancées ont pu être obtenues à Kyoto.
Pour Buenos Aires, le Conseil des Ministres de l’Environnement a
arrêté le 6 octobre les principales lignes de la position
et des objectifs de l’UE., déjà traitées par les précédents
Conseils.
D’autre part, des positions relatives aux mécanismes de flexibilité
élaborées par l’UE conjointement avec les pays candidats
à l’accession, la Suisse et la Croatie, ont été adressées
au Secrétariat de la Convention. Enfin à un niveau plus détaillé,
des projets de déclaration sont en préparation sur les différents
points de l’ordre du jour de Buenos Aires. Leur préparation a été
répartie entre les différents pays de l’Union. Ils sont ensuite
discutés pour aboutir à une position commune.
. Bonn/juin 1998 : la difficile négociation des conditions
d’application des mécanismes de flexibilité.
L’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA
en anglais) et l’organe subsidaire de mise en oeuvre (SBI en anglais) se
sont réunis du 2 au 12 juin. Notons que ces organes subsidiaires
de la Convention se réuniront également à Buenos Aires
parallèlement aux rencontres de la Conférence des Parties.On
espérait de ces sessions avancer sur les questions laissées
en suspens par le Protocole de Kyoto. Le bilan en ressort finalement contrasté.
Clarifiées mais distinctes, trois positions divergentes concernant
les conditions d’application des permis négociables ont été
arrêtées. Celles la première semaine, de l’Union Européenne
et du groupe dénommé " groupe parapluie " constitué
par les Etats Unis, le Canada, l’Australie, le Japon, l’Islande, la Nouvelle
Zélande et la Russie. La seconde semaine le " groupe des 77 " et
de la Chine a établi une liste d’une quarantaine de questions auxquelles
il souhaitent que les 2 groupes de pays industrialisés répondent.
Cette liste a finalement été utilisée pour établir
le catalogue de thèmes à travailler pour les prochaines années,
au delà de la conférence de Buenos Aires.
. De multiples autres contacts internationaux : les réponses
à Bonn
Les difficultés enregistrées à Bonn ont suscité
en réaction une intensification des contacts en dehors du cadre
strict des instances de la Convention et du Protocole.
Ces contacts ont eu lieu non seulement à tous les niveaux
depuis les experts jusqu’aux ministres, en passant par des membres habituels
des délégations aux Conférences des Parties et aux
sessions des organes subsidiaires. Mais également dans des cadres
très variés : de l’OCDE au G8, en passant par des réunions
à caractère régional à des conférences
ministérielles informelles et bien sûr des contacts bilatéraux.
Parmi toutes ces réunions, la réunion ministérielle
informelle de Tokyo des 17 et 18 septembre a été l’occasion
d’esuqisser les conditions d’une progression des discussions à Buenos
Aires (méthode de comparaison des positions, calendreier, etc ...)
6) La grande inquiétude de l’état
des signatures des Parties au Protocole
A la date du 29 septembre, 57 parties ont signé le protocole
de Buenos Aires. Parmi les parties figurent les 15 Etats membres, la Communauté
Européenne, le Canada, l’Australie, la Nouvelle Zélande,
la Japon et la Chine. Mais il manque notamment la Russie et les Etats Unis.
De plus ces signatures ne sont que les préliminaires aux étapes
décisives : celles des ratifications.. L’accord ne rentrera en vigueur
que lorsque 55 pays représentant 55% des émissions mondiales
de gaz à effet de serre l’auront ratifié.
Compte tenu de la part très importante de la Russie et des
Etats Unis dans les émissions de 1990, la deuxième partie
de cette condition ne peut être remplie sans la ratification de l’un
ou l’autre de ces 2 mêmes pays. De plus le Sénat des Etats
Unis a posé d’ores et déjà des conditions à
la ratification : implication des pays en développement et libre
accès aux mécanismes de flexibilité.
II/ LES POSITIONS FRANCAISES FACE
AUX ENJEUX DE BUENOS AIRES : EQUITE, EFFICACITE ET CONVERGENCE
Les sujets discutés et négociés à
Buenos Aires par les Parties seront donc très nombreux et contrastés.
Cinq grands sujets sont à retenir : les politiques
et mesures; le respect des engagements; les permis négociables;
les pays en développement; le mécanisme de développement
propre. La bonne mise en oeuvre du protocole dépend de chacun d’eux.
A travers ces différents points , la France grâce
à ses différents travaux communs de préparation en
liaison avec les états membres de l’Union Européenne et en
collaboration avec la Commission, continuera à oeuvrer afin qu’il
y ait une véritable prise en charge des problèmes et à
être une force de proposition constructive .
Fiche Technique
MISSION INTERMINISTERIELLE DE L’EFFET DE SERRE
Créée en juin 98 par décret, la
nouvelle mission interministérielle de l’effet de serre (MIES) rattachée
au Premier Ministre et confiée à Monsieur Michel Mousel renforce
la mission antérieure et confirme la volonté du gouvernement
français à traiter sérieusement la lutte contre l’effet
de serre.
Les domaines d’action de la MIES :
identiques à ceux de l’ancienne mission, ils sont d’envergure national
et international. Elle doit d’une part préparer le travail sur les
positions que la France doit défendre auprès des autres instances
concernées et d’autre part trouver les moyens pour la France d’atteindre
les objectifs auxquelles elle souscrit et d’en suivre la mise en oeuvre.
Les méthodes de travail de la MIES:
déjà reconnue comme lieu d’élaboration, la MIES devient
également le lieu où faire avancer la gestion des problèmes
afin d’atteindre un consensus interministériel. Ce qui explique
sa mise sous tutelle du Premier Ministre tout en étant à
la disposition du Ministère de l’Aménagement du Territoire
et de l’environnement compétent ministériellement sur ce
domaine.
Pour ce faire , la Mies s’est engagée à
intensifier ses relations avec les différents acteurs qui devront
réaliser les efforts de réduction des émissions de
gaz à effet de serre (entreprises, collectivités territoriales,
consommateurs ...) avec 2 objectifs : confronter ses positions aux réalités
internationales; trouver les moyens pour mobiliser ces différents
acteurs afin d’atteindre les objectifs fixés.
Les actions prioritaires de la MIES :
recaler le programme d’actions français aux objectifs de Kyoto;
expérimenter une mise en oeuvre territoriale des objectifs fixés;
relancer le travail de niveau international sur les points manquants de
Kyoto; coordonner des politiques européennes communes.
La MIES pendant Buenos Aires : le
président et ses 4 chargés de mission seront présents
à Buenos Aires pendant l’ensemble de la durée de la Conférénce
(30 oct/15 nov).
Un relais presse permanent sera assuré du bureau
de la MIES à Paris .......
Mission Interministérielle de l’Effet de
Serre
35 Rue Saint Dominique - 75700 PARIS
Tel. 01.42.75.87.14 Fax 01.47.53.76.34