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PREMIER MINISTRE
MISSION INTERMINISTERIELLE
DE L’EFFET DE SERRE
15 octobre 1998
MECANISME DE DEVELOPPEMENT PROPRE
PROBLEMATIQUE
Décidé tout à la fin de la négociation de
Kyoto, ce mécanisme permet :
-
aux Pays en développement (PED) de bénéficier de
projets de transfert de technologies " propres " de nature à faciliter
l’adoption de sentiers de développement sobres en émissions
de gaz à effet de serre ;
-
aux Pays de l’annexe I de bénéficier de réductions
d’émissions certifiées, leur apportant une flexibilité
supplémentaire pour remplir les engagements quantifiés qu’ils
ont pris à Kyoto.
Par ailleurs, une partie des fonds provenant des activités certifiées
seront utilisés pour aider les PED particulièrement vulnérables
aux effets néfastes du changement climatiques à financer
le coût de l’adaptation.
Sa rédaction laissant des marges d’interprétation très
larges, il reste à définir les règles qui devront
l’encadrer, les procédures à mettre en œuvre pour qu’il devienne
opérationnel et les institutions qui en seront chargées.
COP4 devra en priorité arrêter un programme de travail,
comprenant un échéancier précis ; la possibilité
offerte par le Protocole d’avoir recours à ce mécanisme
à partir de l’an 2000, impose aux Organes de la Convention de
travailler rapidement, en vue d’aboutir pour le moins à des orientations
minimales susceptibles de guider les opérateurs potentiels vers
des projets ayant une chance d’être conformes aux règles précises
qui seront arrêtées plus tard par COP/MOP.
Les points qui devront être précisés, comprennent
entre autres:
-
une définition opérationnelle de l’additivité environnementale,
ce qui renvoie à la détermination du scénario de référence
à partir duquel seront calculées les réductions d’émissions
; un juste équilibre devra être trouvé entre le souci
de ne pas entraver le démarrage du MDP par des critères trop
stricts et l’objectif d’éviter l’afflux, dans les pays de l’annexe
1, " d’air chaud tropical ", c’est à dire de réductions d’émissions
qui auraient été observées même en l’absence
du mécanisme ; on espère que les enseignements pratiques,
qui pourront être tirés de la phase pilote des activités
menées conjointement, permettront de progresser sur ce point ;
-
les procédures précises de certification (a priori, a
posteriori), d’audit et de vérification des réductions d’émissions
; ces opérations devront certainement menées par des entités
distinctes et ne participant pas directement aux projets ;
-
les critères d’éligibilité (par exemple cohérence
des projets avec les priorités en matière de développement
du pays hôte) ;
-
les critères de participation des Parties ( par exemple exigence
en matière de communications nationales, comprenant une stratégie
globale et cohérente de prévention du changement climatique
dans le pays hôte - ratification préalable de l’amendement
du protocole traitant des conséquences d’un non-respect des engagements)
;
-
les modalités de création et d’échange de " réductions
d’émissions certifiées " : un projet financé " unilatéralement
" par un pays en développement peut-il donner leu à des réductions
certifiées, qui peuvent être cédées sur les
marchés internationaux, ou mis en réserve pour le futur ?
Qu’en est-il de la " fongibilité " entre les crédits d’émissions
résultant des trois mécanismes de flexibilité ?
POSITION FRANCAISE vis à vis des ENJEUX
-
Il s’agit avant tout de faire du MDP un véritable instrument
qui incite les pays en développement à opter dès à
présent pour des trajectoires de développement compatible
avec l’objectif ultime de la Convention; compte tenu de l’ampleur des investissements
dans le domaine des infrastructures (énergie, transport, bâtiments)
que ces pays réaliseront dans les quinze ans à venir, il
est essentiel de ne pas perdre de temps. Il est d’ailleurs indispensable
que ces investissements " structurants " soient éligibles au MDP
(certains pays ne pensent que énergie ou grosses industries...).
Il faudra également veiller à respecter une certaine équité
géographique, en s’assurant que certains pays en développement
ne resteront pas à l’écart de ces nouveaux flux d’investissements.
-
Ce mécanisme ne doit pas être un frein à l’adoption,
à terme, par ces pays d’objectifs quantifiés de limitation
ou de réduction de leurs émissions ; il ne doit pas les inciter
à conserver des politiques inefficaces et peu favorables à
l’environnement ( par exemple subventionner l’utilisation de l’énergie
fossile...) dans le seul but notamment de conserver un gisement de projets
de réduction à bas coût leur permettant d’attirer les
financements en provenance des pays du nord. La France a d’ailleurs soulevé
la question de la combinaison du MDP avec des incitations à s’engager
plus avant dans des objectifs quantifiés (cf. fiche PED).
-
Un afflux trop grand de crédits d’émissions en provenance
du MDP, ne doit pas conduire les pays de l’Annexe I à s’affranchir
de tout effort domestique sérieux, notamment dans les secteurs qui
pèsent lourdement sur l’évolution à long terme de
leurs émissions. Le dispositif d’encadrement des mécanismes
de flexibilité, qui résultera des discussions sur le plafond
(cf. fiche permis négociables) devra également englober les
crédits résultant du MDP.
-
Il faut refuser que le CDM serve à " noyer " l’aide publique
au développement ; des positions dangereuses prises à cet
égard par certains pays (Japon, et dans une certaine mesure USA)
auraient un effet désastreux sur les pays en développement
et risqueraient en fait de bloquer la dynamique possible.
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