Titre du projet :
 

Expérience du projet d'aménagement de la forêt classée du barrage de Ouagadougou en parc urbain à but d'éducation environnementale et de loisir

     
  Collectivité territoriale impliquée
  Organisations techniques responsables
  Domaines d'intervention
  Description de l'action
  Résultats
  Formation et renforcement des capacités
  Prochaines étapes
  Remarques et commentaires
  Contacts

    Collectivités territoriales impliquées    
     
 
  • Commune de Ouagadougou
 
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    Organisations techniques responsables    
     
 
  • Direction Générale de la Présentation de l’environnement du Ministère de l’Environnement et de l’Eau
 
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    Domaines d'intervention    
     
 

Foresterie Urbaine (sous-secteur des aménagements paysagers)

1/ Enjeux pour le Développement Durable :

  • Pérenniser l’existence d’un massif forestier urbain et la valoriser au profit des populations dans ses différentes tranches d’âge et au profit des touristes étranger ;

  • créer un support pédagogique pour l’éducation environnementale dans l’optique du développement durable ;

  • servir d’expérience pilote pour l’aménagement d’autres sites autour de Ouagadougou, dans les autres villes du Burkina et même dans la sous-région Ouest-africaine.

2/ Enjeux pour les acteurs concernés :

Pour le Ministère de l’Environnement et de l’Eau

  • Traduire dans les faits l’élargissement du concept d’environnement opéré en 1995 en abordant la résolution des problèmes d’environnement urbain dans une ville confronté aux problèmes de pollutions atmosphériques, d’assainissement des eaux pluviales, de gestion des déchets solides municipaux et aux conséquences de la désertification ;

  • Mettre fin au processus de dégradation d’une forêt classée depuis 1936 (260 ha) en l’aménageant en parc urbain à buts d’éducation environnementale et de loisirs ;

  • Evoluer d’un statut de forêt classée propriété de l’Etat à un statut de parc urbain propriété de la Commune de Ouagadougou. Cet enjeux cadre bien avec le processus de décentralisation en cours au Burkina depuis 1995.

Pour la Commune de Ouagadougou

  • Gérer un cadre d’éducation environnementale et de loisirs au profit de la population en général et du monde scolaire et universitaire en particulier ;

  • Disposer d’une expérience à partir de laquelle elle va mettre en œuvre un plan communal en matière d’environnement en général et de foresterie urbaine en particulier ;

  • Accroître ses capacités en matière de gestion d’une unité d’intérêts écologique et économique

 
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    Description de l'action    
     
 

1/ Origine et motivation du projet :

La forêt classé du barrage de Ouagadougou tient son statut depuis 1936, au moment où Ouagadougou comptait à peine 10.000 habitants. L’agrandissement de la ville fait que cette forêt occupe de nos jours une position centrale. Elle constitue le seul ‘’poumon vert’’ de la ville. Après l’indépendance du pays en 1960, elle était délaissée et subissait des agressions multiples : coupe du bois, feux de brousse, divagation des animaux domestiques, braconnage contre les animaux sauvages, dépôt de déchets industriels et domestiques … ; puis occupation par des coupeurs de route qui ont ainsi créé une insécurité autour de l’entité à partir de 1980.

En 1995, le Ministère de l’Environnement et de l’Eau, en accord avec la Commune de Ouagadougou, décide de mettre en œuvre un projet qui d’une part mettrait fin à la dégradation de cette forêt et à l’insécurité qui régnait tout autour de la zone, et d’autre part, permettrait de la valoriser à des fins multiples au profit de la population.

2/ Etat des lieux:

En 1995, la forêt classée du barrage était caractérisée par :

  • une nette détérioration de sa diversité biologique végétale et animale suite aux coupes frauduleuses d’arbres, au braconnage, aux feux de brousse ;
  • la présence de décharges sauvages par les unités industrielles et les ménages.
  • une fréquentation par des personnes sans scrupule, à savoir les coupeurs de routes qui s’attaquaient aux usagers des deux artères qui longent la forêt des côtés sud, Ouest et Nord ;
  • une occupation des bas-fonds par des riziculteurs et des maraîchers dans sa partie Est
  • une envahissement de ses trois plans d’eau par la jacinthe d’eau (Ecchornia crassipes)

3/ Objectifs du projet :

Objectif global :

  • Assurer la gestion durable des ressources naturelles présentes ou à introduire dans la forêt ;
  • Accroître sa contribution à la satisfaction des besoins éducatifs et récréatifs des populations.

Objectifs spécifiques :

  • Restaurer la valeur écologique et éducative de la forêt ;
  • Assurer la pérénité de la gestion de la forêt ;
  • Assurer l’assainissement de la forêt (eaux usées, eaux pluviales et déchets solides) ;
  • Assurer la sécurité au sein de la forêt et son accessibilité physique
  • Mettre en place un cadre de gestion conforme au processus de décentralisation.

4/ Déroulement et mise en œuvre :

Ressources humaines : une équipe de dix (10) forestiers, un Conseil Scientifique et Technique (CST), des consultants, un cadre de concertation trimestrielle entre bailleurs de fonds et partie burkinabè, un Comité Communal de suivi

Ressources financières : 1.093.000.000 F CFA (1.561.429 Euros)

Outils et méthodologie
  • Opération ‘’coups de poing’’ par les forces de sécurité pour mettre fin à l’occupation de la forêt par les coupeurs de routes ;
  • Information et sensibilisation des populations de la ville pour leur adhésion au projet ;
  • Cartes et plans de la forêt et de la ville ;
  • Etude de préfaisabilité et étude de faisabilité ;
  • Document de projet.

Cadre juridique : loi portant code forestier, loi portant code de l’environnement et loi portant orientation de la décentralisation au Burkina Faso et conventions de financement signées avec les bailleurs de fonds.

Formation et renforcement des capacités locales

Ce projet concret a permis aux autorités municipales de Ouagadougou de mieux cerner les problèmes environnementaux urbains en raison du suivi étroit des activités.

Calendrier de réalisation

  • Novembre 1995 à décembre 1996 : réalisation d’une clôture de 7,5 km ;
  • Février 1997 à novembre 2000 : travaux d’aménagement
  • 6 octobre 1999 : le conseil municipal vote une délibération pour prendre en main la forêt ;
  • 5 janvier 2001 : rétrocession officielle du parc urbain à la Commune de Ouagadougou. A l’occasion, le parc est baptisé ‘’parc urbain Bângr-wèogo’’ c’est-à-dire la forêt où on acquiert le savoir.

Les installations réalisées ont une durée de vie minimale de 30 ans

Gouvernance

Elle a consisté en des réunions mensuelles entre la Direction du Projet et le CST, en des réunions trimestrielles entre la Direction du projet et les bailleurs de fonds, en des visites régulières du Comité Communal de suivi pour apprécier l’évolution des travaux d’aménagement.

Autres projets liés.

  • Le projet d’approvisionnement en eau de Ouaga à partir du barrage de Ziga
  • Le projet d’assainissement collectif de la ville de Ouaga ;
  • Le projet de drainage des eaux pluviales dans la partie Est de la ville ;

Ces différents projets touchent le parc urbain dans leur exécution physique. Alors, des études d’impacts sur l’environnement ont été réalisés et ont permis de prévoir les mesures pour éviter d’endommager le parc urbain.

5/ Acteurs de la démarche

Le demandeurs : ce sont les populations qui se sont exprimées à travers les études de pré-faisabilité et de faisabilité.

Les initiateurs : le Ministère de l’Environnement et de l’Eau et la Commune de Ouagadougou

Les responsables : Le Ministère de l’Environnement et de la l’Eau pour la phase d’aménagement et la Mairie de Ouagadougou pour la phase de gestion du parc urbain.

Maître d’œuvre : le Ministère de l’Environnement assisté de certains spécialiste privés (architectes, ingénieurs de travaux publics, spécialiste de l’éducation environnementale)

Responsables du financement : Ministère de l’Environnement, Agence Française de Développement, KFW, Pays-Bas, Belgique, Union-Européenne, Commune de Ouagadougou.

Evaluations : Evaluations externes de gestion technique et financière.

6/ Parties associées à la démarche

Aux acteurs déjà cités plus haut et qui ont participé à la définition, à la mise en œuvre et au suivi du projet, il faut adjoindre le secteur privé à travers les bureaux d’études, des entrepreneurs du bâtiment, des routes. La communauté scientifique et éducative a participé à travers le Conseil Scientifique et Technique : chercheurs botanistes, spécialistes des plantes aquatiques, experts de faune, de pêches, d’éducation, de tourisme, d’assainissement, de l’éducation et de l’environnement.

 
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    Résultats    
     
  1/ Aspects positifs :
  • Garantie de sécurité à l’intérieur et autour du parc urbain. - Indicateurs : fréquentation par le public sans inquiétude, réduction du sous-bois
  • Réalisation d’infrastructures éducative : un jardin botanique, un parc zoologique, un musée-centre d’exposition sur l’environnement accompagnée d’une salle audio-visuelle de 100 places.
  • Réalisation d’infrastructures solides de loisirs et de sports : un parc de sports, des pistes de promenades et footing, des pistes équestres, 107 banquettes de repos, un espace de bonheur avec jet d’eau, un espace de manèges pour enfants.
  • Mise en place d’équipements d’assainissement : latrines, poubelles, bacs à ordures, élimination des décharges sauvages.
  • Reversement d’environ 700 millions de francs CFA (environ un millions d’Euros) aux populations riveraines qui ont exécuté les travaux à haute intensité de main d’œuvre.
  • Réalisation d’un réseau autonome d’adduction d’eau pour l’entretien des plantes et l’alimentation des animaux.

2/ Aspects négatifs :

  • La non maîtrise de l’élimination de la jacinthe d’eau qui a réapparu dans les plans d’eau de la forêt
  • Le projet de drainage des eaux pluviales, malgré l’étude d’impact environnementale n’avait pas de provisions budgétaires suffisantes pour atténuer certains impact négatifs. Si bien que certaines parties du parc urbain sont inaccessibles pendant deux mois en saison pluvieuse.
  • Blocage momentané du transfert du parc à la Commune par des cadres réfractaires à la décentralisation.

Facteurs clés de succès :

  • l’expression des besoins des populations au moment de l’étude de pré-faisabilité et de l’étude de faisabilité ;
  • la concertation soutenue entre les principaux acteurs du projet pendant la phase d’exécution : Ministère, Mairie, Bailleurs de fonds, Conseil scientifique et Technique ;
  • engagement réel des premiers responsables du Ministère et de la Mairie de Ouagadougou
  • foi en la décentralisation
 
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    Formation et renforcement des capacités    
     
 
  • Le projet a permis au Conseil Municipal de cerner les différents problèmes en matière d’environnement urbain et partant l’intérêt du développement des capacités des services techniques municipaux.
  • La mairie a demandé et obtenu l’affectation d’un cadre spécialiste des aménagements paysagers de la part du Ministère et de neuf agents forestiers pour le parc urbain.
  • Pour améliorer la question de la formation et du renforcement des capacités locales, il faudrait :
    • aider les communes à asseoir des plans locaux de développement durable ;
    • dégager, à partir de ces plans, les besoins en formation de courte durée et de spécialistes ;
    • financer certaines de ces formations et veiller à la stabilité du personnel technique.
  • Les points particuliers sur lesquels il faut insister :
    • la bonne compréhension du concept de développement durable et sa traduction en termes concrets dans les différents secteurs d’activités
    • l’adhésion des décideurs locaux aux études d’impacts sur l’environnement
    • le financement des activités de formation
 
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    Prochaines étapes    
     
 

    A/ Leçons apprises :

  • Le ciblage de l’ensemble des partenaires d’un projet dès le démarrage est un précieux atout pour son succès ;
  • Les études d’impacts sur l’environnement aident à mettre en cohérence différents projets pilotés par différents acteurs

    B/ Développements prévus :

  • L’aménagement des trois (03) plans d’eau pour développer les loisirs de pêches sportive, de pédalo, augmentant ainsi la valeur récréative du parc urbain ;
  • Valorisation du périmètre extérieur de la forêt par l’installation de pépineristes, d’équipements marchant de façon organisée.

    C/ Possibilités de transfert d’expérience :

Elle est surtout liée à l’existence de massif forestier eu de site réservé à cet effet. La municipalité de Bobo-Dioulasso à 360 km à l’Ouest de Ouaga souhaite l’aménagement de la forêt du kou en intégrant les objectifs du projet de Ouaga.

A Ouaga, il est question d’occuper systématiquement tous les sites réservés pour espaces verts (environ 600) par des actions de reboisement urbains (décision du Conseil Municipal).

    D/ Attente vis à vis des organisations internationales :

  • Soutient à la maîtrise du concept de développement durable par l’organisation de rencontres thématiques ;
  • Appui au financement de projets pertinents répondant aux critères de développement durable
  • Financement d’actions de formation de courtes durées et de bourses de spécialisation.
 
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    Remarques et commentaires    
     
 

La décentralisation mérite d’être consolidée en tant qu’axe fondamental d’impulsion de démocratie et de développement. L’exemple du projet de la forêt classée du barrage aménagé en parc urbain de la Commune de Ouagadougou est un exemple édifiant dans le cas précis du Burkina-Faso.

 
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    Contacts    
     
 

Rédacteur de la fiche :

Mr Michel YAMEOPO , Directeur Général de la Préservation de l’Environnement.

03 BP 7044 Ouaga 03 Burkina-faso
Tél./fax (00 226) 31 16 76
E-mail : pdeve@cenatrin.bf ou yamic33@hotmail.com

Directeur du Parc urbain : Mr. Mustapha SARR
Tél/fax. (226) 36 95 04
E-mail : pubangrweogo@cenatrin.bf

 
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