- La Commission du développement
durable a poursuivi à sa neuvième session sa tradition unique
consistant à tenir un dialogue multipartite dans le cadre de ses
séances officielles. Les participants au segment consacré
à l’énergie et aux transports, tenu du 16 au 18 avril
2001, étaient des représentants du secteur des affaires et
de l’industrie, des salariés et des syndicats, des collectivités
locales, des lieux scientifiques et techniques et des organisations non
gouvernementales. On a noté que ce dialogue permettrait d’enrichir
les débats ultérieurs de la Commission, aussi bien pendant
le segment de haut niveau que dans le cadre des autres travaux de la Commission
consacrés à l’énergie durable et aux transports.
- Le débat consacré
à l’énergie et aux transports a suivi le schéma précédemment
convenu par le Bureau de la Commission11.
Les organisations invitées par le secrétariat de la Commission
du développement durable ont consulté les entités qu’elles
représentent afin d’établir des documents de réflexion
et d’organiser la participation de leur délégation au dialogue
multipartite. Les organisations invitées au segment consacré
à l’énergie et aux transports étaient notamment la Chambre
de commerce internationale, le Conseil mondial des entreprises pour le développement
durable et le Conseil mondial de l’énergie représentant le secteur
des affaires et de l’industrie; le Conseil international des unions scientifiques
et l’Alliance mondiale pour la nature représentant les milieux scientifiques
et technologiques; la Confédération internationale des syndicats
libres/Commission syndicale consultative de l’Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) représentant les
salariés et les syndicats; le Conseil international pour les initiatives
locales en matière d’environnement représentant les autorités
locales; et le Groupe d’ONG pour l’énergie et les changements climatiques
et le Groupe d’ONG pour les transports représentant les organisations
non gouvernementales.
- Le dialogue s’est axé
sur quatre thèmes : a) garantir un accès équitable
à l’énergie durable; b) les choix en matière de production,
de distribution et de consommation d’énergie durable; c) les partenariats
secteur public-secteur privé en faveur de l’énergie durable
dans le transport; et d) la planification de modes de transport viables
– choix et modèles pour la conception des établissements
humains et options en matière de transports. La première heure
de chaque session a démarré par de brefs exposés des
différents groupes, suivis par les réactions de deux gouvernements,
le reste du temps étant consacré à un dialogue interactif.
Le résumé qui suit n’est pas un procès-verbal in
extenso; il vise à rendre compte des sujets abordés, des
domaines qui devraient faire l’objet de davantage de concertation et des
initiatives spéciales proposées par les participants.
B. Assurer un
accès équitable à l’énergie durable
- Les représentants
du secteur des entreprises et de l’industrie ont insisté sur l’importance
d’un accès équitable à l’énergie commerciale
afin de briser le cycle de la pauvreté et d’améliorer les
conditions de santé et l’état de l’environnement. Ils ont
insisté sur les notions d’accès, soulignant qu’il était
nécessaire d’éviter des subventions qui favorisent les fournisseurs
et les personnes aisées; de disponibilité, en termes
de sécurité de l’approvisionnement; et d’acceptabilité
afin de tenir compte des objectifs sociaux et environnementaux. Ils se sont
également déclarés favorables à une diversité
de choix pour les modes de transport et les services énergétiques,
faisant observer que ce qui est une subvention pour l’un peut être
une mesure d’incitation pour l’autre.
- Les représentants
des scientifiques ont insisté sur le contraste entre les services
énergétiques et la consommation d’énergie dans le Nord
et dans le Sud, précisant que l’accès à l’énergie
dans le monde développé était défini par l’étendue
des marchés, que des populations importantes vivant dans des zones
rurales de pays en développement étaient largement tributaires
de combustibles issus de la biomasse et que la consommation de combustibles
fossiles dans les pays développés avait des implications sur
les prix dans les pays en développement. Les scientifiques ont insisté
sur la nécessité de moderniser les technologies relatives
aux combustibles, de décentraliser les systèmes énergétiques,
de réduire les coûts et d’augmenter la recherche, le développement
et l’arrivée rapide sur les marchés.
- Les représentants
des travailleurs et des syndicats ont mis en avant les dimensions sociales
du développement durable en ce qui concerne la consommation et l’accès
à l’énergie, en insistant sur les questions de santé
et de sécurité, les mécanismes de publication de rapports,
la participation aux processus décisionnels, en particulier des femmes.
Ils ont également insisté sur l’effet social des politiques
d’accès énergétique sur l’emploi et leur interaction.
- Les représentants
des autorités locales ont mentionné le besoin d’investissements
supplémentaires en faveur de sources d’énergie non polluantes
et renouvelables. Ils ont insisté sur le rôle crucial qu’ont
les autorités locales pour gérer les problèmes énergétiques
au niveau local en mettant en place des systèmes décentralisés,
en collaborant avec les gouvernements nationaux et en lançant diverses
initiatives d’économie et de conception permettant d’améliorer
l’accès à l’énergie au niveau local.
- Les représentants
des organisations non gouvernementales ont indiqué que l’énergie
durable avait des effets minimaux sur la société et sur l’état
de l’environnement. Elles ont précisé que les combustibles
fossiles n’étaient pas durables, que les déchets nucléaires
étaient la substance dont les effets toxiques se ressentaient le
plus longtemps et que l’hydroélectricité à grande échelle
n’était pas viable du fait de son impact social négatif. Les
organisations non gouvernementales ont critiqué les dépenses
publiques en matière de subventions, d’exemptions et de réductions
fiscales, les prêts préférentiels et les droits d’utilisation,
considérés comme des pratiques non viables dans le secteur
énergétique.
- Conscients de la nécessité
d’harmoniser les aspects sociaux, économiques et environnementaux
du développement durable, les participants au débat général
se sont intéressés aux problèmes des subventions, des
dimensions sociales de l’accès à l’énergie durable,
de la participation des franges sous-représentées de la société
aux processus décisionnels, aux impacts sociaux de la pauvreté
et au statut d’entreprise publique ou privée.
- Un pays en développement
a fait observer que les subventions avaient des effets sur le développement
social et a proposé de les réduire au lieu de les éliminer
totalement. Un autre a fait observer que, dans les pays en développement,
les subventions étaient utiles pour faciliter l’accès des
démunis à l’énergie. Les organisations non gouvernementales
et les autorités locales ont préconisé la suppression
des subventions des budgets gouvernementaux et ont demandé une limitation
des nouvelles subventions. Les organisations non gouvernementales ont appuyé
l’existence de subventions pour les sources d’énergie renouvelables.
Le secteur des affaires a insisté sur les externalités sociales
positives des services énergétiques modernes. Les syndicats
ont fait observer que les subventions accordées en faveur de sources
d’énergie renouvelables pourraient permettre la création d’emplois
dans certains domaines, mais causer la perte d’emplois dans d’autres, posant
ainsi le problème d’une transition équitable. Plusieurs
orateurs ont insisté sur la nécessité de faire passer
les subventions accordées aux combustibles fossiles aux sources d’énergie
renouvelables et aux systèmes décentralisés afin de
venir en assistance aux démunis et aux franges sous-représentées
de la société.
- S’agissant des dimensions
sociales de l’accès à l’énergie, la plupart des participants
se sont déclarés favorables à des démarches
participatives dans la prise de décisions et sont convenus que le
renforcement des capacités à tous les niveaux était
indispensable pour garantir un accès équitable à l’énergie.
Les autorités locales se sont prononcées en faveur d’une énergie
décentralisée et les organisations non gouvernementales ont
indiqué que l’énergie décentralisée était
un choix moins onéreux dans les zones rurales éloignées,
pouvant stimuler les entreprises à petite échelle. Les syndicats
étaient favorables à l’utilisation de stratégies dans
les économies de marché, mais s’opposaient aux sociétés
fondées sur le marché. Le secteur des affaires et de l’industrie
a préconisé le recours aux mécanismes du marché
et l’utilisation de toutes les options énergétiques pour faire
face aux futurs problèmes. Les organisations non gouvernementales
ont déclaré que les pays devaient repenser leurs stratégies
de développement afin de développer l’énergie de façon
plus durable. Un pays en développement a indiqué que des marchés
énergétiques pouvaient être facilement créés
à des prix abordables. Les scientifiques et les entreprises ont admis
qu’un processus décisionnel de qualité était essentiel
pour avoir des prix justes et évaluer les coûts de cycle de
vie, alors que les entreprises ont insisté sur les progrès
accomplis dans les évaluations sociales et environnementales.
- La plupart des participants
ont reconnu que les donateurs jouaient un rôle crucial dans le processus
de développement en permettant le renforcement des capacités
et ont insisté sur la participation des parties prenantes intéressées
à la conception et à la mise en oeuvre des capacités
énergétiques dans les pays en développement. Le secteur
des entreprises et de l’industrie a insisté sur son rôle de
premier plan dans la mise au point de nouvelles technologies. Les organisations
non gouvernementales et les syndicats ont insisté sur l’autonomie
des femmes et la participation des populations autochtones aux processus
décisionnels. Les scientifiques ont préconisé des modifications
des comportements afin de réduire la consommation, souligné
qu’il était nécessaire que les gouvernements nationaux renforcent
la coopération entre les secteurs et encouragé, avec le secteur
des entreprises, des approches interdisciplinaires. Plusieurs participants
ont insisté sur les impacts sociaux de la pauvreté, faisant
observer qu’une production non durable se traduisait par l’aggravation des
conditions sociales.
- Quant à savoir
si les systèmes énergétiques devaient relever du secteur
public ou privé, les syndicats ont noté que la privatisation
rendait l’accès plus difficile, augmentait les coûts et déplaçait
les emplois. Ils ont fait référence à la confusion
politique et économique causée par de l’intégration
de marchés énergétiques déréglementés
dans l’économie mondiale et ont demandé que le secteur public
garde le même rôle dans l’accès à l’énergie.
Les scientifiques ont déclaré qu’une approche axée
sur les services pouvait résoudre certains problèmes d’accès
sans compromettre les différents modes de vie.
- Les intervenants ont
suggéré les propositions ci-après à l’intention
des gouvernements :
a) Encourager
la production décentralisée d’énergie, le renforcement
des capacités locales et institutionnelles et la fixation rationnelle
des prix de l’énergie;
b) Éliminer
les subventions dont bénéficient les combustibles fossiles,
accorder des subventions pour l’utilisation de sources d’énergie
renouvelables, organiser des ateliers nationaux pour aider à éliminer
les subventions et promouvoir le développement équitable des
sources d’énergie renouvelables;
c) Décréter
un moratoire de l’exploration des combustibles fossiles et de la construction
de grands barrages;
d) Poursuivre
les réformes du marché, envisager toutes les options en matière
d’énergie, réduire le risque politique des investissements
énergétiques, garantir le paiement des services et promouvoir
l’utilisation rationnelle de l’énergie;
e) Assurer
un approvisionnement énergétique fiable aux zones urbaines
en expansion et un approvisionnement décentralisé fiable en
vue du développement durable et de l’atténuation de la pauvreté;
f) Accroître
l’appui des pays développés à la recherche-développement
et démonstration dans le domaine de l’énergie en général
et en particulier dans les pays en développement; et reproduire sur
une plus grande échelle les projets locaux couronnés de succès;
g) Accroître
la participation aux processus décisionnels, notamment dans les domaines
liés à la sécurité sociale et à l’emploi;
h) Reconnaître
le rôle important du secteur public pour garantir un accès
équitable; et utiliser des fonds publics pour réduire la demande
en énergie grâce à une infrastructure durable;
i) Accroître
l’appui apporté par les institutions et les pays donateurs à
des sources d’énergie non polluantes, durables et décentralisées.
C. Choix en matière
de production, de distribution
et de consommation d’énergie durable
- Les participants ont
échangé des vues sur les différents choix possibles
en matière de sources d’énergie et ont examiné les
coûts sociaux et économiques liés à la production,
à la consommation et à la distribution. Les sources d’énergie
renouvelables comme l’énergie éolienne, l’énergie solaire,
l’énergie de la houle, la biomasse, les piles à combustible
et l’hydrogène ont reçu un appui global, et la plupart des
participants ont demandé une intensification de la recherche-développement.
Les scientifiques ont insisté sur les possibilités de dépasser
les technologies anciennes mais ont noté qu’il était nécessaire
de consacrer davantage de recherches aux piles à combustible et la
fixation du carbone ainsi que de transférer les subventions des combustibles
fossiles aux sources d’énergie renouvelables. Les scientifiques ont
également mis en avant l’énergie nucléaire.
- De nombreux participants
ont demandé l’annulation des subventions versées pour des
sources d’énergie non durables. Certains se sont déclarés
favorables à l’octroi de subventions pour des options durables. Le
secteur des affaires et de l’industrie a insisté sur l’intégration
des diverses options en matière d’énergie. Les organisations
non gouvernementales ont cité des utilisations appropriées
de sources d’énergie renouvelables dans les zones rurales, insisté
sur le rôle des gouvernements pour faire participer les différents
intervenants, financer les investissements à petite échelle
et fixer des objectifs et des dates de fin d’utilisation; elles ont également
encouragé la coopération et l’éducation pour de nouveaux
marchés et de nouvelles stratégies énergétiques
pour l’avenir. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et de
l’agriculture (FAO) et les organisations non gouvernementales ont souligné
le rôle de l’agriculture, notamment des cultures organiques, pour
la consommation et la production durables de sources d’énergie.
- La plupart des participants
ont reconnu que la consommation de combustibles fossiles resterait la source
principale d’énergie. Les syndicats ont décrit la notion de
transition équitable des emplois existants aux nouveaux emplois
et aux industries et institutions naissantes afin de garantir la stabilité
de l’emploi et des communautés. Les autorités locales ont
noté que la demande de sources d’énergie renouvelables avait
fait diminuer la demande de combustibles fossiles. Les scientifiques ont
mentionné le développement de technologies pour des combustibles
moins polluants. Le secteur des affaires a cité le gaz naturel comme
source d’énergie fiable et non polluante pour le XXIe siècle,
en particulier dans les pays en développement, grâce à
une amélioration de la production et des transports. Les organisations
non gouvernementales ont déclaré que les combustibles fossiles
étaient non durables et ont demandé un moratoire sur l’exploration
pétrolière.
- L’hydroélectricité
à grande échelle utilisant de grands barrages a été
considérée comme non durable en raison de ses effets négatifs
sur l’environnement et la société, bien que les scientifiques
se soient déclarés en faveur de l’hydroélectricité
et des barrages existants et ont encouragé l’hydroélectricité
" au fil de l’eau ". Les organisations non gouvernementales
ont demandé un moratoire sur la construction de grands barrages et
ont critiqué le charbon, ressource non durable et menace pour la
santé et pour l’environnement. Les entreprises ont reconnu que l’utilisation
du charbon devait cesser dans les foyers mais ont déclaré
qu’avant qu’un remplacement soit institué, il était nécessaire
de satisfaire les besoins en énergie en utilisant les ressources
disponibles.
- L’utilisation de l’énergie
nucléaire a suscité un débat, notamment pour savoir
si elle peut être considérée comme une forme durable
d’énergie. Les organisations non gouvernementales, les syndicats,
les autorités locales et plusieurs pays en développement,
y compris un représentant des petits États insulaires en développement,
se sont opposés à l’utilisation de l’énergie nucléaire
et ont encouragé des politiques favorisant d’autres sources d’énergie.
Les organisations non gouvernementales ont transmis à la présidence
une pétition signée par plus de 800 organisations déclarant
que l’utilisation de l’énergie nucléaire était contraire
à l’esprit d’Action 21. Les scientifiques ont insisté
sur le fait que l’énergie nucléaire ne causait pas de pollution
atmosphérique, mais ont insisté sur la nécessité
d’une réduction des coûts dans les pays en développement.
Le secteur des affaires et de l’industrie a déclaré que si
l’on envisageait toutes les options en matière d’énergie,
l’énergie nucléaire, malgré des préoccupations
en ce qui concerne l’élimination des déchets, pouvait fournir
de l’électricité à grande échelle avec des impacts
réduits, et permettait une alimentation constante et fiable. Les
scientifiques et le secteur des entreprises ont insisté sur la nécessité
de l’acceptation du public et de recherches complémentaires sur l’élimination
des déchets en toute sécurité.
- En examinant les choix
durables et les critères de succès, le secteur des entreprises
et de l’industrie a souligné qu’il était nécessaire
de surmonter la pauvreté énergétique. Plusieurs pays
en développement ont souligné l’absence de fonds permettant
d’appuyer une utilisation d’énergie durable. Les scientifiques ont
fait observer que les pays n’avaient pas à choisir entre des politiques
d’énergie durable et leurs besoins en matière d’éducation,
de santé et d’emploi, car les politiques de ces différents
domaines pouvaient être complémentaires. Les autorités
locales ont insisté sur le rôle des responsables au niveau
local et sur la nécessité d’un appui au niveau national. Les
organisations non gouvernementales ont noté qu’il était nécessaire
de fixer des normes en matière d’énergie durable.
- Les scientifiques ont
indiqué que la question était de savoir comment obtenir un
panachage des sources d’énergie au niveau international alors que
chaque partie prenante avait sa propre conception des solutions optimales.
Les scientifiques étaient d’accord avec le secteur des entreprises
pour dire que le développement durable ne devait pas exclure les
sources d’énergie et ont préconisé le recours à
des experts de disciplines pertinentes pour appuyer et informer les processus
décisionnels participatifs. Tous ont convenu que l’inclusion, la
coopération et l’éducation des parties prenantes étaient
essentielles. Les autorités locales ont insisté sur les partenariats
secteur public-secteur privé et sur les normes permettant d’orienter
les forces du marché dans le cadre de la déréglementation
de l’énergie.
- En définissant
les notions d’utilisation rationnelle de l’énergie, les autorités
locales ont souligné qu’il était faisable du point de vue
technologique et économique d’améliorer le rendement et de
satisfaire tous les besoins sans accroître la production énergétique.
Les organisations non gouvernementales ont préconisé la conservation
d’énergie et le rendement énergétique à tous
les niveaux et dans tous les secteurs, en utilisant des mesures axées
sur l’offre et des sources d’énergie renouvelable comme instrument
du développement durable. Un pays développé a répondu
qu’il serait nécessaire d’accorder davantage d’attention aux services
énergétiques du point de vue de la demande pour voir des améliorations
continues, qui dépendaient de la coopération et de l’action
du secteur public en faveur d’une planification urbaine appropriée
et des prix, et a constaté que le développement serait basé
sur l’investissement du secteur privé. Les scientifiques ont insisté
sur la nécessité d’investissements rapides dans les nouvelles
technologies afin d’améliorer la rentabilité et la performance.
- Les différents
groupes ont fait plusieurs propositions, notamment :
a) Promouvoir
l’utilisation rationnelle de l’énergie grâce à des programmes
et politiques gouvernementaux, fixer des normes nationales pour une production
d’énergie moins polluante et utiliser des règlements pour
accroître l’utilisation d’énergie durable;
b) Éliminer
les subventions portant sur des sources d’énergie non durables et
éliminer les obstacles réglementaires aux sources d’énergie
renouvelables;
c) Augmenter
la recherche-développement en ce qui concerne la fixation du carbone,
les piles à combustible et l’élimination des déchets
nucléaires en toute
sécurité;
d) Favoriser
les investissements permettant de réduire la demande en énergie
et d’accroître le rendement énergétique grâce
à la création de groupes régionaux;
e) Encourager
les gouvernements nationaux et les donateurs à appuyer les efforts
des collectivités locales par des normes et des mesures d’incitation
afin que les villes aient le meilleur rendement possible;
f) Favoriser
le développement de sources d’énergie renouvelables, en particulier
dans les zones rurales, l’objectif étant que 10 % de l’énergie
totale provienne de l’énergie éolienne avant 2020;
g) Demander
la ratification du Protocole de Kyoto12, à
la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques avant
le Sommet de Johannesburg en 2002;
h) Mettre
au point et tester de nouvelles méthodes pour internaliser les coûts
environnementaux et sociaux et utiliser le coût du cycle de vie;
i) Donner
aux autorités locales l’appui nécessaire pour mettre en place
des projets et des investissements concernant des mesures de réduction
de la demande énergétique et appuyer les initiatives locales
prises dans le cadre d’Action 21 pour la mise en oeuvre de politiques
et de programmes d’énergie durable;
j) Mettre
au point et tenir à jour une base de données sur le site Web
de l’ONU, facilitée par la Commission, pour la mise en commun d’informations
sur les sources d’énergie durables et examiner les statistiques relatives
aux performances énergétiques des entreprises publiques;
k) Créer
un forum international des parties prenantes grâce auquel ils pourront
examiner des politiques avec la contribution des spécialistes de
la communauté scientifique dans plusieurs disciplines;
l) Créer
un fonds de transition et garantir que les droits de propriété
intellectuelle n’affectent pas les transferts de technologies relatives
à l’énergie durable;
m) Favoriser
la création d’une organisation internationale de l’énergie
durable afin d’aider les pays à identifier et à éliminer
les subventions nuisibles, à intégrer la méthode du
coût intégral dans les programmes énergétiques
et allouer le financement à la conservation d’énergie, au
rendement énergétique et aux sources d’énergie durables;
n) Promouvoir
la coopération entre l’OCDE, l’Organisation internationale du Travail
(OIT) et l’Union européenne dans la recherche consacrée aux
effets des changements climatiques sur l’emploi.
D. Partenariats
public-privé en vue d’assurer une gestion durable
de l’énergie dans le secteur des transports
- Le secteur des entreprises
a déclaré que des systèmes de transport efficaces étaient
essentiels afin d’assurer la croissance économique tout en reconnaissant
qu’il existait des problèmes éventuels concernant la sécurité
d’utilisation de l’énergie et les émissions de dioxyde de
carbone. Une action collective passant par un dialogue entre les pouvoirs
publics, le secteur des entreprises et la société était
nécessaire. Les partenariats mondiaux étaient importants en
vue de trouver des solutions qui garantissent la mobilité en même
temps que la durabilité au niveau mondial et le changement demanderait
certes du temps.
- Les scientifiques ont
estimé que la mobilité était nécessaire mais
qu’elle entraînait l’utilisation d’importantes ressources naturelles
et qu’elle contribuait à la détérioration de la santé
et de l’environnement. Il était urgent de repenser et de comprendre
les conséquences possibles des différents modes de mobilité
en tenant compte de leurs répercussions sur la société.
Le lent processus qui consisterait à trouver de nouveaux moyens de
transport et à inverser les tendances actuelles nécessiterait
des changements à la fois technologiques et comportementaux.
- Les syndicats ont noté
qu’aujourd’hui les transports constituaient une énorme industrie
de services, plus sensible aux besoins des filières d’approvisionnement
mondiales par le transfert de produits au moindre coût qu’aux besoins
des collectivités. De plus en plus, les systèmes de transport
utilisés dans l’économie mondiale faisaient intervenir plusieurs
propriétaires et opérateurs situés dans différents
pays et qu’il était donc difficile d’identifier les responsables
en cas d’accident. La concurrence sur le marché mondial nuisait à
une gestion efficace des systèmes de transport.
- Les autorités
locales ont indiqué qu’il fallait trouver des améliorations
techniques permettant d’améliorer la consommation de carburant dans
le secteur des transports. Cependant, il fallait également modifier
les schémas de consommation en sachant que le pouvoir d’achat à
l’échelle locale pouvait susciter des partenariats plus vastes dans
le monde et entre les parties intéressées. De nombreux programmes
mis en place avec succès par les autorités locales avaient
été documentés et étaient partagés avec
les gouvernements et d’autres parties intéressées.
- Les améliorations
techniques seules ne suffiraient pas à assurer des modes de transport
écologiquement viables; il fallait réduire l’usage des véhicules
privés et soutenir l’utilisation des transports en commun. Il était
particulièrement difficile d’endiguer l’expansion rapide des émissions
des transports aériens. Il fallait également innover afin
d’améliorer l’industrie des véhicules non motorisés
grâce à une collaboration entre les acteurs des secteurs public
et privé. Les ONG ont proposé leur aide en sensibilisant et
en éduquant les collectivités.
- Un pays en développement
a souligné qu’il fallait améliorer l’accès des communautés
isolées au développement. Il fallait pour cela mettre en place
des partenariats axés sur la coopération par l’intermédiaire
d’investissements, améliorer les capacités techniques, accroître
la durabilité de l’utilisation des ressources et renforcer les partenariats
public-privé. Un pays développé a constaté que
la croissance économique était nécessaire si l’on voulait
réduire la pauvreté et que la mobilité était
donc nécessaire pour améliorer les conditions de vie des personnes
et favoriser une plus grande autonomie. Dans ce contexte, les investissements
privés dans de nouvelles technologies permettraient d’apporter un
financement et des technologies propres aux pays les moins avancés,
l’aide publique au développement jouant un rôle de catalyseur,
et le secteur public pourrait apporter son aide en mettant en place des
incitations économiques.
- Les parties intéressées
étaient d’avis que la mobilité était une condition
du développement durable. Le débat s’est porté sur
les choix de modes de transport, sur les changements technologiques et comportementaux
à opérer, sur le choix des carburants et sur le rôle
des transports en commun par opposition aux véhicules privés.
- Les ONG ont fait remarquer
que les voitures étaient de plus en plus largement utilisées
et ont encouragé des politiques en faveur de modes de transport durables
tels que la marche à pied et le vélo, qui permettraient également
d’associer les citoyens à la prise de décisions. Les syndicats
ont noté que les déplacements entre le lieu de travail et
le domicile contribuaient pour beaucoup à la consommation d’énergie.
Les autorités locales ont reconnu que la politique menée par
les pouvoirs publics n’avait guère encouragé la marche et
le vélo dans les villes et que la perte de tels modes de transport
avait des conséquences pour l’économie et la qualité
de vie. Des efforts étaient cependant déployés afin
de remédier au problème dans de nombreuses villes grâce
à des partenariats mis en place entre divers groupes intéressés.
- Les scientifiques ont
noté l’utilité des règlements pour ce qui est d’accroître
l’intérêt pour le rendement énergétique et les
innovations associées. Les autorités locales ont partagé
ce point de vue, soulignant cependant qu’il était également
important de développer le sens des responsabilités des collectivités
et de faire changer les comportements. Les ONG ont réclamé
une action ciblée passant par des directives qui entraveraient la
capacité de l’industrie à polluer et à produire des
véhicules dangereux et polluants. Les syndicats ont demandé
que les directives en vigueur dans ce domaine soient appliquées de
façon stricte.
- Les parties intéressées
ont discuté des solutions techniques qui s’offraient en vue de favoriser
la mobilité. Le secteur des entreprises a souligné que la
mobilité durable était une affaire de comportement humain
autant que de technologie. Les syndicats ont fait observer que certaines
innovations ne conduisaient qu’à une utilisation accrue ou détournée
de l’énergie. Les ONG ont lancé un appel à la recherche
sur des modes de transport durables et souligné la nécessité
de promouvoir les transports non motorisés.
- Les discussions ont
porté sur de nombreux modes de transport. Les autorités locales
et les ONG étaient d’avis que la création de pistes cyclables
encourageait l’utilisation du vélo. Les syndicats ont déclaré
que le chemin de fer était le mode de transport le plus viable à
longue échéance et ont préconisé l’utilisation
du secteur ferroviaire de préférence au secteur routier pour
le transport terrestre de marchandises. Le secteur des entreprises a rappelé
aux participants que les transports en commun nécessitaient la production
d’électricité à grande échelle, qui pourrait
ne pas être assurée par des sources d’énergie renouvelables.
Un pays en développement a indiqué que des systèmes
de transport en commun plus propres étaient souvent inabordables
pour les populations à faible revenu.
- Le secteur des entreprises
a noté que les pays développés considéraient
souvent la voiture comme une source de problèmes tandis que les pays
en développement la considérait comme une solution. Les ONG
ont évoqué le nombre croissant de projets d’autoroutes et
la privatisation des systèmes de transport. Elles ont souligné
les liens qui existaient entre le désengagement de l’État
des secteurs du logement et du développement et les modes de transport
insoutenables à terme. Pour les scientifiques, l’utilisation accrue
des véhicules et les pratiques non viables d’aménagement du
territoire favorisaient l’étalement des villes.
- Les participants ont
également examiné les divers besoins énergétiques
des systèmes de transport et les options qui s’offraient. Les scientifiques
ont déclaré que des options telles que les piles à
combustible et la combustion propre ne pourraient jouer un rôle majeur
dans la transition vers des modes de transport durables que si elles devenaient
concurrentielles. Les nouveaux carburants devaient être développés
dans le cadre d’une politique cohérente d’aménagement du territoire.
Le secteur des entreprises a souligné les conséquences positives
des partenariats public-privé pour les programmes de gestion des
ressources pétrolières en faveur du recyclage du pétrole
utilisé comme moyen d’augmenter le rendement énergétique.
- En ce qui concerne
les marchés, les syndicats se sont déclarés en faveur
de la diminution des transports grâce à une efficacité
accrue du commerce et des expéditions et à la production locale.
Les scientifiques ont déclaré que la prise en compte des effets
externes pouvait entraîner une augmentation des coûts pour les
pauvres, mais que son absence reviendrait à subventionner les transports,
ce qui toucherait les populations pauvres encore plus durement.
- En ce qui concerne
les carburants, le secteur des entreprises a prôné l’utilisation
du gaz naturel et du pétrole liquéfié dans la transition
vers l’utilisation de l’hydrogène, même si des changements
étaient encore nécessaires au fil du temps pour faire de l’hydrogène
un carburant peu coûteux. Les scientifiques ont appuyé la recherche
sur l’oxyde de méthyle, le méthanol, l’hydrogène et
d’autres carburants propres dérivés de sources d’énergie
fossiles.
- Divers groupes intéressés
ont proposé notamment les mesures suivantes :
a) Soutenir
la recherche en vue de permettre de mieux comprendre et évaluer les
politiques de transport et leurs conséquences sociales; utiliser
l’évaluation du coût complet du cycle de vie des systèmes
de transport;
b) Encourager
les partenariats propres à améliorer la sécurité
des travailleurs et les normes environnementales;
c) Mettre
au point des stratégies plus efficaces en vue de réduire l’usage
des véhicules à moteur privés; et éliminer les
subventions profitant aux modes de transport non viables;
d) Établir
et appliquer des normes mondiales minimums afin d’éliminer les carburants
au plomb, réduire les niveaux de bruit et accroître la sécurité
routière, en particulier pour les usagers vulnérables;
e) Créer
un fonds de financement des technologies propres en vue de proposer des
taux préférentiels et abordables pour les autres modes de
transport;
f) Établir
des normes internationales en vue de la production de véhicules propres
et envisager la création, pour les émissions des véhicules,
d’un système semblable à celui de l’Organisation internationale
de normalisation (ISO);
g) Établir
une tarification équitable, prendre en compte les effets externes,
supprimer les subventions aux transports et aider directement les pauvres
plutôt que fausser le marché;
h) Permettre
à toutes les parties intéressées de participer à
la prise de décisions concernant les modes de transport durables
de manière à ce que les instituts de financement internationaux
et les gouvernements ne financent pas d’infrastructures n’ayant pas fait
l’objet d’évaluations environnementales et sociales préalables;
i) Encourager
les partenariats et les changements de comportement des consommateurs ainsi
que les mesures prises par les sociétés en vue de permettre
le passage à la mobilité durable;
j) Renforcer
et soutenir le rôle d’organisations internationales telles que l’OACI
et l’OMI.
E. Planification
de modes de transport durables : choix et modèles pour la conception
des établissements humains et options
en matière de transports
- De nombreuses parties
intéressées ont exprimé des préoccupations similaires
concernant la planification de modes de transport durables et les divergences
de vues sur les problèmes essentiels étaient mineures. La
demande croissante de voitures particulières dans les pays développés
et en développement a été citée comme une des
principales causes de préjudice à la société :
niveaux de circulation dangereux, conflits politiques, instabilité
à l’échelle macroéconomique, situation environnementale
et sanitaire déplorable, changements climatiques et fracture sociale.
L’économie, l’écologie et la cohésion sociale sont
interdépendantes et doivent être prises en considération
dans la planification des modes de transport. Les participants étaient
généralement d’avis que les solutions de transport durables
devaient être intégrées à l’aménagement
du territoire et faire appel à la collaboration entre tous les groupes
à tous les niveaux.
- Un aménagement
du territoire intégré a été jugé important
en ce qui concerne le développement urbain, notamment si l’on veut
limiter l’étalement des villes, créer des collectivités
viables et adopter des solutions de transport conformes à la gestion
de la demande. Les autorités locales ont préconisé
un aménagement du territoire davantage axé sur les régions,
notant que les zones urbaines existantes pouvaient tirer le meilleur parti
de la densité sans pour autant entasser la population. Un pays développé
a reconnu qu’il fallait étudier de façon plus approfondie
la mise au point de modes de transport propres et les possibilités
d’aménagement du territoire à l’échelle nationale et
régionale. Les scientifiques ont souligné que l’aménagement
intégré du territoire devrait inclure le coût complet
sur le cycle de vie, établir des mécanismes de prix et des
règlements de zonage efficaces en vue de décourager l’utilisation
des voitures privées, de créer des voies de circulation sûres
pour les modes de transport non motorisés et de promouvoir les transports
en commun. Les syndicats ont observé que l’offre de choix en fonction
des besoins des communautés avait reçu un accueil très
favorable et qu’il faudrait proposer des incitations.
- Les syndicats ont constaté
de sérieux problèmes sociaux et économiques en raison
de la corruption et de l’inégalité dans l’accès aux
transports, particulièrement des les régions touchées
par la guerre. Ils ont souligné le lien possible entre la nécessité
d’améliorer l’accès au public mondial et l’application du
Pacte mondial. Les ONG ont observé que la démocratie au niveau
local favorisait une action décentralisée dans la planification
des modes de transport. Les scientifiques ont relevé des obstacles
à la planification durable, notamment des politiques et des tarifications
inappropriées et des réticences des hommes politiques et des
juridictions. Ils ont déclaré que les stratégies de
planification devraient porter sur les modifications du comportement et
les innovations technologiques. Les syndicats ont noté qu’une fois
que les usagers des transports en commun s’étaient tournés
vers les véhicules privés, il était difficile de les
ramener aux transports en commun. Les syndicats, les ONG et un certain nombre
de pays développés étaient d’avis que, malgré
leur importance dans la société, les femmes étaient
souvent extrêmement pauvres et tributaires des transports en commun.
Les scientifiques ont ajouté que la planification devait tenir compte
de l’évolution démographique, en considérant la population
vieillissante comme un nouveau problème social.
- Le secteur des entreprises
et l’industrie ont souligné les coûts occasionnés par
les goulets d’étranglement et les temps d’attente dans le cas des
transports routiers. Les syndicats ont fait remarquer que, pour rattraper
le temps perdu, les camionneurs devaient souvent faire des heures de route
excessives. Les ONG et les autorités locales ont remarqué
que la planification était souvent axée sur la construction
de routes, car l’on supposait à tort que le développement
du réseau routier favorisait la croissance économique. Les
syndicats ont exprimé leur préoccupation devant la sécurité
des routes et des véhicules et noté que le transport routier
en Afrique contribuait à la propagation du VIH/sida. La plupart des
parties intéressées étaient d’avis que le transport
ferroviaire ou maritime était plus viable et plus efficace que le
transport routier. Les scientifiques ont souligné la nécessité
d’assurer une répartition plus viable à long terme et de créer
des passerelles entre les différents modes de transport.
- Les ONG ont déclaré
que la finalité des transports devrait être d’améliorer
les conditions de vie et noté le manque de recherche et l’absence
d’intégration des besoins des communautés dans la planification
classique. Les autorités locales ont souligné que leurs efforts
étaient souvent contrariés par les politiques nationales et
les investissements privés dans les automobiles, alors qu’elles étaient
particulièrement bien placées pour influencer la planification
des modes de transport. Elles ont évoqué des solutions en
vue de remettre en état l’infrastructure existante, de mettre au
point une planification régionale et d’appliquer des principes de
" croissance intelligente ". Les scientifiques ont noté
que la migration vers les villes se traduisait par un accroissement de la
demande de transports et ont prôné le télétravail
et le téléenseignement. Les ONG ont souligné l’importance
de l’accès aux produits et aux services par les transports non motorisés
et les transports en commun. Les scientifiques ont soutenu l’utilisation
de véhicules non motorisés, l’établissement de règlements
de zonage en vue de décourager l’usage de la voiture et la création
de programmes d’éducation ayant pour but une plus large utilisation
de modes de transport durables. Les syndicats ont encouragé la création
de programmes sur le lieu de travail en vue de rechercher des solutions
autres que les déplacements domicile-travail.
- Des pays développés
ont mis en avant les principes de l’OCDE concernant les modes de transport
durables, notamment la définition d’une vision à long terme
intégrant toutes les parties intéressées et la recherche
de responsabilités partagées. Ils ont décrit des exemples
de politique gouvernementale visant à créer des incitations
fiscales pour les véhicules peu polluants, à améliorer
les infrastructures dans les villes, à interdire certains carburants,
à intégrer les politiques de régulation de la demande
en matière de transports en commun et de favoriser le passage des
transports routiers aux transports ferroviaires et maritimes.
- Les ONG et le secteur
des entreprises ont confirmé leur volonté d’aider à
intégrer la participation des parties intéressées au
processus de planification. Les ONG ont suggéré que l’Organisation
des Nations Unies pourrait mettre au point des normes et des directives
applicables aux modes de transport durables, apporter une assistance technique
et aider à définir des normes internationales. Les ONG ont
souligné le rôle joué par le PNUD dans les projets d’aménagement
urbain et ont mis en garde contre l’utilisation de méthodes de planification
dépassées dans les pays en développement. Les autorités
locales ont déclaré que c’était à elles et aux
collectivités locales qu’il appartenait de gérer les politiques
d’aménagement du territoire. Les scientifiques ont souligné
qu’il serait utile de créer une base institutionnelle et juridique
efficace en vue d’une planification régionale de la croissance urbaine
conçue en fonction des transports publics.
- Les scientifiques ont
souligné les avantages de l’intégration de technologies et
de la création de formes décentralisées de production
d’énergie au niveau des communautés au service des transports.
Ils ont noté que les populations pauvres des zones rurales constituaient
un marché pour les formules de développement durable. Les
ONG ont souligné que la planification de modes de transport devrait
permettre d’appuyer des technologies mises au point localement. Le secteur
des entreprises a déclaré que le choix d’une démarche
transparente dans la création de normes de partenariat avec les pouvoirs
publics devrait encourager la participation du public dans la perspective
d’une amélioration continue. Les syndicats ont souligné l’importance
des outils permettant de modifier les schémas de production et de
consommation. Le secteur des entreprises a mis en relief la nécessité
d’innover dans la technologie et dans les meilleures pratiques, de proposer
des incitations qui étaient essentielles à la mise en oeuvre,
d’entretenir les infrastructures existantes et d’investir dans la création
de nouvelles, et de faire participer toutes les parties intéressées.
- Les diverses parties
intéressées ont notamment fait les recommandations suivantes :
a) Accroître
la collaboration entre toutes les parties intéressées
afin de trouver des solutions viables concernant des transports sûrs
et moins polluants;
b) Passer
des transports routiers aux transports maritimes et ferroviaires, assurer
la coordination avec les transporteurs en vue de trouver de meilleurs
itinéraires, supprimer les restrictions concernant les ports
et éliminer les pavillons de complaisance;
c) Porter
une attention particulière aux besoins spécifiques des
femmes en matière de transport et s’assurer de leur participation
dans la prise de décisions;
d) Intégrer
la planification des modes de transport dans le cadre plus large de
l’aménagement du territoire en vue de réduire la circulation,
intégrer les coûts complets du cycle de vie, encourager
les transports intermodaux, créer des voies de circulation sûres
pour les transports non motorisés, promouvoir les transports
en commun, utiliser des systèmes d’information intelligents et
promouvoir des sociétés viables, en améliorant
leur qualité de vie;
e) Accroître
le soutien international et national aux initiatives locales;
f) Considérer
que les véhicules à moteurs privés ne s’inscrivent
pas dans la durée et exiger du secteur public qu’il prévoie,
lors de la mise en oeuvre de programmes d’ajustement structurel, des
transports en commun et des transports non motorisés dans des
conditions d’égalité;
g) Établir
séparément les coûts véritables de l’utilisation
de la voiture de manière à ce que soit instaurée
une parité économique avec les autres modes de transport;
h) Assurer
un contrôle public approprié des secteurs du transport
local afin de garantir un service sûr dans des conditions d’égalité;
i) Accroître
les prérogatives des autorités locales concernant la mise
en oeuvre de politiques d’aménagement du territoire et d’investissements;
j) Intégrer
le savoir-faire local dans la planification;
k) Accroître
les activités de recherche des pouvoirs publics concernant les
politiques de transport;
l) Créer
des programmes pilotes dans les zones rurales et urbaines en vue de
freiner l’exode rural;
m) Rechercher,
en partenariat, des solutions privilégiant divers modes de transport
durables en milieu rural;
n) Mettre
au point des principes de planification des modes de transport qui tiennent
compte des individus et concevoir des manuels.