[Original
en vis-à-vis] [Traduction
en plein texte]
Chapitre premier
I Questions appelant une décision du Conseil
économique et social ou portées à son attention
C. Questions portées à l’attention du Conseil
-
L’attention du Conseil est appelée sur les décisions ci-après
adoptées par la Commission :
Décision 7/1. Les mers et les océans
I. Généralités
-
La Commission rappelle que les mers et les océans s’étendent
sur la majeure partie de la planète et sont indispensables à
la vie, déterminent les cycles climatiques et hydrologiques, et
fournissent des ressources sans lesquelles il est impossible d’assurer
le bien-être des générations présentes et futures
et la prospérité économique, d’éliminer la
pauvreté, d’assurer la sécurité alimentaire et de
conserver la diversité biologique marine et sa fonction essentielle
à la préservation des conditions nécessaires à
la vie sur terre. La Commission réitère également
les considérations générales ci-après :
a) La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer constitue
le cadre juridique de référence pour toutes les activités
relatives aux mers et aux océans;
b) Le chapitre 17 d’Action 21 reste le programme d’action de référence
pour les activités de développement durable relatives à
ces derniers;
c) Le Programme relatif à la poursuite de la mise en oeuvre
d’Action 215 adopté par l’Assemblée
générale à sa dix-neuvième session extraordinaire,
et en particulier son paragraphe 36, fait valoir qu’il est nécessaire
de prendre d’urgence des mesures pour protéger les mers et les océans.
-
La Commission, tenant pleinement compte de la situation particulière
de chaque pays, engage les gouvernements à renforcer leur action
nationale, régionale et internationale, selon les circonstances,
afin d’élaborer des approches intégrées de la gestion
des océans et des zones côtières, et rappelle que,
dans ce domaine comme dans les autres, les mesures prises devraient se
fonder sur les principes énoncés dans la Déclaration
de Rio sur l’environnement et le développement.
II. Problèmes majeurs aux niveaux national,
régional et mondial
-
Comme suite à l’Année internationale de l’océan (1998),
la Commission souligne l’importance de la coopération internationale
menée dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit
de la mer et d’Action 21 pour protéger les mers et les océans
au moyen d’une gestion intégrée et faire en sorte que, tout
en respectant la souveraineté, la juridiction et les droits souverains
des États côtiers, et en leur rappelant leurs droits et obligations
en matière de protection du milieu marin, tous les États
puissent utiliser durablement les mers et les océans. La Commission
souligne aussi les menaces que la surexploitation des ressources marines
vivantes, notamment la pêche illégale, non réglementée
et non signalée, la pêche hauturière non viable ou
non contrôlée et la pollution font peser sur la réalisation
de ces objectifs. Dans ce contexte, la Commission recommande que l’on accorde
une priorité particulière :
a) À la conservation, à la gestion intégrée
et viable et à l’utilisation durable des ressources marines vivantes,
y compris des écosystèmes auxquels elles appartiennent;
b) À la prévention de la pollution et de la dégradation
du milieu marin par des activités terrestres et autres;
c) À une meilleure analyse scientifique des océans et
des mers et de leurs ressources, des effets de la pollution et de l’influence
des mers et des océans sur le système climatique mondial,
en vue de conduire et de faciliter des études relatives aux mers
et aux océans, de mieux comprendre les aspects socioéconomiques,
en particulier les effets de la pollution, d’élaborer des mécanismes
plus efficaces pour la gestion et l’utilisation durables des ressources
des mers et des océans et de comprendre des phénomènes
comme El Niño, de s’y préparer et d’en atténuer l’impact;
d) À promouvoir, sur les plans national, régional et
mondial, l’adoption des mesures nécessaires à la mise en
œuvre rationnelle et coordonnée des dispositions de la Convention
des Nations Unies sur le droit de la mer et d’Action 21, s’agissant en
particulier des ajustements institutionnels et de la mise en place de mécanismes
de coordination plus efficaces préconisée au chapitre 17
d’Action 21, pour appuyer les mesures prises par les pays en développement
et en transition aux niveaux national et régional et fournir, entre
autres, une aide financière et technique aux fins du transfert des
écotechnologies requises. Dans ce contexte, la communauté
internationale devrait promouvoir, faciliter et financer, en tant que de
besoin, l’accès aux écotechnologies et aux savoir-faire connexes
et leur transfert, en particulier aux pays en développement, à
des conditions avantageuses – y compris des conditions préférentielles
– mutuellement convenues, en gardant à l’esprit la nécessité
de protéger les droits de propriété intellectuelle
et les besoins particuliers des pays en développement aux fins de
la mise en œuvre d’Action 21.
A. Renforcement des capacités d’action au niveau national
4. Afin d’appuyer l’application du chapitre 17 d’Action 21 au niveau
national, la Commission invite les organismes des Nations Unies et les
gouvernements, dans le cadre de leurs relations bilatérales et des
organisations multilatérales de développement et de financement
dont ils font partie, à s’assurer qu’ils accordent la priorité
voulue, dans leurs programmes, au renforcement des capacités en
ce qui concerne notamment l’étude du milieu marin, l’administration
des pêcheries et la navigation maritime, le contrôle des activités
susceptibles de polluer ou de dégrader le milieu marin et les zones
côtières, la coopération et la coordination avec d’autres
États pour les questions concernant le milieu marin, notamment la
conception de systèmes d’alerte rapide qui permettent d’atténuer
les effets des catastrophes naturelles, en particulier de celles résultant
de la variabilité interannuelle du climat, comme le phénomène
El Niño. À cet égard, il importe également
que les gouvernements, les organismes des Nations Unies et les donateurs
coordonnent leurs activités. Les réunions entre partenaires
régionaux et nationaux des grands groupes visant à renforcer
les capacités peuvent contribuer substantiellement à l’exécution
de ces activités.
B. Renforcement des capacités d’action au niveau régional
-
La Commission souligne l’importance que revêt une coopération
appropriée, au niveau régional et dans le cadre juridique
pertinent, pour la conservation, la gestion et l’utilisation intégrées
et durables des mers régionales. Dans ce contexte, la Commission
souligne qu’il faut, pour qu’il y ait échange de données
d’expérience, renforcer le programme du Programme des Nations Unies
pour l’environnement (PNUE) pour les mers régionales et accroître
la coopération avec les autres organisations maritimes régionales,
conformément aux conclusions formulées récemment par
le Conseil d’administration du PNUE à l’issue de sa vingtième
session. La Commission invite les organismes des Nations Unies et les gouvernements
à coopérer avec les organisations intergouvernementales et
régionales concernées afin de faciliter le choix de solutions
techniques appropriées.
-
La Commission invite en outre les organismes des Nations Unies et les gouvernements,
dans le cadre de leurs relations bilatérales et dans celui des organisations
multilatérales de développement et de financement dont ils
font partie, à accorder un rang de priorité plus élevé
au renforcement des capacités nécessaires pour gérer
les organisations maritimes régionales, les organisations et mécanismes
régionaux intergouvernementaux de pêche et les systèmes
régionaux de contrôle.
C. Accords internationaux
7. Afin de parvenir à l’objectif de la participation universelle,
la Commission recommande que tous les États qui ne l’ont pas encore
fait envisagent de devenir parties à la Convention des Nations Unies
sur le droit de la mer et à l’Accord relatif à l’application
de la partie XI de ladite convention.
8. La Commission note que, si de nombreux accords et programmes d’action
régionaux et mondiaux pour la conservation et l’utilisation durable
des océans et des mers ont été élaborés,
il reste beaucoup à faire pour les appliquer effectivement. Elle
invite donc les organes intergouvernementaux compétents à
examiner, conformément à leurs mandats respectifs, l’état
d’application des accords et programmes d’action internationaux relevant
de leur compétence ainsi que les obstacles qui s’opposent à
leur pleine application, et à proposer des mesures susceptibles
de promouvoir une plus large acceptation et application de ces instruments.
III. Sujets de préoccupation
A. Ressources marines
1. Pêcheries durables et aquaculture
-
La Commission note qu’une gestion rationnelle des pêcheries et de
l’aquaculture peut contribuer substantiellement à la sécurité
alimentaire mondiale et à la création de revenus pour les
générations présentes et futures, dans la logique
de la Déclaration et du Plan d’action de Rome sur la sécurité
alimentaire mondiale, adoptés lors du Sommet mondial de l’alimentation
en 1996. La Commission demande instamment à la communauté
internationale d’encourager les États insulaires et côtiers
en développement à élaborer des méthodes de
gestion durable des pêcheries et de l’aquaculture.
-
La Commission invite tous les États qui ne l’ont pas déjà
fait à envisager de devenir parties ou, selon le cas, à donner
effet, à l’Accord de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO) sur le respect des mesures internationales de conservation
et de gestion par les navires pêchant en haute mer, en date du 24
novembre 1993, à l’Accord des Nations Unies aux fins de l’application
des dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer du 10 décembre 1982 relatives à la conservation et à
la gestion des stocks de poissons chevauchants et des stocks de poissons
grands migrateurs, en date du 4 août 1995 et au Code de conduite
de la FAO pour une pêche responsable, en date du 31 octobre 1995.
La Commission souligne le rôle crucial de ces instruments dans la
protection des stocks de poissons et la nécessité de les
appliquer effectivement.
-
En ce qui concerne la mise en œuvre du Code de conduite pour une pêche
responsable, la Commission se félicite de l’approbation récente,
par le Comité des pêches de la FAO, des plans d’action internationaux
visant à :
a) Réduire la capture accidentelle d’oiseaux de mer lors
de la pêche à la palangre;
b) Conserver et gérer les populations de requins;
c) Gérer les capacités de pêche;
En conséquence, la Commission demande instamment aux gouvernements
d’adopter officiellement ces plans d’action dans les meilleurs délais
et de les appliquer.
-
La Commission constate que, bien que l’on se soit efforcé aux cours
des délibérations de résoudre les autres questions
touchant aux subventions relatives aux pêcheries, ces efforts sont
restés sans résultat.
-
La Commission insiste en outre sur le rôle important que jouent les
organisations régionales de pêche pour faire mieux appliquer
les principes énoncés dans les instruments cités aux
paragraphes 10 et 11. À cet égard, les organisations en question
devraient être instamment invitées à utiliser des données
scientifiques fiables sur les stocks de poissons et à faire appel,
si besoin est, aux grands groupes.
-
La Commission fait observer que l’on doit renforcer les organisations régionales
de pêche et faire en sorte que le système des organisations
régionales de pêche inclue l’ensemble des pêcheries
dont le fonctionnement rationnel dépend d’une telle gestion.
-
Dans cette perspective, la Commission invite les organisations régionales
de pêche, y compris celles qui fonctionnent sous l’égide de
la FAO, à informer la FAO des progrès réalisés
et des problèmes rencontrés dans l’application de ces principes
et de ces recommandations. Les informations en question pourraient figurer
dans les rapports soumis par le Secrétaire général
à l’Assemblée générale.
-
La Commission demande instamment aux États d’appliquer les recommandations
techniques de la FAO visant à réduire au minimum le gaspillage,
les prises accessoires et les déchets de la pêche. Elle encourage
fermement les États à prendre de nouvelles mesures en la
matière, en consultation avec la FAO et les organisations régionales
de pêche, selon qu’il conviendra. La Commission invite également
la FAO a énoncer un plan d’action international visant à
bannir les méthodes de pêches destructrices et engage les
États à faire respecter les interdictions qui existent déjà
dans ce domaine.
-
La Commission souligne également l’importance de la résolution
53/33 de l’Assemblée générale, en date du 24 novembre
1998, dans laquelle l’Assemblée priait instamment toutes les autorités
des membres de la communauté internationale de prendre des mesures
plus énergiques pour faire appliquer intégralement un moratoire
général sur la pêche hauturière au grand filet
pélagique dérivant dans toutes les mers. La Commission invite
en outre les États à prendre des mesures supplémentaires
pour interdire l’utilisation de cet engin de pêche, notamment en
confisquant et en détruisant les filets surdimensionnés.
-
La Commission fait sienne la Déclaration de Rome adoptée
par la Réunion ministérielle sur les pêches organisée
par la FAO (Rome, 10 et 11 mars 1999), dans laquelle l’Organisation s’est
engagée à donner la priorité à l’élaboration
d’un plan d’action mondial pour traiter de manière efficace les
problèmes liés à toutes les formes de pêche
illégale, non réglementée et non signalée.
Il faudrait notamment intervenir lorsque des États ne respectent
pas les responsabilités qui leur incombent en vertu du droit international
s’agissant des navires de pêche arborant leur pavillon, et en particulier
lorsque ces États n’exercent pas efficacement leur juridiction et
leur contrôle sur les navires dont l’exploitation est susceptible
de contrevenir ou de porter atteinte aux règles du droit international
en la matière et aux mesures internationales relatives à
la conservation et à la gestion. En outre, les États, la
FAO, les organes de gestion des pêcheries régionales et les
autres organismes internationaux concernés – tels que l’Organisation
maritime internationale (OMI) – devront coordonner leurs efforts, conformément
aux dispositions de l’article IV du Code de conduite pour une pêche
responsable. La Commission invite par ailleurs l’OMI à étudier,
en coopération avec la FAO et le Secrétariat de l’Organisation
des Nations Unies, les implications des travaux visés au paragraphe
35 a) plus loin sur les activités des navires de pêche.
-
La Commission a examiné, sans pouvoir parvenir à un consensus,
la question relative aux plans qui permettraient de mieux informer les
consommateurs de poisson.
-
La Commission encourage les États à pratiquer une aquaculture
écologiquement rationnelle et durable en application du Code de
conduite pour une pêche responsable et comme le préconise
le Plan d’action adopté à l’issue du Sommet mondial de l’alimentation.
Elle engage la FAO et les gouvernements, en consultation avec les grands
groupes, à instaurer une aquaculture écologiquement rationnelle
et durable en veillant à ce qu’il soit procédé aux
évaluations requises.
2. Autres ressources marines vivantes
-
La Commission entérine le premier et le deuxième appels à
l’action lancés dans le cadre de l’Initiative internationale en
faveur des récifs coralliens ainsi que le cadre d’action de cette
initiative et invite instamment les États, les organisations intergouvernementales
et les autres instances (en particulier la Convention sur la diversité
biologique), les organisations non gouvernementales et le secteur privé
à mettre en œuvre des mesures complémentaires. La Commission
demande aussi aux organismes du système des Nations Unies de l’informer
des progrès réalisés dans l’application des objectifs
internationaux de l’Initiative à l’issue de la période couverte
par son cadre d’action actuel, en 2003.
-
La Commission invite les gouvernements à désigner et à
gérer des zones marines protégées, et à élaborer
en même temps les autres instruments de gestion voulus, conformément
à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, au programme
de travail de la Convention sur la diversité biologique et à
son mandat de Jakarta, afin d’assurer la conservation de la diversité
biologique et la gestion et l’utilisation durables des océans.
-
La Commission engage les organisations régionales de pêche
et les organisations maritimes régionales à coopérer
aux fins d’une meilleure harmonisation des mesures de gestion durable des
pêcheries et de conservation de l’environnement.
-
La Commission fait observer qu’il importe de protéger les écosystèmes
et d’étudier plus avant les approches possibles à cet égard.
3. Ressources marines non vivantes
-
La Commission lance un appel pressant, à la demande des États
concernés, en faveur de l’appui aux mesures nationales d’élargissement
de l’accès aux informations sur les ressources et à l’élaboration
des politiques pertinentes pour faciliter l’exploration et l’exploitation,
avec l’accord des États concernés et d’une manière
compatible avec la viabilité des ressources marines vivantes et
non vivantes qui se trouvent à l’intérieur de leurs zones
économiques exclusives, ou aux limites extérieures de leur
plateau continental, s’il y a lieu.
B. Activités terrestres
-
La Commission se dit vivement préoccupée par la lenteur des
progrès réalisés dans l’application du Programme d’action
mondial pour la protection du milieu marin contre la pollution due aux
activités terrestres6. À cet
égard, elle accueille avec satisfaction la décision prise
récemment par le Conseil d’administration du PNUE d’appliquer le
Programme d’action mondial, et en particulier la demande faite au Directeur
exécutif du PNUE de finir de mettre en place le Bureau de coordination
de La Haye dans les plus brefs délais. Elle souligne l’importance
de cette décision pour prévenir la pollution et empêcher
que le milieu marin ne continue à se dégrader.
-
Conformément à la Déclaration de Washington de 1995
sur la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités
terrestres7, la Commission demande instamment
:
a) Aux gouvernements, aux organismes des Nations Unies et aux donateurs
de coopérer afin de renforcer les capacités et de mobiliser
les ressources nécessaires pour élaborer et appliquer les
programmes d’action nationaux, en particulier ceux des pays en développement
et en transition; les réunions de partenariats décrites au
paragraphe 4 plus haut, peuvent se révéler utiles à
cet effet;
b) Aux institutions nationales et internationales et au secteur privé,
aux donateurs bilatéraux et aux organismes multilatéraux
de financement d’accorder la priorité à des projets s’inscrivant
dans des programmes nationaux et régionaux d’application du Programme
d’action mondial et d’encourager le Fonds pour l’environnement mondial
(FEM) à appuyer ces projets;
c) Qu’on achève la création d’un centre d’échange
d’informations qui permette aux décideurs de tous les États
d’accéder directement aux sources d’information, données
d’expérience pratique et connaissances scientifiques et techniques
voulues et puisse faciliter la coopération scientifique, technique
et financière et contribuer à renforcer les capacités
ainsi que le transfert d’écotechnologies, conformément aux
dispositions prévues au paragraphe 3 d) plus haut;
d) Aux gouvernements et aux organisations internationales, le cas échéant,
d’appliquer le Programme d’action mondial afin de contribuer au renforcement
du programme du PNUE relatif aux mers régionales, comme il est demandé
au paragraphe 5 plus haut.
-
La Commission engage à nouveau les organes directeurs des organismes
et programmes concernés des Nations Unies à réexaminer
leur participation et leur contribution à la mise en oeuvre du Programme
d’action mondial dans le cadre de leurs mandats respectifs, comme l’Assemblée
générale l’a recommandé dans sa résolution
51/189. Elle invite en outre ces organismes et programmes à l’informer
des progrès accomplis à cet égard, dont il pourrait
notamment être rendu compte dans les rapports soumis par le Secrétaire
général à l’Assemblée générale.
-
La Commission insiste aussi :
a) Sur l’intérêt de plans nationaux et locaux conformes
aux principes de la gestion intégrée des zones côtières;
b) Sur l’importance de la poursuite des travaux des organisations internationales
compétentes, en coopération avec les organisations maritimes
régionales, visant à promouvoir la gestion intégrée
des zones côtières;
c) Sur la nécessité d’appuyer les initiatives régionales
visant à élaborer des accords, dispositifs ou plans d’action
aux fins de la protection du milieu marin contre la pollution due aux activités
terrestres.
-
La Commission se félicite de la décision prise récemment
par le Conseil d’administration du PNUE d’examiner si celui-ci peut convoquer
d’ici à l’an 2000 une conférence mondiale destinée
à examiner la question des eaux usées en tant que source
terrestre majeure de pollution menaçant la santé des êtres
humains et des écosystèmes. Dans ce contexte, elle encourage
l’établissement de liens entre, d’une part, les travaux de cette
conférence et, d’autre part, le premier examen intergouvernemental
du Plan d’action mondial, prévu pour 2001, et les conférences
intergouvernementales y relatives sur la gestion durable de l’eau douce
et des océans.
-
La Commission se félicite des activités mises en oeuvre actuellement
sous l’égide du PNUE en vue de l’élaboration d’un accord
international sur les polluants organiques persistants et souligne, à
cet effet, qu’il faut fournir aux pays en développement les compétences
nécessaires et les ressources suffisantes pour réduire leur
dépendance à l’égard de ces polluants, conformément
aux principes énoncés au paragraphe 3 d) plus haut, notamment
par la recherche et l’application de solutions nouvelles viables et écologiquement
rationnelles. La Commission encourage la communauté internationale
à poursuivre ses travaux sur la réduction des rejets, des
émissions et des pertes de substances dangereuses.
C. Sciences de la mer
-
La Commission souligne qu’il est indispensable d’avoir une bonne connaissance
scientifique du milieu marin, y compris des ressources marines vivantes,
pour prendre certaines décisions en pleine connaissance de cause
et notamment de comprendre l’évolution des interactions entre les
systèmes atmosphérique et océanique, en particulier
le phénomène El Niño en 1997-1998. En conséquence,
elle :
a) Déplore que sa décision 4/15 n’ait pas été
suivie d’effet, réaffirme les recommandations qu’elle contient et
se félicite que l’OMI ait l’intention, dans le cadre de sa collaboration
avec d’autres organisations commanditaires, d’améliorer l’efficacité
et la composition du groupe mixte d’experts chargé d’étudier
les aspects scientifiques de la protection de l’environnement marin, et
les encourage à mettre en oeuvre les mesures recommandées
par la Commission dans sa décision 4/15. La Commission recommande
en outre d’examiner la possibilité de faire travailler le groupe
mixte d’experts avec des scientifiques désignés par les gouvernements
et les principaux groupes;
b) Invite la Commission océanographique intergouvernementale
de l’UNESCO à examiner comment élargir et mieux cibler l’aide
fournie pour renforcer les capacités scientifiques nécessaires
à une gestion interdisciplinaire, durable et efficace du milieu
marin dans les pays en développement, notamment dans les pays les
moins avancés et les petits États insulaires en développement.
Rappelant sa décision 6/3 sur la nécessité d’accroître
la communication scientifique, la Commission encourage le Congrès
scientifique mondial de l’UNESCO, qui doit se réunir prochainement,
à étudier la question;
c) Souligne qu’il importe de recueillir des données océanographiques
fiables au moyen de systèmes tels que le Système mondial
d’observation des océans, en particulier le Réseau mondial
de surveillance des récifs coralliens, et de procéder périodiquement
à une évaluation scientifique générale des
eaux internationales telle que l’Évaluation mondiale des eaux internationales,
qui porterait notamment sur l’impact des changements physiques et chimiques
des océans sur la santé, la répartition et la productivité
des ressources marines vivantes.
-
Afin d’améliorer la connaissance scientifique des stocks de poissons,
la Commission invite les organisations régionales s’occupant de
pêches à coopérer entre elles, dans les limites de
leurs compétences, et à envisager, le cas échéant,
de renforcer la surveillance des prises, au moyen de systèmes d’examen
critique par les pairs visant à améliorer la qualité
scientifique des évaluations des stocks, d’échanges d’information
sur les techniques d’évaluation et, d’une manière générale,
d’une plus grande transparence. Elle invite la FAO à contribuer
à ce processus et à l’appuyer ainsi qu’à renforcer
son système global de contrôle des stocks de poissons grâce
à un plus vaste réseau d’information, à des méthodes
plus homogènes et à une mise à jour régulière
de l’information, en coopération étroite avec les États
et les organisations régionales s’occupant des pêches, selon
que de besoin.
-
La Commission note l’impact, dans le monde entier, du phénomène
d’oscillation australe El Niño, l’un des exemples les plus probants
de l’interaction entre les océans et l’atmosphère, ainsi
que de ses conséquences écologiques, sociales et économiques,
en particulier pour les pays en développement. Elle accueille avec
satisfaction la réunion intergouvernementale d’experts qui s’est
tenue à Guayaquil (Équateur) en novembre 1998, se réjouit
de la réunion intergouvernementale qui doit se tenir à Lima
en septembre 1999 et de la réunion sur la désertification
et le phénomène El Niño qui doit se tenir à
La Serena (Chili) en octobre 1999. Par ailleurs, elle :
a) Prie le Secrétaire général de compiler les
informations sur tous les aspects de l’impact du phénomène
El Niño contenues dans les rapports nationaux sur l’application
d’Action 21 et de les transmettre à l’équipe de travail interinstitutions
de l’ONU chargée de l’étude de ce phénomène
aux fins de l’élaboration d’une stratégie internationale,
concertée et globale d’évaluation, de prévention,
d’atténuation et de réparation des effets de ce dernier,
y compris sur les récifs coralliens;
b) Décide d’examiner, à sa huitième session, l’impact
du phénomène El Niño dans le cadre de son examen de
la planification et de la gestion intégrée des ressources
terrestres;
c) Reconnaît qu’il importe d’inscrire la question du phénomène
El Niño à l’ordre du jour du prochain examen quinquennal
d’ensemble de l’application d’Action 21 et prie le Secrétaire général
de lui soumettre un rapport qui rende compte de toutes les décisions
qu’il faudra prendre à cette fin;
d) Invite tous les organismes intergouvernementaux concernés
par les questions relatives aux océans à étudier,
dans le cadre de leurs mandats respectifs, si leurs programmes de travail
leur permet d’examiner comme il convient les incidences potentielles d’une
augmentation de la variabilité climatique et à réfléchir,
en faisant appel aux divers dispositifs de coordination, à ce qu’il
reste à faire pour permettre de mieux comprendre les conséquences
probables sur l’environnement marin et côtier de phénomènes
tels qu’El Niño.
D. Autres activités marines
-
La Commission :
a) Invite l’OMI à élaborer d’urgence des mesures contraignantes
si ses membres le jugent utile, afin de veiller à ce que les navires
de tous les États du pavillon respectent les règles et normes
internationales afin de donner pleinement effet à la Convention
des Nations Unies sur le droit de la mer, notamment à l’article
91 (Nationalité des navires) ainsi qu’aux dispositions des autres
conventions pertinentes. À cet égard, la Commission souligne
l’importance de l’instauration d’une surveillance portuaire gouvernementale
plus efficace.
b) Préconise que l’exportation de déchets et autres matières
en vue de leur immersion soit arrêtée; la Commission recommande
en outre que les États soient encouragés à devenir
parties au Protocole de 1996 relatif à la Convention de 1972 sur
la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion
de déchets et autres matières;
c) Rappelle l’objectif énoncé au paragraphe 29 de sa
décision 4/15, à savoir encourager les États qui ne
l’ont pas encore fait à signer, ratifier et appliquer la Convention
de Bâle de 1989 sur le contrôle des mouvements transfrontières
des déchets dangereux et de leur élimination;
d) A examiné plus avant la question du droit des États
d’interdire les mouvements transfrontières de matières et
de déchets dangereux et radioactifs sur le territoire soumis à
leur juridiction conformément au droit international. Elle a noté
que certaines délégations insistaient sur la nécessité
de poursuivre les efforts pour que les mouvements transfrontières
de ces matières s’opèrent dans de bonnes conditions de sécurité
et appuyaient l’appel lancé aux États qui ne l’avaient pas
encore fait pour qu’ils deviennent partie à la Convention commune
sur la sûreté de la gestion du combustible irradié
et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs,
qu’ils appliquent cet instrument et qu’ils envisagent de donner un caractère
contraignant au Recueil de règles de sécurité pour
le transport de combustible nucléaire irradié. La Commission
n’a toutefois pas été en mesure d’aboutir à un consensus
sur ces propositions;
e) Recommande d’encourager la communauté internationale à
s’associer pleinement aux divers efforts déployés conformément
aux accords internationaux pertinents, notamment à la Convention
internationale pour la prévention de la pollution par les navires
(MARPOL 73/78), afin d’empêcher que l’eau de ballast des navires
n’engendre une prolifération d’organismes aquatiques nuisibles;
f) Recommande le programme visant à établir dans le cadre
de l’Organisation maritime internationale des mécanismes de contrôle
de l’utilisation de peintures antisalissures nocives sur les navires soit
exécuté selon le calendrier prévu, et souligne qu’il
faut fournir les compétences nécessaires et des ressources
suffisantes aux pays en développement en application du paragraphe
3 d) plus haut;
g) Se félicite des activités menées par l’Autorité
internationale des fonds marins pour élaborer un projet de code
d’exploitation minière portant notamment sur la protection de l’environnement
marin;
h) Note que la mise à la ferraille de navires constitue un problème
préoccupant du point de vue de la pollution de l’environnement et
invite donc l’OMI à examiner cette question et encourage les États
à s’assurer que toutes les précautions sont bien prises lors
de la mise au rebut des navires en tenant compte de la nécessité
de fournir des compétences et des ressources appropriées
aux pays en développement en application du paragraphe 3 d) plus
haut;
i) Recommande aux États d’envisager de ratifier, d’accepter
ou d’approuver l’annexe VI à la Convention MARPOL relative à
la lutte contre la pollution atmosphérique par les navires;
j) Recommande en outre, afin de réduire les risques pour l’environnement
et les dommages potentiels associés au transport maritime, notamment
lorsque les zones de transit sont écologiquement vulnérables,
que les États appliquent intégralement la Convention de l’OMI
sur le règlement international pour prévenir les abordages
en mer.
-
La Commission, tenant compte de sa décision 4/15 et saluant les
conclusions de la réunion internationale d’experts portant sur les
pratiques environnementales touchant les activités d’exploration
pétrolière ou gazière en mer organisée conjointement
par le Brésil et les Pays-Bas à Noordwijk (Pays-Bas), en
1997, recommande que :
a) L’action liée aux aspects environnementaux touchant les
activités d’exploration pétrolière ou gazière
en mer continue à être menée aux niveaux national,
sous-régional et régional;
b) Cette action s’appuie sur un échange d’informations sur l’établissement
et l’application de systèmes de gestion de l’environnement appropriés
permettant de réaliser les objectifs nationaux, sous-régionaux
et régionaux;
c) Soient lancées de nouvelles initiatives auxquelles seraient
associés pouvoirs publics, organisations internationales, exploitants
et principaux groupes, pour promouvoir cet échange d’informations,
sensibiliser le public et alerter les populations à temps au cas
où des activités et des projets liés à l’exploration
pétrolière et gazière représenteraient une
menace potentielle pour le milieu marin.
E. Coordination et coopération internationales
-
La Commission demande instamment aux institutions compétentes nationales,
régionales ou mondiales de resserrer leur collaboration, compte
tenu de leurs mandats respectifs, pour coordonner leurs approches, éviter
les doubles emplois, rationaliser le fonctionnement des organisations existantes,
améliorer l’accès à l’information et en assurer une
meilleure diffusion.
-
La Commission note également que la particularité des océans
et des mers rend l’instauration d’une coordination et d’une coopération
internationales nécessaire. Aussi elle recommande, sur la base des
arrangements existants, que tous leurs aspects juridiques, économiques,
sociaux et environnementaux soient regroupés dans une approche plus
cohérente aussi bien au niveau intergouvernemental qu’interinstitutionnel.
À cette fin, la Commission :
a) Invite le Secrétaire général à prendre
des mesures visant à assurer une collaboration plus efficace entre
les organes compétents du Secrétariat de l’ONU qui soutiennent
les activités relatives aux océans et aux mers;
b) Invite en outre le Secrétaire général à
compléter ses rapports annuels à l’Assemblée générale
par des propositions axées sur les initiatives susceptibles d’être
menées dans le cadre de l’amélioration de la coordination
et de l’intégration, et à les soumettre bien avant qu’ils
ne soient examinés à l’Assemblée;
c) Invite le Secrétaire général, agissant en coopération
avec les chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies compétents,
à prendre des mesures pour rationaliser les travaux du Sous-Comité
des océans et des zones côtières du CAC, notamment
en les rendant plus transparents et mieux adaptés aux besoins des
États Membres, par exemple en organisant régulièrement
des réunions d’information sur ses activités;
d) Recommande que l’Assemblée générale, compte
tenu de la nécessité de tirer le meilleur parti du cadre
existant, examine les moyens de rendre son débat annuel sur les
océans et le droit de la mer plus efficace.
-
Afin de favoriser l’instauration d’une coopération et d’une coordination
meilleures en ce qui concerne les mers et les océans et en application,
notamment, du paragraphe 38 d) ci-dessus, la Commission recommande à
l’Assemblée générale d’établir un processus
consultatif officieux à composition non limitée, ou tout
autre processus dont elle pourrait décider, placé sous son
égide et ayant pour seule fonction de faciliter l’examen efficace
et constructif des questions relevant de son mandat actuel [énoncé
dans la résolution 49/28 de l’Assemblée générale
(1994)], suivant les principes énoncés ci-après :
1. Principes
-
En raison de la complexité et de l’interdépendance des océans
et des mers, la coordination et la coopération internationales doivent
avoir certaines particularités :
1. L’Assemblée générale est l’organe compétent
pour décider de la coordination propre à garantir que tous
les aspects relatifs aux problèmes des océans soient abordés
de façon intégrée, tant au niveau intergouvernemental
qu’au niveau interinstitutions.
2. Ce processus devrait pleinement respecter les dispositions de la
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, et tenir compte des
accords conclus lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement
et le développement, notamment du chapitre 17 d’Action 21. Il devrait
également prendre en considération les informations fournies
par la Commission du développement durable et d’organes de l’ONU.
3. Pour atteindre cet objectif, l’Assemblée générale
doit accorder plus de temps à l’examen du rapport du Secrétaire
général sur les océans et le droit de la mer ainsi
qu’à la préparation du débat sur cette question en
séance plénière.
4. Il faudrait éviter de créer de nouvelles institutions.
L’Assemblée générale devrait chercher à renforcer
les structures et les mandats existants au sein du système des Nations
Unies. Ce processus ne devrait pas faire double emploi et il ne devrait
pas y avoir de chevauchements entre les négociations en cours et
les débats de certains organes spécialisés.
5. L’Assemblée générale a pour rôle de promouvoir
la coordination des politiques et des programmes. Elle n’a pas pour mission
d’assurer la coordination juridique entre les divers instruments. En s’acquittant
de sa fonction, l’Assemblée ne devrait pas perdre de vue les caractéristiques
et les besoins différents de toutes les régions du monde.
6. La participation des États Membres et observateurs devrait
être aussi large que possible.
7. Ce processus devrait être mené à bien dans les
limites des ressources budgétaires annuelles du Secrétariat.
2. Détails pratiques
-
Le processus consultatif officieux mentionné ci-dessus ou tout autre
processus décidé par l’Assemblée générale
aurait pour base de travail le rapport du Secrétaire général
sur les océans et le droit de la mer. Son rôle serait de promouvoir
un échange de vues exhaustif sur ce rapport et de cerner les nouveaux
problèmes particuliers qui devraient être examinés
par l’Assemblée. Il s’attacherait à identifier les domaines
dans lesquels il serait bon d’améliorer la coordination et la coopération
aux niveaux intergouvernemental et interinstitutions. Le processus consultatif
officieux fournirait des éléments que l’Assemblée
générale examinerait et reprendrait éventuellement
dans ses résolutions au titre du point de l’ordre du jour intitulé
"Océans et droit de la mer".
-
Le processus devrait également tenir compte des recommandations
que la Commission du développement durable présente à
l’Assemblée générale (par l’intermédiaire du
Conseil économique et social).
-
Ce processus durerait chaque année une semaine et favoriserait la
participation des différents organismes gouvernementaux concernés
par les questions relatives aux océans et aux mers. Il importerait
au plus haut point que les représentants des grands groupes y contribuent
de manière appropriée et le meilleur moyen serait peut-être
d’organiser des groupes de discussion.
-
En décidant de la date la plus favorable pour la tenue du processus,
l’Assemblée générale devrait garder à l’esprit,
notamment, qu’il est souhaitable de favoriser la présence d’experts
envoyés par les capitales et de tenir compte des besoins des petites
délégations.
-
L’Assemblée examinerait l’efficacité et l’utilité
du processus au plus tard quatre ans après son établissement.
Annexe
Résumé par les Coprésidents des débats
tenus par le Groupe de travail spécial intersessions sur les océans
et les mers et sur le développement durable des petits États
insulaires en développement à l’occasion de sa réunion
organisée du 1er au 5 mars 1999
I. Introduction
-
Le débat sur les océans et les mers s’appuyait sur le rapport
du Secrétaire général sur les océans et les
mers8 établi au titre du chapitre 17
d’Action 21. La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer a servi
de base juridique et Action 21 de base politique à ce débat.
L’Année internationale des océans (1998) a permis de sensibiliser
l’opinion publique internationale à ces questions.
-
De nombreuses délégations ont indiqué que la septième
session de la Commission devrait consolider les acquis. Elles ont en outre
fait remarquer que la décision 4/15 de la Commission et le paragraphe
36 du Programme de suivi de la mise en oeuvre d’Action 21 adopté
par l’Assemblée générale à sa dix-neuvième
session extraordinaire méritaient une attention toute particulière.
-
Les principaux points de départ des discussions concernaient notamment
la reconnaissance du droit des pays à gérer et à exploiter
leurs ressources marines de manière rationnelle, la nécessité
d’accroître les moyens dont ils disposent à cet égard
et celle de bien préserver les fonctions, espèces et milieux
de l’écosystème marin. De nombreuses délégations
ont noté que les ressources marines constituaient une source de
sécurité alimentaire primordiale pour de nombreux États
côtiers et insulaires en développement. La gestion rationnelle
des océans et des mers et des zones côtières adjacentes
a d’importantes conséquences économiques et sociales, notamment
sur la réduction de la pauvreté.
-
De nombreuses délégations de pays en développement
et développés et de pays en transition ont échangé
des informations sur les politiques, stratégies et activités
menées par leur pays pour protéger et gérer les océans
et leurs ressources biologiques. De récentes réunions sur
ce sujet, qui ont beaucoup contribué au débat, ont été
évoquées, notamment la réunion internationale d’experts
portant sur les pratiques environnementales touchant les activités
d’exploration pétrolière ou gazière en mer organisée
conjointement par le Brésil et les Pays-Bas à Noordwijk (Pays-Bas)
en 1997; la conférence sur les océans de l’Association de
coopération économique Asie-Pacifique tenue à Hawaii
en octobre 1998; la conférence intergouvernementale d’experts sur
El Niño tenue à Guayaquil (Équateur) en novembre 1998;
le colloque international sur la gestion des écosystèmes
marins tropicaux tenu à Townsville (Australie) en novembre 1998;
la conférence sur la coopération pour le développement
et la protection du milieu côtier et marin en Afrique subsaharienne,
parrainée par le Comité consultatif sur la protection des
mers, le PNUE et le Gouvernement sud-africain, tenue au Cap en décembre
1998; et le deuxième Séminaire de Londres sur les océans,
organisé par le Brésil et le Royaume-Uni en décembre
1998. On a également mentionné les travaux de la Commission
mondiale indépendante sur les océans et la quatrième
série de consultations multilatérales de haut niveau sur
les stocks de poissons grands migrateurs dans le Pacifique central et occidental,
tenue à Hawaii en février 1999.
II. Grandes questions aux niveaux national, régional
et international
-
Les grandes questions prioritaires soulevées par le Groupe de travail
sont : a) la conservation et la gestion des ressources biologiques marines,
y compris les pêcheries durables; b) la prévention de la pollution
et de la dégradation du milieu marin par des activités d’origine
terrestre; c) la connaissance scientifique de l’interaction entre l’océan
et le système climatique mondial; et d) le renforcement de la coopération
et de la coordination internationales.
A. Renforcement des capacités en vue d’une action aux
niveaux national et régional
-
De nombreuses délégations ont noté que le renforcement
des capacités était à la base de toutes les solutions
aux problèmes des océans et des mers. Elles ont souligné
qu’il fallait renforcer les capacités aux niveaux national et régional
pour assurer la cohérence de l’action entreprise. Il était
essentiel pour cela de mieux connaître l’océan, en s’appuyant
sur les travaux et l’expérience des scientifiques de tous les pays
et de toutes les organisations compétentes.
-
De nombreuses délégations ont souligné qu’il fallait
des ressources financières et un transfert de technologie pour réaliser
les objectifs du chapitre 17 d’Action 21.
-
De nombreuses délégations ont souligné qu’il fallait
prendre des mesures pratiques au niveau régional et renforcer la
collaboration océanographique régionale, notamment par le
Programme relatif aux mers régionales du PNUE et des accords correspondants
dans d’autres régions, pour rendre compatibles les politiques des
États dans ce domaine. Une relance du Programme relatif aux mers
régionales s’imposait. Les organisations régionales de gestion
des pêcheries et celles qui sont chargées de la protection
des milieux marins régionaux devraient être également
invitées à coopérer à l’élaboration
d’une approche intégrée de la gestion des pêcheries
et de la protection, conservation et gestion de l’environnement axée
sur l’écosystème. Certaines délégations ont
estimé qu’il fallait créer des réseaux régionaux
d’échange et de diffusion d’informations scientifiques sur les océans,
ou les renforcer.
B. Accords internationaux
-
Plusieurs délégations ont demandé que des accords
internationaux comme la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer, l’Accord des Nations Unies sur les stocks de poissons grands migrateurs
et l’Accord de la FAO sur le respect des mesures de conservation et de
gestion, la Convention internationale sur la prévention de la pollution
des mers résultant de l’immersion de déchets et autres matières
et son Protocole de 1996 ainsi que la Convention internationale pour la
prévention de la pollution par les navires (MARPOL 73/78) soient
ratifiés d’urgence et appliqués intégralement. L’importance
de l’application des plans d’action internationaux de la FAO sur la gestion
des capacités de pêche, la pêche au requin et les prises
accidentelles d’oiseaux de mer par les palangriers et du Code de conduite
de la FAO pour une pêche responsable a également été
soulignée. Les délégations ont recommandé que
ces instruments soient pleinement pris en compte dans la formulation et
l’adoption de plans d’action nationaux.
III. Domaines de priorité
A. Ressources biologiques marines
-
De nombreuses délégations ont noté que les diverses
méthodes de pêche avaient des effets différents sur
les stocks de poissons des régions du monde (on a à cet égard
opposé les pratiques commerciales à la pêche artisanale
dans les pays en développement, et la pêche en haute mer à
la pêche côtière). Le problème, de plus en plus
grave, de la pêche illégale, non comptabilisée et non
réglementée, surtout par des navires battant souvent pavillon
de complaisance et qui amenuisent les ressources halieutiques des États
côtiers et insulaires en développement ainsi que les ressources
pélagiques, a été soulevé. De nombreuses délégations
ont estimé qu’il fallait éliminer d’urgence ces pratiques,
qui entraînent souvent d’importantes pertes de revenus et de ressources
pour ces pays et nuisent à la pêche artisanale. Elles ont
demandé que les capacités de surveillance et de contrôle
des États côtiers et insulaires en développement soient
renforcées. Ces pays ont également besoin qu’on les aide
à contrôler les flottes de pêche hauturière qui
opèrent en vertu d’accords d’accès. Des délégations
ont indiqué qu’il fallait à cet égard faciliter la
poursuite des travaux sur les aspects techniques de la question. Certaines
délégations ont noté que le problème de la
pêche illégale, non comptabilisée et non réglementée,
pouvait être résolu au mieux par des organismes régionaux
compétents en matière de gestion des pêches.
-
De nombreuses délégations ont estimé qu’il fallait
adopter d’urgence des mesures et des dispositions visant à réduire
et à éliminer les pratiques de pêche déprédatrices.
À cet égard, elles ont demandé qu’entrent en vigueur
et que soient appliqués l’accord de la FAO sur le respect des mesures
de conservation et de gestion et les plans d’action internationaux sur
la gestion des capacités de pêche, la pêche au requin
et les prises accidentelles d’oiseaux de mer par les palangriers adoptés
par le Comité des pêches de la FAO en février 1999
et visant à optimiser la capacité de pêche mondiale
et à mieux gérer la pêche au requin et préserver
les oiseaux de mer. En outre, certaines délégations ont demandé
instamment que soient adoptés aux niveaux national, régional
et mondial des plans de réduction des prises accessoires, pour réduire
ces prises et, faute de pouvoir les éviter entièrement, d’en
réduire les effets. Ces plans devraient notamment restreindre le
recours abusif ou nuisible à des engins ou pratiques de pêche
qui contribuent à accroître les prises accessoires ou à
dégrader le milieu marin.
-
De nombreuses délégations ont établi un lien entre
les appels en faveur de la réduction de la capacité de pêche
mondiale, l’évaluation des effets négatifs éventuels
des subventions et la réduction et l’élimination progressives
des subventions et autres incitations économiques et fiscales qui,
à leur avis, favorisent directement ou indirectement les surcapacités.
De nombreuses autres délégations ont estimé que cela
s’appliquait surtout aux flottes de pêche des pays industrialisés.
Une délégation a cependant fait remarquer qu’étant
donné que le système d’octroi de licences aux navires de
pêche et le nombre des navires de pêche étaient contrôlés,
rien ne permettait de dire que les subventions étaient une cause
de pêche excessive.
-
Certaines délégations ont estimé que les consommateurs
devaient être mieux informés, notamment grâce à
des incitations commerciales comme l’écoétiquetage des poissons
et produits dérivés. D’autres délégations ont
bien souligné qu’il fallait dûment tenir compte, dans les
discussions en cours sur l’écoétiquetage, des effets négatifs
que ces mesures pourraient avoir sur l’accès aux marchés.
D’autres délégations encore ont estimé que cette question
devrait être réglée au niveau national. De nombreuses
délégations ont déclaré que la notion d’écoétiquetage
et autre était encore en cours d’examen par le Comité sur
le commerce et l’environnement de l’Organisation mondiale du commerce et
que, de toute façon, ces mesures ne devraient pas constituer des
entraves au commerce. Certaines autres délégations ont mentionné
les travaux de la FAO à ce sujet.
-
De nombreuses délégations ont indiqué que beaucoup
de pays avaient besoin qu’on les aide à étudier scientifiquement
leurs stocks de poissons. On devrait envisager une coopération régionale
halieutique, notamment dans le cadre d’un mécanisme régional
de consensus scientifique sur l’information existante sur l’état
des stocks de poissons et les prises.
B. Activités d’origine terrestre
-
De l’avis général, des progrès ont été
réalisés depuis l’adoption du Programme d’action pour la
protection du milieu marin contre la pollution due aux activités
terrestres, encore qu’il faille s’atteler de toute urgence à son
exécution aux niveaux régional et national. Certaines délégations
ont souligné qu’il importait de relancer le rôle du PNUE dans
la création d’un mécanisme d’information qui favoriserait
l’action nationale et régionale.
-
De nombreuses délégations ont souligné que le manque
de ressources financières constituait l’obstacle majeur à
la réalisation des objectifs du Programme d’action. À moins
qu’une assistance ne soit fournie en particulier aux pays en développement,
son exécution se révélerait difficile.
-
Certaines délégations ont estimé que le choix des
mesures à adopter pour faire face aux problèmes des eaux
usées constituait une difficulté majeure. Elles ont également
noté qu’il fallait qu’un lien soit établi entre les travaux
que mène la Commission sur le problème des eaux usées
et le Programme d’action.
C. Océanographie et changement climatique
-
Plusieurs délégations ont indiqué que les phénomènes
El Niño et La Niña avaient des répercussions mondiales
qui appelaient une action de longue haleine, en particulier pour améliorer
la surveillance et la prévision des variations climatiques, mettre
en place des systèmes d’alerte avancée au niveau régional,
renforcer les capacités régionales et nationales à
ce sujet et aider à prévenir les catastrophes naturelles.
-
Plusieurs délégations ont noté que le récent
El Niño avait provoqué beaucoup de ravages au niveau des
populations vulnérables de plusieurs pays, de leurs ressources naturelles
et de leur bétail. À cet égard, de nombreuses délégations
ont évoqué une série de conférences intergouvernementales
tenues sur le phénomène El Niño qui s’était
produit en 1997-1998 dans le cadre de la Décennie internationale
pour la réduction des catastrophes naturelles et conformément
à la résolution 52/200 de l’Assemblée générale,
notamment la conférence intergouvernementale d’experts sur El Niño
qui s’est tenue à Guayaquil (Équateur) en novembre 1998.
Ces conférences devaient aider à mieux comprendre scientifiquement
les effets de ces phénomènes sur l’environnement et la société
et à mieux les prévoir, ainsi qu’à définir
de meilleures méthodes pratiques et théoriques d’atténuation
des dégâts.
-
Plusieurs pays ont indiqué qu’il fallait permettre au public de
mieux comprendre scientifiquement le rôle des océans dans
la modification de variations climatiques extrêmes, comme El Niño,
grâce à la mise en place d’un vaste réseau de stations
de surveillance dans le cadre du Système mondial d’observation des
océans et d’autres programmes internationaux.
-
Des délégations ont noté que l’océanographie
contribuait de plus en plus à la connaissance du changement climatique
et des tendances de l’environnement à l’échelle mondiale.
Elles ont engagé les autorités compétentes à
agir ensemble pour faire avancer ces travaux.
D. Autres types de pollution marine
-
Certaines délégations ont apprécié la contribution
de la réunion d’experts de Noordwijk touchant les pratiques environnementales
concernant les activités d’exploration pétrolière
et gazière en mer, dont la Commission, à sa quatrième
session, a salué la tenue.
-
Les délégations ont indiqué qu’il importait de parvenir
très tôt, dans le cadre de l’Organisation maritime internationale,
à un accord sur les substances dangereuses contenues dans les peintures
antisalissure et sur la propagation d’organismes aquatiques nocifs dans
les eaux de ballast et, dans le cadre de l’Autorité internationale
des fonds marins, sur des normes environnementales pour la prospection
et l’exploitation minière des fonds marins. Certaines délégations
ont indiqué qu’elles étaient favorables à un examen
approfondi au sein de l’OMI des moyens de contrôler la pollution
de l’air par les navires et les systèmes d’établissement
de rapports obligatoires par les navires.
-
De nombreuses délégations ont souligné qu’il importait
de parvenir rapidement sous l’égide du PNUE à un accord sur
les polluants organiques persistants.
-
Certaines délégations ont indiqué qu’elles demeuraient
favorables à l’amélioration du fonctionnement du Groupe mixte
d’experts chargé d’étudier les aspects scientifiques de la
protection de l’environnement marin (GESAMP) tout en notant que les approches
régionales étaient les plus pratiques pour améliorer
l’accès à des connaissances scientifiques solides. On a en
outre noté que l’amélioration du fonctionnement du Groupe
mixte d’experts favoriserait la transparence, la responsabilité
et la concertation.
E. Récifs coralliens et zones marines protégées
-
Certaines délégations ont proposé d’établir
un système mondial représentatif de zones marines protégées
à l’intérieur et au-delà des juridictions nationales.
L’application du concept de zones marines protégées en haute
mer sans qu’aucun accord ne soit conclu sur leur utilisation durable a
suscité une mise en garde. Il a été recommandé
de mettre l’accent sur les zones côtières et d’encourager
chaque État intéressé à exercer sa juridiction
nationale. On a souligné que la poursuite des travaux dans ce domaine
devait se faire conformément au Programme de suivi de la mise en
oeuvre d’Action 21 adopté par l’Assemblée générale
à sa dix-neuvième session extraordinaire.
-
Se référant à l’Initiative internationale en faveur
de la promotion de l’importance des récifs coralliens pour le développement
durable et au Colloque international sur la gestion des écosystèmes
tropicaux tenu à Townsville (Australie) en novembre 1998, de nombreuses
délégations se sont félicitées du nouvel appel
lancé par l’Initiative internationale en faveur des récifs
coralliens et demandé à la Commission de réaffirmer
l’importance qu’elle revêt afin qu’elle puisse atteindre ses principaux
objectifs.
IV. Coordination et coopération internationales
-
De l’avis général, la coordination au sein des gouvernements
et entre gouvernements ainsi qu’entre organismes des Nations Unies était
essentielle et pouvait être améliorée. Les participants
se sont félicités de ce que le Secrétaire général
ait reconnu au paragraphe 52 de son rapport sur les océans et les
mers que le fonctionnement du Comité des océans et des zones
côtières du CAC devait être réexaminé
en vue d’améliorer son efficacité en matière de coordination.
-
Certaines délégations ont appelé l’attention sur la
nécessité d’une plus grande synergie et d’une meilleure intégration
des affaires océaniques au sein du système des Nations Unies.
À leur avis, le débat annuel sur les océans et le
droit de la mer devrait être plus transparent, plus systématique,
mieux adapté et mieux préparé. Les délégations
ont en outre indiqué que la Commission avait un rôle à
jouer s’agissant des océans dans la préparation de la prochaine
évaluation de la mise en oeuvre d’Action 21. Certaines délégations
ont également souligné l’importance de la participation d’acteurs
non gouvernementaux.
-
De nombreuses délégations ont estimé qu’il fallait
améliorer la coordination au niveau intergouvernemental en vue de
parvenir à une conception globale de l’action mondiale sur les océans.
À cet égard, certaines délégations ont fait
des propositions précises, dont certaines ont été
présentées par écrit9.
D’autres propositions pourraient se dégager. D’autres délégations
par contre ont lancé une mise en garde contre l’établissement
d’une nouvelle institution avant que les problèmes et les difficultés
qui se posaient dans le cadre des arrangements actuels ne soient recensés.
Elles ont plutôt mis l’accent sur la nécessité de rationaliser
et de renforcer les mécanismes existants.
-
Certaines délégations ont souligné qu’il fallait au
moins envisager de nouveaux arrangements organisationnels, tenir d’autres
discussions afin de déterminer l’usage que l’on comptait faire des
fonds disponibles, leur nature, la fréquence avec laquelle ils devaient
être réalloués et sur quelle durée, conformément
aux règles et règlements pertinents des Nations Unies. D’autres
délégations ont indiqué qu’il était essentiel
d’identifier les problèmes qui se posaient au niveau des arrangements
internationaux actuels et d’essayer avant tout, pour améliorer la
coordination dans certains domaines, de tirer le meilleur parti du cadre
actuel que constituaient les conventions et organisations pertinentes.
5 Résolution
S-19/2 de l’Assemblée générale, annexe.
6 A/51/116/annexe II.
7 A/51/116, annexe I, appendice II.
8 E/CN.17/1999/4.
9 Voir E/CN.17/1999/17 et Corr.1, sect. II.B, annexe.
Réalisation
: ARMINES, Ecole Nationale Supérieure des Mines de Saint Etienne
© 1999.
Webmaster : agora21@emse.fr.
Résumé :
Présentation du concept de développement
durable, son origine, son historique. Cette page est un point de départ
sur la toile du développement durable.
Mots clefs :
développement durable, environnement, politique
de l'environnement, Agenda 21, centre de documentation