Chapitre premier
I Questions appelant une décision du Conseil économique et social ou portées à son attention
a) Prend note du rapport du Secrétaire général22
et des documents d'information connexes relatifs au transfert de techniques
écologiquement rationnelles, au renforcement des capacités,
à l'éducation et à la sensibilisation du public et
à la science au service du développement durable;
b) Considère que le transfert de techniques écologiquement rationnelles, le renforcement des capacités, l'éducation et la sensibilisation du public, et la science au service du développement durable sont des éléments indispensables du cadre national propice au développement durable, lequel intègre notamment le développement économique et social et la protection de l'environnement;
c) Réaffirme l'importance qu'elle attache aux deux thèmes fondamentaux de l'élimination de la pauvreté et des modes de consommation et de production viables dans le programme de travail que l'Assemblée générale a adopté pour la Commission à sa dix-neuvième session extraordinaire;
d) Rappelle que la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement23 et l'Assemblée générale, à sa dix-neuvième session extraordinaire, ont constaté que l'élimination de la pauvreté était une condition indispensable du développement durable; réaffirme la nécessité urgente de réaliser rapidement et pleinement tous les engagements, accords et objectifs pertinents qui ont été convenus depuis la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement par la communauté internationale, y compris les organismes des Nations Unies et les institutions financières internationales; et, à cet égard, prend note des activités visant à réaliser les objectifs susmentionnés, ainsi que l'objectif tendant à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté24;
e) Réaffirme que l'engagement et la volonté politiques de mobiliser des fonds publics nationaux et internationaux, y compris l'aide publique au développement, et d'encourager l'investissement privé dans tous ces domaines doivent être renouvelés d'urgence, notamment en faveur des pays en développement, afin que les besoins de ces derniers puissent être satisfaits sur les plans du transfert d'écotechnologies, du renforcement des capacités, de l'éducation et de la sensibilisation du public et des capacités scientifiques;
f) Préconise l'utilisation accrue de moyens d'intervention et de mesures d'incitation, tant publics que fondés sur les mécanismes du marché, pour favoriser une meilleure gestion des ressources humaines et naturelles et le renforcement des capacités nationales d'améliorer la mise au point, l'adaptation, l'intégration et l'utilisation des nouvelles technologies;
g) Se félicite que dans tous les domaines, la participation du public et la décentralisation tendent à progresser, notamment que la société civile soit plus largement consultée, que les moyens d'action des citoyens soient renforcés et que les partenariats et les réseaux constitués d'entités publiques et privées se multiplient, ce qui multiplie les initiatives spontanées dans les domaines du renforcement des capacités, de l'éducation et de la sensibilisation du public, du progrès scientifique et du transfert d'écotechnologies;
h) Considère que les filles et les femmes, les jeunes, les populations autochtones et les communautés locales, ainsi que les groupes vulnérables et marginalisés ont des besoins, des compétences et une expérience propres dans tous les domaines du renforcement des capacités, de l'éducation et de la formation, de la science et de l'utilisation des écotechnologies, et souligne qu'il faut veiller à ce qu'ils aient des chances égales en matière d'éducation et de renforcement des capacités et soient davantage associés à la prise de décisions à tous les niveaux;
i) Encourage les gouvernements qui ne l'ont pas encore fait à élaborer des plans et politiques appropriés dans les domaines du transfert d'écotechnologies, du renforcement des capacités, de l'éducation et de la sensibilisation du public et de la science au service du développement durable, et à faire en sorte que ces plans et politiques soient pleinement intégrés aux stratégies nationales de développement durable et aux programmes de coopération régionale et sous-régionale.
A. Transfert de techniques écologiquement rationnelles
a) Rappelle qu'Action 2125 et la Déclaration
de Rio23 offrent un cadre de référence
pour les activités relatives au transfert d'écotechnologies,
à la coopération et au renforcement des capacités;
b) Se félicite des initiatives qu'ont prises le Gouvernement de la République de Corée et le Gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord en vue d'organiser des réunions intersessions sur les questions touchant le transfert de technologie, la coopération et le renforcement des capacités;
c) Considère que les objectifs du développement durable ne peuvent être atteints que grâce à une innovation technologique continue et à l'adoption, au transfert et à la diffusion systématiques d'écotechnologies, notamment le savoir-faire et les méthodes d'organisation et de gestion ainsi que le matériel qui s'y rapportent, et que le renforcement des capacités humaines et institutionnelles d'adapter, d'absorber et d'améliorer les techniques et de produire des connaissances, est indispensable au transfert, à la gestion et à la diffusion des techniques;
d) Note que la coopération entre les secteurs public et privé offre la possibilité d'accroître l'accès aux écotechnologies et le transfert de ces dernières;
e) Considère que pour favoriser la mise au point et l'utilisation d'écotechnologies, il faut créer des conditions propices à tous les niveaux et qu'à cet égard :
i) La mise au point de cadres juridique et réglementaire favorisant la réalisation des objectifs du développement durable est l'une de ces conditions indispensables;
ii) Les gouvernements devraient faciliter le transfert d'écotechnologies en créant un cadre réglementaire propice aux investissements du secteur privé dans le domaine des techniques et à la réalisation des objectifs à long terme du développement durable;
f) Encourage les pouvoirs publics et le secteur privé à coopérer pour renforcer les capacités des pays en développement d'utiliser et de gérer des écotechnologies, en gardant à l'esprit ce qui suit :
i) Il importe au plus haut point de financer des programmes destinés aux petites et moyennes entreprises, y compris octroyer des microcrédits;
ii) L'éducation et la formation doivent elles aussi bénéficier d'un rang élevé de priorité dans les activités nationales visant à renforcer les capacités d'exploitation et de gestion des écotechnologies;
g) Demande que soient honorés sans plus attendre tous les engagements de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement concernant des mesures concrètes de transfert d'écotechnologies aux pays en développement. La communauté internationale devrait promouvoir, faciliter et financer, selon qu'il convient, en particulier à l'intention des pays en développement, l'accès aux écotechnologies et le transfert de ces dernières, et du savoir-faire correspondant, à des conditions favorables, notamment à des conditions libérales et préférentielles, convenues d'un accord commun, compte tenu de la nécessité de protéger les droits de propriété intellectuelle ainsi que des besoins particuliers des pays en développement relatifs à l'application d'Action 21;
h) Souligne que la coopération technique entre les intervenants
économiques des pays développés, des pays en développement
et des pays en transition, et au sein de chaque pays, demeure un élément
fondamental pour pouvoir réaliser les objectifs du développement
durable. Les efforts déployés pour renforcer la coopération
technologique doivent tenir compte du rôle essentiel que les entreprises
jouent dans la mise au point, le transfert et la diffusion des techniques,
sans perdre de vue qu'il incombe aux gouvernements d'élaborer des
cadres politique, juridique et institutionnel favorisant le développement
durable, afin de promouvoir la mise au point et le transfert de technologie
et la coopération technique.
a) Stratégies nationales en matière de technologie
et coopération technique internationale. En définissant les
mesures à prendre dans ce domaine, il importe de recenser les intervenants
potentiels, notamment les gouvernements, les entreprises, les institutions
de recherche-développement et les centres de technologie servant
d'intermédiaires, et d'en définir les rôles respectifs,
les intérêts spécifiques, les capacités et les
priorités. Il importe également d'identifier les obstacles
et les limitations au transfert d'écotechnologies, notamment vers
les pays en développement, et de chercher à atténuer
ces difficultés tout en créant des incitations en faveur
de ce transfert et en s'efforçant de promouvoir une production moins
polluante;
b) Intégration technologique, compétitivité économique et gestion de l'environnement à l'échelon des entreprises, y compris la coopération technique internationale à ce niveau. Lors de l'élaboration des mesures à prendre dans ce domaine, il importe de bien comprendre les facteurs qui influencent la performance environnementale et économique des entreprises, y compris l'adoption par ces dernières des meilleures pratiques en matière de gestion de l'environnement et l'utilisation d'écotechnologies dans les procédés de fabrication;
c) Transfert et adaptation de technologies. Il importe de transférer
des écotechnologies aux pays en développement, qui doivent
bénéficier d'un appui dont, le cas échéant,
une aide financière des pays développés et des organismes
internationaux intéressés, en coopération avec le
secteur privé. À ce sujet, l'expérience acquise par
l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
(ONUDI) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et
d'autres organismes pertinents du système des Nations Unies dans
la création de centres de production moins polluante peut faciliter
ces activités.
a) Invite les gouvernements, avec le concours des organes et organismes
compétents des Nations Unies, tels que la Conférence des
Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le PNUE,
l'ONUDI et le Département des affaires économiques et sociales
du Secrétariat de l'ONU, et en consultation avec les organismes
d'aide au développement, à entreprendre l'élaboration
de directives facultatives applicables aux partenariats technologiques
entre les intervenants économiques des pays développés,
des pays en développement et des pays en transition, en vue de créer
et de maintenir les conditions voulues pour tirer le meilleur parti des
rôles complémentaires des secteurs public et privé
dans le transfert d'écotechnologies. Tenant compte de l'expérience
acquise et des possibilités qui se dessinent, ces directives pourraient
aider les gouvernements :
i) À élaborer des moyens d'interventions et des stratégies d'exécution au service de la coopération technologique et des initiatives de partenariat;
ii) À adopter des mesures d'incitations et des instruments économiques qui permettent aux entreprises privées des pays développés de bénéficier d'un cadre juridique et politique propice à leur participation à des initiatives de partenariat technologique avec les pays en développement, dans un climat international qui facilite l'accès aux écotechnologies et le transfert de ces dernières et du savoir-faire correspondant;
iii) À appliquer des mécanismes et des instruments permettant d'évaluer l'efficacité du transfert d'écotechnologie et des initiatives de partenariat technologique, qui contribuent à la réalisation de buts et objectifs économiques, sociaux et environnementaux;
b) Prie instamment les gouvernements, le secteur privé et les établissement de recherche-développement des pays développés de recenser les obstacles et les restrictions qui entravent le transfert d'écotechnologies et d'offrir des possibilités de coopération, notamment en matière de recherche-développement, et de partenariat technologique auxquelles seraient associés les intervenants économiques des pays en développement, en particulier des pays d'Afrique et des pays les moins avancés, compte tenu de la situation et des besoins de ces derniers dans le domaine du transfert d'écotechnologie et des activités de renforcement des capacités connexes visant à créer un environnement porteur; et salue les études réalisées dans ce domaine;
c) Encourage les gouvernements des pays en développement et des pays en transition, avec l'appui du système des Nations Unies, à élaborer des stratégies nationales d'innovation, de commercialisation et de diffusion des techniques, en se concentrant sur les secteurs économiques ou industriels qui revêtent une importance particulière pour la croissance économique, la consommation des ressources naturelles, l'utilisation efficace de l'énergie et des ressources naturelles dans les modes de consommation et de production et la lutte contre la pollution, compte dûment tenu de la nécessité d'établir des conditions propices aux activités du secteur privé. Les réunions régionales de groupes d'experts, organisées conjointement par les gouvernements et les organes et organismes des Nations Unies, notamment le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l'ONU, la CNUCED, l'ONUDI, le PNUE et le PNUD, peuvent faciliter utilement l'élaboration de directives ou de manuels que les gouvernements pourront utiliser, à leur demande, pour mettre au point des stratégies nationales en matière de technologie et instituer différentes formes de partenariat pour appliquer ces stratégies. Le document d'orientation relatif à l'évaluation des besoins nationaux concernant la mise en oeuvre améliorée des écotechnologies, que la Commission a adopté en 1996, peut aider à élaborer ces directives ou ces manuels;
d) Prie l'ONUDI et le PNUE, en coopération avec le Département des affaires économiques et sociales, d'envisager d'effectuer une étude sur l'efficacité des mesures visant à encourager le secteur privé à adopter des techniques de production moins polluantes. Une telle étude devrait porter sur les pratiques existantes et l'expérience acquise par les pays et les organismes. Les gouvernements pourraient s'inspirer de ses conclusions pour élaborer des stratégies nationales en matière de technologie et faire en sorte que celles-ci s'intègrent pleinement dans les stratégies et programmes nationaux de développement durable;
e) Invite tous les gouvernements, avec l'aide des organisations internationales et des institutions financières, à soutenir les petites et moyennes entreprises, notamment par le biais du financement d'études de faisabilité sur les débouchés commerciaux et la viabilité commerciale des écotechnologies, de l'utilisation d'instruments économiques, dont des incitations fiscales, de programmes de promotion des exportations, d'échanges commerciaux, y compris en matière d'écotechnologie, et d'une assistance pour l'élaboration de plans d'exploitation;
f) Invite les gouvernements intéressés des pays développés, des pays en développement et des pays en transition, en coopération avec le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l'ONU, la CNUCED et le PNUE, à exécuter, notamment en vue de promouvoir la coopération régionale et l'application de conventions et d'accords internationaux sur l'environnement, un projet pilote sur les possibilités d'application par secteur des recommandations sur le transfert et la commercialisation d'écotechnologies financées par le secteur public, formulées lors de la Réunion internationale d'experts sur le rôle de la recherche à financement public et des technologies détenues par des entreprises publiques dans le transfert et la diffusion d'écotechnologies, organisée par le Gouvernement de la République de Corée26. Les résultats de ce projet pourraient être présentés à la Commission en 2002. Les questions examinées pourraient être notamment les suivantes :
i) Examen de la coopération nationale dans les domaines juridique et institutionnel et celui du développement, ainsi que d'autres mesures pertinentes, visant à éliminer les obstacles et à encourager les organismes de recherche-développement et le secteur privé à transférer et commercialiser des écotechnologies à financement public et détenues par des entreprises publiques, à l'intention des pays en développement en particulier et, selon que de besoin, aux pays en transition;
ii) Évaluer les mécanismes existants et nouveaux régissant le transfert de technologie, comme les mémorandums d'accord bilatéraux et multilatéraux et la mise en commun, ou les banques, d'écotechnologies pour déterminer les possibilités que ces mécanismes pourraient offrir en ce qui concerne le transfert aux pays en développement et aux pays en transition d'écotechnologies à financement public et détenues par des entreprises publiques et leur commercialisation;
iii) Envisager de créer de nouveaux centres de transfert d'écotechnologie à divers niveaux, régional notamment, qui pourraient grandement faciliter la réalisation des objectifs dans ce domaine;
iv) Examiner différentes méthodes de commercialisation des technologies non brevetées ou non commercialisées résultant d'activités de recherche financées par des fonds publics, y compris par la promotion d'alliances stratégiques entre les institutions de recherche-développement, les entreprises, les centres de technologie et d'autres intermédiaires, et de faciliter l'accès des pays en développement à ces techniques.
B. Renforcement des capacités
a) Encourage les gouvernements à examiner, s'il y a lieu,
les méthodes de planification et les mesures d'évaluation
de leurs besoins existant en matière de renforcement des capacités;
b) Prie instamment les organismes de financement d'appuyer les activités nationales de renforcement des capacités, des pays en développement en particulier, notamment dans les domaines de la conception, de la mise en oeuvre et de l'évaluation de programmes et de projets, en se fondant sur la demande, en mettant l'accent sur les mesures de facilitation et en favorisant, pour le renforcement des capacités, un cadre axé sur des programmes plutôt que des projets;
c) Recommande d'intensifier, en tant que de besoin, les efforts de renforcement des capacités, selon le principe de la participation, de sorte que, comme l'a recommandé l'Assemblée générale à sa dix-neuvième session extraordinaire, des stratégies nationales relatives au développement durable ou des instruments équivalents puissent être appliqués à compter de 2002 et, compte tenu des besoins environnementaux, sociaux et économiques des pays en développement, demande instamment aux institutions financières et aux organismes opérationnels d'accroître l'aide qu'ils fournissent dans ce domaine, en particulier par le programme Capacités 21 du PNUD;
d) Encourage les pouvoirs publics à tous les niveaux à mettre en commun leurs données d'expérience concernant des programmes novateurs de renforcement des capacités et à appuyer ces programmes, qui se caractérisent par un accès accru du public à l'information et une large participation, notamment du secteur privé, aux niveaux national et local. Il importe de mettre pleinement à profit les systèmes de mise en commun de l'information tels que les unités de ressources sous-régionales du PNUD et le système des réseaux de diffusion des connaissances de la Banque mondiale;
e) Recommande instamment que davantage de ressources soient consacrées à des activités de formation et de mise en commun de l'information telles que les monographies pour les professionnels, les travaux de recherche plus pragmatiques et la création de réseaux électroniques et autres;
f) Encourage les pays à renforcer leurs capacités nationales, en menant des activités de coopération Sud-Sud et sous-régionale axées sur des thèmes communs et l'auto-assistance et en évaluant les moyens permettant de partager comme il convient les capacités aux niveaux régional et sous-régional. À ce propos, il faudrait continuer à renforcer la coopération Sud-Sud et l'appuyer par des accords triangulaires;
g) Demande aux organismes de coordination intéressés de se pencher systématiquement, en vue des prochaines sessions de la Commission, sur les volets des thèmes sectoriels liés au renforcement des capacités;
h) Invite le PNUD, en coopération avec d'autres organes et organismes compétents, à promouvoir l'échange et la diffusion de données sur les initiatives couronnées de succès dans le domaine du renforcement des capacités et à en informer la Commission, en tant que de besoin, à ses sessions ultérieures.
C. Éducation, sensibilisation du public et formation
a) Constate que l'éducation, la sensibilisation du public
et la formation sous-tendent tous les thèmes intersectoriels d'Action
21;
b) Réaffirme qu'un système éducatif convenablement financé et efficace à tous les niveaux, qui augmente les capacités et le bien-être des personnes et contribue à l'application de tous les chapitres d'Action 21, constitue un préalable essentiel au développement durable. L'éducation est un processus permanent qui devrait être accessible à tous;
c) Rappelle que l'éducation, la sensibilisation et la formation comprennent, notamment, des modes d'enseignement et d'apprentissage non traditionnels et extrascolaires, pratiqués par exemple au sein de la famille et dans la communauté, et maintient que l'éducation pour le développement durable devrait prendre une forme multidisciplinaire intégrant les questions sociales, économiques et environnementales;
d) Note qu'il est indispensable de sensibiliser le public pour qu'il soit en mesure de participer à la prise de décisions concernant le développement durable, et que cette sensibilisation va de pair avec l'accès à l'information;
e) Constate que les femmes éduquées ont un impact décisif sur le développement durable et contribuent à changer l'attitude et le comportement des familles, des sociétés et des pays;
f) Remercie le Gouvernement grec et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) d'avoir organisé une Conférence intersessions sur l'environnement et la société : éducation et sensibilisation du public à la viabilité, qui a eu lieu à Thessalonique du 8 au 12 décembre 1997;
g) Se félicite que les grands groupes apportent leur contribution sous forme d'études de cas sur des pratiques novatrices visant à promouvoir, en particulier, l'éducation, la sensibilisation du public et la formation dans leurs contextes respectifs, y compris les initiatives lancées par des jeunes, les encourage à poursuivre ces activités, et demande à continuer d'en être informée à ses sessions ultérieures;
h) Reconnaît le rôle important que les établissements scolaires et universitaires jouent dans la poursuite de l'application d'Action 21, au niveau local en particulier;
i) Note que la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur, qui doit se tenir à Paris en octobre 1998, offre une bonne occasion de relever le défi consistant à promouvoir et renforcer une optique interdisciplinaire dans les programmes et les activités de recherche des universités sur un avenir viable, et de réfléchir aux moyens de continuer à réformer, le cas échéant, l'enseignement supérieur dans cette direction;
j) Prend acte du Registre international de méthodes novatrices pour encourager l'éducation, la sensibilisation du public et la formation dans la perspective de la viabilité, que l'UNESCO est en train de mettre en place, et demande qu'il soit développé davantage.
a) Pour ce qui est de définir et de diffuser le concept d'éducation
au service du développement durable et les messages principaux y
afférents :
i) Prie instamment l'UNESCO et les autres organismes des Nations Unies, les pouvoirs publics et les groupes principaux de continuer d'appliquer le chapitre 36 et le Programme de travail sur l'éducation approuvé par la Commission à sa quatrième session, dans le cadre des mesures concertées visant à donner suite aux grandes conférences des Nations Unies et aux conventions relatives au développement durable, compte tenu des travaux du Conseil économique et social à cet égard;
ii) Demande à l'UNESCO de poursuivre ses efforts en vue de définir et de diffuser le concept d'éducation au service du développement durable et les messages principaux y afférents, en s'employant à aider à interpréter ces messages et à les adapter aux niveaux régional et national;
b) Pour ce qui est d'examiner les politiques nationales en matière d'éducation et les systèmes éducatifs traditionnels :
i) Engage les pouvoirs publics à tous les niveaux, avec l'aide et la participation, le cas échéant, des organisations internationales, des enseignants et des scientifiques, des organisations non gouvernementales et des autorités locales, à élaborer des mesures et des stratégies visant à réformer le système éducatif dans l'optique du développement durable, et notamment à définir les rôles et les responsabilités des différents intervenants aux niveaux local, national et régional;
ii) À cet égard, les gouvernements pourraient inclure la création de centres d'excellence nationaux dans leurs stratégies;
iii) Demande aux pouvoirs publics à tous les niveaux d'inscrire les objectifs du développement durable dans les programmes d'enseignement ou les instruments équivalents correspondant aux différents niveaux d'éducation, et les encourage, le cas échéant, à évaluer l'impact de l'éducation sur le développement durable;
iv) Invite l'UNESCO, travaillant en étroite collaboration avec les établissements d'enseignement et les organisations internationales intéressés, de formuler des directives pour réorienter vers le développement durable la formation des enseignants;
v) Invite les pouvoirs publics à prendre les mesures voulues, en consultation avec les représentants aux niveaux international, national et sous-national des enseignants (y compris les syndicats), ainsi qu'avec les spécialistes de l'enseignement supérieur, pour réorienter vers le développement durable la formation pédagogique dans les systèmes éducatifs traditionnels;
vi) Prie instamment les établissements d'enseignement supérieur, avec l'appui des pouvoirs publics et des milieux universitaires, d'adapter leurs programmes d'enseignement et de recherche de manière à instituer une démarche interdisciplinaire de nature à remédier aux problèmes posés par le développement durable;
vii) Invite la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur à étudier avec toute l'attention voulue les moyens de réformer les systèmes d'enseignement supérieur pour qu'ils contribuent au développement durable;
c) Pour ce qui est d'intégrer l'éducation dans les stratégies et les plans d'action nationaux pour le développement durable :
i) Prie instamment les pouvoirs publics d'accorder une place importante à l'éducation et à la sensibilisation du public dans les stratégies et plans d'action régionaux, nationaux et locaux pour le développement durable;
ii) Invite l'UNESCO, de concert avec le PNUD, le Département des affaires économiques et sociales et d'autres organes et organismes compétents, à achever l'étude des stratégies et plans d'action régionaux et nationaux existants, afin de déterminer la mesure dans laquelle la question de l'éducation a été correctement intégrée jusqu'à présent, à formuler des recommandations à ce sujet et à en informer la Commission;
iii) Encourage les pouvoirs publics à tous les niveaux à intégrer l'éducation, selon qu'il convient, dans les stratégies nationales et locales de développement durable, et invite la communauté internationale et les organismes des Nations Unies à aider les pays en développement, en tant que de besoin, dans ce domaine;
iv) Demande instamment aux gouvernements d'intégrer les questions de la parité entre les sexes et de la promotion des femmes dans les stratégies nationales relatives à l'éducation;
d) Pour ce qui est d'éduquer aux fins de promouvoir des modes de consommation et de production viables dans tous les pays :
i) Prie les organes chargés de la coordination pour les chapitres 4 et 36 d'Action 21 (le Département des affaires économiques et sociales et l'UNESCO), en coopération avec d'autres organes et organismes concernés, notamment le PNUE et l'OCDE, et avec les représentants des milieux d'affaires et des milieux industriels, des syndicats et des organisations non gouvernementales, de continuer de sensibiliser le public aux implications de la non-viabilité des modes actuels de consommation et de production, en particulier dans les pays développés; en utilisant mieux les moyens éducatifs et les réactions des consommateurs afin de faciliter l'élaboration des politiques; et en concevant et en promouvant, grâce à l'éducation et à la formation, des instruments d'action sociale destinés à modifier les modes de consommation et de production - les pays industrialisés montrant l'exemple - et, dans ce contexte, de poursuivre les travaux sur les indicateurs relatifs aux modes de consommation et de production viables;
ii) Engage les médias, ainsi que les milieux d'affaires, dont le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable, la Chambre de commerce internationale et d'autres entreprises, les syndicats et la société civile, à associer leurs efforts à ceux de l'UNESCO, du PNUE, du Département des affaires économiques et sociales, de l'ONUDI et d'autres organismes importants, afin de recenser les meilleures pratiques médiatiques et publicitaires visant à promouvoir des modes de consommation et de production viables, en particulier dans les pays développés;
iii) Prie le Secrétaire général, en coopération avec l'UNESCO, de lui présenter, à sa septième session lorsque le thème intersectoriel à l'examen sera les modes de consommation et de production, un rapport sur les progrès réalisés et les mesures prises en la matière, y compris les mesures définies par l'Assemblée générale à sa dix-neuvième session extraordinaire.
e) Pour ce qui est de promouvoir l'investissement éducatif :
Engage le PNUD, la Banque mondiale et les autres institutions de financement à apprécier le niveau de financement actuel en faveur de l'éducation pour le développement durable, en vue de mettre au point une stratégie ou des politiques visant à mobiliser des ressources nouvelles et supplémentaires de toutes les sources de manière à renforcer le financement de l'éducation en matière de développement durable;
f) Pour ce qui est de recenser et de mettre en commun les pratiques novatrices :
i) Invite l'UNESCO à poursuivre ses travaux sur le système international d'enregistrement électronique et de gestion des connaissances pour le chapitre 36 et demande que les données en résultant puissent être consultées par tous les pays, en particulier les pays en développement, aussi bien sur support électronique que sur support papier. Il faudrait encourager l'exécution de programmes et projets novateurs par divers groupes sociaux importants (entreprises, femmes, jeunes, ONG, etc.) et inclure ces activités dans l'inventaire;
ii) Encourage l'instauration et le renforcement d'alliances , d'associations et de réseaux internationaux et régionaux entre les universités et les autres établissements d'enseignement et de formation et les organismes professionnels dans tous les pays, en particulier entre les pays en développement et les pays développés. Ces alliances devraient porter sur l'enseignement à distance, la formation des formateurs, les échanges et le tutorat;
iii) Engage les gouvernements à favoriser et à renforcer les réseaux et les partenariats pour l'éducation en faveur du développement durable, au niveau notamment des écoles, des parents, des organismes et organisations privés et publics et des entreprises privées;
iv) Encourage à reconnaître et à utiliser, pour l'éducation en faveur du développement durable, les connaissances traditionnelles, les solutions originales et les pratiques des populations autochtones et des communautés locales en matière de gestion des ressources naturelles;
g) Pour ce qui est de sensibiliser le public :
i) Appelle les gouvernements à faciliter le renforcement des capacités de sensibilisation du public et l'accès à l'information sur le développement durable et sur les effets des modes non viables de production et de consommation sur l'économie et l'environnement aux niveaux mondial, régional et national;
ii) Engage les pouvoirs publics à tous les niveaux, les médias et les agences publicitaires à organiser des campagnes visant à faire connaître au public les principaux messages relatifs au développement durable;
iii) Appelle les gouvernements à prendre dûment en considération les dispositions des conventions internationales pertinentes dans leurs activités de sensibilisation du public.
a) Engage l'UNESCO, en tant qu'agent de coordination, à continuer
de renforcer et d'accélérer la mise en oeuvre du programme
de travail relatif à l'éducation pour le développement
durable, en coopération avec le PNUE, le PNUD et les ONG, notamment;
b) Prie le Secrétaire général de lui présenter un rapport, à sa septième session, sur l'état d'avancement du programme de travail.
D. La science au service du développement durable
a) Reconnaît que les capacités scientifiques font gravement
défaut, aux pays en développement en particulier, et souligne
qu'il est nécessaire et urgent d'agir avec détermination
et en concertation aux niveaux national et international pour créer
et renforcer sans attendre l'infrastructure scientifique et les capacités
de gestion de la recherche dans ces pays, d'énoncer des stratégies,
des politiques et des plans nationaux allant dans ce sens et de renforcer
les programmes d'enseignement scientifique à tous les niveaux;
b) Souligne qu'il est nécessaire d'améliorer les processus de production, de diffusion et d'utilisation concernant la science au service du développement durable et d'exécuter des activités de recherche interdisciplinaire à caractère plus pragmatique, en privilégiant davantage la prévention et le diagnostic précoce des problèmes et l'exploration des possibilités;
c) Note que la Conférence mondiale sur la science, que l'UNESCO et le Conseil international des unions scientifiques (CIUS) doivent organiser conjointement à Budapest en juin 1999, en coopération avec d'autres organismes des Nations Unies et des organisations scientifiques internationales, sera l'occasion de se pencher sur des questions essentielles concernant la science au service du développement durable;
d) Engage la communauté scientifique à coopérer avec les pouvoirs publics, le monde enseignant, les principaux groupes et les organisations internationales afin de développer l'enseignement scientifique à tous les niveaux et de faciliter la communication tant au sein de la communauté scientifique qu'entre les scientifiques, les décideurs et le grand public;
e) Invite les gouvernements, le système des Nations Unies et les principaux groupes à fournir des données sur les meilleures pratiques et autres exemples éloquents d'activités, liées aux prochains thèmes sectoriels que la Commission examinera et dans lesquels la science a utilement contribué à l'élaboration et à l'application de mesures;
f) Invite les organes et les programmes scientifiques consultatifs internationaux concernés à participer, selon qu'il conviendra, à l'examen des questions qui les intéressent dans les thèmes sectoriels des sessions de 1999, 2000 et 2001 de la Commission;
g) Demande aux organismes donateurs multilatéraux et bilatéraux et aux gouvernements, ainsi qu'aux dispositifs spécifiques de financement, de continuer à accroître l'aide qu'ils apportent afin de renforcer l'enseignement supérieur et les capacités en matière de recherche scientifique concernant le développement durable dans les pays en développement, en particulier en Afrique et dans les pays les moins avancés. Ces efforts devront tendre à :
i) Renforcer et rééquiper comme il convient les établissements de recherche et d'enseignement supérieur, car il s'agit là d'une condition préalable essentielle à la création de capacités scientifiques et technologiques;
ii) Établir des liens entre, d'une part, les programmes d'assistance technique et, d'autre part, l'enseignement et la recherche dans le contexte plus large de l'environnement et du développement durable;
iii) Encourager la coopération entre les universités, les entreprises et la société civile aux niveaux international et national;
iv) Développer les programmes et les réseaux de coopération régionaux et sous-régionaux de formation et de recherche;
v) Acquérir des techniques modernes d'information de manière à assurer un accès facile aux sources d'information qui existent partout dans le monde, et pour s'intégrer aux réseaux mondiaux et régionaux d'information scientifique et technologique afin de répondre aux besoins des pays en développement;
h) Encourage les gouvernements de tous les pays, les organisations internationales et la communauté scientifique à oeuvrer ensemble au renforcement des systèmes mondiaux de surveillance de l'environnement;
i) Invite l'UNESCO et le CIUS, dans la perspective de la Conférence mondiale sur la science qui se tiendra en 1999, à tenir pleinement compte du caractère multidisciplinaire des questions de développement durable, afin que les sciences exactes et les sciences sociales jouent un rôle plus important dans le développement durable, et pour investir davantage dans la recherche-développement axée sur les aspects scientifiques du développement durable.