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Pierre PERILHON
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Ecole d’été
"Gestion Scientifique du risque "
6/10 septembre 1999
ALBI - FRANCE
| Lundi
6 septembre
les éléments d’une science du danger par l’approche systémique |
1 – INTRODUCTION GENERALE:
Les réflexions ci-après me sont apparues en pratiquant les modèles développés en France concernant le danger et le risque et à la suite d’une première lecture des communications de l’Ecole d’été d’Albi. Elles ne sont que des essais d’ouverture de pistes de développement de pratiques nouvelles et plus cohérentes pouvant aussi faire l’objet d’enseignements.
2 – REFLEXIONS SUR LE MODELE MADS :
2.1. Introduction :Le modèle MADS a été développé à partir d’une pratique de terrain et d’enseignements. Il se veut essentiellement pédagogique mais sa mise en œuvre donne aussi lieu à des applications opérationnelles intéressantes.
2.2. De la définition du danger et du risque :A partir du modèle MADS, on peut proposer la définition suivante du Danger :
Le Danger est un état d’équilibre métastable caractérisé par un ensemble de processus potentiels. Son facteur de déclenchement est un événement initiateur issu du Système source de danger lui-même ou de son environnement.
Le Risque n’apparaît
que s’il y a entrée d’une cible dans le champ. Il se caractérise
alors par l’effet non souhaité des processus de danger sur une ou
plusieurs des quatre cibles possibles, par la probabilité d’enchaînement
des événements qui constituent les processus de danger et
par son acceptabilité individuelle ou sociale. Si effet et probabilité
peuvent être définis de manière relativement objective,
l’acceptabilité conduit à une construction sociale du risque
qui fait aussi appel à la notion de conflit. (J.P PAGES)
2.3. Applications à la modélisation des risques :
Si l’on met en œuvre le modèle de manière topologique, on obtient l’enchaînement des événements constitutifs des processus de danger.2.3.1. Modélisation d’accident :
Il est alors possible de modéliser des accidents survenus comme par exemple celui de FEYZIN en 1966.
Toutes les caractéristiques
du danger se trouvent alors réunies sur un même schéma.
Il est bien sûr tout
à fait possible d’appliquer cette modélisation à la
prévision dans une analyse à priori des risques, ce qui est
pratiqué dans la méthode MOSAR (Méthode Organisée
et Systémique d’Analyse de Risques) (3)

Nous reviendrons plus loin
sur une modélisation encore plus poussée de cet accident.
appliquons MADS à la modélisation des principales mesures d’amélioration des conditions de sécurité routière prises ces dernières années.2.3.2. Modélisation de risque :

2.3.3. Modélisation de scénarios :

Pour le dire d’une autre
manière, si l’on s’intéresse à un processus de danger,
comment définir les champs dans lesquels il se trouve ?
L’interaction des différents
processus fait alors apparaître des scénarios
La mise sous forme de boîte
noire de chaque ensemble de processus lié à un système
source de danger permet de faire apparaître ces liaisons entre processus
qui constituent les scénarios d’Evénements Non Souhaités.
Cette technique est aussi développée dans MOSAR.(3)
Les bouclages peuvent ne pas être pas linéaires, ce qui pourrait permettre d’aborder les phénomènes d’amplification dans les interactions.
Remarques :
1 - En généralisant cette approche on retrouve les interactions de réseaux décrits par G.Y. KERVERN dans son ouvrage sur les cindyniques et dans ses applications. La définition des champs y est bien développée.
On peut cependant remarquer que le danger peut aussi provenir d’une ou plusieurs sources de danger qui ne sont pas des acteurs d’un réseau. Ne peut-on pas parler d’acteurs, de matériels, d’idées, d’éléments naturels ? On retrouve les cinq cibles (mais aussi sources) du modèle MADS : individus, populations (réseaux), écosystèmes (réseaux), systèmes matériels et systèmes symboliques (en réseaux ou non).
2 – Le temps apparaît de plusieurs manières dans les différents modèles :
4 – La finalité se situe aussi à deux niveaux dans les modèles :
2.3.4. Le modèle MADS, l’analyse de risques, méthode et outils :
Nous avons vu que le
modèle est opérationnel et permet d’identifier à priori
l’enchaînement des événements qui conduit à
un Evénement Non Souhaité ( parag. 2-3-1)
Cet enchaînement d’événements est ce qui est recherché dans l’AMDEC, outil semi-empirique d’analyse de risques très utilisé en Sûreté de Fonctionnement (voir 1er schéma du paragraphe 2-3-1). Le modèle MADS peut ainsi apparaître comme le modèle théorique de la démarche AMDEC. On peut la préciser avec les deux schémas ci-après.
Le premier définit l’approche préventive par barrières.
Le deuxième définit l’approche probabiliste.
La prise en compte du temps dans le modèle MADS permet de définir l’analyse par états du système source de danger et, par symétrie le principe de précaution.
UN SYSTEME TECHNIQUE EST PILOTE PAR SA FINALITE.
Il est donc déterminé. On peut donc évaluer ou quantifier les risques qu’il peut générer, ce que fait la Sûreté de Fonctionnement.
UN SYSTEME NATUREL REPOUSSE SA FINALITE (mort) EN S’ADAPTANT A SON ENVIRONNEMENT CONTINUELLEMENT CHANGEANT.
Il apparaît comme non déterminé, il innove et génère de l’inconnu.
L’homme (système naturel)
est toujours à l’interface de systèmes techniques ou artificiels
qu’il a construit et d’autres systèmes naturels.
3. REFLEXIONS SUR LES MODELES ‘’CINDYNIQUES’’
(G.Y KERVERN et J.L NICOLLET) (1) et (2)
3.1. INTRODUCTION :Ces modèles sont des modèles axiomatiques construits sur l’hyperespace du danger et les interactions de réseaux. Une des notions centrales est que dans le temps les réseaux deviennent inadaptés à l’espace du danger qui évolue d’où l’apparition de déficits cindynogènes.
Ils font référence
à la systémique et font l’objet de diverses applications.
4. PROPOSITION DE COMPLEMENTARITE DES
MODELES :
4.1. L’HYPERESPACE DU DANGER VU COMME UNE MODELISATION FINE DES CHAMPS DU MODELE MADS ?Il semble particulièrement intéressant de mettre en œuvre l’hyperespace de danger pour modéliser les champs de danger du modèle MADS. Ceci aussi bien pour un système source de danger seul que pour un ensemble de systèmes sources et de systèmes cibles constituant un ou plusieurs réseaux.
L’accident, modélisé dans le paragraphe 2 – 3 – 1 avec le modèle MADS s’enrichit beaucoup par la recherche des déficits cyndinogènes. En voici quelques uns : (1)4.1.1. Exemple simple d’application à la modélisation de l’accident de FEYZIN :
DSC4 – lE – absence d’une
banque de connaissances
DSC4 – lS – absence d’une
banque de données
DSC6 – LA – oubli d’une
ou plusieurs valeurs
DSC7 – LD – oubli d’une
ou plusieurs règles
DSC8 – LE – oubli d’un ou
plusieurs modèles
DSC9 – LS – oubli d’une
ou plusieurs données opérationnelles
Le modèle MADS se transforme alors de manière importante par l’affinage de ses champs de danger.
On peut donc passer au crible de l’hyperespace du danger chaque élément du modèle et rechercher les réponses :
Le travail de modélisation d’accident entrepris par J.L NICOLLET (2) avec le modèle cindynique peut être appliqué à une généralisation du modèle MADS CINDYNIQUE.4.1.2. Généralisation :
Reprenons la modélisation
de l’accident de Ténérife .
L’identification des déficits cindynogènes de chaque hyperespace du danger lié à chaque système ( avion, pilote, technologie, environnement spécifique) et à leurs interactions, permet de construire l’hyperespace de danger des conditions de l’accident et d’en retrouver tous les paramètres.
Ceci peut aussi, bien entendu être appliqué à la prévention.
Remarque :
Dans la communication de M.VEROT, les trois dimensions du retour d’expérience correspondent bien aux trois sous-systèmes d’un système de production industriel :
Indépendamment du
traitement complet des exemples amorcés précédemment,
il reste à développer les pistes entrouvertes si cela s’avère
intéressant.
5. STRUCTURATION D’UN ENSEIGNEMENT :
Le schéma suivant donne une esquisse d’un enseignement de la Science du Danger à partir des concepts développés dans cette école d’été. Les contenus principaux sont en italique. Pour des raisons pédagogiques on part d’analyses d’événements survenus et l’on développe les connaissances par une sorte de parcours à l’envers.
Un tel enseignement est déjà en partie en place dans des DESS , des Ecole
d’ingénieurs et des
formations continues.
6. BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE:
pour aller plus loin, se référer à la bibliographie insérée dans la mallette
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