Intervention de Bruno ESTEVE
RENAULT

Ecole d’été " Gestion Scientifique du risque "
6/10 septembre 1999
ALBI - FRANCE

Jeudi 9 septembre
L’expérience industrielle


Depuis de nombreuses années, RENAULT s’est engagé dans un programme ambitieux de réduction des accidents et d’amélioration des conditions de vie au travail. Cet engagement a permis de réduire fortement les taux de fréquence des accidents sans arrêt, F1, et des accidents avec arrêt F2.


Toutefois, comme nous pouvons le voir sur ce zoom, depuis quelques années, nous constatons une certaine stagnation de ces résultats.

Afin de redonner une dynamique positive à l’évolution de son accidentabilité, Renault à donc décidé en juin 1999 de mettre en place un nouveau plan d’actions.

Ce plan d’actions, actuellement en cours d’élaboration consiste à structurer les bases d’un Système d’Evaluation et de Management de la Sécurité. La démarche engagée, qui va vous être détaillée ci-après, se décompose de la manière suivante :

Identification des référentiels existants
&
Mise en place d’une démarche de progrès



Identification des référentiels existants

Suite aux opérations de Benchmarking réalisées, nous avons constaté que de nombreux référentiels de Management de la santé et de la sécurité au travail existaient. Certains d’entre eux ont été créés par des organismes privés, d’autres sont le fruit des réflexions d’instances de normalisation nationales.

En 1996, l’ISO a proposé qu’un groupe de travail soit créé pour rédiger une norme internationale sur le ce sujet, il s’agissait du projet de norme ISO 18000. Toutefois, le vote qui a suivi cette proposition a mis en évidence que la majorité des pays représentés, dont la France, était opposée à une telle norme. Il a donc été décidé un moratoire de 5 ans sur ce dossier. Par contre des travaux ont été engagé, et sont en cours, pour écrire une norme sur la terminologie de la gestion des risques. Ces travaux sont suivis en France par l’AFNOR.

Cependant, malgré l’opposition de la France pour mettre en place une norme qui définirait un système de management de la sécurité, les réflexions sur ce sujet sont de plus en plus nombreuses. Nous observons même aujourd’hui une certaine tendance à l’adoption de plus en plus fréquente d’un référentiel créé en février 1999 par un groupe de travail international : " OHSAS 18001 ". Ce référentiel rédigé sur les bases de la norme Anglaise BS 8800 est relativement proche des principes des normes ISO 9000 et ISO 18000 offre un large consensus à travers une quinzaine de pays.

A la vue de cette situation, Renault a donc décidé d’engager une veille normative sur le sujet afin de pouvoir participer aux évolutions en cours. Parallèlement, en interne, une démarche de progrès élaborée sur les principes de ces normes est mise en place.
 

Mise en place d’une démarche de progrès

Le schéma ci-dessous présente les différentes étapes du processus identifié et engagé chez Renault.
 


 
 

Actuellement, nous procédons à la mise au point de notre nouvelle Politique Conditions de travail et à l’élaboration des outils nécessaires pour procéder à l’état des lieux. Pour cela différents groupes de travail ont été mis en place aussi bien en l’intérieur qu’à l’extérieur de Renault, en particulier avec le Groupe PSA. L’objectif visé par l’entreprise est d’avoir mis en place sa politique début 2000 puis de procéder aux premiers audits pour :

- identifier et hiérarchiser les sources de dangers à partir d’une approche globale,

- mesurer le degré de conformité à la réglementation,

- évaluer l’organisation du Management de la sécurité actuellement en place.

Simultanément des réflexions sont engagées afin de mettre en place des structures d’échange entre les différents réseaux qui traitent des risques chez Renault : réseaux conditions de travail, santé, environnement, sécurité générale, sûreté de fonctionnement ...
 

En conclusion, après s’être engagé vers les certifications qualité (ISO 9000) et environnementale (ISO 14000) l’entreprise suit de près les réflexions en cours sur les Systèmes de Management de la Santé et de la Sécurité au travail et engage un processus similaire sans toutefois avoir statué à ce jour sur l’intérêt ou non d’une certification dans ce domaine.

Parallèlement au déploiement de cette démarche, Renault s’engage dans une nouvelle dynamique qui vise à globaliser son approche pour la gestion des risques en réfléchissant sur les organisations et moyens à mettre en place pour optimiser le traitement des risques déjà assuré par de nombreux réseaux au sein du groupe.
 
Jeudi 9 septembre
L’expérience industrielle