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M.AVIGNON, L.CHARPENTIER,
D.PECAUD
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Ecole d’été
" Gestion Scientifique du risque "
6/10 septembre 1999
ALBI - FRANCE
| Mercredi
8 septembre
L’acceptabilité, la perception du risque, et la prise de décision |
Avant d’entrer dans le vif du sujet et de vous présenter notre dispositif de formation MARPEQ qui signifie " Management Associé des Risques Professionnels de l’Environnement et de la Qualité " il est indispensable, pour une meilleure compréhension, de faire un léger retour en arrière et de vous parler brièvement de l’Institut de l’Homme et de la Technologie ( I H T ) qui l’a imaginé, mis en œuvre, qui continue à le développer et, nous l’espérons, à l’améliorer d’année en année.
Pour mieux connaître l ’ I H T
L’Institut de l’Homme et de la Technologie a réellement démarré son activité en 1995 au sein d’un Groupement d ’Intérêt Public sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Ce Groupement d ’Intérêt Public regroupe notamment des Universités, des Grandes Ecoles , Des Centres de Recherche, des Entreprises et des structures représentatives du secteur économique de la Région des Pays de la Loire.
L’Institut de l’Homme et de la Technologie est un Etablissement Supérieur de Formation et de Recherche dont la vocation est de contribuer à :
Nos activités s’inscrivent dans le cadre de partenariats nationaux et/ou communautaires dans la mesure ou, en France, ce dispositif conserve, encore à ce jour, toute son originalité.
En bref les finalités de l ’ I H T sont :
Les paradoxes inducteurs de MARPEQ
L ’ingénierie pédagogique de MARPEQ constitue une tentative de réponse à la persistance et à la récurrence de quelques situations paradoxales observées dans le domaine de la maîtrise des risques en environnement technologique.
Ainsi, par exemple, chacun admet de manière abstraite que le domaine du risque est par nature incertain et probabiliste et déploie une grande énergie à le maîtriser et à le réduire en utilisant des méthodes et des outils élaborés à partir de la relation de causalité.
Chacun sait aussi, par ailleurs, que les individus et les organisations obéissent à des représentations personnelles et collectives et à des systèmes de valeur extrêmement variables en fonction de leur histoire, de leurs " mythes " et de leurs " rites ".
Dans ces conditions, pourquoi essayer de standardiser " l’homme au travail " et d’uniformiser " l’entreprise " par un processus de normalisation non différencié ?
Pour quelles raisons les vulnérabilités à caractère technologique issues des mêmes phénomènes( dysfonctionnement mécanique, pollutions…) sont-elles justiciables de règles et de normes différentes parfois contradictoires et traitées de manières indépendantes et cloisonnées ?
Les principes fondateurs de MARPEQ
La diversité des exemples de ce type et l’interprétation collective permanente des retours d’expérience par l’équipe des formateurs de l ’I H T nous ont conduit à développer et à ajuster notre dispositif de formation en fonction notamment des principes ci-après :
En premier lieu, on considère que la notion de risque se situe bien au cœur du management et que sa prise en compte est constitutive de l’acte d’entreprendre et d’innover. C’est l’aspect valorisant de cette notion " la chance " qui est le moteur de l’entreprise.
En revanche décider qu’elle soit constitutive de l’acte de diriger au quotidien n’est pas spontané. Confronté à la certitude de la relation de causalité en vigueur dans la plupart des processus de production, le risque laisse place à l’incertain.
C’est pourquoi, dans le domaine de la maîtrise des risques, la formulation d’un problème, l’élaboration d’une proposition et la recherche d’une solution révèlent le plus souvent une opposition des points de vue probabilistes vis à vis des approches strictement causales légitimées par les processus à caractères technologiques.
Nous estimons pour notre part que la prise en compte positive du raisonnement probabiliste induit au plan du management deux effets bénéfiques complémentaires : un choix estimé et éclairé dans le domaine de la décision et une recherche de l’accord et de l’adhésion dans le domaine de l’action collective.
Selon nous, seules ces deux voies sont en effet capables de transformer l’incertitude d’une connaissance en légitimité d’une décision. Elles accréditent , en effet , une garantie collective que la connaissance non établie n’est pas en mesure d’offrir.
En second lieu les entreprises qui innovent doivent procéder à une évaluation permanente des opportunités et des risques à travers quatre principes de développement généralement admis en cette fin de siècle dans les pays industrialisés.
Le principe " pollueur - payeur " qui bouleverse la conception même des frontières physiques et juridiques des entreprises , le principe de précaution qui incite à la réflexion sur la nature et le niveau des risques que les sociétés sont disposées à accepter et qui permet d’orienter les décisions en contexte d’incertitude et d’anticiper sur l’avenir en évitant l’irréversibilité des effets , le principe du développement durable qui sort l’entreprise de l’éphémère et l’inscrit dans la perspective du temps historique et enfin, le principe de prévention qui constitue , dans le champ des connaissances établies , l’équivalent du principe de précaution dans le domaine de l’incertitude .
En effet, dans cette longue histoire qui conduit de la fatalité du danger et de l’aléatoire du risque à l’identification de ce danger et l’organisation consciente d’une prise de risque , principe de précaution et principe de prévention contribuent inlassablement à réduire le champ des incertitudes notamment dans le domaine des risques technologiques.
C’est cette approche du management des risques dans les organisations qui constitue la toile de fond permanente de notre dispositif de formation.
L’approche pédagogique MARPEQ
Au plan pédagogique les étudiants qui suivent cette formation sont considérés dès le départ comme des individus psychologiquement et socialement construits notamment au regard de la variété et des formes différentes que peuvent prendre les risques, objets de la formation.
En effet, compte tenu du niveau et de la maturité exigés lors du recrutement, on constate le plus souvent qu’ils ont été confrontés à des situations diverses dans lesquelles ils se sont forgés des représentations plus ou moins explicites des dangers et des différentes conduites à tenir en présence de risques.
Ces conduites ne sont pas qualifiées d’emblée mais prises en compte comme le réceptacle des connaissances qui seront dispensées. Cette construction psychologique individuelle s’accompagne aussi d’une construction sociale dont les vecteurs les plus évidents se retrouvent dans leur milieu d’origine, leur parcours éducatif et professionnels.
Après avoir testé et évalué d’autres approches pédagogiques c’est aujourd’hui la prise en compte de cette double construction qui est à la base de la formation qu’ils reçoivent.
Nous veillons tout particulièrement à ce que chaque étudiant développe des connaissances et savoir-faire professionnels spécifiques à partir de ses propres compétences, celles qu’il a identifié, celles que la société a validé ( diplômes et qualifications ) et celles qu’il possède implicitement.
Nous considérons que l’affirmation de son style et la cohérence interne de ses conduites sont les garanties de son intégration professionnelle à venir et de son maintien à long terme dans le monde du travail.
Différentes recherches conduites à l ’ IHT nous ont montré que la perception des dangers et les modalités de maîtrise des risques dépendent prioritairement des représentations individuelles.
Cette situation nous incite à accorder une moindre importance, sans les négliger toutefois, aux systèmes d’organisation " a priori " et à concentrer nos efforts sur les acteurs . Elle nous renforce dans l’idée que les systèmes d’organisation sont essentiellement construits par les acteurs eux-mêmes, et qu’il serait vain de vouloir en imposer un quelconque " a priori " sous prétexte d’une efficacité supposée ou même reconnue.
A partir de là, nous orientons nos enseignements vers l’acquisition de compétences dans les domaines de l’observation anthropologique des situations de travail et de la compréhension des systèmes d’acteurs ; ces compétences garantissant selon nous une bonne compréhension de la complexité de l’entreprise.
Les finalités de la formation MARPEQ
Dans ce contexte global, la recherche de la Qualité, la Prévention des Risques Professionnels et la Protection de l’Environnement, perdent leurs spécificités rigides constituée en domaine de spécialistes pour devenir des points d’entrée tactiques dans la mise en œuvre d’une démarche intégrée de management.
Selon les circonstances industrielles, économiques et sociales rencontrées sur le terrain, et selon le style de l’étudiant devenu " chargé de mission ", cette démarche sera parfois inductive ou parfois déductive.
Partant, par exemple, d’une commande de mise en place de référentiels normatifs de management de la qualité ( ISO 9000 ) ou de management environnemental ( ISO 14000 ), elle rendra compte, en réalité, de la situation des hommes au travail et permettra ainsi aux acteurs de terrain de chercher collectivement une meilleure adéquation entre exigences instrumentales et travail réel.
Dans un autre cas par exemple, d’une commande ponctuelle sur la réduction des accidents du travail dans une unité de production, la démarche conduira à une transformation plus ou moins profonde des processus de production ou des modalités d’organisation bénéfiques également à la Qualité et à l’Environnement.
Ainsi nous recherchons dans nos enseignements la cohabitation et une utilisation opérationnelle conjointes par les étudiants de paradigmes variés trouvant leurs origines et leurs légitimités dans les sciences de l’ingénieur, les sciences physiques, chimiques et biologiques, les sciences de l’administration et de l’organisation, les sciences juridiques, humaines et sociales.
Ces paradigmes sont au service des actions que mènent les étudiants au cours de leur mission en entreprise.
Des séances collectives dites de " retour d’expérience " sont exploitées dans le système en alternance pour que chaque étudiant puisse présenter de manière construite et réfléchie, les différents aspects du contexte dans lequel il effectue sa mission, le déroulement de cette mission et la manière dont il identifie et règle ses problèmes . Ces témoignages sont ensuite soumis systématiquement à analyses et discussions.
C’est alors la prise en compte de la complexité de l’entreprise et l’utilisation équilibrée des différents paradigmes issus de disciplines différentes pour décrire les situations rencontrées et élaborer des stratégies d ’action qui constitue le point focal de la formation.
L’équipe des formateurs veille à ne pas laisser privilégier un paradigme au détriment des autres sans analyse approfondie ou laisser penser que certaines disciplines seraient uniquement conçues pour être au service des autres comme sont trop souvent considérées les sciences humaines et sociales vis à vis des sciences exactes.
En dernier lieu les apports ou les renforcements de connaissances s’inscrivent naturellement dans un contexte d’éveil individuel et collectif aux mécanismes de construction des savoirs et des représentations techniquement valides et socialement acceptables.
Il s’agit pour nous de faire prendre conscience aux étudiants qu’il existe deux formes de construction de la " vérité " : la vérité par la preuve qui est affaire de démonstration et de calcul et la vérité par l’accord qui procède de la négociation et de l’adhésion.
D’un point de vue pratique cette formation post - universitaire rassemble chaque année depuis maintenant cinq ans une vingtaine d’étudiants issus majoritairement des filières scientifiques et techniques qui trouvent ensuite leurs débouchés professionnels au sein de structures extrêmement diversifiées telles que : grands groupes industriels, petites et moyennes entreprises, cabinets conseil…
Pour en savoir plus sur MARPEQ
Le programme et le contenu
détaillé de cette formation est disponible sur simple demande
auprès des auteurs de cette communication.
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