Sols et agriculture écologiquement viable
62. La détérioration et la destruction des sols
précarisent les modes de subsistance et la sécurité
alimentaire de millions de personnes, et auront des répercussions
sur les ressources en eau et la préservation de la diversité
biologique. Il faut d'urgence définir une stratégie pour
lutter contre la tendance à l'accélération de la dégradation
de sols dans le monde entier ou pour l'inverser, en s'appuyant sur une
approche écosystémique, en tenant compte des besoins des
populations qui vivent dans les écosystèmes montagneux et
en reconnaissant les fonctions multiples de l'agriculture. Le principal
défi que l'humanité ait à relever est de protéger
et de gérer durablement les ressources naturelles dont dépend
la production d'aliments et de fibres tout en réussissant à
nourrir et à loger une population qui ne cesse de croître.
La communauté internationale est consciente de la nécessité
d'une protection et d'une gestion intégrée de l'utilisation
des sols et des ressources en terre, comme énoncé dans la
décision III/11 de la Conférence des Parties à la
Convention sur la diversité biologique , y compris l'identification
de la dégradation des terres, qui fassent intervenir, aux niveaux
local aussi bien que national, toutes les parties prenantes, dont les petits
exploitants agricoles, les petits producteurs de denrées alimentaires,
les populations autochtones, les organisations non gouvernementales et
notamment les femmes, qui jouent un rôle vital dans les communautés
rurales. Cela nécessite de prendre des mesures en vue d'assurer
la propriété foncière et l'accès aux terres,
le crédit et la formation et d'éliminer les obstacles qui
empêchent les agriculteurs, en particulier les petits exploitants
agricoles et les paysans, d'accéder aux investissements et d'améliorer
leurs terres et leur exploitation.
63. Il demeure indispensable de poursuivre les efforts visant
à éliminer la pauvreté, notamment en mettant en place
des moyens propres à renforcer les systèmes alimentaires
locaux, améliorer la sécurité alimentaire et assurer
une nutrition convenable aux plus de 800 millions de personnes sous-alimentées
que compte la planète, dont la majorité vit dans les pays
en développement. Les gouvernements devraient formuler des politiques
qui encouragent une agriculture viable, ainsi que la productivité
et la rentabilité. On a besoin de politiques rurales globales pour
faciliter l'accès à la terre, lutter contre la pauvreté,
créer des emplois et ralentir l'exode rural. Conformément
aux engagements pris dans la Déclaration et le Plan d'action de
Rome sur la sécurité alimentaire mondiale, adoptés
lors du Sommet mondial de l'alimentation (Rome, 13-17 novembre 1996) ,
la sécurité alimentaire durable des populations pauvres des
zones urbaines et rurales devrait être une priorité et, à
cet effet, les pays développés et la communauté internationale
devraient fournir une assistance aux pays en développement. Pour
atteindre ces objectifs, les gouvernements devraient accorder un rang de
priorité élevé à la mise en oeuvre des engagements
pris dans la Déclaration et le Plan d'action de Rome, s'agissant
en particulier de faire diminuer d'au moins de moitié le nombre
de personnes sous-alimentées d'ici à 2015. Les gouvernements
et les organisations internationales sont encouragés à mettre
en oeuvre le Plan d'action mondial sur la conservation et l'utilisation
rationnelle des ressources phytogénétiques destinées
à l'alimentation et à l'agriculture, adopté par la
Conférence technique internationale sur les ressources phytogénétiques
(Leipzig (Allemagne), 17-23 juin 1996). A la sixième session de
la Commission du développement durable en 1998, il conviendra d'examiner
les questions de l'agriculture viable et de l'utilisation durable des sols
en tenant compte des ressources en eau douce. Le problème pour la
recherche agricole est d'accroître les rendements de toutes les exploitations
tout en protégeant et en conservant les ressources naturelles. La
communauté internationale et les gouvernements doivent maintenir
ou accroître les investissements dans la recherche agricole parce
qu'il faut des années, voire des décennies pour mettre au
point de nouveaux axes de recherche et transformer les conclusions desdites
recherches en pratiques durables sur le terrain. Les pays en développement,
en particulier ceux dont la densité de population est élevée,
auront besoin de la coopération internationale pour accéder
aux résultats des recherches et aux technologies qui visent à
améliorer la productivité agricole lorsque l'espace est limité.
De manière plus générale, la coopération internationale
demeure nécessaire pour aider les pays en développement sur
de nombreux autres plans touchant les besoins de base de l'agriculture.
Il est nécessaire d'appuyer la poursuite du processus de réforme
conformément aux Accords d'Uruguay, notamment l'article 20 de l'Accord
sur l'agriculture , et d'appliquer pleinement
la Décision de l'Organisation mondiale du commerce sur les mesures
relatives aux éventuels effets négatifs du Programme de réforme
sur les pays en développement les moins avancés et importateurs
nets de produits alimentaires 31.