42. L'énergie est indispensable au développement
économique et social et à l'amélioration de la qualité
de la vie. Il est toutefois crucial d'adopter en la matière des
modes de production, de distribution et d'utilisation viables. Les combustibles
fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) demeureront les principales
sources d'énergie pendant de nombreuses années encore dans
la plupart des pays développés et en développement.
Il importe donc d'atténuer l'incidence écologique de leur
utilisation et de réduire les dangers qu'ils posent, à l'échelon
local, pour la santé et l'environnement, en renforçant la
coopération internationale, notamment en assurant le financement,
à des conditions de faveur, du développement des capacités
et le transfert des technologies appropriées, et en prenant les
mesures voulues au niveau national.
43. Dans les pays en développement, il va falloir renforcer considérablement les services énergétiques pour améliorer le niveau de vie de populations de plus en plus nombreuses. Ce renforcement contribuerait également à éliminer la pauvreté, car il permettrait de créer des emplois et d'améliorer les transports, la santé et l'éducation. Bon nombre de pays en développement, surtout les moins avancés, doivent trouver d'urgence les moyens de fournir des services énergétiques modernes et suffisants, notamment à des millions de ruraux. Pour ce faire, ils ont besoin de ressources financières, humaines et techniques considérables, ainsi que d'une large gamme de sources d'énergie.
45. Des progrès ont été réalisés dans le sens de l'adoption de modes de consommation d'énergie plus viables, et ce que les uns accomplissent dans ce domaine peut profiter à tous les autres. La coopération internationale est aussi nécessaire pour promouvoir les économies d'énergie et une utilisation plus rationnelle de l'énergie, le recours aux énergies renouvelables, la recherche-développement et la diffusion de technologies novatrices dans le domaine de l'énergie.
46. Il conviendrait donc :
b) D'élaborer des mesures concrètes visant à renforcer la coopération internationale aux fins d'aider les pays en développement dans les efforts qu'ils déploient pour fournir à l'ensemble de leur population, surtout dans les zones rurales, des services énergétiques modernes et suffisants, en particulier de l'électricité, tout en respectant l'environnement ;
c) D'adopter, au niveau des pays, et compte tenu des priorités et des besoins particuliers des pays en développement, des politiques et des plans couvrant les aspects économiques, sociaux et écologiques de la production, de la distribution et de l'utilisation de l'énergie, et de préconiser notamment le recours à des énergies moins polluantes telles que le gaz naturel ;
d) De prendre des engagements, y compris, le cas échéant,
des engagements assortis d'échéanciers, visant à transférer
les technologies appropriées aux pays en développement et
aux pays en transition pour leur permettre de recourir davantage aux sources
d'énergie renouvelables et aux combustibles fossiles moins polluants
et de produire, distribuer et utiliser l'énergie de façon
plus rationnelle. Les pays devraient accroître systématiquement
leur utilisation des sources d'énergie renouvelables, en fonction
de leur situation sociale, économique, naturelle, géographique
et climatique, et des techniques moins polluantes, notamment celles qui
font appel aux combustibles fossiles, et tendre à davantage d'efficience
dans la production, la distribution et l'utilisation de l'énergie,
ainsi que dans d'autres processus industriels fortement consommateurs d'énergie
;
e) D'encourager, aux niveaux international et national, les
efforts en matière de recherche-développement et d'utilisation
des technologies d'exploitation des énergies renouvelables ;
f) D'encourager, s'agissant des combustibles fossiles, la recherche-développement concernant des technologies moins polluantes et plus efficientes, ainsi que l'utilisation et le transfert de ces technologies, grâce à une aide internationale efficace ;
g) D'encourager les gouvernements et le secteur privé à étudier des modalités appropriées pour promouvoir progressivement l'internalisation des coûts environnementaux de façon à parvenir à une utilisation plus durable de l'énergie, compte pleinement tenu des conditions économiques, sociales et environnementales de tous les pays, en particulier des pays en développement. A cet égard, la communauté internationale devrait coopérer pour réduire le plus possible les incidences négatives sur le processus de développement des pays en développement pouvant découler de la mise en oeuvre de ces politiques et mesures. Il conviendrait également d'encourager la réduction et la suppression progressive des subventions des modes de production et de consommation d'énergie qui entravent le développement durable. Ces politiques devraient prendre pleinement en considération la situation et les besoins particuliers des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés, à l'instar de l'Accord du Cycle d'Uruguay sur les négociations commerciales multilatérales concernant les subventions et les mesures compensatoires, en vertu duquel ces pays se voient accorder un traitement spécial et différencié ;