34. Les ressources en eau sont indispensables pour satisfaire
les besoins essentiels de l'être humain, assurer la santé
publique ainsi que la production vivrière, sauvegarder les écosystèmes
et promouvoir le développement économique et social en général.
Il est extrêmement préoccupant de constater que plus d'un
cinquième de la population mondiale n'a toujours pas accès
à de l'eau potable et que plus de la moitié ne dispose pas
de systèmes d'assainissement appropriés. Pour les pays en
développement, l'eau douce constitue à la fois une priorité
et un besoin essentiel car, dans nombre d'entre eux, toutes les couches
de la population n'y ont pas facilement accès en raison, notamment,
de l'absence d'infrastructures et de moyens adaptés, de pénuries
d'eau et de difficultés techniques et financières. En outre,
l'eau douce revêt une importance cruciale pour les pays en développement
qui doivent répondre aux besoins fondamentaux de leur population
dans des domaines tels que l'irrigation, le développement industriel
ou la production d'hydroélectricité. A moins d'une intervention
rapide, l'eau, qui n'existe qu'en quantité limitée mais dont
la demande ne cesse d'augmenter, deviendra l'un des principaux facteurs
freinant le développement socio-économique. L'augmentation
constante de la demande en eau þ qu'expliquent les modes d'utilisation
écologiquement non viables des ressources et leurs effets préjudiciables
sur la qualité de l'eau et les réserves en eau þ et
l'inaccessibilité des ressources en eau potable et des systèmes
d'assainissement appropriés dans de nombreux pays en développement
sont de plus en plus préoccupantes. Les engagements pris dans le
cadre de la Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement
(1980-1990) n'ayant pas été pleinement tenus, il demeure
nécessaire d'assurer une utilisation et une protection optimales
de toutes les ressources en eau douce, de manière à satisfaire
les besoins de chaque être humain, notamment en matière d'eau
potable et d'assainissement. C'est pourquoi il convient de donner la priorité
absolue aux graves problèmes d'approvisionnement en eau douce que
connaissent de nombreuses régions, et en particulier les pays en
développement. Il faut donc d'urgence :
b) Renforcer la coopération régionale et internationale en matière de transfert de technologie et de financement de programmes et de projets intégrés concernant les ressources en eau, en particulier ceux qui visent à améliorer l'accès à l'eau potable et aux systèmes d'assainissement ;
d) Créer un environnement national et international propice aux investissements d'origine publique et privée en faveur de l'amélioration des services d'approvisionnement en eau et d'assainissement, en particulier dans les zones urbaines et périurbaines en pleine expansion et dans les communautés rurales pauvres des pays en développement ; et inviter la communauté internationale à prendre des engagements et à les honorer afin d'appuyer les initiatives tendant à aider les pays en développement à garantir un accès universel à l'eau potable et aux systèmes d'assainissement ;
e) Prendre conscience que l'eau est un bien économique et social qui contribue de manière décisive à satisfaire les besoins essentiels de l'être humain, à assurer la sécurité alimentaire, à lutter contre la pauvreté et à préserver les écosystèmes. La valeur économique de l'eau doit être déterminée compte tenu de la fonction économique et sociale qu'elle remplit pour la satisfaction des besoins essentiels de l'homme. Il faut envisager la mise en place progressive, dans les pays développés, d'une tarification qui assure la couverture des dépenses et une distribution de l'eau à la fois équitable et judicieuse et contribue en même temps à en promouvoir la protection ; une telle politique pourrait également être envisagée dans les pays en développement lorsque ceux-ci auront atteint un stade de développement approprié, de manière à garantir une gestion et une mise en valeur harmonieuses des ressources en eau, qui sont peu abondantes, et à mobiliser des fonds permettant d'investir dans de nouvelles installations d'approvisionnement en eau et de traitement de l'eau. Cette stratégie devrait également prévoir des programmes visant à lutter contre le gaspillage de l'eau ;
g) Encourager la communauté internationale à aider les pays en développement à tirer le meilleur parti de leurs ressources limitées pour adopter des modes de production agricole et industrielle générant une forte valeur ajoutée et utilisant moins d'eau et pour mettre en place des services d'éducation et d'information permettant à la main-d'oeuvre d'acquérir les compétences requises pour faire face aux mutations économiques qu'impose une exploitation écologiquement viable des ressources en eau douce. Il faut aussi que la communauté internationale apporte son assistance aux pays en développement, pour qu'ils puissent mettre en valeur leurs ressources en eau et adopter des initiatives et méthodes à la fois rationnelles et novatrices aux niveaux bilatéral et régional ;