Les paragraphes qui suivent possèdent la même numérotation
que les questions de la grille auxquelles ils correspondent.
A. DES FINALITES
COHERENTES ET EQUILIBREES
Cette première étape s’intéresse aux buts poursuivis
par le porteur, avec deux objectifs :
1. Elle recherche d’abord la cohérence des projets avec
les 4 orientations stratégiques (en italique dans les questions)
définies lors du comité de suivi du 10 juillet 1998, et formalisées
dans le document intitulé " Premières propositions d’orientation
". Ceci permettra d’articuler l’échelle interrégionale et
les échelles plus locales.
2. Le deuxième objectif est un équilibre
entre
les 4 axes pour chaque territoire de projet.
Les projets à finalités transversales s’inscrivent dans cette
logique. Les porteurs de projets à finalités plus ponctuelles
peuvent trouver de l’aide auprès des groupes locaux de concertation.
Ils pourront ainsi ajuster leur propre projet et échanger avec les
autres acteurs afin d’élaborer un ensemble d’actions complémentaires
à l’échelle de leur territoire commun.
Cette coordination des projets partageant un territoire permettra de
favoriser les synergies, et d’optimiser la réponse aux besoins de
la population (question n°C.2.1.).
A.1.1. Le projet
contribue-t-il à
la préservation et à la valorisation
des atouts patrimoniaux du territoire ?
Sinon quels autres projets y contribuent dans
son aire géographique, auxquels il pourrait être associé
?
A.1.2. Le projet
contribue-t-il au
développement endogène et au renforcement
de l’attractivité du territoire
?
Sinon quels autres projets y contribuent
dans son aire géographique, auxquels il pourrait être associé
?
A.1.3. Le projet
contribue-t-il à
l’organisation des modes de transports ?
Sinon quels autres projets y contribuent
dans son aire géographique, auxquels il pourrait être associé
?
A.1.4. Le projet
contribue-t-il à
la valorisation des ressources humaines et à
la promotion de la qualité des relations sociales ?
Sinon quels autres projets y contribuent
dans son aire géographique, auxquels il pourrait être associé
?
B. UNE METHODE POUR
TROUVER UN CONSENSUS
L’objet de cette seconde étape est de s’assurer que le projet
a obtenu l’adhésion de la population et des acteurs concernés
autour de l’opportunité et de la faisabilité des options
choisies. Afin de faciliter cette adhésion qui conditionne la réussite
du projet, ces choix devront intégrer les particularités
liées aux contextes locaux, et reposer sur une démarche participative
et partenariale.
B.1. Opportunité
et faisabilité
B.1.1. Comment a été
évaluée la viabilité du projet ?
La réponse à cette question doit permettre d’évaluer
les chances de réussite à long terme du projet. Cette réussite
étant caractérisée par la capacité de s’autofinancer,
de se développer, et d’atteindre les objectifs fixés. Cette
analyse doit permettre d’intégrer les préoccupations du développement
durable dans la prise de décision.
On peut ainsi réaliser, lorsque l’importance du projet le justifie
(et le permet), une analyse en coût global du projet, qui
intègre les coûts économiques, sociaux, et environnementaux.
Ces deux derniers aspects ne sont pas facilement quantifiables, mais il
peut être utile de les intégrer dans le bilan coûts
/ avantages, même qualitativement.
L’analyse en coût global permet également d’intégrer
au bilan les coûts de fonctionnement actuels et futurs, sachant
que les choix d’investissement ont un impact direct sur les coûts
de fonctionnement ultérieurs.
Enfin la question de la viabilité permet d’ouvrir la réflexion
sur l’utilisation des bénéfices du projet (répartition
entre autofinancement, provisions, redistribution aux salariés et
aux investisseurs...) et sur le choix des taux d’actualisation (des taux
faibles facilitent l’investissement à long terme et la solidarité
avec les générations futures).
B.1.2. Quelles alternatives
ont été étudiées ?
Cette question permet d’évaluer comment le porteur ouvre le débat
autour
du projet lui-même, de l’opportunité et de la faisabilité
des différentes solutions envisageables (hypothèses extrêmes,
médianes, du type " ne rien faire ", etc.).
Il peut être utile de fonder les scénarios étudiés
sur un diagnostic préalable de la situation existante. Par ailleurs
chaque alternative étudiée pourrait être évaluée
du point de vue de sa viabilité globale, telle que définie
dans la question B.1.1..
A une autre échelle, ces alternatives concernent les choix technologiques
et/ou organisationnels internes au projet, comme utiliser des ressources
plus renouvelables et des matériaux plus recyclables (cf.
question n° C.1.2.), privilégier la création d’emploi
à l’utilisation de ressources (cf. questions n° C.1.2.
et C.2.4.), ou encore construire des locaux aux normes HQE ((cf.
question n° C.3.2.).
B.1.3. Quelles méthodes
et moyens ont été prévus pour la conception, la réalisation,
le suivi et l’évaluation du projet ?
Il s’agit ici de présenter les moyens déployés (humains,
matériels, financiers...) et les méthodes et techniques utilisées
pour la conception et la mise en œuvre du projet, en regard des enjeux,
des sommes investies, des impacts potentiels, etc.
Le système de suivi et d’évaluation prévu dans
le cadre du projet est déterminant pour la prise en compte du long
terme et de ses incertitudes, car il permet une certaine réversibilité
des actions.
Ainsi chacune des étapes d’évaluation qui jalonnent le
déroulement du projet peut constituer une sorte " d’embranchement
" dans un arbre de décision séquentiel. Elle ouvre la réflexion
autour d’une réorientation éventuelle des actions. On envisage
à nouveau les différentes alternatives possibles, leur opportunité
et leur faisabilité (question B.1.1 et B.1.2.).
La solidarité avec les générations futures veut
que l’on applique lors de ces étapes le principe de précaution,
en réservant des marges de sécurité et de manœuvre
pour l’avenir.
L’évaluation d’une action peut être considérée
sous 3 angles :
-
l’évaluation de l’efficacité de l’action, qui rapporte
les effets produits (résultats obtenus) et leur pérennité
aux effets attendus (objectifs) ;
-
l’évaluation de l’efficience de l’action, qui rapporte les
résultats obtenus aux moyens déployés (équivalent
de la productivité en milieu industriel) ;
-
l’évaluation de la pertinence de l’action, qui s’attache
à la cohérence des moyens utilisés par rapport aux
objectifs visés.
Cette évaluation suppose donc l’existence :
-
d’objectifs de résultats définis dans leur contexte,
si possibles quantifiés par thèmes d’actions, et clairement
affichés.
-
d’un suivi régulier et actualisé
® des moyens mis en œuvre (état
d’avancement du programme d’action),
® des résultats effectifs,
par objectifs thématiques et/ou territoriaux et de quelques actions
phares ;
-
d’un suivi de l’état du territoire et de son évolution
(diagnostics de l’état zéro, état actuel, évolutions
et explications) dans les domaines environnementaux, économiques
et sociaux.
Ces suivis peuvent être réalisés à l’aide
d’indicateurs
formant le tableau de bord du projet. La définition de ces indicateurs
doit préciser qui est chargé de la collecte et du traitement
des données. Pour plus de cohérence entre ces indicateurs
et les objectifs du projet, il est souhaitable de concevoir le système
de suivi-évaluation en même temps que le fond du projet, et
si possible après le diagnostic initial.
B.2. Intégration
dans le contexte local
Le terme " local " doit être compris à l’échelle de
base : quartiers urbains, communes et intercommunalités en milieu
rural, etc.
-
L’espace de projet peut être plus restreint ou équivalent
à l’échelon local, le porteur n’a alors à considérer
que le quartier ou la commune dans laquelle il s’inscrit.
-
Si l’espace de projet touche plusieurs quartiers ou communes, il est alors
utile que le porteur s’intéresse à la déclinaison
de son projet au sein de chacun (en fonction de ses moyens).
B.2.1. A quels enjeux ou
politiques locales le projet répond-il ?
C’est la
dimension thématique du territoire qui est au centre
de cette question. Celle-ci permet de vérifier si le projet intègre
dans ses finalités les enjeux thématiques locaux, et s’il
est compatible avec d’éventuelles politiques locales ou déclinaisons
locales de politiques plus vastes.
Cette rubrique vise à améliorer l’efficacité du
projet en évitant les contradictions avec d’autres projets locaux.
Il est donc nécessaire de concevoir la réponse en intégrant
celle faite à la question n° B.3.2. concernant les partenariats.
B.2.2. Comment le projet
prend-il en compte les contraintes et les potentialités liées
au territoire physique et naturel ?
Cette question concerne la
dimension spatiale du territoire. Pour
un quartier urbain, il s’agit de l’organisation des rues, de la circulation,
des places et des espaces verts, des bâtiments, etc. Pour une commune
rurale les aspects géographiques, agraires et écologiques
entrent en ligne de compte.
La réponse à cette question doit donc se baser sur un
diagnostic de l’état zéro au niveau local.
Souvent certaines caractéristiques ou activités d’un territoire
sont à la fois des contraintes et des potentialités, selon
l’angle d’approche et la perspective à court ou long terme considérés.
L’analyse de ces caractéristiques permet parfois de trouver le bon
angle qui transforme les contraintes en atouts. Ainsi la valorisation des
potentialités locales permet de favoriser le développement
endogène, qui est plus pérenne et bénéficie
mieux aux populations locales.
L’organisation de l’espace autour des habitations étant étroitement
liée au cadre de vie, cette question est à analyser en commun
avec la question n° C.3.2.. Par ailleurs l’étude des impacts
du projet sur les milieux récepteurs prend en compte logiquement
les particularités locales, d’où le lien avec la question
n° C.1.4..
B.2.3. Comment le projet
intègre-t-il les réseaux d’acteurs locaux ?
Pour qu’un projet réussisse il est nécessaire qu’il soit
compris et approuvé à l’échelon local, sur le terrain.
Cette approbation implique que les acteurs locaux (maires, associations
de quartiers, entrepreneurs, etc.) soient associés au projet : cette
question s’inscrit dans la dimension relationnelle du territoire. C’est
le dialogue noué entre des acteurs travaillant à des échelles
différentes qui permet, avant tout, d’articuler local et global.
Les acteurs locaux sont-ils consultés ? Participent-ils à
la prise de décision ? Cette question est également liée
à celle concernant les partenariats (n° B.3.2.).
B.3. Partenariat
et participation
B.3.1. Comment la population
est-elle associée à l’élaboration et au suivi du projet
?
Le meilleur moyen de réussir un projet est d’y associer la population
concernée le plus en amont et le plus étroitement possible.
De cette façon des solutions de type " gagnant-gagnant " peuvent
être trouvées au delà des divergences de points de
vue ou d’intérêts.
-
Dans quelle(s) étape(s) du projet la population est-elle
impliquée :
® en amont, lors des études
d’opportunité autour des différents scénarios envisagés
?
® en aval, une fois la décision
de principe prise, pour affiner le projet ?
® lors du suivi et de l’évaluation
?
-
Quel est le degré d’implication de la population :
® Est-elle informée ?
de manière transparente ?
® Est-elle consultée lors
d’un dialogue entre citoyens, élus, techniciens, associations ?
® Participe-t-elle à la
prise de décision ?
Cette rubrique s’intéresse aussi aux
outils et processus
mis en œuvre pour informer et associer la population.
Par ailleurs elle touche plusieurs autres questions :
-
La mise en œuvre d’une participation citoyenne active nécessite
des actions de sensibilisation et de formation qui donnent à chacun
les moyens de comprendre le monde dans lequel il vit et de faire des choix
responsables pour lui et pour la collectivité (cf. question
n° C.3.1.).
-
La participation valorise tous les acteurs concernés (population,
élus et porteurs de projets). De même les actions de valorisation
des personnes stimulent leur participation (cf. question n°
C.3.1.).
-
Dans les cas où le projet implique la consommation de biens durables,
les consommateurs consentiront d’autant plus d’effort s’ils se sentent
impliqués (cf. question n° C.2.3.).
B.3.2. Quels partenariats
sont mis en oeuvre dans le cadre du projet ?
Dans la même logique, il s’agit de présenter les partenaires
du projet et les relations construites avec eux. Il peut s’agir de nombreux
types de partenariats (liste non exhaustive) :
-
partenariats public/privé,
-
partenariats au sein d’un même territoire ou d’une même filière,
-
complémentarités et partenariats entre territoires voisins,
-
solidarité amont-aval,
-
réseaux de partage d’expérience et solidarité internationale,
-
pluridisciplinarité.
Il s’agit également des moyens mis en oeuvre dans le cadre des groupes
de questions A. et B.2., autours des partenariats entre les différents
niveaux de décision.
B.3.3. Quels mécanismes
de médiation sont prévus dans le cadre du projet ?
Il peut être très utile de prévoir des mécanismes
de médiation pour les cas où un conflit viendrait à
éclater entre groupes de population, associations, riverains, collectivités,
administrations, entreprises...
On entend par médiation le processus qui, par l’intervention
d’une personne indépendante, permet de dégager les attentes
profondes et implicites de chacune des parties, pour construire une solution
nouvelle et répondant de manière équilibrée
à ces attentes. L’ensemble des acteurs doivent participer à
cette construction, qui n’en sera que plus satisfaisante.
La médiation peut intervenir dans le cadre de l’élaboration
d’un partenariat (cf. question précédente), dans le
cadre des questions relatives à la cohérence, à l’équilibre
des finalités (n° A.1.1. à A.1.4.) et à la prise
en compte du contexte local (cf. questions n° B.2.1. à
B.2.3.).
B.3.4. Quelles innovations
susceptibles d’être transposées le projet comporte-t-il ?
Ce qui est analysé ici concerne les techniques, les méthodes
ou les outils à caractère innovant développés
dans le cadre du projet, dans une optique de partage d’expérience
et de participation au progrès général de la connaissance
humaine. Ce progrès constitue en effet une large part du capital
que nous léguons aux générations futures.
C. UNE ANALYSE
GLOBALE ET SYSTEMIQUE
Cette 3ème étape analyse les incidences du
projet sur les trois sphères du développement durable : l’environnement,
l’économique, le social. Les questions de ce chapitre concernentles
finalités du projet autant que sa mise en œuvre quotidienne.
C.1.
Préserver la qualité du milieu et la pérennité
des ressources naturelles.
C.1.1. Comment le projet
prend-il en compte la diversité des paysages, des habitats et des
espèces ?
L’objectif de cette question est de s’assurer que le projet ne porte pas
atteinte à la
biodiversité, voire d’encourager la
restauration de ce patrimoine irremplaçable.
1) Paysages
Etendue de pays qui s’offre à la vue, le paysage est constitué
de réalités matérielles et immatérielles.
-
La structure matérielle du paysage résulte des interactions
entre les activités humaines et l’évolution des écosystèmes.
Elle comprend des éléments :
® architecturaux (bâti,
monuments),
® urbanistiques (organisation
de la ville, de ses espaces verts),
® agraires (parcellaire)
® et écologiques (mosaïque
de stades successionnels, réseau d’habitats d’espèces et
de corridors, métapopulations).
-
La dimension immatérielle du paysage relève de l’esthétique,
de la perception sensible et de références culturelles liées
à l’histoire des territoires.
2) Habitats
-
Les habitats concernés par cette question sont notamment
ceux cités en annexe 1 de la directive 92/43 CEE du 21/05/1992.
3) Espèces
-
Les espèces de faune sont celles citées en annexe
1 de la directive 79/409 CEE du 2/04/1979, ainsi que celles citées
dans les arrêtés du 17/04/1981, du 8/12/1998, du 7/10/1992
et du 22/07/1993 fixant la liste.
-
Les espèces de flore sont celles citées en annexe
2 et 5 de la directive 92/43, et celles citées dans l’arrêté
du 20/01/1982 fixant la liste des espèces protégées
sur l’ensemble du territoire français, complété par
les listes régionales.
On pourra aussi se référer au Livre rouge des espèces
menacées (Muséum National d’Histoire Naturelle), ainsi
qu’aux textes internationaux (Convention de Berne - 19/09/1979, Convention
de Bonne - 23/06/1979, Convention de Washington - 3/03/1973).
Tout projet ayant un impact sur certains de ces éléments
doit mettre en œuvre (directement ou par partenariat) des mécanismes
d’étude (diagnostic de l’état initial), de suivi et de gestion.
Cette gestion ne doit pas se contenter de conserver l’état initial,
mais permettre d’intégrer le projet dans les écosystèmes
concernés et leur équilibre dynamique. A des approches lourdes
de restauration, on privilégiera des approches de prévention,
moins coûteuses et plus efficaces à condition qu’un travail
de fond soit mené.
C.1.2. Quelles sont les
mesures prises pour limiter la consommation et préserver la qualité
des ressources naturelles ?
Cette question occupe une place centrale, car toute activité repose
sur la disponibilité de certaines ressources : matières premières,
eau, espaces, fertilité des sols, énergies...Cette disponibilité
conditionne la réponse aux besoins des générations
actuelles, et sa préservation à long terme conditionne la
réponse aux besoins des générations futures.
Le principe est simple : il faudrait ne prélever que les intérêts
sans toucher au capital (ou le moins possible), de manière à
ce que les générations futures puissent elles aussi en profiter.
Ce qu’on appelle " intérêts " sont les ressources renouvelables,
le " capital " environnemental étant constitué par les ressources
non-renouvelables.
On peut dire d’une ressource qu’elle est renouvelable, à une
échelle d’espace et de temps considérée, quand la
somme des prélèvements est inférieure ou égale
au renouvellement (le tout rapporté à une unité de
temps cohérente).
-
Certaines ressources sont toujours renouvelables à l’échelle
humaine (leur renouvellement est instantané) :
® l’énergie solaire,
® l’énergie éolienne...
-
D’autres sont sensibles aux rythmes de prélèvement et de
renouvellement :
® - l’eau,
® les espaces (foncier, habitats d’espèces),
® la fertilité des sols (minéraux,
matières organiques, structure)...
-
D’autres enfin ne sont jamais renouvelables à l’échelle humaine
(leur renouvellement s’effectue à l’échelle du million d’années)
:
® les ressources géologiques
(granulats, métaux, combustibles fossiles...),
® les ressources génétiques,
consommées lors de la disparition de populations ou d’espèces.
| Remarque : le recyclage de produits en fin de vie et
la réutilisation (process en circuits fermé) permettent
de diminuer la consommation de ressources " neuves ", donc d’en augmenter
la renouvelabilité. |
Selon l’importance du projet, il peut être nécessaire de
réaliser un diagnostic plus ou moins approfondi des ressources existantes
et de leur renouvelabilité, en fonction des différents scénarios
envisagés. L’objectif est bien d’utiliser les ressources les plus
renouvelables en priorité, et de limiter la consommation de ressources
non-renouvelables au strict minimum nécessaire.
Cet objectif peut être atteint par une lutte contre le gaspillage
ou par une optimisation de la demande (technologies sobres) plutôt
que par la mobilisation de nouvelles ressources. Cette approche nécessite
un investissement dans de nouveaux outils d’évaluation et une information
plus précise sur l’usage qui est fait des ressources consommées
dans le cadre du projet. Mais elle permettra de réduire les coûts
à moyen et long terme.
Enfin il est intéressant de savoir s’il est prévu dans
le cadre du projet des mesures de protection et de restauration de la qualité
des ressources utilisées ou potentiellement menacées.
C.1.3. Quelles sont les
mesures prises pour limiter à la source, quantitativement et qualitativement,
les pollutions et nuisances induites par le projet ?
La pollution est l’introduction par l’homme dans un milieu, directement
ou indirectement, de substances ou d’énergies pouvant :
-
mettre en danger la santé de l’homme (question n° C.3.2.),
-
endommager les ressources naturelles et les écosystèmes (question
n° C.1.1. et C.1.2.),
-
détériorer les biens matériels,
-
ou porter atteinte aux valeurs d’agréments et aux autres utilisations
légitimes de l’environnement (question n° C.3.2.).
Du point de vue
systémique, la pollution est une perturbation
humaine qui peut aboutir à la destruction de systèmes vivants
ou à un nouvel équilibre. Dans ce dernier cas les systèmes
se retrouvent simplifiés (perte de diversité), donc fragilisés
face aux perturbations ultérieures (marges de manœuvre plus étroites
pour les générations futures).
De nombreux textes légaux définisse un cadre encore insuffisamment
respecté en France :
-
Loi sur l’eau du 3 janvier 1992 et ses décrets d’application
(24/09/1992, 29/03/1993...), Loi sur la pêche du 29 juin 1984
-
Loi sur l’air du 30 décembre 1996 et directive CEE du 27
septembre 1996 ainsi que la Loi du 30 décembre 1982 d’Orientation
des Transports Intérieurs
-
Lois sur les déchets du 15 juillet 1975 et du 13 juillet
1992 et leurs décrets, ainsi que les nomenclatures définies
dans la directive CEE du 15/07/1975, le décret du 9/09/1997, l’avis
du 16/05/1985 et le catalogue européen des déchets du 20/12/1993
-
Loi sur le bruit du 31 décembre 1992 et ses décrets,
ainsi que les arrêtés ministériels du 23/01/1997 et
du 20/08/1985
-
Loi du 19 juillet 1976 sur les Installations Classées pour la
Protection de l’Environnement et le décret du 21/09/1977,
-
Directive CEE du 24 juin 1982 modifiée dite " SEVESO ", Loi
du 22 juillet 1987 relative notamment à la prévention
des risques majeurs et décrets d’application du 6/05/1988 et
du 11/10/1990 relatifs à l’information du public
Cette question concerne également les problèmes d’odeurs,
de vibrations qui, avec le bruit, sont parfois regroupés sous le
terme " nuisances " faisant référence à une atteinte
au cadre de vie du voisinage direct ou indirect (lien avec la question
n° C.3.2.).
La complexité et le coût du traitement des pollutions ou
nuisances justifient que la priorité soit donnée à
leur réduction à la source, en adoptant une approche
systémique :
® choix technologiques inhérents
à l’activité (matières premières et process,
méthodes culturales, etc.),
® pollutions et nuisances associées
à ces choix (typologie, flux...),
® filières locales de traitement,
de recyclage et de valorisation.
-
De manière transversale, en analysant les interactions entre les
différents types de pollutions et nuisances.
| Cette approche peut se concrétiser dans le cadre d’analyses
du cycles de vie pour les produits, ou d’éco-bilans pour
les activités. |
C.1.4. Les milieux récepteurs
peuvent-ils supporter les impacts des pollutions et nuisances résiduelles
induites par le projet ?
Cette question concerne le traitement des pollutions et nuisances générées
par le projet et l’étude de leurs impacts sur les milieux récepteurs.
On ne peut donc y répondre qu’après avoir pris en compte
la question précédente.
Cette étude vise à déterminer quel degré
de pollution les milieux récepteurs peuvent absorber sans risque
pour eux ou pour les hommes. Il s’agit ensuite de mettre en œuvre les dispositifs
permettant de réduire le niveau de pollution en deçà
de ce seuil de tolérance.
La capacité de tolérance d’un milieu étant en étroite
relation avec son " état de santé ", sa biodiversité,
il est nécessaire de traiter ensemble les questions n° C.1.2.
et C.1.4..
Contrairement à la question précédente, qui fait
référence à des textes généraux, celle-ci
concerne des procédures plus territorialisées (cf.
question n° A.1.1.)
C.2. Développer
un tissu économique viable, porteur d’emploi, qui autorise l’évolution
des modes de production et de consommation.
C.2.1. A quels besoins matériels
le projet répond-il ?
Pour répondre à cette question, des méthodes de type
" étude de marché " sont à mettre en œuvre. Il convient
notamment de déterminer :
-
si le projet répond à des besoins matériels existants
ou émergeants,
-
quel est le degré actuel de satisfaction de ces besoins,
-
si ces besoins sont plutôt fondamentaux ou de confort,
-
et comment le projet se positionne par rapport à l’offre existante.
La réponse à ces nouveaux besoins passe par la valorisation
de nouvelles compétences, de nouveaux métiers. Ceci pourrait
se faire dans le cadre du programme " Nouveaux emplois - nouveaux services
" dans la mesure où la solvabilité marchande ne serait pas
immédiatement possible (questions n° C.2.4. et C.2.5.).
C.2.2. Quels types de cahiers
des charges (qualitatifs, environnementaux ou sociaux) le projet met-il
en œuvre? Comment ?
Les efforts réalisés par les entreprises pour produire en
économisant l’énergie, les matériaux, les richesses
naturelles (
cf. question n° C.1.1 à C.1.4.) et/ou en
innovant socialement (
cf. question n° B.3.4., C.2.4 et C.2.5.)
ne seront viables que s’ils sont reconnus et valorisés auprès
des consommateurs. D’où la nécessité d’établir
des cahiers des charges précis permettant de distinguer clairement
les produits et services durables.
De nombreux outils de valorisation des produits et services existent
mais restent à développer :
-
appellations d’Origine Contrôlée,
-
ISO-9000 et ISO-14000 (pour des entreprises, mais aussi pour des zones
d’activités),
-
N.F. - environnement,
-
logos du type " AB " (pour l’agriculture biologique),
-
chartes pour l’environnement permettant formaliser à l’échelle
d’un pays des engagements d’entreprises et de collectivités, de
développer le partenariat public/privé,
-
chartes paysagères, etc.
Outre la prise en compte de l’environnement, ce type d’outil pourrait également
permettre de valoriser l’innovation sociale.
Afin que ces outils remplissent pleinement leur rôle, un accompagnement
par des actions de communication, d’éducation et de formation en
direction des consommateurs est nécessaire (cf. questions
n° C.2.3. et C.3.1.).
C.2.3. Comment le projet
favorise-t-il la consommation de biens et de services durables ?
L’évolution de modes de production passant par celle des modes de
consommation, il convient de stimuler les consommateurs plus responsables,
qu’il s’agisse d’individus, d’associations, d’entreprises ou de collectivités.
Quelques exemples de produits et services durables :
-
produits à longue durée de vie, par opposition aux produits
dits " jetables ",
-
produits à emballage minimum,
-
produits et services additionnels :
® écoute approfondie des
besoins du client,
® stages de formation / responsabilisation
du client, etc.
Cette rubrique concerne donc les moyens mis en œuvre dans le cadre du projet
pour favoriser la consommation responsable. On peut citer par exemple :
-
une information des consommateurs, notamment sur les cahiers des charges
durables (cf. question précédente),
-
une préférence dans les politiques d’achats du projet, ou
des clauses de durabilité dans les marchés publics (critères
du mieux-disant social et environnemental),
-
des prêts bonifiés à la consommation, des réseaux
de distribution, etc.
C.2.4. Quels emplois le
projet permet-il de créer ou de pérenniser ?
Pour répondre à cette question, il faut réaliser un
bilan des emplois créés et détruits, directement et
indirectement dans le territoire du projet. Il s’agit également
de s’interroger sur la pérennité des emploi créés
:
-
A-t-on remplacé des emplois stables par des emplois précaires
?
-
Ou le projet a-t-il permis à des personnes en situation précaire
de trouver un emploi stable avec une projection possible dans le long terme
?
-
Le projet inclut-il des mesures susceptibles d’améliorer la capacité
des personnes à s’adapter aux changements ?
® formation,
® expériences professionnelles
valorisables,
® aide à la mobilité,
etc.
C.2.5. Quelles formations,
qualifications et rémunérations sont prévues dans
le projet ?
Cette question permet d’évaluer comment le projet valorise les richesses
humaines, sous deux points de vue :
-
la transmission de savoir-faire traditionnels aux jeunes générations
actuelles, afin que ceux-ci ne soient pas perdus,
-
la création et la diffusion de compétences nouvelles, permettant
d’accompagner les évolutions technologiques et les mutations de
la société.
Ces savoir-faire nouveaux ou anciens constituent un patrimoine qu’il est
vital de transmettre aux générations futures.
Ces formations peuvent être prévues dans le cadre du projet
(contrats de qualification...), ou simplement l’occasion peut être
accordée à chacun de suivre des stages de qualification en
fonction de sa propre démarche professionnelle (congés-formation).
C.2.6. Quelle est l’incidence
du projet sur l’organisation du temps de travail dans la structure porteuse
et les organismes environnants ?
Une organisation du temps de travail innovante, qui prend en compte les
besoins des salariés (vie familiale, loisirs, vie associative et
publique:
cf. question n° C.3.1.) et les préoccupations
environnementales (
cf. question n° C.2.7.), constitue une composante
importante d’un projet de développement durable, parce qu’elle détermine
une grande partie de la qualité de vie des personnes.
Par ailleurs le projet peut influencer l’organisation du temps de travail
au sein des entreprises, associations, ou collectivités environnantes,
par le biais de relations de partenariats, ou fournisseur-client, etc.
Il est alors important de s’assurer que cette influence va dans le sens
développé ci-dessus.
C.2.7. Quelles répercussions
le projet a-t-il sur les besoins de déplacement et de transport
?
L’optimisation des besoins de transport de personnes et de fret permettrait
de limiter la consommation d’hydrocarbures et la pollution atmosphérique,
auditive, visuelle... liée à l’augmentation du transport
routier (
cf. question n° C.1.3.).
Il est donc nécessaire de se pencher sur la fréquence,
la nature du fret, la répartition des horaires de départ
et d’arrivée des personnes (cf. question précédente),
afin de faciliter des solutions comme les transports en commun, le co-voiturage,
le fret par chemin de fer, etc. Parallèlement l’optimisation des
besoins en transport ne doit pas aboutir à des horaires invivables.
C.3. Répondre
aux besoins immatériels
Ces besoins peuvent être collectifs (sociaux) ou individuels. Ils
sont peu quantifiables, donc difficiles à prendre en compte. Il
est nécessaire de développer des outils de diagnostic qualitatifs
ou semi-quantitatifs. Le caractère vivable d’un projet dépend
énormément de la réponse à ces besoins.
C.3.1. Comment le projet
facilite-t-il la valorisation de la personne (éducation, culture,
citoyenneté...) ?
Valorisation signifie ici
épanouissement personnel
et
reconnaissance sociale. Ces préoccupations se traduisent
dans la vie et les activités quotidiennes : travail, participation
à la vie publique (
cf. question n° B.3.1.), activités
associatives et bénévoles, sports, loisirs, etc.
L’évolution des modes de pensée et des comportements qu’implique
le développement durable nécessite la participation de tous
les projets à l’éducation populaire. Que ce soit en matière
d’environnement, de citoyenneté (apprentissage de la démarche
participative), de solidarité ou autre, cette problématique
doit être intégrée soit dans les finalités du
projet soit dans son fonctionnement quotidien.
Les publics-cibles sont variés : petite enfance, adolescents
et étudiants, adultes en difficulté ou non, acteurs publics
ou privés, etc. La difficulté d’obtenir des résultats
probants dans ce domaine montre qu’une réflexion approfondie doit
être menée sur les outils à mettre en œuvre. Le plus
souvent des opérations de faible ampleur, simples et très
proches du terrain suffisent
L’éducation à la citoyenneté et à l’environnement
débouche naturellement sur la notion de consommation responsable
(cf. question n° C.2.3.).
On observe actuellement un affaiblissement des identités culturelles
et des repères moraux qui y sont associés. Cette rubrique
cherche également à analyser comment le projet :
-
favorise l’expression des cultures,
-
valorise leur diversité,
-
et favorise les échanges et le dialogue interculturel.
Les cultures concernées peuvent être celles d’autres continents,
d’autres pays, ou simplement les cultures de régions, de vallées,
de plateaux, voire de villages (
cf. question n° B.2.3.), mais
aussi les cultures professionnelles, syndicales, associatives, etc.
Les échanges interculturels se fondent naturellement sur le partenariat
entre des acteurs d’origine la plus diverse possible (animateurs de quartiers,
élus locaux, entreprises, associations locales ou de pays tiers,
etc.), d’où le lien avec la question n° B.3.2..
La mise en place d’un dispositif de médiation intervient souvent
lors d’échanges interculturels (cf. question n° B.3.3.).
C.3.2. Comment le projet
améliore-t-il la qualité de la vie (cadre de vie, santé,
sécurité...) ?
Le cadre de vie peut être défini comme l’ensemble des facteurs...
-
environnementaux : air, eau (cf. question n° C.1.3.),
champs électromagnétiques, hygiène sanitaire, organisation
de l’espace à l’échelle d’un immeuble, d’un logement, d’une
pièce, etc.,
-
sensoriels : bruits, odeurs, paysages (cf. question n°
C.1.2.), qualité gustative des aliments,
-
et psychologiques : facteurs de confort, de fatigue, de stress...
... touchant les personnes dans leur vie quotidienne.
La plupart de ces facteurs sont en interaction : le bruit, le stress et
la fatigue, les odeurs et la qualité de l’air, etc. Il est donc
souhaitable de s’interroger le plus largement possible sur la qualité
du cadre de vie des personnes, tant au sein du projet lui-même que
dans sa zone d’incidence, à l’échelon local notamment (
cf.
question n° B.2.2.).
La notion de construction à Haute Qualité Environnementale
(HQE) touche une grande partie de ces préoccupations. Cette approche
tend à :
-
maîtriser les impacts de la construction sur l’environnement extérieur
(pendant le chantier puis une fois le bâtiment fini et en fonctionnement),
-
et créer un environnement intérieur satisfaisant en termes
de confort et de santé.
Sans vouloir se substituer aux politiques de santé publique, on
peut s’interroger sur les incidences du projet sur l’accès aux soins,
et sur les précautions prises tant pour les personnes travaillant
dans le cadre du projet que pour les habitants du territoire de projet.
® Accès aux soins
:
Notamment pour les publics fragiles (personnes âgées ou
en situation précaire) et dans les zones difficiles (quartiers sensibles,
zones rurales désertifiées).
® Actions préventives
et éducatives : elles peuvent agir sur les facteurs déclenchants
ou aggravants de pathologies physiques ou mentales liées au cadre
de vie (cf. question n° C.1.3. et C.1.) :
-
conditions de travail (physiques et psychologiques),
-
alimentation et hygiène de vie, etc.
Cette question aborde également les impacts positifs et négatifs
du projet en terme de
risques naturels (inondations, incendies...),
de
risques technologiques (production, stockage et transport
de matières dangereuses...), de
sécurité routière
et de
sécurité publique pour les personnes et les
biens.
Le sentiment de sécurité favorise l’investissement (financier
et humain) dans le long terme. Toutefois une sous-estimation du risque
est plus dangereuse que le risque lui-même, car elle favorise les
imprudences. Il est donc proposé d’aborder cette question en trois
volets :
1. Culture du risque
Cet aspect correspond à toutes les actions d’information, de
prévention et d’éducation de la population et des acteurs
locaux, visant une prise de conscience des risques exacts et des précautions
à prendre (entre autres dans l’aménagement).
2. Prise en compte des risques dans l’aménagement
du territoire
Elle peut se traduire notamment dans des schémas d’urbanisme
(POS, SDAU, ...) ou plus simplement dans les choix d’implantation géographique
du projet ou dans ses conséquences sur l’implantation d’autres organismes.
3. Gestion des situations de crise
Il s’agit de la manière dont le projet conçoit les schémas
d’évacuation ou toute autre procédure d’urgence.
C.3.3. Comment le projet
contribue-t-il à réduire la pauvreté, les exclusions
et les discriminations ?
La solidarité au sein d’une même génération,
entre des couches de population différentes, est un facteur de cohésion
sociale. Certes, tout projet n’est pas en mesure de lutter directement
contre la pauvreté, mais il peut en tenir compte pour en atténuer
les effets, par exemple en offrant aux personnes en difficultés
l’accès gratuit ou à tarif réduit aux services offerts
dans le cadre du projet.
Aider ainsi les personnes en difficulté, leur permettre de garder
un contact avec la vie sociale, est un moyen de ne pas les exclure, de
ne pas briser définitivement le pacte qui les lie à la société.
Par ailleurs la pauvreté n’est pas la seule source d’exclusion
: des discriminations de toutes sortes sont observées (entre races,
sexes, générations, handicapés et valides, etc.).
C’est pourquoi l’écoute et les échanges interculturels constituent
un moyen de lutte (cf. question n° C.3.2.).
Enfin le projet peut inclure des mécanismes d’intégration
sociale, en fournissant un travail responsabilisant, une formation (cf.
question n° C.2.5.), ou au moins une activité permettant de
retrouver des repères, des horaires réguliers, une bonne
image de soi (cf. question n°C.3.1.).